
La France adresse ses félicitations à Michaëlle Jean, l’actuelle gouverneure générale du Canada, pour sa nomination comme envoyée spéciale pour Haïti de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
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Au départ de Martinique et de Guadeloupe, la France a été le premier pays à envoyer des secours dès le lendemain du séisme du 12 janvier. Au plus fort de sa mobilisation, plus de 1170 personnels d’assistance sont intervenus sur place, ont effectué plus de 17000 consultations médicales et évacué plus de 3000 personnes. Le président de la République a annoncé des mesures d’une exceptionnelle ampleur, puisque l’aide française à la reconstruction atteindra un volume de 326 M € pour les années 2010 et 2011.
Proche par une langue et une Histoire partagées, voisin des départements français d’Amérique (DFA), Haïti et la France sont liés par des liens étroits d’amitié et de solidarité. Si les relations commerciales avec Haïti sont traditionnellement modestes, les relations politiques de haut niveau se renforcent par de nombreuses visites. Le président de la République a effectué, le 17 février 2010, la première visite d’un chef de l’État français en Haïti, et a posé les bases d’un engagement durable en faveur de ce pays. Par ailleurs, les actions de la coopération française s’étaient déjà considérablement développées depuis le départ du président Aristide (2004) et la tenue d’élections libres (2006).
12 février 1838 : Traité de paix et d’amitié
24 septembre 1945 : Accord culturel
6 juin 1973 : Accord de coopération culturelle, scientifique et technique
26 mai 1983 : Renouvellement de l’accord de coopération du 6 juin 1973
23 mai 1984 : Encouragement et protection réciproques des investissements
31 décembre 2007 : Document cadre de partenariat (DCP)
17 février 2010 : visite du président de la République à Port-au-Prince
Ambassadeur de France en Haïti : Didier Le BRET (depuis septembre 2009)
Ambassadeur d’Haïti en France : Fritzner GASPARD (Chargé d’affaires a.i depuis avril 2008)
Le président de la République, Nicolas SARKOZY a effectué, le 17 février 2010, la première visite d’un chef de l’État français à Haïti.
Visites ministérielles :
Frédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication, du 26 au 29 juin 2010.
Rama YADE, secrétaire d’État chargée des Sports, du 29 au 31 mai 2010, accompagnée d’une importante délégation de représentants des principales fédérations sportives françaises.
Alain JOYANDET, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, à Port-au-Prince du 14 au 16 janvier 2010 pour coordonner l’action des secours français.
Bernard KOUCHNER, ministre des Affaires étrangères et européennes a effectué une visite conjointe avec son homologue brésilien en Haïti les 18-19 septembre 2009.
Michel BARNIER, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, février 2009.
Alain JOYANDET, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, s’est rendu à deux reprises en Haïti en 2008 (21-23 avril puis 8-9 septembre) afin d’exprimer la solidarité de la France à l’égard des populations haïtiennes durement touchées par le passage consécutif de quatre ouragans.
Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, a participé le 1er janvier 2008 aux cérémonies de commémoration de l’indépendance d’Haïti.
Rama YADE, secrétaire d’État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme s’est rendue en Haïti (13-16 septembre 2007).
Philippe DOUSTE-BLAZY, ministre des Affaires étrangères, a représenté la France aux cérémonies d’investiture du président Préval (14 mai 2006).
En 2005, Brigitte GIRARDIN, ministre de la Coopération, du Développement et de la Francophonie, a effectué une visite en Haïti (9 et 10 septembre).
En 2004, la solidarité française s’est exprimée avec quatre visites ministérielles en cinq mois : Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de la Défense en avril, Michel BARNIER le ministre des Affaires étrangères, à deux reprises en mai, et Renaud MUSELIER le secrétaire d’État, en août.
