Nature du régime : République
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : Président Alpha Condé, Premier ministre Said Fofana
Superficie : 245 857 km²
Capitale : Conakry
Villes principales : Kindia, Kankan, Nzérékoré
Langue (s) officielle (s) : Français,
Langue (s) courante (s) : Peul, malinké et soussou
Monnaie : Franc guinéen (cours flottant)
Fête nationale : 2 octobre
Population : 10 millions d’habitants
Densité : 41, 99
Croissance démographique : 2,5% par an
Espérance de vie : 58,9 (PNUD)
Taux d’alphabétisation : 29,5%
Religion : Islam (85%), christianisme (8%), animisme (7%)
Indice de développement humain : 156 sur 169
PIB (2010) : 4,7 Milliards US$
Taux de croissance (2010) : 3 %
Taux d’inflation (2010) : 20 %
Dette publique extérieure : 3 072 milliard de dollars, soit 75% du PIB
Balance commerciale(2010) : -370,6 MUS$
Principaux clients : Espagne (18,9%), Irlande (8,4%), Inde (5,6%)
Principaux fournisseurs : Chine (22,1%), Pays-Bas (16,9%), France (11%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 24,9 %
industrie : 46,7 %
services : 28,4 %
Exportations de la France vers la Guinée : 100,8 M€ en 2009 (DGTPE)
Importations françaises depuis la Guinée : 35,8 M€ en 2009 (DGTPE)
Consulat de France : Section consulaire de l’ambassade de France à Conakry
Communauté française en Guinée : 2321 immatriculés
Communauté guinéenne en France : NC
Lansana Conté est décédé le 22 décembre 2008 après 24 années à la tête la Guinée. Dès le lendemain, le capitaine Moussa Dadis Camara a annoncé la suspension des institutions et de la constitution, la création du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et s’est autoproclamé Président de la République.
Comme le chef de la junte s’y était engagé auprès de la France (visite en janvier 2009 du secrétaire d’état chargé de la coopération et de la francophonie), un processus de transition était en cours auquel la communauté internationale participait grâce au Groupe international de contact (auquel la France participe en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité). Ce processus devait inclure la tenue d’élections législatives et présidentielle en 2009, la mise en place d’un organe de transition (Conseil National de Transition) et l’engagement que ni le chef de la junte, ni la junte (membres du CNDD), ni le Premier ministre ne participent aux élections.
Le 28 septembre 2009, l’armée a réprimé dans le sang une manifestation pacifique organisée par les Forces vives dans le stade de Conakry, faisant plus de 150 tués et plus de 1200 blessés. Ce massacre a été unanimement condamné par la communauté internationale. La France a immédiatement suspendu sa coopération militaire et déployé une assistance médicale aux victimes.
Le Président Compaoré a été nommé par la CEDEAO facilitateur du processus de sortie de crise en Guinée.
Après une tentative d’assassinat par son aide de camp, Dadis Camara a été évacué et hospitalisé à Rabat. Le 15 janvier 2010, à Ouagadougou, le capitaine Dadis Camara, le général Konaté et le Président Blaise Compaoré ont signé la « Déclaration conjointe de Ouagadougou », qui définissait les modalités de la transition guinéenne. Une fois ce texte signé, la nomination d’un nouveau Premier ministre, le 20 janvier 2010, et la désignation d’un gouvernement d’union nationale, le 15 février, la Guinée s’est engagée sur la voie de la transition. La France a repris ses activités de coopération.
Le premier tour de l’élection présidentielle en Guinée a eu lieu le 27 juin 2010. Le dirigeant de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, avec 43,69% des voix et celui du RPG, opposant historique, Alpha Condé, avec 18,25 des voix, ont été qualifiés pour le second tour.
Initialement fixé au 18 juillet 2010, la correction des difficultés techniques mises en lumière par le premier tour de scrutin, la saison des pluies, le jeûne de Ramadan et la création de 1500 bureaux de vote supplémentaires ont conduit à fixer le second tour de scrutin au 19 septembre 2010, au 24 octobre puis au 7 novembre. Le 15 novembre, le président de la CENI a proclamé le résultat provisoire de l’élection présidentielle : Alpha Condé arrivant en tête du scrutin avec 52,52% des voix.
