La France et la Guinée

Brève

Guinée - Liberté des médias (29.07.11)

Le Conseil national de la Communication guinéen a annoncé la levée des restrictions à la liberté des médias. Cette décision serait la bienvenue ; nous en attendons la confirmation officielle. Il semble que les appels au respect de la liberté d’expression et de la presse aient été entendus.

Présentation

Relations politiques

Indépendante en 1958 après avoir décliné la proposition d’intégrer la Communauté française, la Guinée a longtemps montré une certaine méfiance à l’égard de la France, et plus largement, de l’extérieur. Les relations franco-guinéennes ont ainsi connu des hauts et des bas. Le débat sur l’Irak aux Nations Unies en 2003 (la Guinée a alors présidé avec compétence le Conseil de sécurité) a contribué à un rapprochement des deux pays. De même, durant les consultations avec l’UE au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou ouvertes en juillet 2004, les Guinéens nous ont largement consultés sur la marche à suivre.

Suite au coup d’Etat du 23 décembre 2008, la France s’est rapidement rendue sur place (visite du Secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie, M. Joyandet, les 3 et 4 janvier 2009) pour rappeler nos exigences (cf déclaration de l’UE du 31 décembre 2008 : organisation d’élections dans les plus brefs délais, non présentation à ces élections du chef de la junte, transition confiée à un gouvernement civil). Notre coopération civile et militaire s’est poursuivie à moyens constants jusqu’au massacre du 28 septembre, date à laquelle notre coopération militaire a été immédiatement suspendue. Puis, le 30 octobre, nous avons suspendu toute notre coopération institutionnelle déployée auprès des autorités gouvernementales (une dizaine d’assistants techniques placés auprès de l’administration guinéenne) ainsi que le financement du projet d’aménagement de l’autoroute urbaine Tombo/Gbessia à Conakry. Toutefois, afin de ne pas pénaliser la population guinéenne, nous avons maintenu nos projets de coopération bénéficiant directement aux populations. Le 16 février 2010, après l’annonce le 15 février de la nomination du gouvernement d’union nationale, la France a décidé de reprendre sa coopération institutionnelle avec la Guinée.

Le Président de la République par intérim et Président de la transition, Sékouba Konaté, a été reçu en visite privée à Paris les 1er et 2 avril 2010, par le ministre des affaires étrangères et européennes, le secrétaire général de la Présidence de la République et le Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie. Le général Konaté a participé au sommet Afrique-France des 31 mai et 1er juin 2010. Le Secrétaire d’Etat à la Coopération, Henri de Raincourt, a assisté à l’investiture du Président Condé le 21 décembre 2010.

Le Président Alpha Condé s’est rendu en France du 22 au 24 mars pour une visite officielle. Il était l’invité du G8 élargi de Deauville les 27 et 28 mai 2011.

Relations économiques

La France est le troisième fournisseur après la Chine et les Pays-Bas. En 2009, nos ventes vers la Guinée représentaient 100,8M€ et nos achats s’élèvaient à 35,8 M€. Nos ventes sont constituées principalement par le poste « biens d’équipements professionnels » (25% du total), le poste « biens intermédiaires » (13%) et par les produits agricoles et des industries alimentaires (13%), mais aussi les produits pharmaceutiques (17,4 M€). La Guinée exporte vers la France ses produits minéraux (70 % du total).

Du 8 au 10 juin 2011, une importante délégation du MEDEF s’est rendue en Guinée où elle a été accueillie par le Président Condé et la confédération du patronat de Guinée (CPEG). Plusieurs projets se sont concrétisés(marché de traitement des déchets urbains de Conakry pour Ikos International, protocole d’accord sur des actions d’urgence pour la restructuration du réseau d’eau de Conakry pour la Saur..) et de nombreuses perspectives se sont ouvertes pour les entreprises françaises.

70 entreprises françaises, dont 25 filiales sont installées en Guinée, principalement dans les secteurs suivants :

- banques (BNP-PARIBAS, Société Générale, Groupe Financial),
- assurance (AXA-UAP),
- services maritimes (Bolloré, SAGA, SDV, SOCOPAO),
- distribution pétrolière (TOTAL (notamment actionnaire à 47% de la société guinéenne de pétrole (SGP) assure 70% des parts de marché dans le domaine de la distribution de produits pétroliers) - FINA-ELF),
- automobile (PSA-Citroën, Renault),
- transports aériens, gestions des infrastructures aéroportuaires (Air France, SOGEAC),
- produits pharmaceutiques (Euro Pharma),
- hôtellerie (ACCOR),
- travaux publics (SATOM/SOGEA, AUDEMARD),
- audit et conseil (Ernst Young),
- télécommunications (ALCATEL).

De nombreuses petites entreprises de droit local appartiennent à des personnes physiques françaises, associées ou non à des partenaires guinéens. Ils participent activement à la présence économique de la France (restauration, vente et location de véhicules, construction et maintenance, informatique, transitaire…). La société Technip est membre (pour environ 400 M€) du consortium dirigé par Global Alumina signataire d’un contrat de 1,5 Md $ pour la production d’alumine.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La France est un partenaire privilégié de la Guinée, pays qui appartient à la catégorie des « Pays pauvres prioritaires » et bénéficie à ce titre d’un effort budgétaire très élevé en subvention.

A ce titre, un document cadre de partenariat (DCP) a été signé en 2006 pour une période de 5 ans pour un montant de 100 M€. Ce document définit trois secteurs d’intervention relevant des OMD et mis en œuvre par l’AFD (éducation (19M€), eau (17M€) et agriculture (45M€)) et trois objectifs transversaux mis en œuvre par le MAEE (gouvernance (4M€) et appui à la société civile (12,3M€) enseignement supérieur et recherche (2,4M€), promotion de la diversité culturelle (3,2M€)).

L’aide publique au développement française versée à la Guinée en 2008 s’est élevée à 54 M€ (chiffres OCDE). Les décaissements de l’AFD se sont élevés à 6,4 M€ en 2008 et 6M€ en 2009.

L’élection du Président Condé a marqué un approfondissement de notre coopération avec la Guinée. Elle se concentre sur les priorités décidées par le Président Condé, dont la réforme du secteur de la sécurité (service national d’action au développement), la gouvernance financière (déploiement d’assistants techniques), l’agriculture (projet d’AFD d’appui à la filière Riz de mangrove de 5M€).

Autres types de coopération

Un des chantiers prioritaire du Président Condé consiste dans la réforme du secteur de la sécurité. Afin d’appuyer les nouvelles autorités guinéennes dans cette voie, la France s’est investie dans deux dynamiques :

- Une dynamique d’actions immédiates : il s’agit d’actions de formation, de missions d’experts ou encore de fourniture d’équipements et de matériels correspondant aux besoins les plus urgents exprimés par les autorités guinéennes (formation pour les officiers de police judiciaire, formation pour l’office du genre humain (lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants), formation dans le domaine de la lutte contre la drogue, formation pour l’organisation du corps national des sapeurs-pompiers, formation en secours routier, secourisme et formation incendie).

- Une dynamique d’actions structurelles : il s’agit de projets plus lourds, dont la mise en œuvre est à considérer à plus long terme. Concrètement, trois projets majeurs sont identifiés et requièrent le financement de bailleurs internationauxpour leur mise en œuvre :

  • La mise en place d’un service civique d’action au développement (SCAD),
  • La constitution d’un corps autonome de protection civile,
  • La création d’une école de police.

Mise à jour : 22.08.11

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