Présentation de la Lettonie

Présentation

Données générales

Données géographiques et générales

Nom officiel : République de Lettonie

Superficie : 64 600 km²

Capitale : Riga

Villes principales : Daugavpils, Liepaja, Jelgava

Langue officielle : letton

Monnaie : lats

Fête nationale : 18 novembre

Données démographiques

Population : 2, 204 millions d’habitants (taux annuel de variation de la population : -0,6%)

Espérance de vie : 67,6 ans pour les hommes et 78,1 ans pour les femmes

Données économiques

(2010)

PIB : 17,9 Mds €

PIB par habitant  : 8200 €

Taux de croissance  : 5% en 2011 (- 0,3 % en 2010, - 18 %en 2009 ; prévision 2012 : 4 %)

Taux de chômage  : 14,4 %

Taux d’inflation  : 4,2% en 2011 (-1,2 % en 2010)

Principaux clients  : Russie (15,4%), Lituanie (15,0%), Estonie (12,4%), Allemagne (8,2%), Suède (5,9%), Pologne (4,7%), France 15e client (1,5%)

Principaux fournisseurs  : Lituanie (16,2%), Allemagne (11,4%), Russie (10,0%), Pologne (7,5%), Estonie (7,0%), Finlande (4,8%), France 11e fournisseur (3%).

Investissements français en stock:59 M€, soit le 20ème rang (1%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB  : - agriculture : 3,1 % - industrie : 20,6 % - services : 76,3 %

Exportations de la France vers la Lettonie  : 220 M €

Importations françaises de Lettonie  : 130 M €

Solde : 90 M €

La Lettonie et l’Union européenne

Contribution nationale au budget de l’UE en 2010 : 158 millions €

Fonds européens perçus en 2010 : 844 millions €

Bénéficiaire net en 2010 : 674 millions €, soit 3,7 % du RNB (3ème bénéficiaire net en % du RNB), dont :
- 509 millions € au titre de la politique de cohésion
- 284 millions € au titre de la PAC

Part du commerce extérieur réalisé en 2010 :
- avec l’UE : 72 % des exportations, 76 % des importations
- avec la zone euro : 35 % des exportations, 40 % des importations

Nombre de députés au Parlement européen : 9 / 736

Nombre de voix au Conseil de l’UE : 4 sur 345 soit 1,2 %

Nombre de voix au Conseil de l’UE après 2014 (en fonction de la population) : 0,46 %

Politique intérieure

Lorsqu’elle a recouvré son indépendance en 1991, la Lettonie a largement repris la constitution de 1922 qui attribue un rôle majeur à la Saeima, parlement monocaméral composé de cent membres élus pour quatre ans au scrutin proportionnel.

Le président de la République est élu par les députés de la Saeima pour un mandat de quatre ans. Le vote se déroule à bulletin secret et à la majorité absolue (soit cinquante-et-une voix minimum sur cent). Son mandat est renouvelable une fois. Le président nomme un premier ministre, qui forme avec son cabinet l’exécutif du gouvernement.

Une Cour constitutionnelle est chargée depuis 1996 de contrôler la constitutionnalité des lois.

Andris Berzins a été élu le 2 juin 2011 à la présidence de la République de Lettonie par les députés de la Saeima pour un mandat de 4 ans. Il a battu son prédécesseur, Valdis Zatlers, qui sollicitait un second mandat.

Dénonçant la corruption et l’influence des oligarques, Valdis Zatlers avait décidé, le 28 mai 2011, quelques jours avant le terme de son mandat, d’initier un processus de dissolution du parlement en réponse au refus de ses membres de lever l’immunité d’un député soupçonné de corruption. Les parlementaires, appelés à élire le nouveau président une semaine plus tard, avait alors rejeté la candidature à un second mandat de Valdis Zatlers.

Les élections législatives du 17 septembre 2011 organisées suite à la dissolution du parlement ont vu la victoire du parti « Centre de la Concorde », soutenu par la minorité russophone (29% de la population).

Toutefois, en dépit de longues négociations, et bien que le président Berzins avait émis le vœu d’une coalition la plus large possible, il n’a pas été possible d’associer le « Centre de la Concorde » (gauche) à la nouvelle équipe dirigeante. En effet, une majorité de Lettons conteste les positions du parti des russophones sur des sujets aussi sensibles que la langue, l’identité culturelle ou la mémoire.

