Irak

Présentation de l’Irak

Présentation

Données générales

Données générales et géographiques

Superficie : 441 839 km2

Population : 31 millions (dont 1,5 millions de déplacés et plus de 2 millions de réfugiés, en Syrie et en Jordanie essentiellement)

Capitale : Bagdad Villes principales : Bagdad, Mossoul, Bassorah, Kirkouk

Langues officielles : arabe, kurde (au Kurdistan)

Langues courantes : arabe, kurde, turcoman, araméen

Composition ethnique : Arabes 75 %, Kurdes 20 %, Turcomans et Assyriens 5 %

Monnaie : dinar (new Iraqi dinar, NID)

Fête nationale : encore à déterminer ; le 14 juillet (anniversaire du renversement de la monarchie en 1958), est toujours fêté Croissance démographique : 2,2 %

Espérance de vie : 69 ans Taux d’alphabétisation : 98 %

Religion (s) : Chiites 65 %, Sunnites 32 %, Chrétiens et autres (Yézidis, Mandéens) 3 %

Données économiques

Indice de développement humain : n.d

PIB (2009) : 74 Mds de dollars (prévision 2010 : 91 Mds)

PIB par habitant (2009) en PPA : 3 891 dollars

Taux de croissance (2009) : 5 % (prévision 2010 : 5,5 %)

Taux de chômage (au sens du BIT) (2009) : 18,5 % (non officiel : 30 %)

Taux d’inflation (2009) : 6 % ( prévision 2010 : 2,8 %)

Solde budgétaire (2009) : - 5 Mds USD

Balance commerciale (2009) : solde + 4,3 Mds USD) ; exportations 40 Mds, importations 35,7 Mds

Principaux clients : Etats-Unis (44 %), Italie, Corée du Sud, Canada, France Principaux fournisseurs : Turquie (25 %), Syrie (24 %), Etats-Unis, Chine, Jordanie

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 11,9 %
- industrie : 58,8 %
- services : 26,7 %

Exportations de la France vers l’Irak (2009) : 413 M€

Importations françaises depuis l’Irak (2008) : 838 M€

Solde : - 425 M€

Consulats : section consulaire à Bagdad et consulat général à Erbil

Communauté française en Irak (hors ambassade) : 25 personnes

Communauté irakienne en France : environ 1 000 personnes

Politique intérieure

En dépit d’une nette décrue de la violence entre 2008 et 2010 (nombre de victimes divisé par 6 - moins de 200 victimes en décembre 2010, 300 en janvier 2011), le niveau de violence reste élevé en Irak où des attentats de grande ampleur continuent de se produire régulièrement. Cette violence reste liée aux réseaux d’Al Qaida et à la mouvance baathiste.

Cette violence se concentre sur les régions de Bagdad, Mossoul et Kirkouk. Elle reste toutefois contenue et ne constitue pas une menace pour la stabilité du pays. Elle n’a notamment pas réussi, comme en 2006, à faire basculer le pays dans un cycle d’affrontements interconfessionnels.

Par ailleurs, les institutions se renforcent et la démocratie progresse. Le Parlement a accru son pouvoir de contrôle sur l’activité du gouvernement. Le processus décisionnel en est ralenti mais un vrai consensus est généralement obtenu qui fonde la légitimité des nouvelles lois et réformes de fond. Le débat politique est sans doute l’un des plus ouverts et authentiquement pluralistes de la région. La presse est libre et une société civile émerge. 4.3 Des élections législatives se sont tenues, pour la troisième fois depuis 2003, en mars 2010. Elles ont vu la victoire des listes modérées et ont placé en tête (en sièges) la liste sunnite, Iraqiyya, dirigée par Iyad Allaoui (91 sièges) juste avant la liste chiite (Etat de droit) du Premier Ministre sortant Nouri Al Maliki (89 sièges).

M. Nouri Al Maliki, Premier Ministre sortant, a été reconduit, le 25 novembre dernier, à la tête du gouvernement irakien après sept mois de difficiles tractations où il a pu rallier l’ensemble des partis chiites et les Kurdes, tout en ménageant les sunnites. Un gouvernement, encore incomplet, les ministères de souveraineté n’ayant pas encore de titulaire, (même s’ils ont été répartis entre formations politiques) a été formé et investi, le 21 décembre, par le parlement.

