Reprise par l’Iran de ses activités sensibles (30.01.06)
L’action de la communauté internationale (30 janvier 2006)
Le point au 17 janvier
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L’action de la communauté internationale (30 janvier 2006)
Le Conseil Affaires Générales Relations Extérieures (CAGRE), dans ses conclusions sur l’Iran, a marqué, notamment, sa préoccupation face à la reprise des activités liées à l’enrichissement et appelé au retour, demandé par l’AIEA, à la suspension complète de toutes les activités dangereuses iraniennes. L’Union européenne se concertera étroitement en vue de préparer la prochaine session extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA et soutiendra l’implication du Conseil de sécurité dans ce dossier afin de renforcer l’autorité de l’Agence. Les ministres ont souligné leur attachement à une solution diplomatique de la question nucléaire iranienne.
| - Lire les conclusions du CAGRE sur l’Iran (en anglais) (PDF, 18.4 ko) |
En marge du CAGRE, une réunion des hauts fonctionnaires de l’EU 3 et iraniens s’est tenue également à Bruxelles. Ces échanges n’ont apporté aucun élément nouveau.
Déclaration de M. Douste-Blazy (Bruxelles, 30 janvier 2006)
Je vais partir tout à l’heure à Londres. Nous avons une réunion informelle des membres permanents du Conseil de sécurité. La décision iranienne de reprendre ses activités d’enrichissement est un rejet clair du processus dans lequel les Européens et l’Iran s’étaient engagés depuis plus de deux ans avec le soutien de la communauté internationale. Nous avons donc fait le constat que ce processus de négociation est parvenu à une impasse et que l’implication du Conseil de sécurité est maintenant nécessaire pour faire respecter les demandes réitérées de l’AIEA et en particulier de son directeur. C’est pourquoi une réunion exceptionnelle du Conseil des gouverneurs de l’Agence a été convoquée pour les 2 et 3 février. Cette nouvelle phase diplomatique ne dessaisit absolument pas l’AIEA ; celle-ci continue à jouer tout son rôle et bénéficiera de l’autorité politique du Conseil de sécurité. L’Iran a posé un défi à la communauté internationale dans son ensemble. L’autorité de l’AIEA et la stabilité du Moyen-Orient sont en jeu. La communauté internationale doit répondre à ce défi avec fermeté et efficacité.
A Londres, s’est tenue le soir même une réunion ministérielle des membres du P5, de l’Allemagne et du haut représentant pour l’UE à l’issue de laquelle un communiqué conjoint a été adopté demandant, notamment, que le prochain Conseil extraordinaire de l’AIEA fasse rapport au Conseil de sécurité sur les mesures exigées de l’Iran par l’Agence.
Entretien de M. Philippe Douste-Blazy avec "LCI" (Paris, 3 février 2006)
"Après l’échec des négociations, nous avons voulu, nous Français, Britanniques et Allemands, demander au Conseil des gouverneurs, qui se réunit depuis hier, d’adopter une résolution pour dire : nous saisissons le Conseil de sécurité. En réalité, nous demandons un rapport de l’Agence, de M. El Baradei, le directeur de l’Agence internationale pour l’Energie atomique, au Conseil de sécurité. Ensuite, nous attendons le mois de mars pour regarder ce qui se passe. Si les Iraniens ne font rien, continuent sur la voie de la conversion de l’enrichissement de l’uranium, alors, le moment venu, on verra quelle action, quelles mesures prendra le Conseil de sécurité."
"L’Iran pose un défi à la communauté internationale, à la sécurité internationale et à la stabilité du Moyen-Orient. Nous devons répondre avec fermeté, efficacité et unité. Nous nous sommes mis d’accord, entre membres permanents du Conseil de sécurité et en association avec l’Allemagne, pour présenter une résolution très ferme le 2 février. Dans un deuxième temps, en mars, le Conseil de sécurité pourra agir, si nécessaire. Toute la panoplie des sanctions est envisageable."
"Après une longue réunion, tous les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, associés à l’Allemagne, ont décidé de solliciter le Conseil des gouverneurs de l’AIEA les 2 et 3 février pour que celui-ci fasse rapport au Conseil de sécurité des Nations unies. Par la reprise des activités liées à l’enrichissement et à l’issue des rapports et résolutions du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, qui établissent les violations par l’Iran de ses obligations, la communauté internationale a décidé de réagir rapidement, fermement, et surtout de manière unie."
| - Lire la position commune de la réunion sur l’Iran (Londres, 30 janvier 2006) (PDF, 17.2 ko) |
"Le Conseil des gouverneurs extraordinaire se réunira donc le 2 février 2006 et la France est résolue, à côtés de ses partenaires, à défendre fermement ses positions, car une absence de réaction face à cette décision de l’Iran ne saurait être envisagée. [...]
