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Après avoir établi des relations diplomatiques avec Israël le 11 mai 1949, la France a activement contribué à consolider le jeune Etat en participant à son effort de défense. Souvent passionnelles depuis 1967, ces relations n’ont jamais été interrompues mais elles ont été longtemps paradoxales : d’un côté, elles ne cessaient de se développer dans de nombreux domaines (culturel, scientifique, économique, touristique), de l’autre, elles étaient dominées par la conviction, du côté israélien - au niveau officiel et chez l’homme de la rue - que la France n’était pas un partenaire politique fiable.
Ainsi de 2000 à 2004, la gestion du conflit israélo-palestinien et la montée des actes antisémites en France ont été la source de tensions. L’image de la France s’était profondément dégradée dans l’opinion publique israélienne. Ce cycle de tensions a atteint son paroxysme en juillet 2004 lors des déclarations du Premier ministre israélien appelant les juifs de France à émigrer d’urgence en Israël.
C’est pourquoi, dès l’été 2002, la France a souhaité rétablir la confiance entre les deux sociétés en améliorant les images croisées qu’entretiennent leurs opinions publiques et en proposant des projets de coopération bilatérale qui puissent concerner l’ensemble des acteurs économiques et culturels français et israéliens. Ce mouvement a donné lieu à la création d’un groupe de haut niveau chargé de réfléchir à la relance des relations bilatérales (politique, économique et coopération). Cette réflexion a plus particulièrement porté, pour ce qui concerne les questions régionales, sur le dossier du nucléaire iranien et la mise en œuvre des résolutions 1559 et 1701, mais elle a également concerné le dialogue des cultures. Elle a abouti à l’institution d’un dialogue stratégique franco-israélien, marqué en avril 2008 par la première visite en Israël du Secrétaire Général du Ministère des Affaires étrangères, à un moment important du processus de paix et juste avant la présidence française de l’Union européenne.
L’élection en mai 2007 du Président de la République, dont l’amitié sincère pour Israël est reconnue, a confirmé et nettement amplifié ce mouvement. Israël est également sensible au soutien apporté par la France au rehaussement de ses relations avec l’Union européenne, dont le volet politique a franchi une étape importante sous notre présidence (12/2008).
Le site de l’ambassade de France en Israël
Avec une croissance annuelle moyenne égale à 5% entre 2004 et 2008, Israël offre de réels débouchés et possibilités de coopération pour les opérateurs français, notamment dans la haute-technologie et les infrastructures publiques (transports, environnement).
Nos exportations vers Israël, principalement constituées de biens d’équipement industriels, stagnent depuis 2001 à un niveau compris entre 1 et 1,3 Mds€. Elles se situent à un niveau nettement inférieur à leur potentiel. Notre part de marché est en effet déclinante et inférieure à 4% sur la période cumulée 2007-2008, soit nettement en dessous de celles de l’Allemagne avec 9%, de l’Italie avec 6%, des Pays-Bas avec 5,5%, du Royaume-Uni avec 4,5% mais aussi de la Suisse et de la Belgique. La France figure ainsi tout juste dans les dix premiers fournisseurs d’Israël (11ème en 2007, 8ème en 2008), qui n’est que le 48ème débouché de notre pays.
Les importations françaises s’élèvent pour leur part à 1 Mds€ environ, faisant ainsi de notre pays le 9ème client d’Israël. Principalement constituées de produits agricoles et chimiques, de services de télecommunications, de biens aéronautiques et de composants électroniques, ces importations progressent régulièrement : le traditionnel excédent commercial dégagé par la France est en voie de résorption ; le premier semestre 2009 semble même se traduire, pour la première fois, par une balance déficitaire.
Un très fort potentiel d’investissement existe également. Malgré une augmentation des flux en 2007 et 2008, le stock d’investissements directs français en Israël n’atteignait en effet qu’1,2 Mds€ fin 2008, soit moins de 1,5 % du total des investissements étrangers en Israël. Le premier investisseur français est Veolia, qui détient notamment l’usine de dessalement d’eau de mer d’Askhelon, au Sud d’Israël.