Ce gouvernement est inclusif et équilibré et, tout en accordant la part essentielle aux « partis chiites » rassemblés dans l’Alliance Nationale, marque le retour des sunnites (liste Irakiyya, majoritaire de deux sièges lors des législatives mais légèrement minoritaires en voix).

Ce gouvernement comprend à ce jour 37 membres, 3 vice-Premier ministres, 28 ministres et 6 secrétaires d’Etat (encore sans portefeuille). Il reste à pourvoir 6 portefeuilles ministériels : Défense qui reviendra à Irakiyya, Intérieur, commerce et électricité qui reviendront à l’Alliance Nationale et trois secrétariats d’Etat (sécurité nationale qui reviendra à l’Alliance Nationale, réconciliation nationale, société civile).

Des inconnues demeurent toutefois :
- sur la mise en œuvre de différentes clauses agréées dans le cadre de l’accord tripartite du 10 novembre et notamment la création et les compétences du Conseil National des Politiques Stratégiques, dont la présidence serait assurée par Iyad Allaoui, chef de la liste sunnite Irakiyya.
- sur la finalisation du gouvernement et la désignation des ministres en charge des trois ministères sécuritaires, qui sont pour l’heure confiés au premier ministre.
- sur la capacité des Irakiens à faire fonctionner efficacement un attelage relativement hétéroclite, au sein duquel il pourrait s’avérer difficile de faire émerger le consensus.

Les enjeux de la nouvelle législature sont importants : débat sur la réforme de la Constitution, référendum sur le statut des territoires disputés du nord du pays (dont Kirkouk), vote d’une loi sur les hydrocarbures, reconstruction du pays, réconciliation nationale.

Situation économique

Conjoncture

La croissance attendue en 2010 est plus faible que prévu, en raison de difficultés de mise en œuvre du programme de production pétrolière. La croissance devrait s’établir à 2,5 % pour 2010 contre 4,2 % en 2009. Les perspectives sont plus favorables pour 2011 (6-7 %) avec le début des retombées des appels d’offre pétroliers.

Les perspectives budgétaires restent tributaires du cours du baril, 85 % des revenus de l’Etat provenant des exportations de pétrole. En 2010, la hausse du baril a permis de ramener le déficit budgétaire de 22 à 14 % du PIB.

La balance des paiements devrait enregistrer, en 2010, un excédent de 2,4 Mds USD. Cette situation s’explique par une balance commerciale excédentaire de 6,2 Mds USD, une balance des services déficitaire (- 4,6 Mds) et une balance financière positive.

Les réserves de change se maintiennent à un niveau élevé. A la suite de l’annulation de 80 % de la dette irakienne en Club de Paris en 2004 (dont 4,8 Mds d’annulation pour la France), le niveau de la dette extérieure décroît progressivement (52 Mds USD en 2010 contre 82 Mds en 2008 et 102 en 2007).

La maîtrise de l’inflation est un objectif central de la politique monétaire. L’inflation a été ramenée de 53 % en 2006 à 4,2 % en 2009 et s’établit à 3 % en 2010. Cette politique passe par le maintien de taux d’intérêt élevés et surtout par la hausse du taux de change avec le dollar, afin de diminuer l’inflation importée.

Réformes structurelles

Elles entrent progressivement en vigueur mais la corruption reste un problème majeur. Transparency International place l’Irak au 3ème rang des pays les plus corrompus au monde.

La reconstruction, estimée à 600 Mds USD, prendra du temps. Les principales infrastructures ont été détruites. Les carences d’approvisionnement en électricité et en eau persistent. Après 30 ans de guerre et d’embargo, les besoins sont immenses dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité, de l’eau, des transports, des communications ou de la santé. De ce fait, l’investissement public a été érigé au rang de priorité nationale.

La finalisation du cadre juridique sur les hydrocarbures n’est toujours pas acquise ; il s’agit là d’un point clé dans une économie qui restera encore longtemps une économie pétrolière.

La modernisation du système bancaire, vétuste et faiblement internationalisé, avance lentement. Le paysage bancaire reste dominé par deux grandes banques (Rashid Bank et Rafidain) auxquelles s’ajoutent un grand nombre de banques familiales, peu capitalisées. Seuls 5 % des ménages irakiens ont un compte bancaire. Le secteur est très peu internationalisé (7 banques à capitaux étrangers et une seule banque internationale, la HSBC).

