
Données générales
Politique intérieure
Situation économique et financière
Politique extérieure
Nom officiel : République du Mali
Superficie : 1 241 231 km²
Population : 13,4 millions d’habitants (FMI, 2008)
Capitale : Bamako
Villes principales : Ségou, Sikasso, Mopti, Gao, Kayes
Langue officielle : Français
Langues courantes : Mandingue (bambara, malinke, dioula), Tamasheq, Poular, Senoufo, Bobo, Songhaï, etc.
Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 euro)
Fête nationale : 22 septembre
Croissance démographique : 3 % par an (Banque mondiale, 2008)
Espérance de vie : 54 ans (BM, 2008)
Taux d’alphabétisation : 23 % (P.N.U.D., 2006)
Religion(s) : Islam (90%), animisme (9%) et christianisme (1%)
Indice de développement humain : 178ème sur 182 pays (PNUD, 2009)
PIB : 8,78 Mds USD (FMI, 2008)
PIB par habitant : 657,4 USD (FMI, 2008)
Taux de croissance : 5 % (BM, 2008)
Taux de chômage : Nc
Taux d’inflation : 13,6 % (BM, 2008)
Solde budgétaire : - 113 MDS FCFA (3,3 % du PIB) (Banque de France)
Balance commerciale : - 137 Mds FCFA (Banque de France)
Principaux clients : Chine (35 %), Thaïlande (9 %), Bangladesh (5 %), Australie (5 %). (Economist Intelligence Unit, 2008)
Principaux fournisseurs : Sénégal (20%), France (17%), Côte d’Ivoire (17%), Chine (9,2 %). (EIU, 2009)
Part des secteurs d’activités dans le PIB : (Banque de France)
Primaire : 32,9 %
Secondaire : 21,3%
Tertiaire : 45,8%
Exportations de la France vers le Mali : 221 M€ (2008)(Mission économique)
Importations françaises du Mali : 6 M€ (2008)(Mission économique)
Consulat de France : Bamako
Communauté française au Mali : 4 559 immatriculés (au 31 décembre 2008)
Communauté malienne en France : Environ 80 000 dont 48 000 avec un titre de séjour en 2009 (MIIINDS)
Après avoir renversé le dictateur Moussa Traoré en 1991, le général Amadou Toumani Touré (dit « ATT ») a conduit une transition démocratique exemplaire, conclue en 1992 par l’élection d’Alpha Oumar Konaré qui s’est appuyé sur l’ADEMA (Alliance pour la démocratie au Mali) durant ses deux mandats.
En 2002, ATT a été élu à la présidence de la République. En dix ans, le Mali était devenu une référence de démocratie en Afrique, fondée sur une politique du consensus. Aucun parti ou coalition ne disposant de la majorité absolue au Parlement, le Président avait pu former un premier gouvernement d’union regroupant toutes les principales formations politiques. Une opposition a vu le jour à l’approche du scrutin présidentiel de 2007 avec la naissance du parti du président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Keita (IBK).
Le président Touré, soutenu par une alliance de 44 partis, a été réélu le 29 avril 2007 dès le premier tour avec 71,20 % des voix. Les élections législatives organisées en 22 juillet 2007 ont consacré la suprématie de la mouvance présidentielle, avec l’obtention de 127 sièges sur les 147 de l’Assemblée nationale. Ses deux principales formations, l’ADEMA et l’Union pour la République et la Démocratie (parti de Soumaïla Cissé, président de la Commission de l’UEMOA) ont remporté respectivement 55 et 35 sièges, alors que l’opposition enregistrait un recul spectaculaire. Première force de l’assemblée sortante avec 45 députés, le parti d’IBK, le Rassemblement pour le Mali (RPM) n’en a conservé que 11 et son leader a enregistré un score décevant à la présidentielle avec seulement 19 % des suffrages. Le Parti pour la Renaissance nationale n’obtient que 4 sièges, tout comme le parti indépendant Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance. Les élections locales du 24 avril 2009 ont confirmé la domination de l’ADEMA et ont mis en lumière la montée du parti de Soumaïla CISSE (URD).
