Maroc

Présentation du Maroc

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume du Maroc

Nature du régime : Monarchie

Chef de l’Etat : Roi MOHAMMED VI (intronisé le 30 juillet 1999)

Données géographiques

Superficie : 450 000 Km2 (710 000 Km² avec le Sahara Occidental)

Capitale : Rabat

Villes principales : Casablanca, Fès, Marrakech, Tanger, Meknès, Agadir et Oujda

Langue (s) officielle (s) : arabe

Langue (s) courante (s) : darija (arabe dialectal marocain, parlé par env. 72% de la population), langues berbères (tarifit, tachelhit, tamzight, etc.)

Monnaie : dirham (MAD) 1 euro = ± 11 MAD

Fête nationale : 30 juillet (Fête du Trône)

Données démographiques

Population : 31,4 M habitants

Densité : 71 hab/km²

Croissance démographique : +1,4%

Espérance de vie : 71 ans

Taux d’alphabétisation : 57% (84% pour les 15-24 ans)

Religion (s) : islam sunnite de rite malékite

Indice de développement humain : 114ème sur 169 pays (classement 2010)

Données économiques

PIB (2010) : 769 Mds MAD (soit 68,1 Md€)

PIB par habitant (2010) : 2900 USD/ hab (soit 2030 €/ hab)

Taux de croissance (2010) : 3,3%

Taux de chômage (au sens du BIT) (2010) : 9,1%

Taux d’inflation (2010):1 %

Solde budgétaire(2010) : - 4,2% du PIB

Balance commerciale(2010) : - 20 % du PIB

Principaux clients : France (21,5%), Espagne (16,6%), Inde (6,0%), Italie (4,3%), Royaume-Uni (3,6%).

Principaux fournisseurs : France (15,3%), Espagne (11,8%), Chine (8,4%), Etats-Unis (6,9%), Italie (6,5%).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 14,5 %
- industrie : 25,5 %
- services : 49 %

(Sources : données démographiques : UNFPA/PNUD ; données économiques : DGTrésor, Union européenne)

Consulats de France : Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat et Tanger (tous consulats généraux)

Communauté française au Maroc : 44 200 personnes inscrites au registre dont 41,6% de bi-nationaux et plus de 40 000 y résidant une partie de l’année.

Communauté marocaine en France : 800 000 personnes (dont 350 000 bi-nationaux).

Politique intérieure

Le Maroc de Mohammed VI, au pouvoir depuis 1999, a résolument engagé sa modernisation politique, économique et sociale : construction démocratique et droits des citoyens, dynamisme de la société civile, réforme de fond du code de la famille, grands plans de développements, etc. En 2006, la publication du rapport de l’Instance Equité et Réconciliation (IER), instituée par le Roi afin de faire la lumière sur les violations graves des droits de l’Homme entre 1956 et 1999, avait marqué une étape importante pour ancrer le fait démocratique dans le pays. Ces avancées demandaient à être portées plus loin ; le contexte régional et notamment les révolutions de Tunisie et d’Egypte, en janvier et février 2011, ont provoqué une accélération soudaine du mouvement. Des revendications, qui ont rapidement affirmé leur caractère politique, ont été portées dans la rue et à travers les médias (notamment internet), donnant naissance au « Mouvement du 20 février ». Le 9 mars 2011, le Roi Mohammed VI a prononcé un discours annonçant une réforme constitutionnelle majeure qui devrait conduire à transférer une large part des pouvoirs législatifs et exécutifs qu’il détient aujourd’hui vers le Parlement et le gouvernement marocains, faisant évoluer le régime vers une forme de monarchie parlementaire. Le projet de Constitution révisée, qui introduira également la régionalisation des pouvoirs, devrait être rendu public prochainement et soumis à un référendum populaire en juillet.

