Nom officiel : Japon
Nature de l’Etat : monarchie constitutionnelle
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : S.M. l’Empereur AKIHITO (TennoHeika en japonais, « sa majesté l’Empereur ») depuis 1989
Chef du Gouvernement : M. Naoto KAN, Premier ministre
Ministre des Affaires étrangères : M. Takeaki MATSUMOTO
Population : 127 288 416 (juillet 2008)
Densité : 338 habitants au km2 (la densité dépasse 5 000 personnes au km2 dans certaines zones urbaines)
Croissance démographique : -0,139% (2008). La population décroît depuis 2005.
Espérance de vie : 79 ans pour les hommes. 86 ans pour les femmes (2008)
Religion (s) : shintoïsme, bouddhisme
PIB : 5 460 milliards USD (2010) - 3ème rang mondial
PIB exprimé en parité de pouvoir d’achat (PPA) : 4.356 milliards USD (2008)
PIB par habitant (en PPA) : 34 000 (2010)
Taux de croissance : 3,9 % (2010)
Taux de chômage (au sens du BIT) : 5 % (2010)
Taux d’inflation : 0 % (en décembre 2010)
Dépenses de recherche/PIB : 3,8 %
Dette publique brute : 200 % du PIB (prévision pour 2011)
Balance commerciale : +58 Mds € (2010)
Principaux clients : Chine (19 %) ; Etats-Unis (15 %) ; Corée du Sud (2010). La France est le 24ème client du Japon (2010)
Principaux fournisseurs : Chine (22 %) ; Etats-Unis (10 %) ; Australie (6 %) (2010). La France est le 16ème fournisseur du Japon (2010)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 1,6%
industrie : 30,5%
services : 67,9% (2008)
Exportations de la France vers le Japon : 5,9 Mds € (2010)
Importations françaises depuis le Japon :8,8 Mds € (2010)
Taux de couverture : 67% (2010)
Investissements français au Japon (2009) :
stock : 15,2 milliards USD (la France est le 3ème investisseur en stock)
flux : 371 millions USD
Communauté française au Japon : environ 9000 Français inscrits au registre. La communauté totale est estimée à environ 10 000 personnes.
Lors des élections générales du 30 août 2009, les électeurs japonais ont remercié le Parti Libéral Démocrate (PLD), au pouvoir depuis plus de 50 ans (exceptée une parenthèse de 10 mois en 1993-1994 résultant d’un renversement d’alliance) pour porter aux affaires le Parti Démocrate du Japon (PDJ), qui a remporté 308 sièges sur 480 à la Chambre des représentants. Le président du parti, M. Yukio HATOYAMA, a été nommé Premier ministre et a constitué son gouvernement sur la base d’une coalition avec le Parti Social-Démocrate (PSD, gauche) et le Nouveau Parti du peuple (NPP, centre droit). En matière de politique intérieure, le nouveau gouvernement avait pour ambition de remettre les hommes politiques au coeur de l’appareil d’Etat, en dessaisissant les « technocrates » du pouvoir qu’ils se seraient arrogés, et de stimuler la reprise économique en redonnant du pouvoir d’achat aux ménages à travers l’adoption d’ambitieuses mesures sociales. Après 9 mois de pouvoir, la côte de popularité de Yukio HATOYAMA avait baissé en raison d’accusations de financement occulte et du mécontentement populaire face à sa gestion du problème de l’emplacement des bases américaines au Japon. Il a donc démissionné pour être remplacé le 4 juin par Naoto KAN, ancien ministre des Finances et vice-Premier ministre. Dans son discours de politique générale, M. KAN a affirmé sa volonté de poursuivre les réformes engagées par son prédécesseur. L’assainissement des finances publiques, alors que la dette du Japon avoisinera bientôt les 200% du PIB, est présenté comme la priorité du nouveau Premier ministre. Située à un niveau assez bas dans les sondages à la veille de la catastrophe du 11 mars, la popularité de Naoto KAN en ressort dans un premier temps renforcée. Sa proposition d’alliance au sein d’un gouvernement d’union nationale a cependant été rejetée par l’opposition PLD.
Après avoir connu la plus forte récession enregistrée depuis 1974 (-5,2% en 2009), le Japon est sorti de la crise et a retrouvé une croissance de 3,9% en 2010, grâce à la fois aux effets des nombreux plans de relance adoptés par le gouvernement à partir de la fin 2008 et à la reprise des exportations, notamment vers l’Asie.
La nouvelle stratégie de croissance du Premier ministre KAN, publiée en juin 2010, est fondée sur le renforcement de l’intégration économique asiatique (destinataire de plus de la moitié des exportations japonaises), le soutien aux entreprises, la santé la croissance verte et le tourisme, avec un objectif de croissance de 2% par an sur la période 2010-2020. Le soutien à la croissance est mis en balance avec le nécessaire assainissement des finances publiques. La dette publique brute avoisine les 200% du PIB, même si le fait qu’elle soit détenue principalement par des acteurs locaux permet de limiter la dépendance du pays vis-à-vis des marchés financiers internationaux.
Le coût du séisme et du tsunami (hors conséquences nucléaires) du 11 mars 2011 a été estimé par le gouvernement japonais à 15 000 à 25 000 milliards yen (200 milliards euros), soit 3 à 4 points du PIB. Même si la reconstruction a un effet potentiel bénéfique sur l’activité économique, on peut s’attendre dans un premier temps à un impact net négatif en raison des rationnements à venir de l’électricité, d’une baisse de la confiance des ménages, des craintes de contamination nucléaire et de l’appréciation du yen. Les conséquences finales sur l’économie japonaise dépendront également de la durée de la crise nucléaire à Fukushima.
