Intervention de M. Gérard Errera, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et européennes (Stockholm, 29 mai 2008)
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Secrétaire général des Nations unies,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Chers amis,
Permettez-moi tout d’abord de vous faire part des regrets de M. Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères et européennes, qui aurait souhaité représenter la France à cette conférence importante pour l’Irak, mais dont l’agenda ne lui permet pas d’être présent à Stockholm aujourd’hui.
Je voudrais remercier le Secrétaire général des Nations Unies d’avoir organisé cette première réunion de suivi du Pacte international pour l’Irak, la Suède de l’accueillir et le Gouvernement irakien de sa présentation dans son rapport annuel des avancées accomplies pour la mise en œuvre du Pacte.
Nous savons tous que l’Irak demeure aujourd’hui confronté à de vastes défis, à la fois politiques, sécuritaires, humanitaires et économiques. Ces défis sont porteurs de risques considérables pour la région, y compris la déstabilisation des pays voisins, question des réfugiés, et des trafics divers.
C’est pourquoi la situation en Irak exige la mobilisation de toutes les énergies pour soulager les souffrances du peuple irakien et conjurer les menaces qui pèsent sur l’intégrité du pays. Le Pacte constitue l’un des leviers pour atteindre cet objectif. La résolution 1770 du Conseil de sécurité a élargi le mandat de la Mission d’assistance des Nations unies à l’Irak (MANUI) afin de favoriser l’engagement des Nations Unies en Irak. La France soutient pleinement ce renforcement du rôle des Nations Unies en Irak.
Depuis le lancement du Pacte il y a un peu plus d’un an, des progrès ont été rendus possibles par la mobilisation du gouvernement irakien et l’appui de la communauté internationale, notamment des Etats voisins :
Cependant, nous savons qu’il n’y aura pas de solution durable autre que politique. Il n’y aura pas de résultats positifs autre qu’irakiens. Et il n’y a pas d’autre choix que la démocratie. A cet effet, favoriser la réconciliation nationale et trouver un solution équitable de partage des pouvoirs, comme des ressources, sont des conditions indispensables pour le succès du Pacte.
Le renforcement de l’Etat de droit et le respect des Droits de l’Homme, mais aussi la restauration des services de base à la population et l’amélioration de la gouvernance font également partie des objectifs les plus urgents, pour lesquels le Compact peut servir à mobiliser les efforts de la communauté internationale.
La situation humanitaire reste également très préoccupante. Il y aurait, selon le HCR, 2,77 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et 2 millions de réfugiés - un chiffre qui continue de croître, au risque d’aggraver, en Irak, la fracture communautaire et de déstabiliser les pays voisins. Là encore, la gravité de la situation impose de trouver une solution politique.
La France exercera dans un mois la présidence de l’Union européenne. Nous voudrions assurer tous les Irakiens de notre disposition à les aider à bâtir leur futur commun, à promouvoir la réconciliation nationale en accueillant notamment, s’ils le souhaitent, une conférence d’entente inter-irakienne la plus large possible.
Je vous remercie./.