Le président Berzins a finalement décidé de reconduire le premier ministre Valdis Dombrovskis. En fonction depuis mars 2009, ce dernier dirige une équipe soutenue par l’ "Unité", son parti (centre droit, libéral), le "Parti de la réforme de Zatlers, ZRP", créé par l’ex président Zatlers (proche des milieux économiques), et l’"Alliance Nationale" (droite nationaliste). Un tiers des ministres, dont ceux des Finances et de la Défense, ont été reconduits dans leurs fonctions. Les Affaires étrangères ont été confiées à Edgars Rinkievics (sans étiquette mais proche du ZRP). Spécialiste des questions de défense, M. Rinkievics a efficacement contribué à la réussite de la visite officielle en décembre 2010 à Moscou de Valdis Zatlers, alors président de la République.

La minorité russophone représente 29% de la population lettone. A l’intention de ceux des russophones qui résident de longue date en Lettonie sans posséder la nationalité lettone, Riga a mis en place une politique d’intégration (notamment par le biais de l’enseignement du letton) et de promotion de la naturalisation. Depuis l’entrée en vigueur de la loi lettone sur la nationalité en 1995, près de 130 000 personnes ont obtenu la nationalité lettone, ce qui a contribué à faire passer la part des "non citoyens" (ne détenant ni passeport letton, ni passeport russe) dans la population de 29% en 1995 à 14,3% en 2011 (320000 personnes).

Situation économique

La Lettonie a connu jusqu’en 2007 une forte croissance économique qui lui a valu, avec l’Estonie et la Lettonie, d’être qualifiée de « tigre balte » (2005 : 10,6% ; 2006 : 12,2% ; 2007 : 10,0%).

Mais le pays a été durement atteint par la crise financière et économique : le PIB letton a diminué de 18% en 2009, soit une des plus fortes baisse parmi les Etats membres de l’Union européenne. Un prêt conjoint UE/FMI accordé en décembre 2008 pour un montant de 7,5 Mds€ a évité une aggravation de la crise, la Lettonie appliquant à la lettre des recommandations de ses créanciers. Le plan d’aide s’est achevé en décembre 2011. Sur les 7,5 Mds€ du plan (dont 1,7 Md du FMI et 3,1 Mds de l’UE), la Lettonie n’aura finalement utilisé que 4,4 Mds. Les mesures d’austérité particulièrement douloureuses mises en œuvre se sont traduites par une très forte réduction de la masse salariale et des dépenses publiques. Les Lettons ont cependant adressé un satisfecit au chef du gouvernement Valdis Dombrovskis lors des élections législatives d’octobre 2010, permettant à ce dernier de conserver son poste. La cohésion du peuple letton s’explique probablement par le souvenir parfois évoqué de situations encore plus difficiles durant l’occupation soviétique.

Après trois années de récession (2008, 2009, 2010), l’économie lettone affiche en 2011 une croissance supérieure aux prévisions. L’ajustement interne drastique engagé dans le cadre du programme UE/FMI a permis à la Lettonie d’accroître ses parts sur ses principaux marchés d’exportations, les exportations lettones bénéficiant de l’amélioration de la compétitivité procurée par le fort ajustement à la baisse des salaires. La progression de l’activité reste cependant inégale d’un secteur à l’autre : alors que la production industrielle, bénéficiant pour l’essentiel d’une reprise des exportations, affiche une nette reprise, le secteur de la construction peine à repartir et subit toujours le contrecoup de l’effondrement du secteur immobilier.

Après la publication des bons chiffres du 2ème trimestre, les autorités lettones envisagent une croissance du PIB en 2011 de l’ordre de 4%.

Dans le même temps, la Lettonie a procédé à un effort considérable de consolidation de ses finances publiques. Elle a obtenu des résultats supérieurs aux objectifs ainsi qu’un retour sur les marchés financiers internationaux dès juin 2011.

Pour autant, à l’horizon de 2014, date à laquelle elle entend rentrer dans la zone euro, l’économie lettone fait face à certaines incertitudes : l’objectif gouvernemental d’un taux de croissance de 4% en 2012 apparaît ambitieux compte tenu de la dégradation de l’environnement extérieur de la Lettonie et du rythme actuel de progression des prix, qui doit être inversé de façon significative pour ne pas compromettre son entrée dans la zone euro au titre du critère de stabilité des prix.

Sur le plan commercial, les premiers clients de la Lettonie sont la Russie, la Lituanie, l’Estonie et l’Allemagne. Ses premiers fournisseurs sont la Lituanie, l’Allemagne, la Russie, la Pologne et l’Estonie. La France est le 15e client et le 11e fournisseur de la Lettonie. Les principaux investisseurs étrangers en Lettonie sont les pays nordiques, notamment la Suède, qui représentent environ un tiers des investissements directs étrangers, et l’Allemagne (10%).

