La France salue l’appel lancé hier soir par le président Amadou Toumani Touré à éviter toute violence communautaire. La France souhaite que, dans cet esprit, les autorités maliennes engagent sans tarder un processus pacifique de règlement de la crise.
Le Mali et la France entretiennent des relations étroites et confiantes tant pour des raisons historiques, culturelles (avec notamment la Francophonie) que communautaires (la diaspora malienne en France est très importante).
Les relations politiques sont excellentes, et comptent depuis 2002 de nombreuses visites bilatérales. Après une première visite officielle en 2002, le président Touré s’est rendu en France en octobre 2007, puis en novembre 2008 pour les Journées européennes du Développement à Strasbourg. Il a également été reçu par le Président de la République le 28 mai 2009. Le président ATT s’est rendu au Sommet Afrique - France à Nice les 31 mai et 1er juin 2010, puis à Paris à l’occasion de la cérémonie du Cinquantenaire des indépendances le 14 juillet 2010.
Le Président de la République Jacques Chirac a effectué une visite officielle au Mali en octobre 2003. M. Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères s’est rendu en décembre 2005 à Kayes, principale région d’origine des migrants maliens, et à Bamako le 16 janvier 2007 pour la réunion ministérielle de suivi du 23e Sommet Afrique-France qui s’était tenu dans la capitale malienne en décembre 2005. M. Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, s’est rendu au Mali en juin 2007 pour la cérémonie d’investiture du Président ATT (8 juin). Il a ensuite effectué une visite le 22 novembre 2008 et le 1er février 2010. En juillet 2007, le Secrétaire d’Etat à la coopération, M. Bockel, s’est rendu au Mali pour la signature de plusieurs projets FSP. M. Alain Joyandet s’est à son tour rendu à Bamako le 4 août 2009.
Le président de la République Nicolas Sarkozy, accompagné du Ministre des Affaires étrangères et européennes et du Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, s’est rendu à Bamako le 24 février 2010 à l’occasion de la libération de l’otage français Pierre Camatte. Le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Kouchner, s’est à nouveau rendu à Bamako le 27 juillet 2010 dans le cadre de la tournée régionale qu’il a effectuée au Sahel après l’exécution par AQMI de l’otage français Michel Germaneau. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, s’est rendu le 21 septembre 2010 à Bamako, à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance malienne le 22 septembre.
Le Mali a retrouvé en 2010 son rang moyen comme partenaire commercial de la France : il apparaît au 87ème rang de nos clients, et figure à la 165ème place comme fournisseur. Parmi les pays de l’UEMOA, il se maintient depuis 2004 au 4ème rang des pays clients, 6ème des fournisseurs, et au 5ème rang au niveau des échanges (imports + exports), avec 286,2 M € (soit une part de 7,6%), loin derrière la Côte d’Ivoire (1433 M €, soit 38,2% de nos échanges dans la zone), le Sénégal (798 M € , 21,2%), le Niger (407 M €, 10,8%) et le Bénin (402 M €, 10,7%). Le Mali représente en 2010 4,6% de nos échanges en zone Franc.
La France se classe en 2010 comme 4ème fournisseur du Mali (280,4 M € selon les douanes françaises) derrière le Sénégal, la Côte d’ivoire et la Chine ; elle s’était hissée au second rang lors de la crise ivoirienne de 2002 ; l’intensification des importations en provenance de la Chine depuis 2006 (bien que minorée dans les statistiques maliennes) la met vraisemblablement au 4ème rang, avec une part de marché de l’ordre de 13%.
Les exportations du Mali vers la France (concentrées sur l’or, le coton et le cheptel bovin) ne dépassent pas 10 M€/an en moyenne depuis 5 ans, et étaient en baisse en 2010 (5,8M €).
Les investissements directs étrangers au Mali sont récents (début des années 2000) et liés à l’activité minière (exploitation de gisements aurifères, prospection d’hydrocarbures et de ressources minières). Selon la CNUCED, le stock entrant d’IDE est passé de 210 M USD en 2001 (flux de 122 M USD) à 1093 M USD fin 2008 (flux de 127 M USD). En tenant compte des transferts et rapatriements vers l’étranger, le solde net d’IDE s’élevait à 1039 M USD fin 2008. Aujourd’hui, la France n’est plus le premier investisseur étranger au Mali, sous l’effet de la montée des investissements de l’Afrique du Sud (mines et agroalimentaire), du Maroc (banques et télécom) et de la Libye (hôtellerie et un projet agricole dans le nord de la zone Office du Niger).
Selon la Banque de France, les flux cumulés au départ de France de 1999 à 2008 dégagent un solde négatif de 22 M€ (-129 M€ pour l’année 2000). Les IDE français vers le Mali s’élèvent en 2008 à 4 M€, contre 5 M€ en 2007 et 9 M€ en 2006. Notre stock d’IDE au Mali atteint fin 2008 60 M€ (111ème rang).
En 2010, on recense près de 50 filiales et sociétés à capitaux français (participations minoritaires incluses). On dénombre par ailleurs près d’une soixantaine d’investissements privés réalisés par des ressortissants français ou binationaux installés au Mali, dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment, les services. Employant un effectif global de l’ordre de 2000 salariés, les filiales françaises sont très majoritairement basées à Bamako. La répartition de leur activité reflète la structure et le potentiel du marché malien puisque ces entreprises opèrent à 65% dans les services, 15% dans l’industrie et 20% dans le commerce. En outre, elles sont dans une proportion de 60% l’émanation de groupes français.