La France reste la deuxième destination touristique des Israéliens, après les Etats-Unis, et le nombre de Français visitant Israël a fortement augmenté ces dernières années.
A l’occasion des visites en Israël, en novembre 2007 et octobre 2009, du Secrétaire d’Etat au commerce extérieur, en la personne de M. Novelli puis de Mme Idrac, il a été proposé de renforcer le partenariat technologique entre les entreprises françaises et israéliennes. Les autorités israéliennes ont manifesté leur intérêt pour développer le mécanisme déjà en place d’aide budgétaire à l’innovation (partenariat Oseo-Matimop).
Site de la mission économique en Israël
La coopération dans ce domaine est fondée sur un accord bilatéral datant de 1959. Elle est de haut niveau et les moyens consacrés à cette coopération sont substantiels : 2,1 M € par an auxquels s’est ajoutée, en 2008, une enveloppe spécifique de 130.000€ d’appui aux actions menées dans le cadre du 60ème anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Ces actions ont notamment concerné le Salon du Livre israélien et l’organisation d’expositions, en Israël et en France, sur les biens spoliés.
Le dispositif chargé de mettre en œuvre l’accord bilatéral est notamment constitué, côté français, de l’Institut français de Tel-Aviv (dont les nouveaux locaux ont été inaugurés en juin 2007), des centres et antennes culturels d’Haïfa et de Beer Sheva, du Centre de recherches en archéologie et sciences sociales de Jérusalem (CRFJ), du collège français Marc Chagall et d’un nouveau lycée franco-israélien à Tel-Aviv inauguré en septembre 2007.
Grâce à ce dispositif, la France occupe durablement la position de 4ème partenaire de coopération d’Israël en matière de recherche scientifique et technologique. Point fort de notre relation bilatérale, cette coopération, très ancienne, s’est nouée au plus haut niveau, par cofinancements et dans une relation de parité. Elle s’est construite autour de partenariats universitaires (avec notamment la création d’un laboratoire commun de l’INSERM-Nice et de l’Institut Technion d’Haïfa et la coopération du CNRS avec des universités israéliennes), d’échanges de jeunes chercheurs et de projets de valorisation technologique et industrielle en partenariat avec le secteur privé. La cohérence de cette coopération est assurée, depuis 2003, par un Haut Conseil pour la Recherche et la Coopération Scientifique et Technologique, doté d’un budget d’intervention de 1,45 M€ sur cinq ans (2004-2008) pour la partie française et dont la dernière réunion s’est tenue à Jérusalem en juin 2008.
La France travaille aussi, dans le cadre de l’accord de 1959, au retour d’une francophonie vivante, alors que la communauté francophone d’Israël est désormais estimée à plus de 500.000 personnes (2007), et au rapprochement des sociétés civiles, à travers une programmation culturelle et une politique de communication denses. La célébration en 2008 du soixantième anniversaire de l’Etat d’Israël a ainsi été marquée par de nombreux événements initiés ou parrainés par la France et illustrant la force et l’ancienneté de l’amitié bilatérale. On peut citer, à titre d’exemples, l’ouverture en février 2008, au musée d’Israël de Jérusalem, d’une exposition sur la politique française de recherche de provenance et de restitution des œuvres d’art pillées pendant la seconde guerre mondiale ; la mise en valeur de la culture et la littérature israéliennes à l’occasion du Salon du Livre de Paris, en mars 2008, avec Israël comme invité d’honneur, ou encore l’organisation en Israël d’une saison musicale de grande tenue intitulée « Harmoniques 60 », en mai et juin 2008. La France a également été étroitement associée, en avril 2009, aux cérémonies organisées par la mairie de Tel-Aviv pour fêter le centenaire de la « ville blanche », à travers notamment la remise, au théâtre Cameri de Tel-Aviv, du prix artistique de la Fondation France-Israël, attribué à l’auteur dramatique Jean-Claude Grumberg pour l’ensemble de son œuvre, et la publication d’un ouvrage intitulé « Tel-Aviv sans répit » (Editions Autrement).