Sur le plan énergétique, la part des énergies primaires dans la consommation finale se répartit en Lettonie de la manière suivante : produits pétroliers 32 % ; gaz naturel 31% ; bois de chauffage 26% ; énergie électrique 8% ; charbon 2%. Ce mix énergétique est fortement influencé par la période soviétique, durant laquelle la consommation était fondée exclusivement sur trois sources d’énergie : les produits pétroliers, le gaz naturel et le bois. L’existence d’un réseau pour le gaz domestique et de grands réservoirs naturels de gaz ont permis à cette énergie de garder ses positions. Dans le domaine des énergies renouvelables, la prédominance du bois et de l’électricité produite par de grands barrages hydroélectriques ont limité l’émergence de nouvelles sources concurrentes d’énergie.

Devenue membre de l’OTAN en mars 2004, la Lettonie est entrée dans l’Union européenne en mai 2004. Depuis décembre 2007, le pays est membre de l’espace Schengen. La Lettonie a attaché une grande importance à son adhésion à l’UE, associée à la sécurité et à la prospérité. L’ancienne présidente Mme Vike Freiberga a ainsi pu déclarer : « Nous y avons gagné un sentiment de sécurité, d’avoir vraiment réintégré l’Europe plutôt que d’être marginalisés, ce qui était notre crainte la plus profonde ». Le commissaire letton M. Piebalgs, chargé des questions d’énergie dans la commission précédente, a obtenu le portefeuille du développement dans la nouvelle commission.. Riga, qui dispose de 4 voix au Conseil et de 9 députés au parlement européen, a ratifié le traité le traité de Lisbonne en mai 2008.

Sur les questions européennes, la Lettonie s’en remet souvent au consensus. Elle se montre toutefois particulièrement vigilante sur tous les sujets qui touchent à ses intérêts directs (fiscalité, libre circulation des personnes, énergie, agriculture). Elle a ainsi défendu, dans le cadre des négociations sur les perspectives financières 2007-2013, un budget européen accordant une place centrale aux fonds de cohésion et a opposé une forte résistance aux propositions de la présidence britannique visant à les réduire. En matière agricole, Riga plaide notamment pour un rééquilibrage des aides directes en faveur des nouveaux Etats-membres.

La sécurité et la solidarité énergétiques au sein de l’UE sont essentielles pour la Lettonie qui, en avril 2009, a conclu un accord avec la Lituanie et l’Estonie pour la mise en place d’une interconnexion électrique avec la Suède, dont le coût sera partiellement couvert par un financement de l’UE à hauteur de 175 millions d’euros, une fraction de cette somme étant dédiée à la rénovation du réseau électrique de l’ouest de la Lettonie. Un câble sous-marin placé entre la Lituanie et la Suède permettra donc d’ici 2016 de relier le réseau électrique des pays baltes à celui des pays nordiques.

La Lettonie attache une grande importance au partenariat que l’Union européenne développe avec ses voisins orientaux. En outre, elle participe au conseil des Etats riverains de la mer baltique ainsi qu’à la coopération entre pays nordiques et baltes.

Marquées par des divergences importantes sur certaines questions, les relations entre la Lettonie et la Russie

La Lettonie présente ainsi une forte dépendance vis-à-vis de l’étranger, puisqu’elle s’élève en 2010 à 67 %. En dépit d’un potentiel important dans le domaine de l’hydroélectricité et de la biomasse (bois), seulement 33% de la consommation d’énergie primaire proviennent des ressources énergétiques nationales.

La totalité du gaz consommé en Lettonie pour la production d’électricité ou le chauffage urbain est d’origine de la CEI. La compagnie nationale gazière Latvijas Gaze est détenue à hauteur de 34% par le groupe russe Gazprom. L’extension en cours de la capacité de la plus grande centrale électrique de cogénération repose sur l’utilisation du gaz russe.

Cette dépendance à l’égard du gaz naturel russe est quelque peu atténuée par l’activité de stockage, qui permet à la Lettonie de gérer à l’avance une année de consommation annuelle. En effet, Latvijas Gaze importe et distribue le gaz en Lettonie, mais aussi dans les pays limitrophes, à partir du réservoir géologique d’Incukalns au nord de Riga, d’une capacité de stockage de près de 5 Mds de m3. Elle maintient annuellement un stock alimenté en été à partir de la Russie et de la CEI, puis redistribué en hiver. A cet égard, la Lettonie, qui souhaitevaloriser davantage sa grande capacité de stockage souterrain de gaz naturel, a récemment pris position pour la construction d’un terminal GNL, qui serait directement relié au réservoir d’Incukalns.

