La France et le Japon

Brève

Déplacement de M. Alain Juppé au Japon et en Birmanie (12 au 16 janvier 2012)

La France et le Japon sont deux partenaires très proches, partageant des valeurs, des intérêts communs et un même attachement aux Nations unies, la France soutenant la candidature du Japon comme membre permanent du Conseil de sécurité.

Présentation

Relations politiques

La France et le Japon entretiennent un dialogue politique régulier sur tous les grands sujets d’actualité internationale : la régulation du système économique et financier et les efforts pour améliorer la gouvernance économique mondiale dans le cadre des réunions du G20, la lutte contre le changement climatique, les questions de sécurité internationale (lutte contre le terrorisme et la piraterie, maintien de la paix, crises régionales). La France apporte son soutien à l’objectif du Japon d’assumer de nouvelles responsabilités politiques sur la scène internationale.

Le dialogue politique bilatéral repose sur la Déclaration pour un nouveau partenariat franco-japonais, adoptée lors de la visite du Président Chirac à Tokyo en mars 2005. Les contacts politiques franco-japonais sont fréquents en marge des grandes réunions multilatérales : G8,G20,AGNU. Les échanges de visites ministérielles sont également traditionnellement denses, notamment dans le domaine économique et industriel.

La concertation franco-japonaise au niveau des hauts fonctionnaires est régulière et s’organise autour du dialogue stratégique de haut niveau, sous l’égide des Conseillers diplomatiques du Président de la République et du Premier ministre nippon. Ces réunions permettent d’évoquer les grands dossiers d’actualité internationale, en particulier les questions de non-prolifération (dossier iranien, avenir des pourparlers à six sur la Corée du Nord) et la coopération bilatérale. Des consultations annuelles se tiennent également au niveau des Secrétaires Généraux des Affaires étrangères. Le dialogue sur les questions stratégiques et de défense est également étoffé (consultations "2+2" entre ministères de la Défense et ministères des Affaires étrangères une fois par an).

La France et le Japon maintiennent une étroite concertation sur la réforme de l’ONU.La France appuie en particulier la candidature du Japon à un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le partenariat euro-nippon gagne en substance. Le sommet UE-Japon d’avril 2008 à Tokyo a réaffirmé l’approche commune sur les dossiers multilatéraux. Le sommet de Prague de mai 2009 a été consacré notamment à la lutte contre la récession, ainsi qu’aux enjeux climatiques internationaux dans la perspective de la conférence de Copenhague sur le climat. Le sommet UE-Japon de Tokyo d’avril 2010 a permis la mise en place d’un Groupe conjoint de haut niveau chargé de réfléchir aux moyens d’approfondir la relation et de définir un cadre pour remplacer le Plan d’Action UE-Japon qui expire en 2011.

Un dialogue stratégique euro-japonais sur la situation en Asie orientale a été lancé en 2005 et complété en 2006 par un dialogue sur l’Asie centrale. Les Japonais sont demandeurs d’une coopération économique plus étroite avec l’UE (proposition d’un "Accord d’intégration économique" - AIE). L’UE souhaite obtenir un meilleur accès au marché japonais par une levée progressive des obstacles non tarifaires, en particulier dans les domaines des équipements médicaux, des additifs alimentaires, des produits agricoles et par le respect des règles de concurrence en matière de marchés publics.

L’année 2008 a marqué le 150ème anniversaire des relations franco-japonaises (traité de paix, d’amitié et de commerce du 9 octobre 1858). Cet anniversaire a été illustré par une visite du Premier ministre au Japon les 10-12 avril 2008, centrée sur l’approfondissement de la relation économique franco-japonaise. Cette visite a souligné la nécessaire ouverture du marché japonais dans les secteurs encore soumis à des obstacles non tarifaires, les perspectives de coopération dans le domaine de la défense et la qualité du partenariat nucléaire civil bilatéral

Le 150ème anniversaire a été l’occasion de promouvoir les partenariats franco-japonais dans des domaines innovants, en particulierlacoopération décentralisée, avec l’organisation des premières assises franco-japonaises dans ce domaine à Nancy en octobre 2008, la coopération en matière d’aide au développement en Afrique via des partenariats sur le terrain et une réflexion commune, ainsi que la coopération économique et technologique avec un symposium bilatéral en novembre 2008 et un renforcement des partenariats entre pôles de compétitivité et clusters japonais.

