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La France et le Luxembourg

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Brève

Troisième réunion de la commission intergouvernementale franco-luxembourgeoise pour le renforcement de la coopération transfrontalière (Senningen, 19 mars 2013)

La commission intergouvernementale franco-luxembourgeoise pour le renforcement de la coopération transfrontalière a tenu sa troisième réunion le 19 mars 2013, à Senningen (Grand-Duché de Luxembourg). La délégation française était présidée par Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des affaires européennes, et celle du Luxembourg par Jean-Marie Halsdorf, ministre de l’intérieur et de la Grande région.

Présentation

Relations politiques et dernières visites

Bien que partageant largement sa culture, son histoire et sa langue avec le monde germanique, le Luxembourg est très proche de la France.

Les contacts au plus haut niveau sont réguliers. En octobre 2000, pour leur premier déplacement à l’étranger après leur accession au trône, le Grand-Duc Henri et son épouse ont effectué une visite officielle en France.

M. Jean Claude Juncker a reçu, le 5 février 2002, les insignes de Grand-officier de la Légion d’honneur des mains du Président de la République.

Les contacts sont nombreux tant au niveau ministériel qu’à celui des premiers ministres et du président de la République (visite de M. François Fillon à Luxembourg en 2008, visite à Paris de M. Jean-Claude Juncker en 2010 puis avril, entretien de MM. Sarkozy et Juncker à Deauville en mai 2011).

Le 10 mai 2012, M. Juncker a rencontré M. Hollande récemment élu président de la République. Une deuxième rencontre entre eux a eu lieu le 12 février 2013.

Relations économiques

Les relations économiques entre les deux pays sont très denses. La France a été pendant des années l’un des premiers investisseurs au Luxembourg (2ème en flux d’IDE et 6ème en stocks en 2009 puis respectivement 6ème et 7ème en 2010). Les investissements financiers ont fortement diminué en 2011, la France devenant le 26ème investisseur en flux.

La France est le second client et le troisième fournisseur du Grand-Duché, celui-ci étant le 38ème client et le 46ème fournisseur de la France. La part de marché de la France est en diminution à 10,7% en 2011 contre 11,5% en 2010, loin derrière la Belgique et l’Allemagne (respectivement 36,4% et 29,1%).

Les exportations françaises en 2012 s’élèvent à 2.218 millions d’euros, pour des importations équivalent à 1.598 millions d’euros. Le solde des échanges de la France avec le Luxembourg est faiblement positif mais la France dispose d’une importante marge de progression eu égard aux performances belges et allemandes.

La France exporte vers le Luxembourg principalement des produits de l’industrie agro-alimentaires, des produits métallurgiques et métalliques ainsi que des matériels de transports et des hydrocarbures naturels.

À l’inverse, la France importe du Grand-Duché des produits métallurgiques et métalliques et des produits en caoutchouc et en plastique. On recense environ 160 implantations françaises au Grand Duché, employant plus de 16 000 salariés, essentiellement dans les secteurs de la banque et de l’assurance.

En outre, plus de 70 000 « navetteurs » français, pour la plupart résident en Lorraine, se rendent chaque jour au Luxembourg pour travailler.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Les liens culturels sont régis par un accord datant de 1954. Les évolutions intervenues au cours des dernières années modifient toutefois sensiblement la coopération franco-luxembourgeoise dans le domaine culturel.

La volonté luxembourgeoise de se positionner comme capitale culturelle européenne autant que comme place financière s’est traduite par l’ouverture de nombreuses infrastructures culturelles, parfois érigées ou dirigées par des Français (Centre culturel Pierre Werner, Musée d’Art Moderne, Philharmonie). En 2007, Luxembourg était la première capitale européenne à être désignée pour la seconde fois le titre de capitale européenne de la culture en association avec la Grande région Sar/Lor/Lux.

