Présentation de la Grenade

Présentation

Données générales

La Grenade est un état insulaire des petites Antilles, situé à 200 km au nord du Venezuela. Elle se divise en six districts et une dépendance (Carriacou et Petite Martinique). Sa population reste largement rurale (60%).

Nom officiel : La Grenade

Superficie : 350 km²

Population : 108 000 hab.

Capitale : Saint George’s

Villes principales : Grenville

Langue officielle : anglais

Langue(s) courante(s) : anglais, créole français

Monnaie : Dollar des caraïbes de l’est (EC$) ; 2,70 EC$ = 1 US $ (taux fixe depuis 1976) ; 1 € = 3,85 EC$ (depuis avril 2011).

Fête de l’indépendance : 7 février (1974)

Espérance de vie (CEPAL 2010) : 76 ans

Religions : Catholiques 53 % ; Protestants 47 %

Indice de développement humain (PNUD 2011) : 67ème pays sur 187

Données économiques

PIB (Economic Intelligence Unit, 2011) : 641.3 M US$ (.inférieur à celui d’Antigua & Barbuda et Sainte-Lucie, mais supérieur à celui de Saint-Vincent & les Grenadines, Saint-Christophe & Niévès et la Dominique)

PIB par habitant : 5 730 US $

Taux de croissance (FMI) : 2.1 % en 2008, - 7.7 % en 2009, - 1.4 % en 2010, + 1.1 % en 2011 (estimation)

Taux de chômage : 25 % (estimation des autorités nationales fin-2008)

Taux d’inflation : + 3.5 % en 2010, + 4 % en 2011 (estimation)

Balance commerciale : déficit de 33,4% du PIB en 2006, - 41,9% estimé en 2007, - 42,3% préliminaire en 2008

Dette publique : 693,3 M US$ fin 2008, soit 108,6 % PIB

Principaux clients : Etats-Unis (34,6%) , Union Européenne (32,1%), CARICOM (25,2%))

Principaux fournisseurs : Etats-Unis (41,3%), CARICOM (23,7%), Union Européenne (16,5%), Venezuela (5%), Japon (4,5%)

Exportations françaises (Douanes) : 2,5 M€

Importations françaises : 0,8 M€

Solde : +1,7 M€

Communauté française à Grenade (2006) : 37

Communauté grenadienne en France métropole (2002)  : 16

Histoire

Peuplée à l’origine par les Arawaks, puis par les indiens Kalinago ou Caraïbes, la Grenade fut découverte par Christophe Colomb et baptisée Concepción en 1498. Achetée aux Anglais en 1650 par une compagnie fondée par le Cardinal de Richelieu, l’île est reprise par les Britanniques en 1759, puis par les Français en 1779, enfin elle devient britannique à la signature du traité de Versailles en 1783. Au milieu du XIXème siècle, l’économie de plantation de canne traverse une grave crise ; certains producteurs s’étant rendus en Indonésie pour transférer leur savoir-faire aux planteurs de canne, ils y découvrirent la noix de muscade ; la destruction des plantations d’extrême-orient par un ver fournit l’opportunité à la Grenade. Les exportations de muscade passent de 50 tonnes en 1880 à 420 T en 1910 et 1000 T en 1929, soit 22% de la production mondiale. Le cyclone Janet détruisit 80% des plantations en 1955, mais l’association coopérative de la muscade, créée en 1942, mit en place un plan de réhabilitation. Dans les années 1990, la noix de muscade et le mace (écorce), bien qu’en diminution, dominent encore la production agricole ; la Grenade pèse un quart de la production mondiale, juste derrière l’Indonésie, et un tiers de la population active y était employée. La muscade a donné ses couleurs au drapeau du pays et son surnom de Spice Island, l’île aux épices. En 1967, la Grenade devient un Etat associé du Commonwealth et obtient son indépendance en 1974.

Politique intérieure

Institutions

La Grenade est un régime parlementaire de type britannique avec un système bicaméral comprenant :
- la Chambre des représentants : 15 membres élus pour 5 ans au suffrage universel ;
- le Sénat : 13 membres nommés par le Gouverneur Général, 7 sur proposition du Premier Ministre, 3 sur proposition du Chef de l’opposition, et 3 proposés par le Premier Ministre sur avis des forces vives et des organisations sociales.

Chef de l’Etat : La Reine Elizabeth II, représentée par un Gouverneur général, M. Carlyle Arnold GLEAN, qui a succèdé le 27 novembre 2008 à Sir Daniel Williams (1995-2008) ; M. GLEAN est un enseignant de 76 ans, Ministre de l’Education en 1990, nommé Sénateur en 1995.

Chef du Gouvernement : Premier ministre, M. Tillmann THOMAS (depuis juillet 2008)

Ministre des Affaires étrangères : M. Karl HOOD (depuis novembre 2010).

Parti majoritaire : National Democratic Congress (NDC), avec 11 sièges sur 15 à l’Assemblée.

Opposition : New National Party (NNP), dirigé par M. Keith Claudius MITCHELL.

