Nom officiel : République de Madagascar
Nature du régime : Présidentiel
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : Andry Rajoelina (Président, du 17 mars 2009 au 16 septembre 2011, d’une Haute Autorité de la Transition / H.A.T non reconnue par la communauté internationale, puis depuis le 17 septembre 2011, Président de la Transition).
Superficie : 590.000 km²
Capitale : Tananarive
Villes principales : Tananarive, Tamatave, Majunga
Langue (s) officielle (s) : malgache, français, anglais
Langue (s) courante (s) : malgache, français
Monnaie : ariary (2800 ariary pour 1 € en juin 2011)
Fête nationale : 26 juin
Population : 19.9 millions d’habitants
Densité : 34,1 hab/km²
Croissance démographique : 2,8 % (Banque mondiale, 2008)
Espérance de vie : 59 ans
Taux d’alphabétisation : 59 % Religion (s) : Fond commun traditionnel axé sur le respect des ancêtres (50 %) ; christianisme (45 %), dont 25 % de Catholiques et 20 % de Protestants ; islam (5 %)
Indice de développement humain : 143ème sur 177 pays (PNUD, 2010)
PIB (2010) : 6,56 Mds € (Instat)
PIB par habitant (2009) : 300 €
Taux de croissance (2010) : 0,6 % (Instat)
Taux de chômage (au sens du BIT) : non renseigné
Taux d’inflation (2010) : 11,9 % (Instat)
Principaux clients : France (32,8% en 2010), Allemagne (7,4%), Chine (6,3%), Etats-Unis
Principaux fournisseurs : Chine (15,4%), Etats-Unis (8,3%), France (7,4% en 2010, contre 6% en 2009), Afrique du Sud (7,1%), Bahreïn (6,5%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 28 % (Riz)
industrie : 15 % (Textile)
services : 57 % (Tourisme, TIC)
Exportations de la France vers Madagascar : 233,7 M€ en 2010- 3ème fournisseur
Importations françaises depuis Madagascar : 262,1 M€ en 2010 - 1er client (32,8 % des exportations malgaches)
Le site de la mission économique française à Madagascar
Consulat (s) de France : Tananarive
Chancelleries détachées : Majunga, Diego Suarez, Tamatave
Communauté française à Madagascar : 25 000 personnes (dont 13 000 bi-nationaux)
Communauté malgache en France : environ 70 000 personnes
Que ce soit en 1972, 1991-92, 2001-2002 ou 2009, les crises se succèdent et se ressemblent à Madagascar. Fin 2008, le bras de fer entre le Président malgache, Marc Ravalomanana et le Maire de Tananarive, Andry Rajoelina rappelle celui de 2002, qui opposa Didier Ratsiraka à Marc Ravalomanana, alors Maire de la capitale malgache, à l’issue d’un scrutin contesté, et qui paralysa le pays pendant plusieurs mois.
En décembre 2001, la Haute Cour Constitutionnelle (H.C.C) proclame Marc Ravalomanana président élu avec 51,4% des voix. Ces résultats sont contestés par le Président sortant, Didier Ratsiraka, qui affirme avoir obtenu 40% des suffrages au premier tour et exige l’organisation d’un second tour. Appelée à trancher, la HCC tarde à se décider. En janvier 2002, les Malgaches descendent dans la rue pour soutenir Marc Ravalomanana, un homme d’affaires autodidacte, maire populaire de Tananarive qui bénéficie du soutien des églises. Il s’autoproclame Président en février 2002 et nomme son gouvernement. La confusion règne. Les deux « présidents » se retrouvent à Dakar en avril et trouvent un compromis dont les modalités ne seront jamais respectées. Didier Ratsiraka fuit le pays et se réfugie en France. L’élection de Marc Ravalomanana est reconnue par les Etats Unis le 26 juin et par la France le 3 juillet, un mois après l’investiture officielle.