L’importation des produits pétroliers provient pour plus de la moitié de la Russie ou de fournisseurs (Lituanie notamment) dont les approvisionnements proviennent également de la Russie.

L’essentiel de la production électrique provient de trois usines hydroélectriques installées sur le fleuve Daugava et dedeux centrales de cogénération (à gaz) situées à Riga. La production hydroélectrique (50% de la production totale d’électricité) n’est pas pérenne car elle est produite par des barrages tous situés sur le fleuve Daugava dont le débit peut être soumisà de fortes fluctuations. En conséquence, la Lettonie doit importer selon les années de 30 à 45% de l’énergie électrique consommée, en provenance d’Estonie, de Lituanie et de Russie (avant 2009, un tiers des importations provenaient de la centrale nucléaire d’Ignalina en Lituanie) ou recourir à de fortes importations de gaz pour alimenter ses usines de cogénération.

Politique extérieure

La Lettonie est devenue membre de l’OTAN en mars 2004. En répondant au sentiment d’insécurité des Lettons face à une éventuelle menace russe, cette adhésion était pour Riga une priorité de politique étrangère depuis l’indépendance recouvrée en 1991. A ce titre, des efforts budgétaires importants ont été consentis en matière de défense. La grave crise financière de 2008 les a cependant interrompus. Les autorités lettones ont organisé à Riga le sommet de l’OTAN de 2006.

Après avoir été engagée aux côtés des Etats-Unis en Irak, où le contingent letton a compté jusqu’à 150 soldats (retrait en 2008), la Lettonie concentre désormais ses efforts opérationnels en Afghanistan, où environ 185 soldats sont actuellement déployés. Cet effectif place la Lettonie, au regard de la population du pays, dans le peloton de tête des fournisseurs de troupes. Les militaires lettons servent dans la région nord (à Maiman dans la province de Faryab, à Mazâr-e Charîf dans la province Balkh, ainsi que dans la capitale).

Les relations avec la Russie sont complexes en raison de l’existence en Lettonie d’une importante minorité russophone. Des trois Etats baltes, ce pays est celui dont la structure démographique a été la plus modifiée du fait de l’annexion soviétique. La réforme du système éducatif a notamment focalisé les critiques de la Russie : les écoles secondaires russophones ont dû porter à 60% la part de l’enseignement en letton, seule langue officielle du pays, alors que la minorité russophone demande au contraire que le russe soit reconnu comme seconde langue officielle. Riga considère en outre que Moscou cherche à exercer des pressions sur la politique intérieure lettone, notamment par le biais des médias russophones et de certaines ONG. A cet égard, la décision des autorités russes, prise en juin 2008, de dispenser de visa pour la Russie les "non citoyens" de Lettonie est de nature à ralentir le processus de naturalisation : les "non citoyens" peuvent en effet accéder à l’espace Schengen au même titre que les citoyens lettons. Ces derniers ont en revanche besoin d’un visa pour se rendre en Russie.

Bien que le statut de la minorité russophone en Lettonie constitue l’un des principaux obstacles à leur normalisation totale, les relations entre les deux pays progressent néanmoins, guidées par des considérations pragmatiques, notamment en matière d’échanges commerciaux (la Russie est le 1er client et le 3ème fournisseur de la Lettonie). La signature en 2007 d’un traité frontalier fut ainsi une étape importante dans l’établissement de bonnes relations entre les deux pays. Plus récemment, le président Zatlers s’est rendu en visite officielle à Moscou (décembre 2010), durant laquelle plusieurs accords bilatéraux importants furent signés, notamment sur la non-double imposition. Par ailleurs, des efforts ont été entrepris afin de limiter les divergences d’appréciations portant sur l’histoire récente : pacte Ribbentrop-Molotov, rôle de la légion lettone de la waffen-ss (et les rassemblements d’anciens combattants lettons le 16 mars), signification du 9 mai 1945, victoire ou premier jour de l’occupation. Les présidents Zatlers et Medvedev ont ainsi donné leur aval à la création d’une commission bilatérale d’historiens, censée contribuer à aplanir les divergences d’interprétation.

Mise à jour : 12.01.12

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