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Nom officiel : République du Mali
Chef de l’Etat : Amadou Toumani TOURE (depuis le 8 juin 2002)
Premier ministre : Mme Mariam Kaidaba Cissé Sidibe (depuis le 3 avril 2011)
Superficie : 1 241 231 km² (France : 675 417 km²)
Capitale : Bamako
Villes principales : Ségou, Sikasso, Mopti, Gao, Kayes
Langue officielle : français
Langues courantes : mandingue (bambara, malinke, dioula), tamasheq, poular, senoufo, bobo, songhaï…
Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 €)
Fête nationale : 22 septembre (indépendance, en 1960)
Population : 13,8 M (CIA World Factbook, 2010)
Densité : 11,1 habitants/km² (CIA World Factbook, 2010)
Croissance démographique : 2,6 % (CIA World Factbook, 2010)
Espérance de vie : 52,2 (à la naissance, CIA World Factbook, 2010)
Taux d’alphabétisation : 26,2 % (des adultes, UNESCO, 2010)
Religions : Islam 90 %, animisme 9 %, christianisme 1 % (CIA World Factbook)
Groupes ethniques : Mandé (Bambara, Malinke, Soninke) 50 %, Peul 17 %, Voltaïque 12%, Songhaï 6%, Touareg et Maure 10 %, autres 5 % (CIA World Factbook)
Indice de développement humain : 160e sur 169 pays (PNUD, 2010)
PIB : 9 Mds $ - 16,7 Mds $ PPA (CIA World Factbook, 2010)
PIB par habitant : 691 $ (Banque mondiale, 2009) — 1200 $ PPA (CIA World Factbook, 2010)
Taux de croissance : 4,5 % (Mission économique,2010)
Taux de chômage : nc
Taux d’inflation : 2 % (Mission économique, 2010)
Solde budgétaire : - 23 M$ (Banque de France)
Balance commerciale : - 28 M$ (Banque de France)
Principaux clients : Afrique du Sud, Sénégal, Côte d’Ivoire, Suisse, Chine(2008, Mission économique)
Principaux fournisseurs : Sénégal, Côte d’Ivoire, Chine, France (2010, Mission économique))
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture (36 %)
industrie(24 %)
services (40 %)
Exportations de la France vers le Mali : 280,4 M€ (2010, Mission économique)
Importations françaises depuis le Mali : 5,8 M€ (2010, Mission économique)
Consulat général de France : Bamako
Communauté française au Mali : 4 463 inscrits au 31 janvier 2011
Communauté malienne en France : environ 80 000 dont 48 000 avec un titre de séjour en 2009 (MIIINDS)
Après avoir renversé le dictateur Moussa Traoré en 1991, le général Amadou Toumani Touré (dit « ATT ») a conduit une transition démocratique exemplaire, conclue en 1992 par l’élection d’Alpha Oumar Konaré qui s’est appuyé sur l’ADEMA (Alliance pour la démocratie au Mali) durant ses deux mandats.
En 2002, ATT a été élu à la présidence de la République. En vingt ans, le Mali est devenu une référence de stabilité en Afrique, fondée sur une politique du consensus. Aucun parti ou coalition ne disposant de la majorité absolue au Parlement, le Président avait pu former un premier gouvernement d’union regroupant toutes les principales formations politiques. Une opposition a vu le jour à l’approche du scrutin présidentiel de 2007 avec la naissance du parti du président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Keita (IBK).
Le président Touré, soutenu par une alliance de 44 partis, a été réélu le 29 avril 2007 dès le premier tour avec 71,20 % des voix. Les élections législatives organisées en juillet 2007 ont consacré la suprématie de la mouvance présidentielle, avec l’obtention de 127 sièges sur les 147 de l’Assemblée nationale. Ses deux principales formations, l’ADEMA et l’Union pour la République et la Démocratie (parti de Soumaïla Cissé, président de la Commission de l’UEMOA) ont remporté respectivement 55 et 35 sièges, alors que l’opposition enregistrait un recul spectaculaire. Première force de l’assemblée sortante avec 45 députés, le parti d’IBK, le Rassemblement pour le Mali (RPM) n’en a conservé que 11 et son leader a enregistré un score décevant à la présidentielle avec seulement 19 % des suffrages. Le Parti pour la Renaissance nationale n’obtient que 4 sièges, tout comme le parti indépendant Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance. Les élections locales du 24 avril 2009 ont confirmé la domination de l’ADEMA et ont mis en lumière la montée du parti de Soumaïla CISSE (URD).
Si les élections ont à chaque fois été jugées par les observateurs nationaux et étrangers comme libres, sincères et transparentes, malgré quelques imperfections, on peut toutefois déplorer la faiblesse du taux de participation : 36% pour la présidentielle et 33% pour les législatives, chiffres qui traduisent le discrédit de la classe politique.