Après deux jours de violences qui ont contraint le Président de la transition à décréter l’Etat d’urgence, la Cour constitutionnelle a proclamé le 3 décembre la victoire d’Alpha Condé, avec 52,52% des suffrages. L’annonce du résultat définitif de la première élection libre et transparente de Guinée n’a pas suscité de heurts.
Le nouveau Président élu a nommé une partie de son gouvernement fin décembre 2010 et achevé la constitution de son gouvernement début janvier 2011. Mohamed Saïd FOFANA, soussou originaire de Basse Guinée, a été nommé Premier Ministre. Tout en conservant le portefeuille de Ministre de la Défense, le président Alpha Condé a nommé un gouvernement qui respecte les grands équilibres géographiques et ethniques de la Guinée et la volonté de changement exprimée par le candidat, avec des personnalités nouvelles en politique.
Le Président Condé a annoncé devant une mission européenne en mars 2011 que les élections législatives se tiendraient après la saison des pluies mais avant la fin de l’année 2011, c’est-à-dire en novembre. Il a renouvelé cette intention lors de sa visite officielle en France. Aucun calendrier électoral n’a depuis été fixé.
Dans la nuit du 19 juillet, le Président a fait l’objet d’un attentat manqué à sa résidence par un commando d’une soixantaine de militaires. Le Président Condé a immédiatement appelé au calme et a demandé à la justice guinéenne de faire la lumière sur cet attentat. Une information judiciaire est ouverte, l’enquête est conduite par la gendarmerie. Le 27 juillet, le Conseil national de la communication a interdit à tout media national d’évoquer « l’attentat contre la vie du chef de l’Etat, ainsi que toute émission interactive à caractère politique ». Devant les protestations internationales suscitées par cette mesure, cette interdiction a été levée dès le lendemain.
Le pays dispose d’un très riche potentiel (outre un tiers des réserves mondiales de bauxite : or, diamant, fer, manganèse, zinc, cobalt, nickel, uranium) largement sous exploité puisque le secteur minier contribue pour 15 à 20% au PIB et pour plus de 60% aux exportations du pays, mais n’assure que 25% des recettes intérieures de l’Etat.
L’instabilité politique qu’a connu la Guinée en 2009 et 2010 a fortement impacté l’économie guinéenne : faible croissance économique (-0,3% en 2009 et 1,9% en 2010), accélération de l’inflation (7,9% en 2009, 21% en 2010) du fait de la croissance de la masse monétaire (25% en 2009, 75% en 2010 contre), doublement du déficit budgétaire (7,2% du PIB en 2009, 14,2% du PIB en 2010). Alors que la Guinée avait atteint en décembre 2000 le point de décision de l’initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), les IFI ont interrompu toutes relations avec la Guinée suite au coup d’Etat de Dadis Camara en décembre 2008. Avec le lancement, en février 2010, de la transition par le général Konaté, la France s’est mobilisée pour que les IFI reprennent leurs relations avec la Guinée. Suite à l’élection d’Alpha Condé en novembre 2010, les IFI ont reconnu le gouvernement Condé et se sont rendues en Guinée en février et mars pour définir les modalités d’une reprise de programmes de financement.
Les autorités guinéennes ont affiché le souhait de conclure un programme avec le FMI très rapidement et de trouver une solution à l’apurement de la dette extérieure préalable à la remise en route de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et à une reprise des activités des IFI. La Guinée espérait obtenir de premiers signes positifs du FMI aux assemblées de printemps. La Guinée n’étant pas prête, le FMI a toutefois décidé de reporter l’examen du cas de la Guinée au mois de juin 2011. La stratégie conjointe permettant d’envisager l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE en avril/mai 2012 qui avait été définie au printemps a été remise en cause, en juin, par l’indemnisation de 700 MUSD versée par Rio Tinto. Les IFI se sont à nouveau rendues en Guinée en juillet et on pu relever sur le 1er semestre 2011, de bonnes performances macro-économiques. Une nouvelle mission devrait se rendre en Guinée en septembre afin de préparer les assemblées d’automne à Washington.
La Guinée est globalement peu intégrée dans la sous-région. Elle est membre de la CEDEAO mais pas de la zone franc. Les autorités guinéennes réfléchissent cependant à un rapprochement progressif avec l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine. La Guinée est également membre de l’Autorité du bassin du Niger, (avec le Nigéria, le Niger, le Cameroun, le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’ivoire et le Tchad) dont la 27ème session ordinaire du Conseil des ministres s’est tenue à Conakry du 3 au 7 novembre 2008.