Cependant, sur le long terme, la capacité d’innovation du Japon, le niveau d’éducation de sa population et sa maîtrise de créneaux technologiques d’avenir (robotique, nanotechnologies, biotechnologies, énergies vertes…) demeureront des atouts très sérieux dans la compétition internationale.
En matière de politique étrangères, le PDJ affiche plusieurs priorités : un rééquilibrage de la relation avec les Etats-Unis, qui demeure cependant primordiale, alors que l’on fête cette année le 50ème anniversaire du traité de sécurité nippo-américain révisé de 1960, un renforcement de la diplomatie asiatique (recherche de solutions aux contentieux avec les pays voisins, intensification de la coopération régionale et projet à terme de communauté asiatique sur le modèle de l’Union européenne) , une protection accrue de l’environnement (objectif de réduction de 25% des gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport à 1990) et un engagement résolu en faveur du désarmement nucléaire.
La relation avec les Etats-Unis reste la pierre angulaire sur laquelle repose toute la politique étrangère japonaise. Les Etats-Unis constituent en effet pour l’archipel le dernier recours en cas de crise majeure en Asie du Nord-Est et Washington est conscient que sa présence militaire dans l’archipel est un élément déterminant de son statut de puissance asiatique. Le redéploiement des forces américaines en Asie a conduit à une adaptation du dispositif américain au Japon, qui comprend une meilleure intégration des deux forces. Le territoire du Japon est intégré au système de défense anti-missile, développé conjointement par les Etats-Unis et l’archipel. En vertu du traité de sécurité nippo-américain, environ 47 000 soldats américains sont présents sur le territoire japonais, dont plus de la moitié sur la presqu’île d’Okinawa. L’accord signé en 2006 prévoit le déplacement de la base aérienne de Futenma (Okinawa) vers le nord de l’île, moins peuplé, et le transfert de 8000 marines à Guam. Pendant la campagne électorale, le PDJ avait suggéré que la base soit relogée dans une autre partie du Japon, voire en dehors de l’archipel. Le transfert a finalement fait l’objet le 28 mai 2010 d’un accord reprenant largement celui de 2006. Cette question est en grande partie à l’origine de la démission de Yukio Hatoyama (Premier ministre de septembre 2009 à juin 2010).
Bien que sa part soit relativement faible dans les finances de l’État, le Japon occupe, en matière de budget militaire, la cinquième place dans le monde en chiffres absolus. Les « forces d’autodéfense » japonaises sont un corps militaire professionnel disposant de moyens techniques avancés.
Les Etats Unis incitent le Japon à participer à la gestion des crises en faisant évoluer le cadre pacifiste de la constitution (article 9). Avec la guerre en Irak en 2003, la Constitution japonaise a été aménagée pour pouvoir déployer des troupes hors du territoire dans le cadre d’opérations à caractère non militaire (reconstruction, aide humanitaire…). De la sorte, le Japon compte pouvoir renforcer son rôle diplomatique. Tokyo s’est joint en 2009 à la lutte contre la piraterie dans le Golfe d’Aden. Le Parti démocrate affiche la volonté de s’engager plus avant sur la scène internationale, mais uniquement à des fins pacifiques et dans le cadre de missions de l’ONU. Conformément à ses engagements de campagne, le nouveau gouvernement a ainsi annoncé en octobre 2009 que le mandat de la mission navale de ravitaillement de la coalition en Afghanistan, qui arrive à expiration en janvier 2010, ne serait pas renouvelé. En contrepartie, le Japon devrait accroître son aide à la reconstruction du pays à hauteur de 5 mds USD sur 5 ans.
Si la tendance de fond est à l’amélioration des relations du Japon avec ses voisins asiatiques, Chine et Corée du Sud, comme en témoignent les sommets trilatéraux organisés régulièrement par les trois pays depuis 2008, des différends persistent. La question de l’interprétation du passé n’est pas entièrement résolue et nécessite des efforts constants pour endiguer toute tentation de repli nationaliste et poursuivre sur la voie de la réconciliation. Les contentieux territoriaux donnent également lieu à une résurgence sporadique des tensions, comme en septembre avec la Chine autour des îles Senkaku (Daioyu en chinois).
Le Japon est actif sur la scène internationale et a accueilli en juillet 2008 le sommet du G8 à Hokkaido, qui a permis d’obtenir des avancées dans le domaine du changement climatique dans la perspective du régime post-Kyoto. Ce sommet du G8 a été précédé par la quatrième réunion de la conférence de Tokyo sur le développement en Afrique (TICAD IV, mai 2008) en présence de chefs d’Etat et de gouvernement africains, qui a souligné l’implication forte de Tokyo en tant que bailleur des pays en développement (Tokyo a annoncé à cette occasion un doublement de son aide à l’Afrique d’ici 2012).
Le Japon, deuxième contributeur au budget des Nations Unies, ambitionne d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité dans le cadre du "G4" (Japon, Allemagne, Brésil, Inde). Il a siégé entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2010 au Conseil de sécurité en tant que membre non permanent.
Mise à jour : 04.04.11