L’action en faveur du luxembourgeois (proche de l’allemand) comme langue d’intégration et de cohésion sociale est un enjeu politique depuis plusieurs années et le luxembourgeois est devenu la principale langue d’enseignement au niveau primaire. Alors que l’apprentissage de l’allemand intervient dès la première année d’école primaire, le français n’est enseigné qu’en deuxième année, entraînant une baisse d’influence de la francophonie, qui impacte l’accueil d’étudiants du Grand Duché en France.

Si la France est le deuxième pays d’accueil d’étudiants luxembourgeois après l’Allemagne, leur nombre est en diminution. La coopération scientifique et universitaire doit donc évoluer pour s’adapter à cette situation et à l’ouverture d’une université de plein exercice conçue sur le modèle anglo-saxon. La coopération s’opère également dans le cadre transfrontalier avec le développement du projet d’Esch-Belval orienté vers la recherche et la technologie.

Une table ronde réunissant l’Université du Luxembourg et celle de Lorraine a eu lieu en décembre 2012 et est appelée à se transformer en rendez-vous annuel. Le 16 juillet 2012, le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle luxembourgeois, le Rectorat de Nancy-Metz et le Lycée Georges de la Tour de Metz ont signé une convention créant une classe préparatoire aux grandes écoles, filière économique, dans un établissement secondaire luxembourgeois, le lycée d’Echternach. Cette classe ouvrira à la rentrée 2013.

L’institut culturel franco-germano-luxembourgeois Pierre Werner, situé dans l’Abbaye de Neumünster et inauguré le 13 octobre 2003 par les trois Ministres des Affaires étrangères des pays concernés, est devenu en juin 2006 l’institut culturel européen Pierre Werner. Ayant accueilli son premier forum international en mai 2004, il est désormais ouvert à tous les pays de l’UE et se recentre sur des activités de recherche et de réflexion relatives aux thèmes européens.

Autres types de coopération

Notre coopération transfrontalière, qui tient une place importante dans les relations franco-luxembourgeoises, s’appuie sur des instruments adaptés : accord « Sar-Lor-Lux-Trèves-Palatinat », accord de Karlsruhe, Grande Région créée à l’initiative de M. Juncker et Commission intergouvernementale franco-luxembourgeoise pour le renforcement de la coopération transfrontalière (CIG).

La CIG, qui s’est réunie pour la première fois en 2011 au Luxembourg, associe tous les acteurs de la coopération transfrontalière (ministres, préfet, élus locaux notamment). La troisième réunion de la CIG a eu lieu le 19 mars 2013 à Luxembourg.

Un des projets majeurs menés dans le cadre de la CIG est l’aménagement du site d’Esch-Alzette-Belval, ancienne friche industrielle d’Arcelor de plus de 100 hectares, à cheval sur le sud du Luxembourg et les communes frontalières de Lorraine.

Un Établissement Public d’Aménagement (EPA) a été créé par un décret publié en mars 2012 et l’assemblée constituante du Groupement européen de coopération territoriale (GECT) d’Esch-Alzette-Belval a eu lieu le 8 mars 2013 en présence du préfet de la Région Lorraine et du ministre luxembourgeois du Développement durable, M. Claude Wiseler.

Compte tenu de la proximité de la centrale de Cattenom avec le Grand Duché, notre coopération en matière de sécurité et de sûreté nucléaire est très dense. Elle s’effectue notamment à travers les réunions de la commission mixte sur la sécurité nucléaire, créée en 1994, et l’association d’experts luxembourgeois et allemands aux examens de sécurité opérés dans la centrale.

Dans le domaine de la sécurité, un accord bilatéral franco-luxembourgeois de coopération policière et douanière a été signé le 15 octobre 2001 à Luxembourg. Ce texte instaure un droit de poursuite et porte création d’un « centre commun » à Luxembourg, fonctionnant comme un service d’échange d’informations et de coordination.

Ce centre commun de Police et de Douane, mis en place en janvier 2003, a été fusionné avec le bureau de coopération policière belgo-germano-luxembourgeoise pour créer une structure quadripartite originale.

Mise à jour : 02.05.13

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