Le président René PREVAL a effectué une visite officielle en France les 29 et 30 juin 2006, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Jean Renald CLERISME, et du ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Jean GENEUS. Il a été reçu par le président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Défense et le ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie. Cette visite officielle a été l’occasion pour les autorités françaises de confirmer l’appui de la France aux efforts de René PREVAL pour rétablir la sécurité, renforcer la démocratie et lutter contre la pauvreté. Le président PREVAL avait été reçu officiellement en France, lors de son premier mandat, en juin 1996.
Le président Jean-Bertrand ARISTIDE, durant son exil, est venu en France à deux reprises.
Visites ministérielles :
Joël Desrosiers JEAN-PIERRE, ministre de l’Éducation et de la Formation professionnelle pour signer un accord en matière de formation (1er juillet 2010).
Elisabeth PREVAL, épouse du président haïtien, accompagnée d’Evans LESCOUFLAIR, ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique. Réunion de travail avec les fondations d’entreprise françaises présidée par le ministre, Bernard Kouchner (5 mai 2010).
Paul Antoine BIEN-AIME, ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales a participé à la Conférence des villes et régions du monde pour Haïti organisée par la France en Martinique le 23 mars 2010, en présence de Marie-Luce PENCHARD, ministre chargée de l’Outre-mer et d’Alain JOYANDET.
Marie-Laurence JOCELYN-LASSEGUE, ministre de la Culture et de la Communication s’est entretenue à Paris avec Frédéric MITTERRAND (16 février 2010).
Michèle PIERRE-LOUIS, Premier ministre d’Haïti, a effectué une visite en France (15-19 novembre 2008) lors de laquelle elle a pu s’entretenir avec MM. KOUCHNER, BARNIER, JOYANDET et Rama YADE.
Une délégation haïtienne de quatre ministres, conduite par Daniel DORSAINVIL, le ministre de l’Économie et des Finances, et accompagnée d’hommes d’affaires, a effectué un séjour en France (5-12 mars 2007).
Daniel DORSAINVIL, a été reçu le 11 décembre 2006 par Brigitte
GIRARDIN à l’occasion de l’accord conclu avec le Club de Paris dans le cadre du traitement de la dette haïtienne.
Le commerce entre la France et Haïti est, depuis une dizaine d’années, relativement modeste avec un volume d’échange d’environ 35 M € par an. Le solde a toujours été favorable à la France. En 2009, avec une augmentation de 54%, les exportations françaises retrouvent le niveau de 2000, le solde positif passant ainsi de 10,3 M € à 24,4 M €.
Les 29 M € d’exportations françaises sont principalement constituées de : produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture pour 5,5 M € ; de produits des industries agroalimentaires : 5,5 M €, soit près de 40% du total ; de biens d’équipements (8,13 M €, soit 28%) dont 4,4 M € d’équipements électriques (15%) ; de produits industriels pour 5,9 M € (20%, dont la moitié de produits chimiques).
Avec un montant de 4,6 M € en 2009, les importations de produits haïtiens sont en baisse de 45,6% par rapport à 2008 en raison de la crise économique. Depuis dix ans, elles ont toujours représenté moins de 10M € et sont essentiellement composées d’essence de vétiver (ingrédient entrant dans la composition des parfums) : 3,5 M € en 2009 (soit plus de 75%).
Le commerce bilatéral n’a guère progressé car de nombreuses entreprises françaises, découragées par l’instabilité politique des années 2004-2006, ont fini par quitter Haïti. Seuls trois groupes français disposent encore d’une représentation active en Haïti : Total et Air France, ainsi que la société financière OCEOR (groupe Dexia). Le stock d’investissement direct (IDE) français en Haïti est pourtant passé de 18 à 25 M € de 2007 à 2008, pour un stock haïtien en France passé de 2 à 5 M € sur la même période.
Une vingtaine de sociétés à capitaux français, de taille plus réduite, sont actives dans le domaine des services (commerce, publicité, hôtellerie, restauration notamment). Plusieurs PME ont également remporté, ces dernières années, des marchés lancés par les bailleurs de fonds internationaux, dont le fabriquant de ponts Matière, qui avait été retenu par l’Agence française de dDéveloppement en 2008, pour la réalisation d’un ouvrage d’art à Montrouis, un pont construit en un temps record.