Dans cet effort pour dénouer le dossier iranien, il existe un facteur essentiel : c’est l’unité de la communauté internationale. Les directeurs politiques des trois ministères des Affaires étrangères européens ont rencontré mi-janvier 2006, à Londres, leurs homologues américain, russe et chinois ; ils se rendront très prochainement dans plusieurs pays clés pour préparer la réunion du Conseil des gouverneurs."
Le point au 17 janvier
Suite à l’annonce par les autorités iraniennes de la reprise des activités sensibles.
Réponse de M. Philippe Douste-Blazy, à une question d’actualité à l’Assemblée nationale (Paris, 17 janvier 2006)
En 2002, la communauté internationale découvrait un programme nucléaire iranien clandestin. En 2003, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont décidé, plutôt que d’aller devant le Conseil de sécurité de l’ONU, d’ouvrir une négociation, qui a abouti à l’Accord de Paris par lequel l’Iran acceptait de suspendre toute activité nucléaire sensible. De manière unilatérale, les Iraniens ont repris depuis des activités nucléaires dangereuses : en août 2005, ils ont repris la conversion d’uranium à l’usine d’Ispahan et il y a quelques jours ont commencé des activités liées à l’enrichissement à l’usine de Natanz. Or aucun programme nucléaire civil ne peut justifier ces activités dangereuses.
D’autre part, pour la huitième fois, M. El Baradei, directeur de l’Agence internationale de l’Energie atomique, a souligné que l’Iran violait ses obligations internationales. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont demandé hier à Londres que se tienne une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA et que M. El Baradei fasse rapport au Conseil de sécurité de l’ONU. La France fera tous ses efforts pour que la communauté internationale soit unie. Il y va de la crédibilité de l’Agence, de celle du système multilatéral de non-prolifération et surtout, de la stabilité régionale.
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Réponse du porte-parole du Quai d’Orsay aux questions du point de presse du 31 janvier 2006
Point de presse du ministre des Affaires étrangères à son arrivée à Moscou (18 janvier 2006)
"La communauté internationale est très préoccupée par les activités nucléaires sensibles de l’Iran (...) devant cette reprise d’activités nucléaires dangereuses, on peut faire deux constats. Le premier constat, c’est qu’aucun programme nucléaire civil ne peut justifier des activités nucléaires dangereuses. Le deuxième constat, c’est que M. El Baradeï, le directeur de l’Agence internationale de l’Energie atomique, souligne, pour la huitième fois consécutive, dans son rapport, que l’Iran est en violation des ses obligations internationales."
Réaction de la France suite aux déclarations iraniennes (Paris, 18 janvier 2006)
"La reprise unilatérale d’activités sensibles annoncée le 9 janvier par l’Iran fait qu’il n’est pas possible de nous réunir dans des conditions satisfaisantes pour poursuivre ces discussions, que ce soit au niveau des ministres ou des fonctionnaires. Comme les ministres et M. Solana l’ont indiqué à Berlin, jeudi dernier, l’Iran doit d’abord revenir à la suspension complète de ces activités."
La réunion E3, Russie, Chine, Etats-Unis (Londres, 16 janvier 2006)
Cette réunion de hauts-fonctionnaires avait pour objet d’examiner en commun la situation grave créée par la décision de l’Iran de reprendre certaines activités liées à l’enrichissement d’uranium. Un conseil extraordinaire des gouverneurs de l’AIEA se tiendra les 2 et 3 février 2006.
La réunion des ministres UE/E3 (Berlin, 12 janvier 2006)
Dans leur déclaration finale, les ministres ont rappelé leur résolution à régler ce problème par la voie diplomatique. Ils procéderont à des consultations étroites avec leurs partenaires internationaux durant les jours et les semaines à venir. Ils estiment que le moment est venu de faire intervenir le Conseil de sécurité afin d’appuyer l’autorité des résolutions de l’AIEA. C’est pourquoi une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA sera convoquée pour prendre les mesures nécessaires à cette fin.