Le Président de la République s’est rendu au Japon les 7-9 juillet 2008 pour participer au Sommet du G8 de Toyako. La préparation du G8 sous présidence japonaise a offert de multiples occasions de contacts au niveau ministériel. Le Ministre des affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, s’est rendu au Japon en juin 2008 pour préparer le sommet G8 et a également effectué à cette occasion une visite bilatérale à Tokyo (présentation de la Présidence française de l’Union Européenne, pose de la première pierre de la nouvelle Ambassade de France à Tokyo). Il y a fait une seconde visite en mars 2010 et a eu des entretiens avec son homologue, M. KatsuyaOkada, le Premier ministre, M. Yukio Hatoyama, ainsi qu’avec Mme SadakoOgata, présidente de la JICA (Japan International co-operation Agency, l’organisme d’aide au développement japonais). Le Premier ministre, M. François Fillon, s’est rendu au Japon le 16 juillet, pour une visite placée essentiellement sous l’angle économique. Il a eu des entretiens avec son homologue, M. Naoto Kan ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, M. KatsuyaOkada, avec qui il a évoqué l’Afghanistan, le dossier nucléaire iranien et l’aide à l’Afrique, trois sujets sur lesquels nos convergences et nos possibilités d’actions communes sont importantes.

Des échanges réguliers sont organisés par ailleurs au niveau ministériel. Mme Idrac, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, a fait une visite en octobre 2009 à Tokyo, où elle a eu un entretien avec le Ministre du Territoire, des Transports et des Infrastructures, M. Maehara. M. Naoshima, ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, s’est rendu à Paris en octobre 2009 pour participer à la conférence ministérielle de l’Agence Internationale de l’Energie, en marge de laquelle il a eu un entretien avec M. Borloo, Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer. Mme Fukushima, ministre de la Famille et dirigeante du Parti socialiste, s’est rendue à Paris en janvier 2010 et a un entretien avec, notamment, M. Darcos. M. Christian Blanc, secrétaire d’Etat au développement de la région capitale, s’est rendu au Japon en mars 2010 pour une visite sur le thème du développement urbain. M. Kawabata, ministre de l’Education, de la culture, des sports des sciences et de la technologie (MEXT), s’est rendu en France en mai 2010 pour évoquer le projet Iter, et a eu un entretien avec Mme Pécresse. M. Naoshima a assisté fin mai 2010 à Paris à une réunion ministérielle de l’OCDE, en marge de laquelle il a eu un entretien avec Mme Lagarde. M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’emploi, s’est rendu au Japon début juillet 2010 pour évoquer avec son homologue la question de l’emploi des seniors. Mme Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, s’est rendue à Nagoya en octobre à l’occasion du sommet pour la biodiveristé.

Après la catastrophe du 11 mars, le Président de la République s’est rendu au Japon le 1er avril 2011 pour manifester aux autorités japonaises la solidarité de la France, ainsi que celle du G8 et du G20, dont elle assure la présidence. Il a fait part au Premier ministre de la disponibilité de la France à développer la coopération nucléaire dans le domaine post-accidentel, en complément de l’aide d’urgence déjà envoyée (détachement de sécurité civile et assistance humanitaire et technique).

- Le site de l’ambassade de France au Japon

Relations économiques

Les échanges économiques franco-japonais demeurent déséquilibrés, le taux de couverture des importations françaises par les exportations se situant à environ 67%.

Le Japon est le deuxième partenaire économique de la France en Asie après la Chine depuis 2003, son 11ème fournisseur, son 14ème client et son 9ème déficit commercial en 2009. Les exportations françaises vers le Japon ont diminué depuis 2008 en raison du ralentissement de l’économie mondiale, de même que les importations françaises en provenance du Japon, ce qui a conduit à une réduction de notre déficit commercial à 3 mds euros en 2009 (contre 7,3 mds en 2000). Les produits pharmaceutiques sont désormais notre premier poste d’exportation, devant l’habillement, le cuir et les chaussures, puis le vin.

L’archipel est la première destination des investissements français en Asie, et cette réussite tempère la persistance de notre déficit commercial. Le stock des investissements directs étrangers français au Japon atteignait fin 2009 15,2 mds USD, ce qui fait de la France le troisième investisseur derrière les Etats-Unis et les Pays-Bas (et devant le Royaume-Uni et l’Allemagne), avec une forte composante industrielle et financière. Le flux des IDE en 2009 est lié en grande partie aux opérations d’entreprises françaises déjà présentes au Japon, qui ont saisi les opportunités de fusion-acquisition.

La réussite de l’alliance entre Renault et Nissan, pari au départ risqué, a marqué le public japonais. Renault demeure aujourd’hui le premier investisseur français au Japon, suivi d’AXA et de BNP Paribas. Le nombre des implantations françaises au Japon s’est stabilisé autour de 400 entités en 2009 (200 seulement en 1980).

