Irak

La France et l’Irak

Brève

Exécutions (2 février 2012)

La France réaffirme son opposition constante au recours à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances. Elle appelle les autorités irakiennes à suspendre les exécutions et à commuer les peines des condamnés à mort.

Présentation

Relations politiques

A l’initiative du Président de la République, la relation bilatérale entre la France et l’Irak a été relancée dans tous les domaines à compter de l’année 2008.

Cette relance s’est manifestée par de nombreuses visites ces deux dernières années, dont certaines au plus haut niveau : les deux visites du Ministre des Affaires Etrangères et Européennes (août 2007 et juin 2008), celle du Président de la République, le 10 février 2009 et celle du Premier Ministre François Fillon à Bagdad, le 2 juillet 2009.

Côté irakien, les visites en France d’autorités irakiennes (vice-président Adel Abd al Mahdi le 15 avril 2009, Premier Ministre Nouri al-Maliki le 4 mai 2009) ont permis d’approfondir cette relance de nos relations. Le Président Talabani s’est rendu en visite d’Etat en France, du 16 au 19 novembre 2009, ce qui a été l’occasion de signer plusieurs accords importants (coopération culturelle, scientifique et technique, coopération en matière de défense, accord Coface, accord d’entente AFD, paraphe de l’accord de protection des investissements).

Par ailleurs, notre ambassade s’est renforcée : ouverture d’une mission économique comptant, à l’automne 2010, trois agents expatriés, création d’un poste de Conseiller Culturel et de Coopération, renforcé par un adjoint depuis septembre 2010, arrivée d’un attaché de défense en 2009 et d’un attaché de sécurité intérieure en 2010. Parallèlement, un Centre français des affaires (Bagdad) et une Maison de l’Agriculture et de l’environnement (Erbil) ont également ouvert leurs portes en 2010.

La perception de notre pays par les autorités irakiennes, relativement négative depuis 2003 en raison de notre opposition à l’intervention militaire de la coalition, comprise à tort comme une forme de soutien à l’ancien régime, a considérablement évolué depuis 2007. Notre poids au Conseil de Sécurité, une meilleure compréhension, a posteriori, de nos positions et le souvenir de nos coopérations et des réalisations de nos entreprises dans les années 70 et 80, expliquent cette nouvelle attitude. Notre souci de maintenir la balance égale entre les différentes communautés est également reconnu.

Relations économiques

Partenaire de tout premier plan pour l’Irak durant les années 70-80, la France a vu ses échanges diminuer sous l’effet des sanctions économiques dans les années 90. Ceux-ci ont encore diminué suite à l’intervention militaire de 2003, nos exportations tombant à 143 M€ en 2004 pour plafonner depuis (173 M€ en 2008, soit une part de marché inférieure à 1 %). Toutefois un rééquilibrage conséquent s’est opéré en 2009, nos exportations atteignant 413 M€ (hausse de 139 %) tandis que, sous l’effet de la conjoncture internationale (baisse du prix du baril et ralentissement économique en Europe), nos importations étaient divisées par deux (838 M€ en 2009) soit une baisse de 42 %. Cette conjugaison de facteurs réduit notre déficit commercial de 1,3 Md à 426 M€.

Sur les huit premiers mois de l’année 2010, nos importations ont augmenté de 37 % (831 M€ en raison de la hausse du prix des hydrocarbures et de la reprise économique).

La France a annulé environ 4,8 milliards d’euros de dettes irakiennes entre 2005 et 2008, dans le cadre du club de Paris. Cette annulation de 80% des obligations irakiennes à notre égard constitue l’effort le plus important parmi les pays occidentaux.

Pétrole

Total a été retenu sur le champ de Halfaya en consortium avec CNPC et Petronas (Total ayant une participation de 25 %) en décembre 2009. Il devrait devenir le 1er investisseur français en Irak dans les six années à venir.

Perenco a investi dans des recherches de gisements pétroliers au Kurdistan.

Electricité

Le groupe General Electric a signé un contrat pour la fourniture de 56 turbines dont une partie revient aux usines GE France de Belfort. Alstom a gagné l’appel d’offres pour la fourniture d’une turbine pour la centrale de Bassorah.

Schneider Electric a signé des contrats pour la fourniture d’équipements électriques au Kurdistan et dans la région de Najaf et Kerbela.

Transports

Aéroports de Paris International a remporté le marché d’études de l’aéroport Moyen-Euphrate, entre Kerbala et Najaf.

CMA-CGM est la première compagnie maritime à desservir l’Irak, détenant un tiers du trafic du port d’Umm Qasr (80% du trafic du pays), où elle exploite deux quais et en réhabilite un troisième. Renault Trucks, filiale de Volvo, a remporté, en 2008, un contrat pour la fourniture de 300 camions au ministère du pétrole et a signé, en 2010, un accord portant sur l’installation de deux chaînes de montage, l’une à Iskanderiyah, l’autre au Kurdistan.

Peugeot a signé la première tranche (2 500 véhicules) d’un contrat de fourniture de 10 000 véhicules légers au Ministère de l’Education (100 MEUR).

