Présentation du Koweït

Présentation

Données générales

Nom officiel : Etat du Koweït

Superficie : 17.818 km²

Population : 3,440 millions d’habitants (mai 2009), dont environ 1.090.000 Nationaux (environ 31,7% de la population). Le nombre d’immigrés a augmenté d’environ 45% entre 2000 et 2005. Le pourcentage d’étrangers est en hausse depuis le début des années 1990 malgré un recul relatif lors de cette période (les étrangers représentaient 75% de la population à la fin des années 1980).

Principales communautés étrangères : Indiens (500.000), Egyptiens (450.000), Bangladais (275.000), Sri Lankais (200.000), Pakistanais (130.000), Philippins (85.000), Indonésiens (60 000), Syriens (80.000), Palestiniens (50.000), Iraniens (60.000), Libanais (30.000).

Les femmes représentent 51% de la population de nationalité koweïtienne (30,1% au sein de la population immigrée).

Croissance démographique totale (2007) : +6,7% (+6,5% en 2006 ; +8,6% en 2005 ; +8,1% en 2004).

Croissance démographique des seuls nationaux(2007) : +3,1% (+3,8% en 2006).

Indice de fécondité : 2,2 enfants/femme (2009).

Espérance de vie : 78 ans (2009)

Capitale : Koweït

Taux d’urbanisation : 98%

Villes principales  : Koweït (1,7 millions d’habitants pour l’agglomération)

Langue officielle : arabe

Monnaie : dinar koweïtien (= 2,71 € ou 3,48 $ le 23 juillet 2010).

Fête nationale : 25 février (indépendance, acquise en 1961)

Taux d’alphabétisation (2007) : 94,5 %.

Indice de développement humain : 31ème pays sur 182 (classement PNUD 2009).

Religion (cas des nationaux) : Islam (répartis entre 70% de sunnites et 30% de chiites)

PIB : 117 milliards $ (2009)

PIB/citoyen  : 31 600 $ (2009)

Croissance du PIB : - 1,6% en 2009 (+6,3% en 2008, +4,7% en 2007, +4,4% en 2006)

Taux annuel d’inflation : +9,9% (estimation 2009) (+10,5% en 2008, +7,5% en 2007, +3,0% en 2006, +4,1% en 2005).

Population active(2008) : 1,9 millions de personnes (dont 17,4% de Koweïtiens et 386.000 fonctionnaires).

Taux de chômage(début 2008) : 5,3% de la population active.

Solde des comptes publics : les comptes publics ont affiché de très importants excédents budgétaires (29% du PIB en 2007 et 27% en 2008, où les dépenses comprenaient des versements exceptionnels au fond des retraites). Ces chiffres n’incluent pas l’abondement du Fonds pour les Générations futures (10% des recettes brutes).

Les recettes budgétaires proviennent à 75% des recettes pétrolières (ce taux s’élève à 92% si l’on ne tient pas compte des revenus des placements à l’étranger). Un dixième de revenus budgétaires sont placés sur un Fonds pour les générations futures géré par la Kuwait Investment Authority (KIA). Le montant des actifs gérés par KIA, malgré les pertes enregistrées entre 2008 et début 2009, dépasse largement 200 Mds $ après avoir repris sa croissance. Ces revenus générés par ces placements étaient évalués à 25 milliards $ en 2007.

Exportations(2009) : 50,2 milliards $ (88,215 milliards $ en 2007).

Importations(2009) : 17,9 milliards $ (26,060 milliards $ en 2007).

Excédent commercial (2009) : +32 milliards $ en 2009 (+ 27 milliards $ en 2005, +39 milliards $ en 2006, +41 milliards $ en 2007, +62 milliards $ en 2008).

Principaux clients(2009) : Japon 9 milliards $, Corée du Sud, 8 milliards $, Inde, Taïwan (4,6 milliards $), les Etats-Unis (3,8 milliards $) et la Chine (3,5 milliards $), Singapour, Pays-Bas ;

Principaux fournisseurs (2009) : Etats-Unis (1,952 milliards $, soit une part de marché de 10,9%), la Chine (1,543 milliards $ ; pdm 8,6%), probablement l’Arabie Saoudite (dont on ne connaît que les chiffres 2007 : 1,524 milliards $), l’Allemagne (1,332 milliards $ ; pdm 7,4%) le Japon (1,244 milliards $ ; pdm 6,9%), sans doute les Emirats Arabes Unis (fournisseur de réexportation dont on ne connaît que les chiffres 2008 :1,066 milliards $) ; suivraient la France et l’Italie (0,830 milliards $ ; 4,6%), l’Inde, la Corée du Sud et le Royaume Uni .