Désormais, la vie politique se concentre peu à peu sur la perspective de l’élection présidentielle de 2012 à laquelle le Président ne pourra pas se présenter en vertu de la Constitution actuelle.
Mme Mariam Kaidaba Cissé Sidibe est Premier Ministre depuis le 3 avril 2011. Il s’agit de la première femme malienne à occuper ce poste. Le gouvernement de son prédécesseur, M. Modibo Sidibé, composé essentiellement de technocrates comme le sien, devait permettre la bonne mise en œuvre du programme d’action du gouvernement baptisé « Programme de Développement Economique et Social » (PDES). Si un certain nombre de réformes ont été engagées (privatisations, lancement de concertations nationales sur l’école et la lutte contre la corruption, etc.), les mesures sont mises en œuvre lentement, en privilégiant une grande prudence politique et sociale. La situation de la gouvernance reste fragile dans bien des domaines et la corruption tend à se renforcer. La révision du code de la famille, qui devait assurer davantage de droits aux femmes, est toujours en suspens après la mobilisation populaire des organisations musulmanes contre le projet. Le nouveau gouvernement, dont la durée de vie est limitée, a entre autres la lourde responsabilité d’organiser les élections de 2012 et de réformer les institutions.
Si la rébellion touareg semble s’être au moins temporairement affaiblie, la situation sécuritaire dans le Nord du Mali s’est néanmoins dégradée. Depuis trois ans, la menace terroriste représentée par Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), issu de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, s’est fortement aggravée comme en témoignent la multiplication des attaques depuis 2007 : assassinat de quatre touristes français à Aleg (Mauritanie) le 24 décembre 2007, enlèvement de deux diplomates canadiens à 40 km de Niamey le 14 décembre 2008, enlèvement de 4 touristes européens aux confins malo-nigériens le 22 janvier 2009 et assassinat de l’un d’entre eux le 31 mai, assassinat d’un ressortissant américain le 23 juin à Nouakchott, attentat suicide contre l’ambassade de France en Mauritanie le 8 août, enlèvement d’un ressortissant français dans les environs de Ménaka (est du Mali) dans la nuit du 25 au 26 novembre (libéré le 23 février), enlèvement de 3 ressortissants espagnols puis de 2 Italiens en Mauritanie fin 2009, enlèvement d’un ressortissant français au Niger le 20 avril 2010, exécuté par ses ravisseurs dans le nord du Mali, enlèvement de 5 ressortissants français, un ressortissant togolais et un ressortissant malgache dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 à Arlit au Niger (une ressortissante française, le ressortissant togolais et le ressortissant malgache ont été libérés le 25 janvier 2011, les autres étant toujours retenus au nord du Mali), explosion devant l’ambassade de France à Bamako le 5 janvier 2011, enlèvement Le 7 janvier 2011 de deux ressortissants français à Niamey exécutés le lendemain.
L’aggravation de la menace terroriste, et l’imbrication avec d’autres facteurs d’instabilité plus traditionnels tels que les trafics, incitent à être particulièrement vigilants dans ses déplacements dans la région et à se référer régulièrement à la rubrique "Conseils aux Voyageurs" du ministère des Affaires étrangères et européennes.
S’agissant des mouvements de rébellion touareg, les dernières évolutions (cérémonies de dépôt des armes, Forum de Kidal) semblent témoigner d’un apaisement de la situation. Le chef radical Ibrahim Ag Bahanga a annoncé sa volonté de participer au processus de paix (sous l’égide de l’Algérie depuis la signature des Accords d’Alger en juillet 2006). La région septentrionale du Mali subit également les contrecoups de la crise libyenne.
Les performances macroéconomiques maliennes sont globalement satisfaisantes et meilleures que l’ensemble des pays de la sous-région. Le Mali a clos l’année 2010 avec une croissance de 4,5% (4,3% en 2009), moindre que prévu du fait d’une baisse de la production aurifère (-16,5%), mais tirée par une bonne campagne agricole et un soutien public important au secteur agricole. Le processus de désinflation s’est poursuivi en 2010 (1,5% contre 2,2% en 2009 et 9,2% en 2008). La dette publique intérieure a été réévaluée (+1,7 points de PIB), ce qui porte la dette publique à 25,3% du PIB. L’inflation est modérée 2% en 2010. Pour 2011, il est prévu un rebond de croissance de 6%, correspondant à un rattrapage de la production minière aurifère, et à une bonne campagne cotonnière favorisée par la rationalisation de la filière cotonnière (y compris la privatisation attendue de la CMDT), et stimulée par une perspective de cours élevés, est prévu en 2011. Ces perspectives de croissance pourraient être toutefois affectées par la crise ivoirienne, si celle-ci se traduit par une crise économique, financière et sociale dans la région.
