La France et la Mauritanie

Brève

Déplacement de Henri de Raincourt, au Mali, Niger et Mauritanie (du 9 au 10 février 2012)

Il rencontrera à cette occasion les autorités politiques locales pour s’entretenir de la situation dans le Sahel.

Présentation

Relations politiques

La France entretient avec la Mauritanie des relations historiquement privilégiées.

Après une période de tensions en 1999 (affaire OULD DAH), les relations entre les deux pays se sont intensifiées à partir de 2001 et, surtout, après la transition démocratique de 2005-2007, ce dont a témoigné la visite du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh ABDALLAHI à Paris du 27 au 30 octobre 2007. A cette occasion, un Document Cadre de Partenariat avait été signé par M. LEMINE, ministre mauritanien des Affaires étrangères et de la Coopération, et M. Jean-Marie BOCKEL, Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie.

Avec ses partenaires du groupe international de contact, la France a contribué à la recherche d’une solution consensuelle de sortie de la crise ouverte par le coup d’Etat du 6 août 2008. Démocratiquement élu, le président Abdel Aziz a effectué sa première visite bilatérale à l’étranger en France du 26 au 28 octobre 2009.

Dernières visites bilatérales :

M. Bernard KOUCHNER, Ministre des affaires étrangères et européennes, a effectué une visite en Mauritanie les 7 et 8 février 2008.

Le Président ABDALLAHI s’est rendu à Paris les 13 et 14 juillet 2008 afin de participer au Sommet pour la Méditerranée et d’assister à la célébration de la fête nationale.

M. Alain JOYANDET, Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, a assisté à l’investiture du Président ABDEL AZIZ le 5 août 2009 et s’est à nouveau rendu à Nouakchott en mai 2010.

Le président Abdel Aziz a participé au Sommet Afrique-France les 31 mai et 1er juin à Nice puis à la cérémonie du Cinquantenaire des indépendances à Paris le 14 juillet 2010.

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Kouchner, a fait de la Mauritanie la première étape (26 juillet) de sa tournée régionale au Sahel après l’exécution par AQMI de l’otage français Michel Germaneau.

Le ministre chargé de la Coopération, M. Henri de Raincourt, s’est rendu en Mauritanie les 6 et 7 février 2011.

Lien vers le site de l’ambassade de France : http://www.france-mauritanie.mr/

Relations économiques et commerciales

1200 entreprises exportent des produits français vers la Mauritanie, dont 700 PME françaises pour un montant total de 190 M€ en 2009. La France est le premier fournisseur (biens d’équipements, céréales, pharmacie) de la Mauritanie avec une part de marché avoisinant 21%. En 2009, l’excédent commercial avec la Mauritanie s’est élevé à 140 M€. La Chine est devenue le premier acheteur (600 M€).

Une soixantaine d’établissements français, dont 33 filiales, sont implantés en Mauritanie dans les principales activités de service : Hôtellerie (Servair), Transports (Air France, Bolloré, AGS), Télécommunications (Vivendi, Alcatel), Agroalimentaire (minoterie Ballouhey), Ciment (Vicat et Ciments Français), Commerce (CFAO, Sera, J.A. Delmas), BTP (Sade, Razel, Degrémont), Electricité (Forclum), Levage (Mediaco), Ingénierie (Apave, Egis), Assurances (Gras Savoye), Déchets (Pizzorno) et Banque (Société générale). Les investissements français sont également positionnés dans l’exploration pétrolière et gazière (Total et GDF Suez) et la recherche d’uranium (Areva). Total détient, par ailleurs, 20% du réseau local de distribution des carburants.

Dans le secteur de l’eau, la SADE (Groupe Veolia), a achevé en septembre 2010 le lot principal du grand projet d’adduction d’eau du Fleuve Sénégal à Nouakchott (200 km) pour un montant de 203 M€. DEGREMONT achèvera en juillet 2011 le lot traitement des eaux pour 42 M€. Les deux entreprises sont positionnées respectivement sur le projet de distribution d’eau de Nouakchott (100 M€), avec en outre la candidature du français HYDRELEC sur le lot 1, et sur le projet d’adduction d’eau Aftout Echargui (75 M€). Ces projets bénéficient du financement des Fonds arabes.

Dans le secteur routier, le groupement Pivato-GTM (Maroc-France) a remporté le lot 4 de la route Atar-Tidjikja pour un montant de 28 M€, le chinois SNCTPC enlevant le lot 3 pour 17 M€. La réhabilitation de la RN2 entre Nouakchott et Rosso est financée en majeure partie (145 km) sur le Xème FED à hauteur de 51 M€ ; les appels d’offres en cours sont réservés aux entreprises européennes et locales ; EIFFAGE et RAZEL sont en lice.

Dans le secteur des nouvelles technologies, la filiale Morpho du Groupe SAFRAN a remporté le contrat de sécurisation des documents d’identification pour 18 M€, devant le chinois ZTE pourtant moins-disant à 9 M€. Dans le secteur des télécommunications, la Mauritanie se raccorde au projet de câble sous-marin ACE mené par France TELECOM pour un coût de 20 M€, tandis que ALCATEL-LUCENT et SAGEM se partagent l’équipement en télécommunications de la voie ferrée reliant le site minier de Zouérate au port de Nouadhibou pour un montant total de 15 M€ ; le chinois Huaweï était pourtant moins-disant à 12,8 M€.