Part des Hydrocarbures dans le PIB (estimation 2009) : 52%

Production de pétrole brut : 2,23 millions de barils/jour en 2009 (2,6 mb/j en 2008, 2,436 mb/j en 2007, 2,5 mb/j en 2006, 2,57 mb/j en 2005), soit 3,2% de la production mondiale.

Quota OPEP : 2,247 millions de barils/jour.

Le Koweït est le treizième producteur et le huitième exportateur de la planète. La structure des échanges du Koweït est extrêmement simple : ses exportations sont constituées à plus de 95% par le pétrole brut et les produits dérivés. Elles avaient donc très fortement augmenté en valeur ces dernières années (en USD +57% en 2005 ; +24% en 2006 ; +12% en 2007 ; +39% en 2008) atteignant en 2008 le niveau record de 87 milliards $. La chute des prix en 2009 s’est traduite par une baisse de 42% ramenant leur montant à 50 milliards $.

Solde de la balance des comptes courants(2008) : +64,7 milliards $, soit 41% du PIB (+47,480 milliards $ en 2007).

Dette extérieure publique : 6% du PIB début 2009.

Réserves de la Banque centrale : 18,18 milliards $ fin 2008.

Exportations de la France vers le Koweït (2009) : 600 millions € (528 millions € en 2008).

Importations françaises du Koweït (2009) : 348 millions € (1,243 millions € en 2008).

Solde commercial de la France avec le Koweït(2009) : +252 millions € (-715 millions € en 2008, -570 m€ en 2007, -417 m€ en 2006, 457 m€ en 2005, 70 m€ en 2004)

Communauté française : 943 Français immatriculés en décembre 2009.

Politique intérieure

Après le décès de l’Emir de Cheikh Jaber Al Ahmad Al Jaber Al Sabah, 15 janvier 2006, une grave crise dynastique s’est ouverte. Le prince héritier d’alors, Cheikh Saad Al Abdallah Al Salem Al Sabah, est devenu Emir, l’espace de 9 jours. Son état de santé très dégradé ne lui permettant pas de prêter serment et de gouverner, le Parlement, en vertu de l’article 3 de la loi constitutionnelle de 1962 sur la succession, a voté, à l’unanimité, sa destitution (25 janvier 2006) et quelques heures plus tard, l’Emir Saad lui-même signait une lettre d’abdication. Le conseil des ministres a désigné le Premier ministre en exercice, Cheikh Sabah Al Ahmad, demi-frère de l’Emir défunt Cheikh Jaber, comme nouvel Emir. Son investiture a été entérinée à l’unanimité par l’assemblée. Cette décision « historique » du fait du rôle joué par le parlement dans le règlement d’une succession, a temporairement levé l’hypothèque d’une querelle dynastique sur la question de la succession. Elle a conforté en même temps les institutions de l’Emirat.

Le Koweït, dont le parlement est élu au suffrage universel direct depuis 1962, connaît une vie politique active (vie associative, « clubs politiques », associations caritatives, syndicats professionnels, liberté de la presse). Les institutions sont solides et ont prouvé qu’elles pouvaient fonctionner même en cas de crise grave. En destituant l’émir désigné en 2006, le parlement koweïtien s’est posé en arbitre de la vie politique. Le nouvel Emir tient compte du rôle d’un pouvoir législatif dont le poids a toujours été important dans la vie politique koweïtienne.

En 2008, à l’issue de plusieurs mois de tensions politiques entre le gouvernement (dirigé depuis février 2006 par Cheikh Nasser Mohammed, neveu de l’émir) et le Parlement, le gouvernement a présenté, le 18 mars, sa démission collective. L’Emir a alors décidé (19 mars 2008) de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections anticipées.

Les élections du 17 mai 2008, organisées se sont traduites par une nouvelle progression du bloc islamiste (sur 50 députés élus, on compte alors 21 sièges pour les islamistes sunnites, dont dix salafistes ; 5 sièges pour les islamistes chiites) et un recul des libéraux (de 8 à 7 sièges). Conformément à la réforme décidée en 2006, ce scrutin se déroulait dans le cadre de cinq grandes circonscriptions (élisant chacune dix députés) remplaçant les 25 circonscriptions qui prévalaient précédemment. Aucune femme n’a alors été élue. L’émir a reconduit, le 20 mai 2008, le Premier ministre, Cheikh Nasser, dans ses fonctions.