Le nouveau Président instaure un changement radical de perspective en mettant en place un programme de mise en œuvre de sa vision à l’échelle nationale, régionale et communale : le "Madagascar Action Plan" (MAP). Une politique de désenclavement par la construction et réfection des infrastructures routières est lancée dès 2002, des centaines de dispensaires sont ouverts ou réhabilités, ainsi que des milliers d’écoles permettant de passer à un taux d’inscription en primaire de 98% (contre moins de 30% en 1999). 22 régions de l’île, remplacent les 6 provinces jugées trop éloignées des réalités de la population. Sur le plan international, Marc Ravalomanana a su renouer avec l’Union Africaine, et a souhaité ancrer son pays dans son environnement régional (adhésion à la SADC en 2005).
Réélu dès le premier tour en décembre 2006, le Président Ravalomanana applique, pendant ses deux mandats, une politique liberticide. Sa gestion des affaires publiques est de plus en plus critiquée et la déception de la population est à la mesure des espoirs immenses que son accession au pouvoir avait suscités en 2002. Tout en verrouillant la vie politique malgache (élections douteuses, intimidations vis-à-vis de l’opposition), il a conjugué méthodes musclées (arrestations, restrictions de libertés, notamment d’expression), entraves à la gestion de la Mairie de Tananarive et pris des décisions maladroites et opaques (commande d’un nouvel avion présidentiel et cession massive de terres au groupe coréen « Daewoo ») qui ont achevé de décrédibiliser le régime.
C’est dans ce contexte qu’en décembre 2007, un jeune indépendant de 34 ans, novice en politique, Andry Rajoelina, remporte la Mairie de Tananarive, fief traditionnel du Président. C’est un véritable camouflet pour le Chef de l’Etat qui n’avait jamais connu d’échecs politiques auparavant.
Les deux hommes se ressemblent trop pour ne pas se haïr : tout comme son aîné, Andry Rajoelina (surnommé « TGV ») est un entrepreneur dynamique et ambitieux qui a fait fortune dans la communication avant de conquérir la Mairie de Tananarive et de nourrir des ambitions politiques nationales. Il est parvenu à mobiliser une partie des déçus du régime mais, ce faisant, s’est également enfermé dans un cercle d’opposants radicaux sans autre programme politique que le départ du Chef de l’Etat, éventuellement par la force.
En décembre 2008, la décision du Président de fermer la chaîne de télévision privée Viva appartenant au Maire le pousse à passer à l’offensive et à lancer des manifestations pacifiques, « place du 13 mai », lieu symbolique de la contestation malgache. Le 24 janvier 2009, un rassemblement populaire regroupe entre 25.000 et 30.000 personnes. Il s’ensuit plusieurs jours de manifestations, d’émeutes et de pillages et un bilan lourd : plus de 80 morts. Le 7 février, la Garde présidentielle chargée de protéger le Palais présidentiel tire sans sommation sur la foule faisant au moins 28 morts et plus de deux cent blessés. La répression du régime obtient l’effet escompté et met un terme aux manifestations.
Le 8 mars, une partie des forces de sécurité s’est soudainement mutinée, contre les autorités légales précipitant la chute du régime. Le 17 mars, le Président ordonne la dissolution du gouvernement et remet les pleins pouvoirs à un directoire militaire qui les transmet quelques heures plus tard à Andry Rajoelina. Le 18 mars, la Haute Cour Constitutionnelle valide ces ordonnances. A. Rajoelina suspend le Parlement et s’installe dans ses fonctions de Président de la « Haute Autorité de la Transition (H.A.T) ».
L’ensemble de la communauté internationale a condamné le changement de régime. Les médiations africaines UA et SADC ont alors tenté de faire émerger un dialogue inclusif avec l’ensemble des parties malgaches.
En août et novembre 2009, Andry Rajoelina et les chefs des trois autres mouvances politiques (Marc Ravalomanana, Albert Zafy et Didier Ratsiraka) ont signé à Maputo et à Addis-Abeba des Accords de sortie de crise négociés avec la médiation africaine UA/SADC conduite par l’ancien Président mozambicain, Joaquim Chissano, prévoyant un partage du pouvoir devant conduire à de nouvelles élections d’ici à fin 2010. Ces Accords, complexes, n’ont jamais été appliqués en raison de désaccords sur la répartition des postes. A. Rajoelina est sorti du cadre de ces accords en décembre 2009 en limogeant le Premier ministre de consensus (Eugène Mangalaza, remplacé par Camille Vital) et n’a pas su faire les efforts nécessaires en direction de la communauté internationale, en particulier africaine, pour expliquer les ressorts de son action. Maladresses et incompréhensions ont contribué au blocage politique, les « sanctions » internationales (Banque mondiale, AGOA, Art. 96 de Cotonou) contribuant à aggraver une situation économique et sociale déjà dégradée.