La France est le 4ème donateur bilatéral avec 53,7 M€ en 2009, soit près de 9 % de l’APD mondiale.
La coopération française au Mali s’oriente autour des priorités fixées par le Document cadre de partenariat (DCP) signé le 7 juillet 2006. Afin de participer à la réalisation des objectifs du Millénaire, 3 secteurs de concentration ont été retenus (80 % des crédits y sont consacrés) : éducation et formation, eau et assainissement, et appui au secteur productif. Les priorités du gouvernement malien ont conduit depuis 2008 à porter l’accent sur le développement du secteur privé et à favoriser le développement solidaire. Conformément au DCP, le Ministère des affaires étrangères apporte son soutien au Mali selon 3 priorités transversales : la gouvernance et le développement local ; l’enseignement supérieur et la recherche ; la promotion de la diversité culturelle et de la francophonie.
Dans le cadre du DCP, les moyens envisagés s’inscrivent dans une fourchette de 241 à 315 M € pour la période 2006-2010, soit 48 à 63 M € en moyenne annuelle.
Sur la période 2010-2011, une aide budgétaire biannuelle de 5M€/an a été octroyée par la France. (la première tranche est décaissée ; le décaissement de la deuxième sera soumis à certains critères de bonne gouvernance) En complément de cette aide budgétaire, la France a décidé l’annulation de la dette monétaire du Mali vis-à-vis de la France sous la forme de quatre conversions de créances en annulations successives au profit du développement du Mali, couvrant chacune une période triennale. Le Mali avait envers la France une dette monétaire qui est liée au solde débiteur du compte d’opérations du Mali auprès du Trésor français avant son adhésion à l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) en 1984. Ce solde, qui représentait environ 226 M€, avait été rééchelonné jusqu’en 2019 par une convention signée par les deux pays en 1984. Lors de l’entretien du 26 octobre 2007 avec son homologue malien, M. Amadou Toumani Touré, le Président de la République à annoncé l’annulation du solde de la dette monétaire malienne, selon le principe d’une conversion de créances en annulation en trois ou quatre étapes au profit du développement du Mali.
Un premier accord de conversion en annulation sur la période 2008-2010 portant sur un montant de 17,6 M€ avait consacré 60 % des fonds à de l’aide budgétaire globale, et le reste (40%) à l’appui du secteur privé. Un deuxième accord de conversion en annulation couvrant la période 2011-2013 pour un montant 31,7 M€ a été conclu en juillet 2010. La renégociation de la convention de dette monétaire a permis de prendre en compte les besoins de développement au Nord Mali et s’est traduite par l’affectation de 30% de l’aide à cet objectif. 20% à l’appui au secteur privé et le reste (50 %) à de l’aide budgétaire globale.
Les actions dans le domaine migratoire constituent également un axe de la coopération française au Mali, essentiellement à travers des projets du FSP « appui à la jeunesse » et le soutien à la création du Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM) inauguré le 6 octobre 2008 à Bamako par le ministre Brice Hortefeux. Un projet d’accord de gestion concertée des flux migratoires et de développement solidaire est en négociation.
Avec 150 jumelages, le Mali est le premier bénéficiaire de la coopération décentralisée française, qui représentait près de 7 M € en 2008. Limitée à l’origine à des actions à caractère humanitaire et à des échanges culturels, l’action des collectivités locales s’est progressivement étendue à des domaines variés : appui institutionnel et gouvernance locale, activités rurales, appui à l’artisanat.
Compte tenu des enjeux de sécurité dans la zone sahélo-saharienne, le Mali bénéficie d’une aide de la France en matière de sécurité et de défense. Des actions visant à renforcer les capacités de souveraineté de l’Etat malien dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée ont été engagées en 2009, dans le cadre d’une approche régionale sur la sécurité dans la zone sahélo-saharienne (projet FSP « justice et sécurité en zone sahélo-saharienne »).
Par ailleurs, le soutien apporté en matière de coopération militaire structurelle (gérée par la DCSD au MAEE) s’élève à près de 4 M€ en moyenne annuelle. Cette aide est notamment orientée sur la formation des élites avec le soutien à 3 Ecoles à vocation régionale (ENVR) dans le domaine du maintien de la paix, de l’administration et de la formation d’état-major
La France joue aussi un rôle important dans la formation du 62ème RIR au Nord du Mali, régiment pivot pour la reconquête du Nord par l’Etat malien. La formation de ce régiment est assurée par le ministère de la Défense (Etat-Major des Armées).
Enfin, la France appuie à hauteur de 2 M€ deux « Pôles sécurisés de développement et de gouvernance » dans le Nord du Mali qui permettront un retour de l’Etat dans ces deux domaines, et qui s’intégreront dans le Programme Malien pour la Sécurité, la Paix et le Développement du Nord (PSPSDN). Un million d’euros à déjà été accordé aux autorités maliennes pour appuyer ce programme.
Mise à jour : 21.04.11