La perpétuation des tensions avec le Parlement a amené Cheikh Nasser à présenter une nouvelle fois sa démission le 22 novembre 2008. Même si l’émir l’a acceptée, il a à nouveau nommé Cheikh Nasser, Premier ministre et son nouveau gouvernement était assez proche dans sa composition du gouvernement précédent (à l’exception des titulaires des portefeuilles du pétrole et de la santé). Confronté à trois demandes d’interpellation parlementaire, le Premier ministre a été contraint, une nouvelle fois, de présenter à l’Emir la démission de son gouvernement le 16 mars 2009 ce qui a, de nouveau, amené l’Emir à prononcer la dissolution du Parlement. Tenues le 16 mai 2009, les élections législatives anticipées ont, pour la première fois, vu l’entrée de quatre femmes au Parlement. Ces élections ont également été caractérisées par le recul des islamistes sunnites (de 21 à 11 sièges), ainsi que la progression des représentants chiites (de 5 à 9 sièges) et tribaux (25 sièges). Le Premier ministre sortant, reconduit dans ses fonctions par l’Emir, a présenté son sixième gouvernement le 29 mai, qui compte sept nouveaux ministres mais se caractérise par peu de changement s’agissant des postes clés.

En décembre 2009, le Premier ministre a accepté de se soumettre à une interpellation parlementaire. C’était la première fois dans l’histoire du Koweït qu’un chef de gouvernement acceptait cette procédure parlementaire. La motion de non-coopération a été repoussée à une large majorité.

Situation économique

Le Koweït est détenteur des quatrièmes réserves pétrolières du monde(101,5 milliards de barils, soit 8,5% des réserves mondiales). Sa production de pétrole brut, de l’ordre de 2,23 mb/j, dépasse son niveau d’avant l’invasion irakienne et représente plus d’un siècle de production au rythme actuel. L’objectif affiché est de porter la production de pétrole à quatre millions de barils/jour d’ici 2020, ce qui suppose des investissements colossaux, estimés à environ 50 milliards $.

L’ouverture de l’amont pétrolier demeure suspendue au vote du parlement. En effet, une interprétation extensive des textes constitutionnels interdisant la concession des ressources minérales - rédigée en réaction à ce qui fut longtemps l’emprise de l’Anglo-American Company sur le secteur - cantonne les compagnies pétrolières américaines aujourd’hui dans un rôle de consultants sur des contrats renouvelables d’assistance technique.

S’agissant de l’aval, Le Koweït a développé ses capacités de raffinage qui atteignent 900.000 barils/jour. La décision de construire une quatrième raffinerie afin de porter la capacité de raffinage à 1,5 mb/j a été prise en janvier 2005 mais connaît des retards de mise en œuvre.

Représentant la quasi-totalité des recettes d’exportations du pays (plus de 95%) et les deux tiers du PIB en 2008, le pétrole koweïtien est vendu majoritairement aux pays asiatiques. D’importantes réserves de gaz naturel non associé ont été découvertes dans le nord du pays. Leur exploitation, qui doit commencer à brève échéance, est destinée à couvrir les besoins de consommation locaux (production d’électricité, désalinisation d’eau de mer…) et de dégager pour l’exportation une partie de la production pétrolière.

En dépit de sa bonne santé économique et financière, le Koweït souhaite passer d’une économie de rente à une économie plus ouverte et plus diversifiée. Les autorités sont en effet préoccupées par l’hypertrophie du secteur public, bâti sur la rente pétrolière et financé par elle, dont les limites d’action se font déjà sentir en matière de création d’emploi et d’investissement.

L’emploi des citoyens koweitiens dépend en effet à 86 % du secteur public, et le budget de l’Etat est absorbé à 85 % par les dépenses courantes au détriment de l’investissement. Certaines décisions ont déjà été prises permettant l’ouverture du marché boursier aux non- Koweïtiens, la présence d’opérateurs étrangers dans la pétrochimie et l’implantation de banques étrangères dans le pays - dont BNP Paribas. Une loi relative à la fiscalité frappant les sociétés étrangères (qui ramène de 55 à 15 % le taux maximum de l’impôt appliqué aux bénéfices réalisés par les entreprises étrangères et exempte les revenus de portefeuille), a été adoptée en janvier 2008. Si l’ouverture des champs pétroliers du Nord aux sociétés pétrolières internationales semble bloquée, l’élargissement de leur participation à travers des accords techniques « renforcés » reste envisagé. Des textes législatifs sur les BOT et les zones franches (janvier 2009) et sur la création d’un régulateur boursier indépendant (en janvier 2010) fournissent aussi un cadre plus favorable à l’investissement international, direct et financier. Des projets structurants (développement du nord de la baie de Koweït à travers le complexe portuaire de Boubiyan, la ville nouvelle de Subiya, le pont Sheikh Jaber…) contribuant à la diversification en tirant parti de certains atouts géographiques du Koweït, longtemps gelés du fait de l’affrontement institutionnel entre gouvernement et parlement, redeviennent d’actualité avec l’adoption en février 2010 par le parlement du plan quadriennal prévoyant 104 MD USD d’investissements.