Un accent particulier est mis sur la modernisation de la gestion financière de l’Etat avec le soutien de la Banque Mondiale et du FMI (au titre du stand-by agreement de février 2010 portant sur 3,7 Mds USD) avec deux axes principaux : la restructuration des bilans des banques publiques, la mise en cohérence des comptes de l’Etat et des entreprises publiques.

Le pétrole demeure la clé de la croissance de l’Irak. L’activité pétrolière représente 55 % du PIB, 86 % des recettes budgétaires et 98 % des exportations. Disposant des troisièmes réserves mondiales prouvées de pétrole, l’Irak espère faire passer sa production de 2,4 Mb/j à 7 M b/j en 2012 (et 12 M/b/j en 2017). La signature de contrats avec des compagnies internationales sur dix champs pétroliers majeurs en 2009 et trois champs gaziers en 2010 devrait permettre d’accroître considérablement la production, qui a dépassé pour la première fois en janvier 2011, le niveau de 2003, mais l’objectif final paraît peu réaliste au regard de la faiblesse des capacités actuelles d’écoulement de la production.

Politique extérieure

L’accord de retrait des forces américaines, adopté par le Parlement irakien, le 27 novembre 2008 a abouti au départ d’Irak des forces américaines de combat, le 31 août 2010. 50 000 soldats américains restent sur place pour des actions de formation et d’encadrement. Un retrait complet doit intervenir fin 2011. Il est toutefois vraisemblable qu’une importante présence militaire américaine perdure au-delà de 2011, au titre de l’instruction, de la logistique et du soutien aux forces irakiennes. Les forces britanniques, au nombre de 46 000 en 2003, ont cessé leurs missions de combat en mai 2009.

Aspects régionaux

De manière générale, la réintégration de l’Irak dans son environnement arabe s’accélère. Seule l’Arabie saoudite demeure sur la réserve et considère avec prudence la montée en puissance d’une nouvelle puissance chiite à ses frontières, qui est de surcroît un potentiel rival pétrolier. La formation d’un gouvernement inclusif, où les sunnites sont représentés, pourrait toutefois entraîner une inflexion de la position saoudienne.

Les premiers ministres égyptien et syrien se sont rendus récemment à Bagdad (26 décembre et 15 janvier) pour apporter leur soutien au nouveau gouvernement et sceller un resserrement des liens avec l’Irak.

Le Premier Ministre koweitien vient d’effectuer une visite historique en Irak (12 janvier) avec le souhait d’accélérer la résolution des contentieux bilatéraux : reconnaissance de la frontière, paiement de réparations de guerre, localisation des disparus koweitiens et restitution d’archives nationales koweïtiennes. Le Secrétaire général de la Ligue arabe, M. Amr Moussa (égyptien) s’est rendu à Bagdad du 7 au 10 janvier pour une reprise de dialogue et la préparation du sommet de la Ligue dans la capitale qui doit avoir lieu dans la capitale irakienne du 27 au 29 mars prochains.

L’Iran affiche de bonnes relations avec les nouvelles autorités, tout en gardant un intérêt très net pour l’évolution de la situation intérieure. Le renouvellement de Nouri Al Maliki est incontestablement un soulagement pour Téhéran. Des irritants demeurent toutefois, notamment la question du partage des eaux au sud de l’Irak et la gestion des puits de pétrole frontaliers.

Les relations avec la Turquie sont au beau fixe. La Turquie est devenue cette année le premier exportateur en Irak et compte multiplier par quatre ses échanges dans les cinq ans à venir. La question du partage des ressources en eau de l’Euphrate, régulièrement soulevée par Bagdad semble la seule ombre au tableau.

Nations Unies : l’adoption de trois résolutions (1956, 1957, 1958) le 15 décembre dernier, portant sur la clôture du fonds de développement pour l’Irak, la levée des interdictions en matière de nucléaire civil et la fin du programme pétrole contre nourriture, marque une nette avancée vers la sortie du chaptire 7. Celle-ci dépend désormais de la résolution des différends avec le Koweit.

Mise à jour : 09.02.11

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