En 2010, A. Rajoelina a poursuivi, sans la Médiation, la mise en œuvre de son programme issu de l’Accord d’Ivato et de la Conférence nationale (août et septembre 2010). Un projet de constitution proposé par la H.A.T a été validé par référendum le 17 novembre 2010.
La médiation de la SADC, dorénavant convaincue de l’utilité de privilégier une approche plus pragmatique, s’est engagée depuis décembre 2010 à un dialogue constructif avec les autorités en place.Cette nouvelle approche a abouti au paraphe, le 9 mars 2011, par une grande partie des forces politiques, d’une « Feuille de Route » malgacho-malgache, équilibrée, vers des élections crédibles sous assistance internationale. Ce texte a été validé formellement par les instances dirigeantes de la SADC lors du sommet de Sandton du 12 juin 2011, tandis que l’Union Africaine l’a à son tour validée lors de ses deux réunions du 6 et 12 juillet.
Le 17 août 2011le sommet de la SADC de Luanda a renouvelé son soutien au processus de sortie de crise et annoncé l’envoi à Madagascar d’une délégation de la Troïka de l’organisation, composée de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et de la Zambie. L’action de la mission ministérielle, à laquelle la COI est invitée à se joindre aboutit à une nouvelle reformulation permettant l’adoption de la Feuille de route et sa signature le 17 septembre par la majorité des formations politiques malgaches (dont les huit mouvements politiques et deux des trois mouvances des anciens Présidents, à l’exception de celle de Ratsiraka), par la SADC et la HAT. Cette Feuille de route doit permettre la tenue prochaine d’élections avec l’aide de la Communauté internationale. Une seconde mission ministérielle de la Troïka de la SADC, s’est rendue à Madagascar du 13 au 15 octobre et a permis d’élaborer un plan de mise en œuvre de la Feuille de route avec un échéancier précis. Conformément à ce cadre de mise en œuvre, un Premier Ministre de Transition, Omer Beriziky, a été nommé le 28 octobre. Le 21 novembre, un Gouvernement de Transition d’Union Nationale a été formé. Les institutions de la transition (le Congrès de Transition (CT), le Conseil Supérieur de Transition (CST)) ont ensuite été élargies puis ont ratifié la Feuille de Route début décembre.
(source : mission économique à Tananarive)
Madagascar continue de figurer parmi les pays les plus pauvres du monde, en 143ème position sur 177 pays selon l’Indicateur de développement humain (PNUD 2007-2008). En 2009, la population est estimée à 19.9 millions d’habitants, en croissance de 2,8%/an.
Le pays a connu une forte croissance économique quasi ininterrompue depuis 1995 (exception faite de 2002) avec une accélération jusqu’en 2008 (estimation de +7,2%). Les principaux moteurs actuellement sont les grands projets miniers et les TIC.
Depuis début 2009, la crise politique interne s’ajoute aux effets de la crise économique mondiale ; la plupart des secteurs économiques sont touchés, qu’ils soient tournés vers l’exportation (les clients internationaux craignent pour la sécurité de leurs approvisionnements) ou vers le marché intérieur qui s’est effondré. En 2010, la croissance n’a été que de 0,6%.
Le secteur primaire (agriculture, pêche et secteur forestier) représente 28% du PIB et a augmenté de +4,1% en 2008. L’agriculture occupe 70% de la population active et représente 20% des exportations. Les produits de la mer, dont la crevetticulture et la pêche, sont à l’origine de la moitié des exportations du secteur, en déficit depuis 2008. Viennent ensuite le riz, les fruits tropicaux, les cultures de rente (girofle, cacao, café, poivre).