La Coopération et l’action culturelle françaises en Israël
Une des principales préoccupations israéliennes est la gestion des ressources en eau. Le développement durable et les énergies renouvelables constituent ainsi des axes de coopération prometteurs. Un accord a été signé, dans ces deux domaines, à l’occasion de la visite d’Etat du président de la République en juin 2008. La France est actuellement présente sur deux grands dossiers : l’usine de désalinisation d’Ashkélon (construite et exploitée par Véolia) et le projet de « canal de la paix », encore appelé « Red-Dead », reliant sur 180 km la Mer Rouge et la Mer Morte dans le but de prévenir les risques écologiques, économiques et géostratégiques liés à la réduction progressive de la superficie de la Mer Morte. On relèvera également, en matière de développement durable, la signature en janvier 2008 d’un accord entre Renault et une société israélienne en vue de produire à grande échelle une voiture électrique à l’horizon 2011.
Un accord de coopération dans le domaine de la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme a également été signé lors de la visite d’Etat du Président de la République en juin 2008. Cet accord s’inscrit dans le cadre d’un renforcement plus général des échanges en matière de sécurité civile et intérieure, amorcé en septembre 2006 avec la nomination d’un attaché de sécurité intérieure près l’ambassade de France - constituant à ce jour la seule délégation policière de l’UE implantée en Israël. Cette mesure a notamment permis de renforcer la lutte conjointe contre le crime organisé, la délinquance financière et le terrorismeet d’échanger nos pratiques de sécurité civile, de gestion de crise et de protection des hautes personnalités.
Un accord de coopération en matière de poste et de télécommunications a été signé en novembre 2009, à l’occasion de la visite en Israël de Christian Estrosi, Ministre chargé de l’Industrie. Il vise notamment à faciliter la concertation en matière d’évolution du cadre réglementaire des télécommunications, à développer la coopération en matière de RD dans le secteur des TIC entre organismes de recherche, pôles de compétitivité français et incubateurs israéliens, et à favoriser la coordination entre organismes responsables de la gestion des fréquences et entre les opérateurs satellitaires des deux pays.
Pour mémoire, lors de la visite en Israël de M. Luc Chatel, en novembre 2007, les autorités des deux pays avaient décidé de réactualiser l’accord de coopération en matière de tourisme, conclu en 1989 mais resté, dans les faits, sans suite. Un nouvel accord est actuellement à l’étude conjointe des deux ministères.
Dans le domaine des transports, les ministères français et israélien ont renforcé, depuis 2006, leurs relations avec la tenue de groupes de travail biannuels sur les transports urbains et ferroviaires ainsi que sur la sécurité routière. Ces secteurs de l’économie israélienne, avec celui de l’aviation civile - où Airbus a réalisé une percée importante en 2007 - constituent de véritables enjeux pour nos entreprises.
A ces actions étatiques ou privées s’ajoutent enfin les manifestations mises en oeuvre, depuis novembre 2006, par la Fondation France-Israël, et celles initiées dans le cadre de la coopération décentralisée, la France se positionnant sur ce dernier terrain au 2ème rang mondial derrière l’Allemagne, avec 68 partenariats entre collectivités locales et territoriales . On relèvera en particulier la mise en valeur, lors des manifestations organisées pour le centenaire de Tel-Aviv (avril 2009), des partenariats noués avec cette municipalité par les villes de Cannes et Toulouse, en matière d’environnement et d’habitat, ainsi que l’existence d’une coopération active engagée par la Ville de Paris, dont le maire s’est rendu en Israël au mois de juin 2009.
Mise à jour : 15.02.10