Le gouvernement actuel est conduit par M. Abbas El Fassi, Secrétaire général de l’Istiqlal (parti conservateur, arrivé en tête des législatives de 2007), qui s’appuie sur une coalition à laquelle participe l’USFP (socialistes), le RNI (indépendants) et le MP (Mouvement Populaire, électorat berbère). Les islamistes modérés du Parti Justice et Développement (PJD), arrivés en deuxième position lors des élections de 2007, forment le principal parti d’opposition. La création, par un proche du Roi, du Parti Authenticité et Modernité (PAM) en 2008 a perturbé la carte politique marocaine sans pour autant permettre une polarisation de la vie partisane ni susciter et structurer les débats. Cette vie politique agitée mais pas toujours substantielle, et dont les véritables enjeux sont souvent tranchés ailleurs, ne suscite qu’une faible participation aux élections législatives (37% en 2007) : les revendications du « Mouvement du 20 février » dénoncent précisément cette faiblesse structurelle. Dans ce contexte, et compte tenu des changements institutionnels qui s’annoncent, il est probable que le gouvernement de M. Al Fassi n’aille pas jusqu’au terme de son mandat : des élections législatives anticipées devraient avoir lieu à l’automne.

Les dernières élections communales du 12 juin 2009 ont vu le PAM, nouvel entrant sur la scène politique marocaine, remporter 21,7% des 27. 795 sièges à pourvoir - mais son influence sur la scène politique marocaine a ensuite rapidement décru et son fondateur, Fouad El Himma, s’en est retiré en mai 2011. L’Istiqlal a obtenu 19,1%, le Rassemblement National des Indépendants 14,8%, l’Union socialiste des forces populaires 11,6% et le Mouvement populaire 8%. Le Parti Justice et Développement (parti à référentiel islamiste) est arrivé 6ème avec 5,5% des sièges, mais, du fait d’une concentration de son électorat dans les grandes agglomérations du pays, il est devenu le premier parti « urbain » du pays.

En matière de développement humain, l’éducation constitue la première des priorités du gouvernement, qui a lancé en 2009 son Plan d’urgence pour l’éducation. La modernisation du secteur social est aussi une nécessité : système de santé, assurance maladie obligatoire, régime des retraites, droit syndical, sont autant de chantiers en cours. Le poids des revendications sociales dans les mouvements contestataires du printemps 2011 a poussé à une accélération de ces projets. Pour lutter spécifiquement contre la pauvreté, le Roi a lancé en mai 2005 un programme intitulé Initiative nationale pour le développement humain (INDH), ciblé sur des communes rurales et des quartiers urbains défavorisés afin d’apporter une réponse globale à l’ensemble de leurs difficultés. Les effets de ces politiques devront être amplifiés pour relever les défis sociaux auxquels le Maroc est confronté.

Situation économique

Le Maroc a renoué avec la croissance depuis 2000, mais celle-ci reste insuffisante pour faire face au défi démographique et fragile car corrélée aux résultats du secteur agricole (qui contribue pour 11 à 18% au PIB selon les années). L’activité non agricole a joué depuis le début de la décennie un rôle stabilisateur dans l’ensemble, avec un taux de croissance annuel oscillant entre 2,6 et 6,5%. Celui-ci a été notamment tiré, jusqu’à la crise économique mondiale qui s’est ouverte en 2008, par la bonne santé du BTP, du secteur industriel et du secteur tertiaire, télécommunications et tourisme en particulier.

Les résultats économiques récents montrent toutefois que ce rééquilibrage entre secteurs d’activité reste fragile. Le ralentissement de l’activité qui s’est fait sentir en effet à partir de 2009 était dû à la contraction des secteurs secondaire (textile, cuir, automobile) et tertiaire (-6,3% pour le tourisme, -8,1% pour les transferts de l’étranger) mais a été limité par les excellents résultats agricoles, permettant une croissance du PIB de 4,9% en 2009 malgré la crise économique. En revanche, la croissance du PIB n’a été que de 3,3% en 2010, un rythme insuffisant pour faire face au défi démographique. En 2011, les revenus du tourisme, qui représentent 6,5% du PIB en moyenne, pourraient être affectés par la situation politique régionale.