Le secteur secondaire représente près de 15 % du PIB. Sa croissance a été solide en 2008 (+10,8%) grâce à la construction des grands projets miniers (+28% pour les industries extractives), et une amélioration de la fourniture en électricité aux industries (+6%). Avant la crise, le gouvernement souhaitait développer l’exploitation des ressources minières dont le pétrole, le fer, la bauxite, l’uranium et le charbon. D’ici à fin 2011, les groupes thaïlandais ITD et PTT pourraient démarrer la construction de leurs projets respectifs d’extraction de charbon dans le bassin de la Sakoa (Sud de Madagascar).
Le secteur tertiaire en 2008 tirait la croissance vers le haut (+15,6%). Les secteurs phares étaient le BTP et les infrastructures (+64%), les télécommunications (+48,7%), les transports (+11%). Le secteur des télécommunications a connu une forte accélération pendant la période 2005-2010 grâce à une progression rapide du nombre d’abonnés de la première liaison internet à débit en fibre optique grâce au câble Lion en service depuis 2009. De nouvelles liaisons haut-débit sont attendues (Eassy, Seacom). Ces nouvelles liaisons de Madagascar aux grands réseaux internationaux constituent un axe de développement clé pour le pays. Les entreprises du secteur prospectent pour implanter des call centers, des plateformes de traitement des données, logiciels, gestion de sites internet. Le secteur a connu un véritable essor ces dernières années. Le secteur touristique a bénéficié d’une augmentation d’environ 10,5% des arrivées de touristes entre 2006 et 2008. Il est traditionnellement le premier pourvoyeur de devises du pays devant le textile et la crevetticulture. On comptait environ 25 000 emplois directs dans le tourisme en 2008 mais la crise de 2009 a fortement touché ce secteur qui reprend lentement.
Jusqu’en 2009, la diplomatie malgache était axée principalement sur :
l’entretien de bonnes relations avec le FMI, la Banque mondiale et les bailleurs bilatéraux (France, Union Européenne, Etats-Unis) ;
une meilleure intégration régionale : adhésions à la COI en 1982, au COMESA en 1993, à l’IOR-ARC en 1996, à la SADC en août 2005, demande d’adhésion à l’association des « petits Etats insulaires en développement » en janvier 2005, recherche de partenariats avec Maurice, l’Afrique du Sud, le Mozambique ;
le développement de relations commerciales et de coopération avec l’Asie (Japon, Chine, déjà très présents, Thaïlande, Australie) ;
la recherche d’une visibilité internationale, surtout sous les mandats de M. Ravalomanana, (participation du Président à de nombreux sommets, candidature pour l’organisation des sommets de l’UA en 2009 et de la Francophonie en 2010).
Depuis mars 2009, et en raison de la crise politique, certains partenaires bilatéraux (Norvège, Etats-Unis) ont annoncé le gel total de leur aide. Les Etats-Unis ont annoncé le 23 décembre le retrait de Madagascar de l’AGOA.
Comme l’ensemble de la communauté internationale, l’Union européenne a clairement dénoncé le changement de régime anti-constitutionnel au profit d’Andry Rajoelina. Elle a suspendu, à titre conservatoire, la coopération communautaire : 630 M €, dont577 M € au titre du 10ème FED (30 % d’ABG -170 M €- ; 40 % pour les infrastructures de transport -240 M €- ; 20 % pour le développement rural, l’agriculture et la sécurité alimentaire -120 M € ).
Faute de voir émerger une solution consensuelle à la crise politique,l’Union européenne a adopté en juin 2010 une décision clôturant les consultations au titre de l’article 96 de Cotonou et suspendant, au titre des « mesures appropriées », la coopération de l’UE (Fonds européen de développement), à l’exception de l’aide humanitaire et d’urgence et des projets bénéficiant directement à la population, mis en œuvre par des structures non-gouvernementales. Dans l’attente de la validation de la feuille de route de la SADC, le conseil de l’Union européenne a décidé, le 6 juin, de renouveler pour 6 mois ces "mesures appropriées".
Mise à jour : 24.01.12