Dans le secteur des services, le français PIZZORNO Environnement dispose d’une concession de 10 ans pour assurer le traitement des déchets urbains de Nouakchott (60 M€) et Geogas est jusqu’en 2011 le fournisseur exclusif de gaz butane (22 M€). Le bureau d’ingénierie EGIS assure le contrôle des extensions des ports de Nouakchott et de Nouadhibou réalisées par des entreprises chinoises. En revanche, la chaîne hôtelière Accor a mis fin à sa présence en Mauritanie en se séparant de son hôtel Mercure.

Dans le secteur des hydrocarbures, le premier forage entrepris par Total E&P dans le bassin de Taoudeni présente des résultats « positifs », en cours d’évaluation. Total effectuera une sismique complémentaire et prépare un second forage plus à l’est ; le premier aura couté plus de 100 M$. Total partage son permis avec la Sonatrach (20%) et Qatar Petroleum (20%). GDF SUEZ a des intérêts minoritaires sur trois blocs en mer sur lesquels la compagnie a déjà investi 124 M€. Son opérateur sur le Bloc 7, le coréen KNOC (Korea National Oil Corporation), annonce une découverte de gaz sur le forage Cormoran, poussé jusqu’à 4695 m de profondeur ; GDF Suez est associé à hauteur de 27,85%.

Dans le secteur minier, ARCELOR MITTAL entame la préparation de son projet de minerai de fer sur le site d’El Agareb, dont les réserves sont évaluées à un milliard de tonnes de magnétite à forte teneur ; ce projet avait fait l’objet d’un protocole d’accord entre la SNIM et Arcelor-Mittal le 26 décembre 2007. La société IMERYS s’intéresse à un permis de quartz, actuellement détenu par un entrepreneur français indépendant. AREVA est pour sa part associée à l’australien Forte Energy, détenteur de permis de recherche pour l’uranium dans le nord-est de la Mauritanie. Une deuxième campagne de forage est en cours.

Coopération civile

La Mauritanie est un des pays d’Afrique les plus aidés, par habitant, par la communauté des bailleurs internationaux (de l’ordre de 100 US$ d’aide publique au développement (APD) nette par habitant, soit le quart du PIB).

Avec des niveaux de décaissements nets de plus de 25 M$ par an (source OCDE) et ses contributions au FED et à la Banque mondiale, la France était sur les cinq dernières années le premier contributeur d’aide à la Mauritanie. En 2008, la France a versé 20,4 M€ à la Mauritanie au titre des versements bilatéraux nets d’APD. A la suite du coup d’Etat d’août 2008, la France avait suspendu ses nouveaux projets de coopération civile, hors aide alimentaire et humanitaire. L’élection présidentielle du 18 juillet 2009 et le retour à l’ordre constitutionnel ont permis la reprise de la coopération bilatérale et internationale en Mauritanie.

L’année 2010 a été marquée par une aide budgétaire globale de 3 M€ et un prêt souverain concessionnel de l’AFD 20 M€ à la réforme du secteur de l’électricité. Un prêt concessionnel de l’AFD de l’ordre de 45M€ est à nouveau en cours d’instruction pour l’année 2011 pour contribuer à la restructuration et à l’assainissement du secteur public et notamment de l’entreprise publique SOMELEC, producteur et distributeur d’électricité. Par ailleurs, une aide de 1,15 M€ a aussi été affectée en 2010 en faveur des populations affectées par la crise alimentaire.

Afin d’accroître la prévisibilité et la lisibilité de l’aide française, un Document Cadre de Partenariat a été signé le 30 octobre 2007. Ce document prévoit, sur la période 2007-2011, une aide de 96,8 M€ répartie sur trois secteurs de concentration, qui relèvent des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) : l’éducation de base et la formation professionnelle, l’eau et l’assainissement, et l’environnement et la biodiversité. Des actions transversales sont également menées dans les domaines de la promotion de la diversité culturelle et de l’enseignement du français, de l’appui à l’Etat de droit, la décentralisation et la bonne gouvernance locale ainsi que de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

En matière d’appui au développement local (décentralisation, déconcentration, etc.), les projets appuyés par la France (coopération, AFD, coopération décentralisée, etc.) ont concerné 140 des 216 communes du pays.

Le 26 mai 2003, la France a annulé 37 M€ de dettes de la Mauritanie. Un premier Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), affecté principalement à l’éducation et couvrant la période 2002-2005, a été signé le 17 juillet 2003 pour un montant de 14,7 M€. Un second C2D a été conclu le 28 juin 2006 pour la période 2006-2008 pour un montant de 11,85 M€. Un troisième C2D d’un montant de 17,4 M€ sur 5 ans a été signé le 2 mars 2010, orienté sur l’éducation et la formation professionnelle ainsi que sur le développement local.

Les pays européens demeurent peu présents en Mauritanie, hormis la France, l’Espagne et l’Allemagne. Dans le cadre du 10ème FED (2008-2013), la Mauritanie doit bénéficier d’une enveloppe de 156 M € essentiellement consacrée aux secteurs de la gouvernance et des infrastructures de communication et de transport.

Autres types de coopération

Compte tenu des enjeux de sécurité dans la zone sahélo-saharienne, la Mauritanie bénéficie d’une aide de la France en matière de sécurité et de défense. Des actions visant à renforcer les capacités de souveraineté de l’Etat mauritanien dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée ont été engagées en 2009, dans le cadre d’une approche régionale sur la sécurité dans la zone sahélo-saharienne (projet FSP « justice et sécurité en zone sahélo-saharienne »)

Mise à jour : 03.05.11

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