Si les élections ont à chaque fois été jugées par les observateurs nationaux et étrangers comme libres, sincères et transparentes, malgré quelques imperfections, on peut toutefois déplorer la faiblesse du taux de participation : 36% pour la présidentielle et 33% pour les législatives, chiffres qui traduisent le discrédit de la classe politique.
Désormais, la vie politique se concentre peu à peu sur la perspective de l’élection présidentielle de 2012, à laquelle le Président ATT ne pourra pas se représenter en vertu de la Constitution actuelle.
M. Modibo SIDIBE est Premier Ministre depuis le 28 septembre 2007. Son gouvernement, composé essentiellement de technocrates, devait permettre la bonne mise en œuvre du programme d’action du gouvernement baptisé « Programme de Développement Economique et Social » (PDES). Si un certain nombre de réformes ont été engagées (privatisations, lancement de concertations nationales sur l’école et la lutte contre la corruption, etc.), les mesures sont mises en œuvre lentement, en privilégiant une grande prudence politique et sociale. La situation de la gouvernance reste fragile dans bien des domaines et la corruption tend à se renforcer. La révision du code de la famille (droits des femmes, interdiction de l’excision en particulier) reste en attente.
La situation dans le Nord du pays
Si la rébellion touareg semble s’être - au moins temporairement - affaiblie, la situation sécuritaire dans le Nord du Mali s’est néanmoins sensiblement dégradée. Depuis deux ans, la menace terroriste représentée par Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), issu de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, s’est fortement aggravée comme en témoignent la mutiplication des attaques depuis 2007 : assassinat de quatre touristes français à Aleg (Mauritanie) le 24 décembre 2007, enlèvement de deux diplomates canadiens à 40 km de Niamey le 14 décembre 2008, enlèvement de 4 touristes européens aux confins malo-nigériens le 22 janvier 2009 et assassinat de l’un d’entre eux le 31 mai, assassinat d’un ressortissant américain le 23 juin à Nouakchott, attentat suicide contre l’ambassade de France en Mauritanie le 8 août, enlèvement d’un ressortissant français dans les environs de Ménaka (est du Mali) dans la nuit du 25 au 26 novembre, et enlèvement de 3 ressortissants espagnols le 29 novembre sur la route entre Nouakchott et Nouadhibou en Mauritanie.
L’aggravation de la menace terroriste, et l’imbrication avec d’autres facteurs d’instabilité plus traditionnels tels que les trafics, incitent à être particulièrement vigilants dans ses déplacements dans la région et à se référer régulièrement au site « Conseils aux Voyageurs » du ministère des Affaires étrangères et européennes.
S’agissant des mouvements de rébellion touareg, les dernières évolutions (cérémonies de dépôt des armes, Forum de Kidal) semblent témoigner d’un apaisement de la situation. Le chef radical Ibrahim Ag Bahanga a récemment déclaré sa volonté de participer au processus de paix (sous l’égide de l’Algérie depuis la signature des Accords d’Alger en juillet 2006). Néanmoins, dans la mesure où les discussions sur le fond ne progressent pas de manière significative, la situation sur le terrain reste fragile.
Classé parmi les pays les moins avancés (59 % de la population sous le seuil de pauvreté), le Mali est vulnérable aux chocs extérieurs : invasions acridiennes, chute des cours du coton (seconde ressource d’exportation après l’or), hausse des cours du pétrole, dépréciation du dollar par rapport à l’euro et crise ivoirienne. L’économie malienne demande à être diversifiée. L’aide publique au développement s’élevait en 2007 à 1 milliard de dollars (source OCDE).