Le taux de chômage, qui est passé sous la barre des 10% en 2006, a continué à décroître pour atteindre 9,1% en 2009 et 2010, avec toutefois la persistance de niveaux alarmants chez les jeunes urbains et les diplômés (respectivement 32% et 20 % de chômage). L’inflation a été maîtrisée, passant d’environ 10% au début des années 1990 à 1% dix ans plus tard. On a certes enregistré une accélération de l’inflation entre 2006 et 2008 : 3,3% en 2006, 3,9% en 2008, sous l’effet combiné de facteurs intérieurs (réévaluation de la TVA, hausse de la consommation) et extérieurs (augmentation des prix des denrées alimentaires, des carburants, etc.). Mais cette tendance s’inverse en 2009 et 2010, où le taux ne dépasse pas 1%.

Les autorités marocaines conduisent une politique du dirham fort afin de maîtriser l’inflation. Le dirham est indexé sur un panier de devises où prédomine l’euro (à 80%).

Sur le plan des équilibres financiers, le déficit commercial est structurel. Il s’est aggravé en 2008, atteignant - 24,3% du PIB, pour se stabiliser autour de - 20%, en 2009 et 2010, la forte progression des exportations (phosphates notamment) étant absorbée en 2010 par le retour à la hausse des hydrocarbures. La balance courante, restée excédentaire grâce à la hausse continue des transferts financiers des Marocains résidents à l’étranger et des recettes touristiques depuis 2000, affiche un solde négatif en 2010 (- 4,4%) pour la troisième année consécutive, malgré un reprise ces deux postes en 2010 (+7,7% pour les transferts par rapport à 2009 et +6,3% pour le tourisme).

Le déficit budgétaire se creuse nettement en 2010, passant de -2,2% à -4,2% du PIB, sous l’effet conjugué d’une baisse des recettes fiscales et de la hausse des subventions publiques aux prix intérieurs (compensant la hausse des cours des matières premières). L’année 2011 sera particulièrement sensible pour le budget de l’Etat, après l’annonce du quasi-doublement de ces subventions en février et des mesures sociales agréées avec les syndicats en avril (hausses salariales et protection sociale).

Par ailleurs, la dette publique marocaine apparaît maîtrisée  : après un effort de réduction qui a permis de passer de 71,5% du PIB en 2005 à 48,4% en 2008, elle se stabilise en 2009 et 2010 à moins de 60%, l’impact du programme ambitieux d’investissements publics, accéléré pour tenter de limiter l’impact de la crise, restant donc modéré. La dette extérieure représente quant à elle environ 20% du PIB.

Malgré la dégradation récente de certains indicateurs, due aux effets de la crise économique mondiale, la décennie 2000 se caractérise par la consolidation des équilibres macroéconomiques, ce qui s’est traduit par la progression de la notation risque pays du Maroc : en 2010, Standard Poors a relevé ses notations sur la dette à court et long terme, permettant au Maroc d’entrer dans la catégorie « Investment Grade ».

Politique extérieure

La politique étrangère du Maroc reste centrée sur deux priorités : la question de la « marocanité » du Sahara occidental, et l’ancrage du Royaume à l’Union européenne, auxquelles s’ajoute une attention particulière pour ses relations avec l’Afrique comme avec les grandes puissances.

Le Maroc a présenté au Secrétaire général des Nations Unies (SGNU) le 11 avril 2007 une proposition de plan d’autonomie pour le territoire, destinée à servir de base de négociations avec le Front Polisario. Sur cette base, le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1754 (2007), a demandé l’ouverture de négociations de bonne foi, sans pré-conditions. Quatre sessions de négociations se sont tenues à Manhasset aux Etats-Unis en présence des Etats voisins, l’Algérie et la Mauritanie, mais n’ont pas abouti.