Le Japon est le premier investisseur asiatique en France. Notre pays, qui reçoit 2% des stocks d’IDE japonais se situe au troisième rang des pays d’accueil en Europe derrière les Pays-Bas et le Royaume-Uni.La présence japonaise en France est très forte avec près de 400 implantations employant environ 60 000 personnes sur le sol français. Selon l’AFII (Agence française pour les investissements internationaux), 1824 emplois ont été créés par les entreprises japonaises en France en 2009. L‘investissement japonais en France est particulièrement apprécié pour sa qualité et son respect des normes sociales et environnementales. Il est possible que les entreprises japonaises en France connaissent un accroissement d’activité pour contrebalancer les difficultés de production liées à la catastrophe du 11 mars au Japon.

Après le séisme et le tsunami du 11 mars, la France a décidé l’envoi d’une assistance technique et humanitaire(couvertures, eau potable, médicaments, équipements de radioprotection et de mesure de la radioactivité, etc.) de grande ampleur. Elle a également fait part de sa disponibilité à apporter une aide supplémentaire au Japon pendant la phase de reconstruction.

- La mission économique française au Japon

Coopération culturelle, scientifique et technique

La première priorité de la France au Japon est la coopération universitaire et scientifique, organisée autour de 130 accords conclus par les établissements d’enseignement supérieur. La suppression de la deuxième langue obligatoire au concours d’entrée à l’université a cependant fait baisser l’apprentissage du français au Japon.

La coopération scientifique et technologique est au cœur des partenariats avec le Japon, pays qui consacre 3,4% de son PIB à la recherche (France : 2,2%). Le rapprochement des pôles de compétitivité français et des "clusters" japonais est une priorité des deux pays. Nos priorités de coopération recoupent celles mises en avant par les autorités japonaises.

Le nucléaire est un domaine privilégié de coopération à l’image du projet ITER, partenariat multilatéral où la France et le Japon occupent une place centrale. La construction de ce réacteur de fusion thermonucléaire est ainsi pilotée, sur le site de Cadarache, par un directeur général japonais, et elle implique 100 à 200 chercheurs japonais également logés sur place. Dans le cadre de cette coopération, certains équipements du projet ITER sont implantés au Japon (site de Rokkasho-Mura), avec une forte participation de chercheurs français.

La forte similitude des programmes nucléaires français et japonais permet également de développer despartenariats industriels très actifs dans de multiples autres domaines, en particulier : réalisation par AREVA en partenariat avec les industriels japonais de la première usine de retraitement nippone (Rokkasho-Mura) ; création par AREVA et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) de ATMEA, société qui développe et commercialise un réacteur de 3ème génération de taille moyenne (1100 MW) ; coopération en matière de recherche entre le CEA et son homologue japonais JAEA. La coopération a également trouvé à s’exprimer pendant la crise:Areva a envoyé une centaine de tonnes de bore afin de limiter les risques liés à l’état des réacteurs de la centrale de Fukushima, ainsi que du matériel de radioprotection et de mesure, et a dépêché des experts spécialistes de la décontamination nucléaire. Ces derniers ont rejoint le centre de crise mis en place à Fukushima par le gouvernement japonais, en lien avec Tepco.

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Le 150ème anniversaire des relations franco-japonaises a souligné la vigueur de la coopération culturelle franco-japonaise, qui repose très largement sur le mécénat des grandes entreprises. Cet anniversaire a été marqué par environ un millier d’événements culturels dans les deux pays, dans les capitales comme dans les régions.

Coopération décentralisée

Près de soixante liens de coopération décentralisée unissent aujourd’hui les collectivités territoriales françaises et japonaises, le plus souvent sous la forme de jumelages. Ils permettent de traiter de sujets concrets d’intérêt commun, tels les transports, l’environnement et l’aménagement urbain.

Les premières Assises Franco-Japonaises de la Coopération Décentralisée se sont tenues en octobre 2008 à Nancy, sous l’impulsion du Maire de la ville, M. André Rossinot, dans le cadre de la commémoration du 150ème anniversaire des relations diplomatiques. Cette réunion a permis d’enrichir les relations franco-japonaises d’une nouvelle dimension et de susciter des projets innovants de la part des régions et des départements français et de leurs homologues japonais, en présence de nombreux élus des deux pays. Les deuxièmes Rencontres de la coopération décentralisée ont eu lieu les 12 et 13 mai 2010 à Kanazawa sur le thème de la gouvernance locale et du développement durable, avec la participation de près de 80 élus, dont une quarantaine de maires français. Les troisièmes devraient être organisées en 2012 à Chartres et Compiègne.

En réponse à la catastrophe du 11 mars, la fédération des collectivités territoriales Cités Unies France, chargée notamment de l’organisation des Rencontres, a décidé la création d’un fonds spécial d’urgence destiné à être abondé par toute collectivité locale désireuse de répondre à cet appel à la solidarité.

- Plus d’informations sur la Coopération décentralisée France-Japon

Mise à jour : 04.04.11

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