En dépit de la crise pétrolière et alimentaire, les résultats économiques ont été globalement satisfaisants en 2008, le Mali étant finalement relativement épargné par la récession mondiale. Tirée par le dynamisme des secteurs primaire et tertiaire ainsi qu’une bonne pluviométrie, la croissance a atteint 5,1 % en 2008. Le taux d’inflation a crû sensiblement du fait de l’envolée des cours mondiaux du pétrole et des denrées alimentaires, ressortissant à 7,5 % en 2008. Du fait des bonnes perspectives de la campagne cotonnière 2009-2010 et de la pluviométrie abondante, le taux de croissance devrait s’élever à 4,5 % en 2009. Ce taux de croissance (4,5 % prévus en 2009 et 2010) est néanmoins en deça des objectifs nationaux du Programme de développement économique et social et du Cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté (7 %) et ne vont pas permettre une réduction significative de la pauvreté en raison d’un taux de croissance démographique de 3,6 %.
Afin de restaurer la compétitivité de l’économie, les autorités maliennes doivent achever un certain nombre de réformes structurelles : restructuration des secteurs cotonnier (situation de la société cotonnière CMDT) et bancaire (Banque d’Habitat du Mali), réformes portant sur la gestion des finances publiques.
En mars 2003, le Mali a franchi le point d’achèvement de l’initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE). Les allègements de dettes consentis dans ce cadre et celui de l’initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM) ont permis de ramener la dette à un niveau soutenable (le stock de dette s’établirait fin 2007 à 28% du PIB et 70% des exportations). L’effort d’annulation consenti par la France dans le cadre de PPTE et des initiatives bilatérales décidées lors des sommets de Dakar a dépassé les 500 M€.
Terre de passage, le Mali se situe entre deux zones géographiques et stratégiques distinctes, l’espace sahélo-saharien et l’Afrique subsaharienne. Entretenant de bonnes relations avec tous ses voisins (7 pays), le Mali a développé une diplomatie sage et prudente, favorisant l’intégration régionale. Membre fondateur de l’UEMOA et de la CEDEAO, le Mali a été le premier à ratifier le projet d’Union africaine. Il est également membre du comité de mise en œuvre du NEPAD et de la Communauté des Etats sahelo-sahariens (CEN-SAD). Des personnalités maliennes de premier plan ont exercé, ou exercent, un rôle important à la tête d’organisations clé du continent : l’ancien chef de l’Etat Konaré à la présidence de la Commission de l’Union africaine, ou Soumaïla Cissé à la tête de la Commission de l’UEMOA.
Plutôt que de songer à exporter ses expériences spécifiques qui sont considérées en Occident comme exemplaires (transition démocratique de 1992), le Mali tente de sauvegarder la stabilité régionale (projet du président malien d’organiser une Conférence régionale sur la sécurité et le développement en zone sahélo-saharienne), ou en tout état de cause de se préserver des soubresauts des crises diverses qui affectent nombre de ses voisins directs (Côte d’Ivoire, Mauritanie, Niger, Guinée).
Le Mali a par ailleurs été un contributeur actif dans le domaine du maintien de la paix, qu’il s’agisse du renforcement des structures de prévention des conflits au sein de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou de sa participation aux forces de maintien de la paix (RCA, Sierra Leone et Libéria).
La Francophonie est vue par le Mali comme un instrument important de sa diplomatie.
Les liens avec les Etats-Unis ont tendance à se raffermir. En novembre 2006, un accord de coopération de 460,8 millions de dollars sur cinq ans destiné à financer des aménagements de la zone de l’Office du Niger et de l’aéroport de Bamako-Sénou a été signé avec la Millenium Challenge Corporation. Les Etats-Unis souhaitent par ailleurs développer leur coopération militaire dans le Nord du Mali, région stratégique dans la lutte contre le terrorisme international.
Mise à jour : 08.12.09
Bamako
Observation le Vendredi 12 à 22:00 (heure locale)