Au contact de la Côte d’Ivoire, du Libéria et de la Sierra Leone, elle a subi le contrecoup des crises régionales, avec près de 100 000 réfugiés (libériens, ivoiriens, sierra léonais) sur son territoire au début des années 2000.
Avec le Libéria, la Guinée a entretenu des relations extrêmement tendues jusqu’à la fin de la guerre dans ce pays en août 2003. La sortie de crise libérienne a offert l’occasion de consolider durablement la paix dans la région et d’ouvrir la voie à une réconciliation entre les pays de la région du fleuve Mano (Guinée, Sierra Leone, Libéria).
La Guinée est membre de l’Union du fleuve Mano (Mano river union - MRU). Un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union du fleuve Mano s’est tenu à Conakry le 24 avril 2010 en présence des chefs d’Etat sierra-léonais et libérien. Un plan stratégique pour la revitalisation de l’Union et de son secrétariat, avec le versement d’une contribution de l’ensemble des Etats membres d’un montant total de 400.000 USD a été annoncé. M. Habib DIALLO, diplomate guinéen, avait succédé en qualité de secrétaire général à M. Abraham BOURE, également guinéen, démissionnaire. M. Diallo est décédé dans un accident de la route survenu le 2 juillet 2011, en territoire sierra-léonais près de la frontière guinéenne.
La mobilisation de la communauté africaine au soutien de la Guinée suite au massacre du 28 septembre 2009 a été exemplaire.
La CEDEAO a nommé le président burkinabé Compaoré facilitateur du processus de sortie de crise. C’est grâce à l’action et aux efforts constants du Président Blaise Compaoré que la « Déclaration conjointe de Ouagadougou » du 15 janvier 2010 a scellé le lancement du processus de transition guinéen. La CEDEAO a aussi imposé un embargo sur les armes (sommet extraordinaire d’Abuja le 17 octobre 2009) qui a été levé, à la suite de l’organisation des élections présidentielles, le 27 novembre 2010.
L’Union africaine avait imposé un régime de sanctions aux membres de la junte qui consistait en des refus de délivrer des visas, des restrictions de voyages et des gels d’avoirs (décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, Abuja, 29 octobre 2009). A la suite de l’élection du Président Condé, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, par une décision du 9 décembre 2010, a réintégré la Guinée et levé les sanctions.
Lors du sommet de l’Union africaine tenu à Addis Abeba fin janvier 2009, la communauté internationale a décidé de créer le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G). Celui-ci est coprésidé par l’envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine (UA) et le Président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).
Sont membres du Groupe : l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’Union européenne (UE), l’Union des Etats du Fleuve Mano, l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), la Communauté des Etats Sahélo Sahariens (CEN-SAD), la Banque Mondiale (BM), l’Angola qui assure la présidence du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, le Nigeria en sa qualité de pays assurant la présidence de la CEDEAO, ainsi que des membres africains (Burkina et Libye) et des membres permanents (Royaume Uni, la France, la Russie et les Etats-Unis d’Amérique) du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Espagne et depuis la dixième session du GIC-G à Addis Abeba le 26 janvier 2010, le Maroc. Depuis sa treizième réunion, tenue à Conakry les 15 et 16 mai 2010, la Côte d’ivoire, le Ghana, la Guinée-Bissao, le Mali, et le Sénégal sont également invités.
Ce groupe a pour objectif de suivre la situation, de coordonner et harmoniser les efforts de ses membres pour rétablir l’ordre constitutionnel. Le groupe de contact s’est réuni à 17 reprises depuis les 16 et 17 février 2009. La dernière réunion, qui a mis fin à son mandat et ouvert la possibilité de la création d’un groupe des amis de la Guinée, a eu lieu à Conakry le 10 février 2011.
Le groupe des amis de la Guinée a été officiellement créé le 22 juin. Son mandat consiste àaider la Guinée à retrouver au plus vite une croissance et un développement durable, l’aider à finaliser le processus électoral et à consolider la gouvernance démocratique. Le Président Condé attend du groupe un dialogue continu et critique de son action, mais dans le respect de la souveraineté de la Guinée.
Mise à jour : 22.08.11