Politique extérieure

Le Koweït demeure attaché au règlement du dossier des disparus de la guerre du Golfe (605 disparus originaires du Koweït, dont 370 cas demeurent encore non résolus), qui reste une cause nationale dans l’émirat. Par ailleurs, le Koweït demeure concerné au premier chef par le processus d’indemnisation des dommages de guerre, financé par un prélèvement sur les recettes pétrolières irakiennes, passé de 25% à 5 % suite à l’adoption de la résolution 1483 du CSNU en 2003. La Commission d’indemnisation des Nations Unies (CINU) donne droit au Koweït à des réclamations de l’ordre de 52 milliards $ (25,2 milliards $ -dont 1,2 milliard $ au titre des dégâts environnementaux- étaient encore dus à la mi-2009). Le Premier ministre irakien, M. Nouri Al Maliki, s’est rendu au Koweït les 24 et 25 avril 2007 afin, notamment, de plaider en faveur d’une annulation de la dette irakienne. L’émir a reçu le président irakien, M. Jalal Talabani, pour un entretien, le 14 novembre 2007. Le Koweït a nommé, le 17 juillet 2008 un ambassadeur en Irak qui ne réside cependant pas de manière régulière à Bagdad et le 2 mars 2010, l’Irak nommait à sont tour un ambassadeur au Koweït. Le ministre des affaires étrangères koweïtien, Cheikh Mohammed al Sabah, a effectué une visite officielle historique à Bagdad le 26 février 2009, indiquant alors que celle-ci visait à favoriser un règlement plus rapide des différends bilatéraux demeurant entre les deux pays.

Le Koweït est très attaché au Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), son premier cercle de référence au sein du monde arabe. Il en a assumé la présidence en 2004 et à nouveau en 2010. L’émirat y reconnaît le rôle prépondérant de Riyad, allié indispensable face à l’Irak. Le Parlement koweïtien a approuvé en décembre 2009 à l’unanimité le traité sur l’union monétaire du CCEAG, même si ces derniers ont le 23 mai décidé de faire « une pause » dans l’avancement du projet.

Le Koweït, s’il entretient de bonnes relations avec l’Iran, se montre toutefois inquiet du développement du programme nucléaire iranien, en partie du fait de la relative proximité géographique de certaines installations, comme la centrale de Bushehr, et souhaite que l’Iran se conforme aux exigences de l’AIEA. Le ministre iranien des affaires étrangères a effectué une visite au Koweït à l’automne 2007 tandis que le ministre koweïtien des affaires étrangères s’est rendu à Téhéran à la mi-janvier 2008 et que le Premier ministre koweïtien en a fait de même en novembre 2009.

En ce qui concerne le Liban, les événements de l’été 2006 ont été suivis avec attention. Parallèlement à une aide humanitaire et financière particulièrement généreuse (800 millions $), accompagnée de nombreuses initiatives émanant de la société civile, les autorités ont approuvé la résolution 1701.

L’émirat a toujours marqué sa vive préoccupation pour la situation dans les territoires palestiniens, appelant à une relance un processus de règlement politique. L’émirat a par ailleurs soutenu les propositions du prince Abdallah d’Arabie saoudite pour un règlement global (printemps 2002). Lors de la nomination d’un gouvernement dirigé par le Hamas, le Koweït s’est contenté de confirmer qu’il respecterait ses engagements de soutien financiers pris lors du sommet arabe de Khartoum (mars 2006) tout en soutenant le président Mahmoud Abbas. Il a fait part de son souhait que le Hamas ne soit pas ostracisé par la communauté internationale et a condamné les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza. Le Koweït est à l’origine d’une importante promesse annoncée lors de la conférence de Paris de soutien à l’Etat palestinien, où il était représenté par son ministre des affaires étrangères, Cheikh Mohammed Sabah Al Salem Al Sabah. Le Koweït a accueilli les 19 et 20 janvier 2009 la première conférence économique de la Ligue arabe, consacrée à la crise financière et à la reconstruction de la bande de Gaza.

Mise à jour : 24.07.10

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