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Liban : Bernard Kouchner salue l’accord sur une sortie de crise (15 mai 2008)

Bernard Kouchner salue l’accord sur une sortie de crise (15 mai 2008)
Déclaration des « Amis du Liban » (12 mai 2008)
Communiqué de la présidence de la République (12 mai 2008)
Situation au 9 mai 2008
Situation au 8 mai 2008

Bernard Kouchner salue l’accord sur une sortie de crise (15 mai 2008)

Bernard Kouchner a salué, jeudi 15 mai, l’accord intervenu à Beyrouth, sous l’égide du Premier Ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani et de la Ligue arabe, afin de sortir de la crise au Liban.

Cet accord qui prévoit l’ouverture d’un dialogue entre la majorité et l’opposition sur la formation d’un gouvernement et la préparation d’une loi électorale, signe la fin des violences qui ont endeuillé le Liban ces derniers jours.

"Je me félicite du retour à la normale sur le terrain et de la réouverture de l’aéroport international de Beyrouth, a déclaré Bernard Kouchner. Je tiens à réaffirmer le soutien de la France aux institutions du Liban, en particulier au gouvernement et à l’armée libanaise. Leur action en faveur du maintien de l’unité, de la stabilité et de la souveraineté du Liban a été déterminante pour créer les conditions nécessaires à la sortie de crise. Cet accord s’inscrit dans la logique du dialogue sans exclusive que nous avons toujours défendue comme étant la seule voie possible pour mettre fin aux blocages politiques et institutionnels qui paralysent depuis trop longtemps l’Etat du Cèdre".

La France et l’Union européenne ont condamné les actions de force et apporté leur appui à la médiation de la Ligue arabe dès le début de la crise déclenchée par la décision du gouvernement de Fouad Siniora d’enquêter sur le système de télécommunications du Hezbollah et de limoger le directeur de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth. La France appelle toutes les parties, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, à faire tous les efforts nécessaires pour permettre que les discussions qui commenceront le vendredi 16 mai puissent aboutir rapidement à l’élection présidentielle, à la formation d’un gouvernement d’union nationale et à la rédaction d’une nouvelle loi électorale.

La France, qui n’a pas ménagé ses efforts pour favoriser une telle solution, est naturellement disponible pour accompagner le dialogue en cours.

Lire l’intégralité de la déclaration de M. Bernard Kouchner





Déclaration des « Amis du Liban » (12 mai 2008)

Nous, Ministres des Affaires étrangères et représentants de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, des États-Unis, de la France, de l’Italie, de la Jordanie, du Koweït, du Qatar et du Royaume-Uni, et Secrétaire général de la Ligue arabe, Secrétaire général du Conseil de l’Union européenne et Secrétaire général des Nations Unies, nous sommes entretenus au téléphone aujourd’hui avec un représentant ministériel du gouvernement libanais afin de traiter la crise actuelle au Liban.

Nous nous félicitons de l’initiative de la Ligue arabe, de sa déclaration du 11 mai et de son intention d’envoyer une délégation au Liban pour permettre la reprise du dialogue. Nous apportons notre plein soutien aux efforts de la Ligue arabe, du Premier Ministre du Qatar Hamid bin Jassem, du Secrétaire général Amr Moussa et de la délégation des Ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, du Bahreïn, de Djibouti, des Émirats arabes unis, de la Jordanie, du Maroc, d’Oman et du Yémen. Nous appelons à l’élection immédiate d’un Président sans conditions préalables, à l’établissement d’un gouvernement d’union nationale, et à l’organisation d’élections générales selon une loi électorale acceptée par toutes les parties, conformément au plan de la Ligue arabe.

Nous demeurons vivement préoccupés par la situation au Liban qui menace la stabilité du pays et de la région. Nous sommes attristés par les pertes en vies humaines depuis le 7 mai et nous adressons nos condoléances aux familles des victimes, au gouvernement et au peuple du Liban.

Nous demandons la cessation immédiate des combats, le retrait des rues des hommes en armes, le déblocage des routes et la réouverture de l’aéroport international de Beyrouth.

Nous exprimons notre ferme soutien aux institutions constitutionnelles libanaises, notamment au gouvernement et aux Forces armées libanaises. Nous réaffirmons notre ferme soutien à la souveraineté, à l’indépendance politique, à la stabilité et à l’unité de l’État libanais.

Pour en savoir plus

- Point de presse conjoint de M. Bernard Kouchner et de M. Jean-Pierre Jouyet (13 mai 2008)

"La position de la France, c’est de soutenir la Ligue arabe"


- Réponses de M. Bernard Kouchner à des questions d’actualité à l’Assemblée nationale (Paris, 13 mai 2008)

"Nous pouvons d’abord agir à l’échelon européen. Ainsi, nous avions engagé, avec nos amis italiens et espagnols, une démarche commune soutenue par le reste de l’Union européenne. Il faudra la reprendre. Nous avons également engagé une démarche auprès des Nations unies que nous avons réitérée hier soir encore. Nous avons tenu conférence avec M. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, et, quand sa rédaction sera achevée, une résolution pourrait être proposée au Conseil de sécurité.

