Haïti

Les Nations unies et Haïti

MINUSTAH

Objectifs de la mission de stabilisation des Nations Unies

Par sa résolution 1529 (29 février 2004), le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement pour trois mois d’une force multinationale intérimaire en Haïti (FMIH) -à laquelle la France a participé à hauteur de 1000 hommes, aux côtés de contingents américain, canadien et chilien- et s’est déclaré prêt à créer ensuite une « force de stabilisation des Nations Unies ». La résolution 1542, adoptée à l’unanimité le 30 avril 2004, a autorisé le déploiement de cette mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) à partir du 1er juin 2004, pour une période de six mois renouvelable.

Succédant à sept missions des Nations Unies - dont la dernière, la Mission civile internationale d’appui en Haïti (MICAH), s’est achevée en février 2001 -, la MINUSTAH est chargée d’intervenir dans tous les domaines qui concourent à la restauration de la stabilité et de l’Etat de droit dans ce pays : création d’un environnement sûr et stable, y compris par le soutien à la mise en œuvre d’un programme de désarmement des groupes armés et le renforcement de la police haïtienne ; appui au processus politique et constitutionnel en cours ; renforcement de la promotion et de la défense des droits de l’homme ; assistance humanitaire et développement. Elle agit en appui du gouvernement de transition haïtien et en étroite collaboration avec l’OEA et la CARICOM. Son mandat étant pour l’essentiel placé sous chapitre VII, elle peut recourir à la force pour accomplir sa mission, notamment dans le domaine sécuritaire.

La MINUSTAH a été renouvelée pour une seconde période de six mois par la résolution 1576 le 29 novembre 2004.

Etat de la mise en place de la MINUSTAH

- La résolution 1542 prévoit une composante militaire pouvant aller jusqu’à 6700 hommes et une composante de police civile constituée de 1622 hommes. Après avoir pris du retard en raison des difficultés du Secrétariat à mobiliser les contributeurs potentiels, notamment francophones, la MINUSTAH comprenait finalement la quasi totalité de ses effectifs au 28 février dernier (1401 policiers civils et 6012 hommes de troupes).

- La France, pour sa part, contribue à la composante de policce civile à hauteur de 78 policiers et gendarmes et à l’état-major de la composante militaire (3 officiers).

- une action de coordination politique essentielle : l’Ambassadeur Valdes, ancien Ministre des affaires étrangères chilien, a été nommé Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti (RSSGNU) le 12 juillet 2004. Il a été reçu à Paris le 15 octobre 2004. En sa qualité de chef de la MINUSTAH, M. Valdès préside le « Core group » à Port-au-Prince qui, conformément à la résolution 1542, associe notamment le commandant de la composante militaire (le général brésilien Heleno), la CARICOM, l’OEA, les IFIs, et d’autres acteurs clefs (dont France, Etats-Unis, Canada), afin d’aider la MINUSTAH à s’acquitter de son mandat et de coordonner l’action de la communauté internationale. Ce groupe se réunit régulièrement et permet une bonne concertation des acteurs. Le Core Group s’est également réuni pour la 1ère fois à New York dans un format légèrement différent le 23 novembre dernier.

Mise en œuvre du mandat de la MINUSTAH

Après des difficultés liées à l’insuffisance de ses effectifs, la MINUSTAH déploie maintenant sa mission d’assistance au gouvernement de transition dans tous les domaines de son mandat :

- D’importants progrès ont été accomplis dans le domaine sécuritaire depuis la fin de l’année 2004 : un groupe de coordination MINUSTAH-Police haïtienne a été établi, permettant de mener des opérations conjointes contre les chimères et les anciens militaires.

- La préparation des élections générales, qui devraient se tenir d’octobre à décembre 2005, progresse. La MINUSTAH continue à travailler étroitement sur ce point avec le Conseil électoral provisoire haïtien et en lien avec l’OEA et l’OIF qui contribuent à l’organisation du processus (enregistrement, observation…).

- Le renforcement du pilier de coordination humanitaire et de développement de la MINUSTAH et l’ajout d’une compagnie de génie à la composante militaire, entérinés par la résolution 1576, ont permis d’accroître l’action de cette dernière dans ce domaine, notamment s’agissant de la mise en œuvre de projets économiques à impact rapide.

- L’action de la MINUSTAH concernant la promotion des droits de l’homme se concentre pour l’instant sur la réforme de la police nationale haïtienne et du système judiciaire.

Mise à jour : 14/03/05

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