Cette visite sera l’occasion pour les deux ministres d’évoquer les enjeux de la politique européenne d’aide au développement, en particulier le programme de coopération conjointe au Soudan du Sud.
La relation franco-italienne est dense, à la mesure de la coopération avec un grand partenaire frontalier de la France, membre fondateur de l’Union européenne, et étroitement lié par les échanges économiques, la culture et l’histoire à notre pays.
La coopération bilatérale est rythmée par un sommet annuel, institutionnalisé en février 1982 à Rome. Le 29ème sommet s’est tenu à Rome, le 26 avril 2011. Il a contribué à apaiser la relation bilatérale, marquée par des tensions sur les dossiers libyen, migratoire, et économique :
sur le dossier libyen, l’Italie a confirmé la participation de ses forces aériennes aux frappes au sol en Libye. La France et l’Italie ont appelé la communauté internationale à renforcer son aide aux rebelles libyens du CNT. Les deux pays ont soutenu le déblocage de fonds libyens gelés pour permettre le financement de l’aide humanitaire. Le sommet a également appelé la communauté internationale à empêcher tout accès du régime de M. Kadhafi aux recettes pétrolières.
une déclaration de politique étrangère a été adoptée. Elle mentionne les vues communes des deux pays sur la Méditerranée, et sur la politique de sécurité et de défense commune. S’agissant de la Méditerranée, la France et l’Italie ont marqué leur soutien aux processus de transition vers la démocratie, et leur volonté de travailler ensemble pour que l’Union européenne réponde pleinement à ces changements, notamment par le renforcement, y compris financier, de sa politique de voisinage méridional. En matière d’Europe de la défense, les deux pays souhaitent un renforcement de la capacité de l’UE à agir, partout où la situation et les intérêts de l’UE l’exigent, et proposent notamment de renforcer les capacités de planification de l’UE à Bruxelles.
sur l’immigration, les présidents Sarkozy et Berlusconi ont adressé une lettre conjointe aux présidents de la Commission et du Conseil européen. Cette lettre invite les responsables de Bruxelles à examiner une réforme de la gouvernance des accords de Schengen, y compris la possibilité de rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures. La lettre appelle l’Union européenne à trouver un accord global avec ses voisins du sud de la Méditerranée et à leur apporter le soutien de l’UE, en contrepartie de l’engagement de ces pays dans la lutte contre l’immigration illégale. La France et l’Italie demandent également une plus grande convergence entre Etats membres pour progresser vers un régime européen commun en matière d’asile, et un renforcement de l’agence Frontex.
sur les dossiers économiques, la France et l’Italie ont décidé la création d’un groupe de travail à haut niveau coprésidé par les secrétaires généraux des deux présidences, en vue de gérer les dossiers les plus délicats. L’importance de bâtir de grands groupes franco-italiens a été soulignée.
le sommet a confirmé les accords conclus par les deux pays dans le domaine nucléaire, dans le contexte du blocage du programme nucléaire italien suite à l’accident de Fukushima. Mais le référendum tenu à la mi-juin 2011 a confirmé l’arrêt complet de la relance du programme nucléaire civil italien, qui avait été engagée en 2008 par Silvio Berlusconi. La catastrophe de Fukushima conduit ainsi, successivement, deux pays majeurs de l’Union européenne, l’Allemagne et l’Italie, à tourner durablement le dos à l’atome civil, et la Suisse a récemment pris une décision identique.
il a également été l’occasion de confirmer le soutien de la France à la candidature de l’italien Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne. Au moment où l’Italie doute parfois de son influence en Europe, la désignation de M. Draghi constituerait un signal particulièrement positif pour ce pays.
Les contacts politiques bilatéraux, sur les crises internationales, les questions européennes et les enjeux économiques sont réguliers. Les deux pays entretiennent une concertation étroite dans le cadre de la présidence française du G20 / G8. L’Italie, pôle onusien dans le domaine de l’agriculture, joue ainsi un rôle actif pour promouvoir le thème de la régulation des prix des matières premières agricoles. Elle partage les grandes priorités françaises, notamment en matière de régulation financière et de renforcement de l’efficience du système institutionnel mondial. Rome demeure très attachée au caractère informel du G20 et au maintien d’un rôle clé du G8.
Le Président de la République italienne, M Giorgio Napolitano, a été reçu par le Chef de l’Etat le 29 septembre 2010, dans le cadre d’une visite en France sur le thème du cent-cinquantième anniversaire de l’unité italienne. Le Président du Sénat s’est rendu, le 2 juin 2011, à Rome pour représenter la France aux cérémonies du 150ème anniversaire. Dans le contexte des révolutions arabes et de la crise libyenne, le Ministre des Affaires étrangères et européennes maintient un contact particulièrement étroit avec son homologue italien. Les administrations entretiennent des coopérations suivies, notamment par des rencontres régulières entre les secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères, dont la dernière s’est tenue en avril 2011.
Un forum franco-italien de la société civile a été mis en place en 2002. Le sixième forum s’est réuni en avril 2010, en marge du sommet franco-italien, sur les thèmes de la croissance verte et de la coopération économique méditerranéenne. Accueilli par le ministère de l’économie, des finances et de l’emploi, il a été marqué par la participation de présidents des plus grands groupes industriels et commerciaux des deux pays.
Le site de l’ambassade de France en Italie
Mise à jour : 14.11.11