Les pays qu’on appelle les "amis du Liban" ont émis hier soir une déclaration assez solide."






Communiqué de la présidence de la République (12 mai 2008)

Le président de la République s’est entretenu ce soir par téléphone avec le Premier ministre libanais M. Fouad Siniora et avec le Roi Abdallah d’Arabie saoudite.

Le chef de l’Etat condamne fermement toutes les actions armées commises ces derniers jours au Liban et ceux qui en ont pris l’initiative. Il appelle à la cessation sans condition des violences et condamne toute ingérence étrangère au Liban.

Le président de la République réaffirme le soutien de la France au Liban, au gouvernement légitime de ce pays et à ses institutions en charge de la sécurité, qui doivent pouvoir exercer leur mission et disposer du monopole de l’usage de la force.

Le président de la République appelle à la reprise immédiate du dialogue dans le cadre des efforts de la Ligue arabe, en vue d’une solution globale et durable fondée sur le respect de la démocratie, l’indépendance, la souveraineté et l’unité du Liban.

(Source : site Internet de la présidence de la République)





Situation au 9 mai 2008

La situation est grave. Nous sommes extrêmement préoccupés par les combats de ces deux derniers jours à Beyrouth. Nous condamnons vigoureusement ces exactions. Il faut éviter à tout prix le terrible engrenage de la guerre civile.

Nous appelons donc chacun, chaque partie, chaque force, à cesser immédiatement les combats et à reprendre la voie du dialogue. Nous demandons la réouverture des routes et de l’aéroport et la levée des barrages. La population ne doit pas à nouveau payer le prix des crises politiques libanaises. Il n’est pas plus admissible que l’intégrité physique des responsables politiques puisse être menacée. Dans ces circonstances graves, la liberté des médias et de leur diffusion doit être rétablie.

La France réitère son soutien aux autorités et institutions libanaises, en premier lieu le gouvernement et l’armée, à qui il revient, dans le respect de la constitution, de préserver la stabilité et la sécurité du pays.

Il n’y a pas d’autre solution que politique. Dix-sept ans de guerre civile ont montré qu’aucune communauté ne peut l’emporter sur les autres. Les éléments du dialogue sont connus. Nous les avons dessinés cet automne. La Ligue arabe les a repris à son compte.

Nous invitons chacun à se mettre autour d’une table pour parvenir à un accord. Nous sommes prêts à faciliter leur rencontre et à prendre toutes les initiatives nécessaires.

La France n’entend en effet pas rester inactive face à ce drame. Je suis en contact directement et par notre ambassadeur à Beyrouth avec toutes les composantes libanaises. Je viens d’en parler au Premier ministre libanais, Fouad Siniora, et j’appellerai les autres dirigeants libanais aujourd’hui et coordonnerai notre action avec les principaux partenaires du Liban, à commencer par la Ligue arabe.

Nous attendons de tous les acteurs internationaux et régionaux influents au Liban un comportement responsable, emprunt de retenue, pour permettre le retour au calme et faciliter une médiation politique.

La France s’est mobilisée dès hier pour obtenir une première réaction à ces évènements au Conseil de sécurité à New York. Les membres du Conseil de sécurité suivent avec la plus grande vigilance la situation au Liban.

La France, dont l’ambassadeur exerce la Présidence locale de l’Union européenne au Liban pour le compte de la Présidence slovène, se concerte activement avec ses partenaires européens.

Notre ambassade est totalement mobilisée pour assurer la sécurité de la communauté française.

- Entretien de M. Bernard Kouchner avec "France-Info" (Paris, 9 mai 2008)

Il faudrait qu’un effort commun, une démarche commune des Libanais soient perceptibles ; c’est la clé de tout. Nous en avons assez, la guerre menace à nouveau, l’aéroport est bloqué, il y a des barrages dans toutes les rues, c’est une situation horrible que toutes les générations de Libanais ont connue. S’il y avait un mouvement à la fois d’espoir et, peut-être, de lassitude, je crois qu’il serait plus facile de se parler, d’abord entre Libanais.


- Lire les réponses de la Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères et européennes au point de presse du 9 mai 2008





Situation au 8 mai 2008

La situation prévalant depuis hier au Liban est préoccupante. La France appelle, plus que jamais, à la retenue dans les déclarations comme dans les actes et à la reprise du dialogue dans le cadre institutionnel.

Elle réitère son soutien au gouvernement du Liban ainsi qu’à l’armée dans l’exercice de leurs missions et prérogatives constitutionnelles, notamment de préservation de la stabilité et de la sécurité du pays.

La France appelle à l’apaisement et à une résolution pacifique de la crise en cours, se traduisant par un retour rapide au calme, notamment par une réouverture des accès à l’aéroport.

Nous observons avec la plus grande attention l’évolution de la situation, notamment pour assurer la sécurité de la communauté française.

La France réitère son profond attachement à la souveraineté, à l’indépendance et à la stabilité du Liban, ainsi qu’à l’unité du pays du Cèdre dans toutes ses composantes.