Après un moratoire, la France s’est engagée en 2009 dans un processus d’effacement de la dette bilatérale (56M€). Le président de la République a annoncé le 17 février à Port-au-Prince, l’annulation totale de la dette bilatérale haïtienne.
Enfin, la France avait plaidé avec succès pour le déblocage de l’aide communautaire qui atteignait avant le séisme plus de 304 M € dans le cadre du 10e FED 2008-2013) dont elle est le premier contributeur (à hauteur de 19,55%).
Les actions de la coopération française bilatérale se sont considérablement développées depuis le départ du président Aristide et l’élection de René Préval en 2006 : de 12 M € en 2005, leur volume a atteint 26M€ en 2008 et avoisinait les 30 M € en 2009. Le séisme du 12 janvier implique un approfondissement important de la coopération française dans le cadre de la reconstruction.
Dès le lendemain du tremblement de terre du 12 janvier, les premières équipes françaises de secouristes sont arrivées en provenance de Martinique et de Guadeloupe. Notre pays a déployé jusqu’à 1170 personnes sur place pour venir en aide aux sinistrés. La mission française de secours et d’assistance a évacué environ 3000 personnes, assuré 17000 consultations médicales, 2550 hospitalisations et 1300 interventions chirurgicales.
Le président de la République a effectué le 17 février la première visite d’un chef de l’État français en Haïti. Au cours de cette visite, il a annoncé un effort d’une exceptionnelle ampleur puisque l’aide française à la reconstruction atteindra, pour 2010 et 2011, un volume de 326 M €.
L’appui financier de la France est déjà mis en œuvre : annulation de la totalité de la dette haïtienne envers la France (56 M €), déblocage de 20 M € d’aide budgétaire, dont 5 M € dès le mois d’avril (incluant 1 M € pour l’achat de semences en vue de la campagne agricole) et 15 M € d’ici au 30 septembre. Vingt autres millions d’euros sont prévus en 2011.
La France apporte son appui au rétablissement des capacités de l’État haïtien, à la formation des cadres administratifs, à la fourniture d’équipements et de véhicules pour la police et la sécurité civile. Notre pays s’attachera à la remise sur pied du système de santé en participant, notamment, à la réhabilitation-reconstruction de l’Hôpital-Université d’État de Port-au-Prince et apporte son soutien à des centres de santé maternelle et infantile. La France conduira par ailleurs une étude de faisabilité en vue de la mise en place d’un système de couverture maladie minimum pour les populations les plus défavorisées et participera à la mise en place d’un cadastre.
En matière éducative, la coopération française travaille en particulier à la re-scolarisation d’urgence des enfants et des adolescents : les premiers Volontaires du Service Civique sont déjà à pied d’œuvre (une centaine sont attendus) et notre réseau universitaire, notamment dans les Antilles et en Guyane, se mobilise pour apporter son concours à la reconstruction de l’université haïtienne grâce à des programmes de formation à distance, des stages et l’accueil de 700 étudiants et universitaires haïtiens supplémentaires (environ 1300 étudiants haïtiens fréquentaient les établissements français en 2008-2009).
La France prévoit de mener une opération de rénovation urbaine et de construction d’au moins 1000 logements dans deux quartiers populaires touchés par le séisme à Port-au-Prince et à Jacmel. D’ores et déjà, une soixantaine de chantiers de réhabilitation, de déblaiement et l’installation de camps d’accueil ont été effectués par des volontaires des régiments du Service militaire adapté (SMA) de Martinique et de Guadeloupe et par des régiments du Génie.
L’action de la France s’inscrit également dans un cadre européen. L’Union européenne (Commission et États membres) a mobilisé près de 295 M € d’aide humanitaire immédiate. Pour la poursuite de l’assistance humanitaire, la reconstruction et l’appui budgétaire au gouvernement haïtien, l’Union européenne mobilise au total 1,235 Md € pour 2010 et 2011. Dans le cadre de la force de gendarmerie européenne, la France met par ailleurs, deux escadrons de gendarmes mobiles à disposition de la mission des Nations unies sur place, la MINUSTAH (146 gendarmes formant une unité de police constituée ou FPU).
