
La France salue la nomination du gouvernement d’union nationale dirigé par le Premier ministre Jean-Marie Doré. Il s’agit d’une étape cruciale du processus de transition initié par la déclaration de Ouagadougou du 15 janvier dernier.
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Indépendante en 1958 après avoir décliné la proposition d’intégrer la Communauté française, la Guinée a longtemps montré une certaine méfiance à l’égard de la France, et plus largement de l’extérieur. Les relations franco-guinéennes ont ainsi connu des hauts et des bas. Le débat sur l’Irak aux Nations Unies en 2003 (la Guinée a alors présidé avec compétence le Conseil de sécurité) a contribué à un rapprochement des deux pays. De même, durant les consultations avec l’UE au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou ouvertes en juillet 2004, les Guinéens nous ont largement consultés, ayant compris que nous étions leurs meilleurs alliés sur ce dossier.
Depuis près de six mois, une junte occupe le pouvoir en Guinée. Moins de quinze jours après le coup d’Etat, la France était présente sur place (visite de M. Joyandet les 3 et 4 janvier derniers) pour rappeler nos exigences (cf déclaration de l’UE du 31 décembre 2008 : organisation d’élections dans les plus brefs délais, non candidature à ces élections du chef de la junte, transition confiée à un gouvernement civil). Notre coopération civile et militaire se poursuit à moyens constants.
A ce jour, nous affirmons nos positions à travers l’action conduite par le Groupe international de contact sur la Guinée, auquel nous participons en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi qu’au travers de l’action de l’UE. Nos exigences sont les mêmes que celles de nos partenaires : organisation d’élections libres et transparentes le plus rapidement possible. Pour ce faire, il est essentiel que la junte mette en œuvre le plus rapidement possible le calendrier électoral proposé par la Coalition des forces vives de Guinée et agréé par la junte.
La France est le troisième fournisseur après la Chine et la Côte d’Ivoire, d’où viennent tous les produits pétroliers commercialisés en Guinée. Elle est également le deuxième client de la Guinée. Nos ventes vers la Guinée représentaient 160M€ sur les dix premiers mois de 2008 (+4,4% ; 102ème client) contre 115 M€ en 2007.Nos achats s’élèvent à 50 M€ sur les dix premiers mois 2008. Le solde commercial excédentaire pour la France s’établit à 65 M€ en 2008 (36,1 M€ en 2007). Nos ventes sont constituées principalement par le poste « biens d’équipements professionnels » (25% du total), le poste « biens intermédiaires » (13%) et par les produits agricoles et des industries alimentaires (13%), mais aussi les produits pharmaceutiques (17,4 M€). La Guinée exporte vers la France ses produits minéraux (70 % du total). Nos importations ont atteint 50 M€ sur les dix premiers mois de l’année 2008.
70 entreprises françaises, dont 25 filiales, sont installées en Guinée, principalement dans les secteurs suivants :
banques (BNP-PARIBAS, Société Générale, Groupe Financial),
assurance (AXA-UAP),
services maritimes (Bolloré, SAGA, SDV, SOCOPAO),
distribution pétrolière (TOTAL-FINA-ELF)
automobile (PSA-Citroën, Renault),
transports aériens, gestions des infrastructures aéroportuaires (Air France, SOGEAC),
produits pharmaceutiques (Euro Pharma),
hôtellerie ( ACCOR),
travaux publics (SATOM/SOGEA, AUDEMARD),
audit et conseil (Ernst Young),
télécommunications (ALCATEL).
De nombreuses petites entreprises de droit local appartiennent à des Français, associées ou non à des partenaires guinéens. Ils participent activement à la présence économique de la France (restauration, vente et location de véhicules, construction et maintenance, informatique, transitaire...). Par ailleurs, la société Technip est membre (pour environ 400 M€) du consortium dirigé par Global Alumina signataire d’un contrat de 1,5 Md $ pour la production d’alumine.
La France est un partenaire privilégié de la Guinée, pays qui figure parmi les dix premiers bénéficiaires de l’aide française en Afrique. A ce titre et suite à la levée des sanctions en 2005, un document cadre de partenariat (DCP) a été signé en 2006 pour une période de 5 ans. Ce document reflète les trois secteurs OMD de concentration - éducation, eau et agriculture - pour lesquels l’Agence Française de Développement (AFD) affiche des engagements pour un montant global de 100 M€ sur 2006-2010.
Pour 2009, la DGM a programmé une enveloppe de 932.000 € et alloué 480.000 € en crédits de paiement (CP) au titre du FSP pour le financement de projets en cours. A titre exceptionnel, suite à arbitrage, 200.000 € en CP complémentaires permettront de mettre en œuvre un nouveau projet dont une composante visera l’appui à la campagne électorale. Une nouvelle enveloppe pluriannuelle de 700.000 € va également être mise en place au titre du Fonds social de développement (FSD - projets communautaires devant bénéficier en priorité aux enfants privés de famille et aux femmes).
Classée parmi les PMA, la Guinée a essentiellement bénéficié ces 10 dernières années de subventions (69 % des engagements nets), mais aussi de prêts non souverains (23%), de prêts à condition de marché (4%) et de subventions d’ajustement structurel (4%). Dès l’atteinte du point d’achèvement dans le cadre de l’initiative PPTE, un volume annuel supplémentaire de 10 à 15 M€ (les premières années) au titre de l’effort additionnel bilatéral français, pourrait être disponible dans le cadre des contrats désendettement/développement (C2D).
Projet d’appui aux communautés villageoises en Guinée Forestière (PACV - GF) ;
Projet d’aménagement de la route urbaine 2 x 2 voies Tombo/Gbessia à Conakry ;
Projet d’appui au Crédit Rural de Guinée ;
Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC1) : renforcement des capacités d’exportation des producteurs de pommes de terre ;
Projet d’appui à la filière rizicole en Basse-Guinée ;
Appui au système de santé guinéen ;
Programme Sectoriel Education (PSE) ;
Programme de Renforcement des Capacités Commerciales ;
Projet d’Assainissement du quartier Yimbaya Ecole à Conakry
A travers l’action extérieure des collectivités locales, le ministère des Affaires étrangères et européennes finance également plusieurs projets de proximité :
Conseil Général de Charente-Maritime et Boffa : subvention du MAEE de 35 000€ en 2008 et 39 000€ pour 2009 (développement économique-décentralisation..... ).
Conseil Général du Nord et région de Mamou : subvention du MAEE à hauteur de 80 000€ en 2008 et de 93 000€ pour 2009 (appui institutionnel /formation des élus et techniciens....).
Mise à jour : 22.02.10.