Le 8 janvier 2009, le SGNU a nommé M. Christopher Ross comme nouvel Envoyé personnel pour succéder à M. Peter Van Walsum. Celui-ci a organisée plusieurs sessions de discussions informelles à partir d’août 2009, à un rythme qui s’est accéléré depuis novembre 2010 - malgré un épisode de violences survenu à Laâyoune à l’automne.

La résolution 1979, adoptée à l’unanimité le 27 avril 2011 pour le renouvellement annuel du mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara occidental, a été l’occasion d’adresser des messages forts aux parties. Il s’agit d’une part de réaffirmer l’impératif de progrès dans le processus politique, en invitant les parties à approfondir leurs discussions dans un esprit de réalisme et de compromis. Le Conseil a d’autre part mis l’accent sur la nécessaire prise en compte de la question des droits de l’homme au Sahara occidental, prenant note et encourageant les projets de réformes lancés, notamment au Maroc, dans ce domaine ; il a aussi rappelé la situation de la population sahraouie des camps de Tindouf (Algérie) et invité le Haut Commissariat aux droits de l’homme à conduire l’ensemble de ses programme dans ces camps, notamment l’immatriculation des réfugiés.

S’agissant de ses relations avec l’Union européenne, dont il est le premier bénéficiaire de l’aide financière (près de 200M€/an), le Maroc a obtenu un « statut avancé » en octobre 2008. Ce projet figurait parmi les priorités de la Présidence française de l’Union européenne. C’est au titre du statut avancé qu’a été organisé le premier sommet ad hoc UE-Maroc, le 7 mars 2010 à Grenade, sous présidence espagnole de l’Union européenne.

Tout en s’inscrivant dans le cadre établi par l’accord d’association, le statut avancé vise à renforcer le partenariat UE/Maroc et précise de nouvelles ambitions :un approfondissement des relations politiques, une intégration au marché intérieur par un rapprochement réglementaire, une coopération sectorielle et une dimension humaine. Un des principaux objectifs est de consolider le processus de réformes et de modernisation économique et sociale que connaît le Maroc.

La mise en œuvre de ce statut est un processus qui s’inscrit dans la durée. Il nécessite des négociations dans plusieurs domaines complexes, comme celui des services et des questions migratoires, et implique pour le Maroc des adaptations administratives qui nécessitent un accompagnement technique et financier conséquent. La révision de la politique européenne de voisinage, en cours d’adoption et qui entend notamment prendre en compte le nouveau contexte du « printemps arabe », doit se montrer à la hauteur des attentes pour soutenir le processus de rapprochement politique, social et économique avec le Maroc, et accompagner ainsi pleinement sa démocratisation.

L’Afrique est une autre priorité diplomatique du Maroc. Elle présente autant d’opportunités (économiques, politiques) que de facteurs de risque (trafics de drogue, réseaux terroristes trans-sahéliens, migrations), sans compter que les divisions africaines sur la question du Sahara occidental fragilisent la position du Maroc dans cet ensemble régional. Ce dernier n’a d’ailleurs pas réintégré l’Union africaine depuis son retrait de cette organisation en 1984, en protestation de l’admission de la République arabe sahraouie démocratique en son sein.

Le Maroc entretient par ailleurs un dialogue politique régulier avec les Etats-Unis, avec lesquels il a conclu un accord de libre-échange qui est entré en vigueur le 1er janvier 2006. Les Etats-Unis ont qualifié le Maroc "d’allié non-OTAN majeur" et lui apportent leur soutien dans un contexte saharo-sahélien fragilisé par la menace d’Al Quaïda au Maghreb islamique. Par ailleurs, Rabat bénéficie du fonds américain pour le développement (Millenium Challenge Account) ; elle a accueilli le premier Forum pour le Futur, dans le cadre de l’initiative américaine du « BMENA » et a été également l’hôte de sa cinquième édition à Marrakech, les 2-3 novembre 2009.

La Chine - 3ème fournisseur du Maroc - et plus généralement l’Asie (Inde, Corée) constituent un nouvel axe de développement diplomatique et économique pour le Maroc.

Mise à jour : 15.06.11

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