Sur le plan diplomatique et dans les enceintes impliquées dans la reconstruction, la France fait partie du groupe restreint des partenaires-clé d’Haïti qui, outre les grandes organisations multilatérales (ONU, Banque mondiale, BID, UE), regroupe les États-Unis, le Canada, le Brésil et l’Espagne. Aux Nations unies, elle est un membre actif du Groupe des amis d’Haïti chargé de préparer les résolutions du Conseil de sécurité sur ce pays.
Représentée par le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, la France a co-présidé la Conférence internationale des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti, organisée le 31 mars 2010 au siège des Nations unies à New York, qui a permis de récolter plus de 9,7 Md $ pour la reconstruction d’Haïti à court et long terme. La France siège par ailleurs au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), qui rassemble à parité des représentants haïtiens et internationaux. La CIRH sera au cœur du système de validation et de suivi des projets pour la reconstruction d’Haïti jusqu’à la fin 2011.
Des coopérations et des aides, déjà engagées avant le séisme, ont été reprises et redéfinies dans le cadre de l’appui français à la reconstruction.
Haïti bénéficie, depuis 2004, d’une montée en puissance des engagements de l’AFD avec des engagements nets en subvention qui représentent, en mai 2010, un montant de 78 M €.
En matière de coopération culturelle et linguistique, la programmation française s’appuie sur les activités des 6 Alliances françaises implantées dans le pays, dont certaines, comme celle de Jacmel, ont été très endommagées, de l’Institut français d’Haïti, dont les salles de cours sont en phase de reconstruction et du lycée Alexandre Dumas qui accueille environ 700 élèves. Dès cette année la France mène seule, ou avec des partenaires de la Francophonie, des opérations de restauration du patrimoine, des dons de livres, l’installation de bibliothèques dans les camps et la constitution d’une bibliothèque numérique haïtienne, ou apporte son soutien aux médias audiovisuels par des dons de programmes et des sessions de formation.
La coopération décentralisée, mise en œuvre par les collectivités territoriales françaises, est dynamique, notamment en matière de formation des élus locaux ou de gestion municipale (Conseil général de Savoie, Conseils régionaux de Bretagne, d’Aquitaine, d’Alsace et d’Île-de-France, Communauté d’agglomération de La Rochelle, Villes de Suresnes, de Strasbourg, etc.)
Déjà avant le séisme, la coopération régionale avec les départements français d’Amérique (DFA) avait été relancée par les financements ouverts sur les Fonds de coopération régionale (FCR) de la zone Antilles-Guyane. Ces coopérations concernent les secteurs suivants : l’éducation (coopération entre l’Université Antilles-Guyane et l’École normale supérieure de Port-au-Prince) ; la santé (formation des médecins haïtiens en Guadeloupe, appui à l’école d’infirmières sages-femmes de Port-au-Prince, etc.) ; la justice et la sécurité (lutte contre le trafic de stupéfiants, brigades financières et des mineurs) et la culture.
En matière de coopération policière et militaire, outre la participation française à la MINUSTAH, la professionnalisation de la Police judiciaire haïtienne fait l’objet d’un appui de long terme de la France. L’objectif est de doter cette police d’équipements adaptés (création d’un institut médico-légal, d’un fichier central de la police judiciaire) ; de renforcer son réseau (création d’antennes de la direction centrale de la police judiciaire) ; de former ses agents (envoi de formateurs spécialisés pour animer des stages, aide à la création d’une brigade financière et d’une brigade de protection des mineurs en partenariat avec l’UNICEF).
Enfin, l’aide alimentaire française, dont une forte composante est consacrée aux achats locaux, ce qui permet de soutenir l’agriculture du pays, a atteint 5,8 M € en 2008 et 3,5 M € en 2009.
Mise à jour : 13.07.10