Eau / environnement

Degrémont construit la station d’épuration de Rusafa (couvrant les 4 millions d’habitants de Bagdad) et est également le principal contractant pour la fourniture de 19 unités compactes de production d’eau potable réparties sur l’agglomération bagdadienne.

Saint-Gobain a signé en mars 2009 deux contrats pour la fourniture de canalisations à Kerbala et Abu Ghraib.

Construction

Lafarge est le 1er investisseur français en Irak (avec 1 Md USD d’investissement). La société possède deux cimenteries au Kurdistan (60% du ciment fabriqué en Irak) et vient de racheter celle de Kerbela.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Nos activités de coopération sont encadrées par un accord de partenariat pour la coopération culturelle, scientifique et technique et pour le développement qui a été signé lors de la visite d’Etat du Président Talabani, en novembre 2009. Il se substitue à deux accords de coopération qui dataient de 1969.

Soutien à l’Etat de droit

Dans le cadre de la mission européenne EUJUST LEX - Irak, la France, qui en est le premier contributeur, a déjà accueilli, dans ses écoles spécialisées, plus de 300 fonctionnaires irakiens (policiers, magistrats et personnels pénitentiaires). Parallèlement, la France a développé une coopération active et croissante dans le domaine de la sécurité intérieure, de la coopération parlementaire, et de la coopération institutionnelle (Conseil d’État irakien et Cour suprême fédérale notamment).

Coopération universitaire, scientifique et technique

Dans le domaine de l’enseignement supérieur, notre appui consiste à accompagner la montée en charge des programmes boursiers à coûts partagés signés avec les ministères de l’enseignement supérieur du gouvernement fédéral et du gouvernement régional du Kurdistan d’Irak. Plus de cent cinquante boursiers du gouvernement fédéral irakien et du gouvernement régional du Kurdistan d’Irak étudient actuellement en France.

Parallèlement, un soutien à des partenariats interuniversitaires dans des disciplines prioritaires continue à être apporté (mathématiques, informatique, médecine, droit…) et la signature d’accords encouragée notamment pour l’encadrement des étudiants afin de constituer la trame juridique des programmes boursiers. A ce titre, des délégations des principales universités du pays ont été invitées en France en 2010 afin de rompre leur isolement et tenter de restaurer ou de créer des liens entre établissements irakiens et français. Si le pays a un besoin général de formation de ses cadres, l’accent de notre coopération s’oriente vers les spécialités de la gestion, du droit et de l’ingénierie.

Il en est de même au niveau de la recherche où il s’agit d’apporter un soutien à des projets liés aux besoins les plus sensibles du pays et de fournir un effort particulier dans le domaine des sciences sociales et de l’archéologie, notamment grâce à l’activité de l’antenne de l’Institut français du Proche-Orient à Erbil, inaugurée en octobre 2010.

Coopération culturelle et linguistique

Le centre culturel français de Bagdad, contrairement à ceux d’autres pays, n’a jamais fermé au cours des dernières années. Il concentre son activité sur les cours de langue (intra muros et hors les murs) et la médiathèque. Néanmoins, la situation sécuritaire s’améliorant, le centre culturel de Bagdad a commencé à développer des activités ouvertes au public (expositions, conférences,…) et à mener une programmation culturelle hors les murs en partenariat avec les institutions irakiennes.

Un centre culturel français, dépendant de l’antenne de Bagdad, a ouvert à l’automne 2009 à Erbil ; il mène des activités à la fois linguistiques et culturelles (Fête de la Musique, projections de films français, etc…).

Matière optionnelle au baccalauréat, le français est enseigné dans le secondaire public comme seconde langue étrangère après l’anglais dans une centaine d’établissements, dont quarante à Bagdad. Environ 300 professeurs dispensent cet enseignement à plus de 28 000 élèves. Le français est par ailleurs enseigné dès le primaire dans un certain nombre d’établissements privés, ainsi que dans les départements de français des universités de Bagdad, Mustansiriya, et Mossoul. Dans la région autonome du Kurdistan d’Irak, le français est enseigné, au niveau du secondaire dans 5 lycées du gouvernorat d’Erbil (5 professeurs, 1 240 élèves) et dans un lycée privé à Dohuk (4 professeurs, 300 élèves). Deux départements de français sont en outre désormais ouverts dans les universités d’Erbil et de Koya. Deux écoles françaises de la Mission laïque française ont par ailleurs ouvert leurs portes en 2009 au Kurdistan d’Irak.

Aide humanitaire

L’ONG française la chaine de l’espoir conduit, sur financement du Ministère des affaires étrangères et européennes, un projet en partenariat avec l’hôpital ibn al-bitar de Bagdad, spécialisé dans la chirurgie cardiaque, pour la mise en place d’une aile de chirurgie cardiaque pédiatrique au sein de cet hôpital. L’ONG la Chaîne de l’Espoir accueille par ailleurs régulièrement en France des enfants irakiens souffrant de malformations opérables et forme des chirurgiens et infirmières sur des stages de 3 à 6 mois dans les CHU français.

Mise à jour : 09.02.11

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