En matière de finances publiques, les autorités mettent en œuvre une gestion prudente des finances publiques. Le déficit budgétaire (dons inclus) est ressortit à 3,6% du PIB contre 4,6% initialement prévu en 2010, et est projeté à 4% en 2011. Malgré les efforts des autorités en matière d’assainissement des finances publiques, certaines réformes et/ou projets de gouvernance financière marquent le pas, en particulier le traitement des arriérés de paiement et la mobilisation des recettes fiscales. En effet, le traitement des arriérés de paiement n’est pas complètement réglé sur le fond, et l’accumulation par le secteur privé (mines, BTP) de crédits de TVA reste une problématique récurrente. Par ailleurs, le niveau des recettes fiscales rapporté au PIB reste insuffisant, et devrait même diminuer en 2011 selon les prévisions du FMI (14,4% contre 14,8% en 2010), d’où l’urgence d’une suppression des exonérations fiscales.
S’agissant des réformes structurelles, la finalisation du processus de privatisation de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles, élément majeur de la réforme du secteur cotonnier,constitue l’un des chantiers principaux de la présidence malienne suivi de près par les bailleurs. L’objectif de la réforme en cours est la mise en route de quatre filiales nées du démembrement du monopole public pour le début de la campagne 2011/2012 (i.e. au mois de mai). La réforme du secteur est en bonne voie malgré les reports successifs du calendrier de la privatisation. D’autres réformes apparaissent être importantes pour la reprise des investissements dans le secteur minier.
En effet, plusieurs projets d’investissements (cimenteries de WACEM et VICAT, minerai de fer de SANDEEP) sont bloqués dans l’attente d’une réforme du secteur ferroviaire qui passe par le redémarrage des investissements de TRANSRAIL, consortium ferroviaire privé qui a été mise sous règlement préventif depuis août 2009 en raison du non-règlement de leurs dettes vis-à-vis de TRANSRAIL par les Etats malien et sénégalais. La pérennité de TRANSRAIL qui est pourtant indispensable au démarrage des projets miniers non aurifères est remise en cause. Le soutien effectif du gouvernement malien est indispensable, le transport routier, perturbé par la crise ivoirienne, ne pouvant en aucune manière se substituer au trafic ferroviaire.
Sous programme avec financement de type Facilité Elargie de Crédit d’un montant de 28 DTS (30% du quota) depuis mai 2008, les autorités ont obtenu une prolongation de 7 mois de la facilité normalement échue le 27 mai 2011, pour leur permettre d’élaborer avec le Fonds un programme qui tiendra compte du bilan en cours des 7 dernières années d’intervention du Fonds.
Terre de passage, le Mali se situe entre deux zones géographiques et stratégiques distinctes, l’espace sahélo-saharien et l’Afrique subsaharienne. Entouré de 7 voisins, le Mali a développé une diplomatie sage et prudente, favorisant l’intégration régionale. Membre fondateur de l’UEMOA et de la CEDEAO, le Mali a été le premier à ratifier le projet d’Union africaine. Il est également membre du comité de mise en œuvre du NEPAD et de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD). Des personnalités maliennes de premier plan ont exercé, ou exercent, un rôle important à la tête d’organisations clés du continent : l’ancien chef de l’Etat Konaré à la présidence de la Commission de l’Union africaine, ou Soumaïla Cissé à la tête de la Commission de l’UEMOA.
Plutôt que de songer à exporter ses expériences spécifiques qui sont considérées en Occident comme exemplaires (transition démocratique de 1992), le Mali tente de sauvegarder la stabilité régionale (projet du président malien d’organiser une Conférence régionale sur la sécurité et le développement en zone sahélo-saharienne), ou en tout état de cause de se préserver des soubresauts des crises diverses qui affectent nombre de ses voisins directs (Côte d’Ivoire, Mauritanie, Niger, Guinée, Libye). Les questions de sécurité (trafics, terrorisme) sont désormais un enjeu majeur de la préservation de ses relations de bon voisinage, notamment avec les Etats les plus concernés, à savoir l’Algérie, la Mauritanie et le Niger.
Le Mali a par ailleurs été un contributeur actif dans le domaine du maintien de la paix, qu’il s’agisse du renforcement des structures de prévention des conflits au sein de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou de sa participation aux forces de maintien de la paix (RCA, Sierra Leone et Libéria).
La Francophonie est vue par le Mali comme un instrument important de sa diplomatie.
Les liens avec les Etats-Unis ont tendance à se raffermir. En novembre 2006, un accord de coopération de 460,8 millions de dollars sur cinq ans destiné à financer des aménagements de la zone de l’Office du Niger et de l’aéroport de Bamako-Sénou a été signé avec la Millenium Challenge Corporation. Les Etats-Unis souhaitent par ailleurs développer leur coopération militaire dans le Nord du Mali, région stratégique dans la lutte contre le terrorisme international.
Mise à jour : 21.04.11