Prochaines élections : 2013

Actualité politique

Maurice Bishop arrive au pouvoir par un coup d’Etat sans effusion de sang en 1979, dirigé contre Eric Gairy, premier Ministre dès avant l’indépendance. Idéologiquement proche de Cuba, il instaure une réforme agraire et un système d’éducation populaire ; lorsqu’il tente de se rapprocher des Etats-Unis, il est renversé le 19 octobre 1983 par plusieurs proches, qui souhaitaient une radicalisation de la révolution, et est assassiné avec 4 de ses ministres et 6 sympathisants. Le 23 octobre, arguant d’une demande des pays de l’OECS et du besoin d’assurer la sécurité de nombreux jeunes Américains qui y poursuivaient leurs études médicales, le Président Reagan lance une opération militaire de grande envergure pour occuper l’île ; une administration provisoire sera mise en place jusqu’aux élections générales qui se tiennent en 1984.

Arrêtés le 31 octobre 1983, les auteurs du coup d’Etat et de l’assassinat de Bishop ont été condamnés à la peine capitale en 1986, peine commuée en prison à vie en 1991 sous la pression du Comité juridique du Privy Council de Londres, l’instance d’appel ultime. Les dix condamnés pour ces assassinats, dont Bernard Coard, Vice-premier ministre de Bishop, ont été relâchés après 24 ans de prison, les derniers le 6 septembre 2009. Lorsque les murs de leur prison s’étaient effondrés lors du passage de l’ouragan Ivan en 2004, ils avaient refusé de s’évader.

La Grenade a connu des difficultés pour trouver un nouveau leadership politique jusqu’à la victoire en juin 1995 du New National Party (NNP) dont le chef, Keith Claudius Mitchell, a été reconduit trois fois consécutives jusqu’en 2008. Au pouvoir pendant 13 ans, M. Mitchell n’a pas obtenu le 4ème mandat qu’il souhaitait. Très fortement critiqué pour sa mauvaise gestion de l’aide internationale massive reçue suite aux destructions causées par les ouragans de 2004 et 2005, accusé de malversation, il a dû céder sa place à son rival, M. Tillmann THOMAS, leader du principal parti d’opposition, le NDC (National Democratic Congress) qui a emporté 11 des 15 sièges lors des élections générales anticipées du 8 juillet 2008. Le gouvernement a été remanié une première fois fin-juillet 2009, avec notamment la promotion de trois secrétaires d’Etat au rang de ministre et une modification de la répartition des fonctions ministérielles, puis une nouvelle fois en novembre 2010 avec notamment le changement de portefeuille de ministre des affaires étrangères, et enfin à nouveau le 7 octobre 2011. Ces remaniements successifs donnent à penser à certains observateurs que des rivalités sont apparues au sein du gouvernement.

Situation économique

La Banque Mondiale estimait qu’en 2005, 69,4% de la population de la Grenade avait émigré, principalement vers les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Trinidad & Tobago, le Canada, la Barbade et le Mexique. En 2000 déjà, deux Grenadiens sur 3 ayant fait des études supérieures avaient émigré, et la quasi-totalité des médecins parmi eux. La diaspora serait ainsi de 180 000 personnes, dont 100.000 habitent la région de New York. Le flux annuel des envois de fonds des émigrés est estimé à 68 M US$, plus de 10% du PIB.

L’économie de la Grenade a dû faire face aux conséquences du passage du cyclone Ivan en septembre 2004, qui a dévasté l’île à 90 % (les plantations de bananes et de noix de muscade ont notamment été anéanties). Face aux dommages estimés à près de 900 MUS$, soit 200 % du PIB de 2003, l’aide internationale s’est mobilisée. L’île a de nouveau été éprouvée lors du passage de l’Ouragan Emily en juillet 2005 dont les dégâts, essentiellement dans les zones rurales, ont été estimés à 12 % du PIB. Le pays, qui était le deuxième producteur mondial de noix de muscade après l’Indonésie, pourrait récupérer son rang vers 2012, lors de l’arrivée à maturité des muscadiers replantés après l’ouragan Ivan. L’exportation de banane, entre 400 et 800 TM/an avant l’ouragan, n’a pas repris.

A partir de 2005, la croissance a légèrement repris (+ 1,5 % selon le FMI), tirée par les activités de reconstruction. Le FMI a approuvé, en avril 2006, un accord avec la Grenade au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC, ou encore Poverty Reduction and Growth Facility, PRGF), pour un montant total de 15,6 M US$ d’une durée de 3 ans visant un ajustement budgétaire réduisant la dette publique, mais les circonstances internationales adverses risquent de repousser de plusieurs années le contrôle du taux d’endettement. Du fait de l’envolée des cours du pétrole et des principaux produits alimentaires au premier semestre 2008, le FMI avait rallongé d’un an (jusqu’en 2010) et de 2,2 M US$ son prêt PRGF. En 2006, le taux de croissance était de 5,5 %, essentiellement grâce à un notable redressement de l’activité agricole (+ 20% après un déclin de - 38 % en 2005) et de l’industrie du tourisme (+ 65%).

A la fin-2007, plus de 80 % des maisons avaient été reconstruites et plus de 90 % de la capacité hôtelière réhabilitée. Puis le taux de croissance s’affaiblissait : 4,5% en 2007, mais seulement 0,3% en 2008.

La stratégie d’un développement basé sur le tourisme s’opère dans une région touchée périodiquement par des cyclones (en moyenne un ouragan dévastateur tous les 4 ans1). La politique de prévention des désastres naturels adoptée par les autorités repose sur une amélioration du code de l’urbanisme avec des normes de construction plus strictes pour résister aux ouragans de forte intensité et sur la mise en place de mécanismes pour inciter à la souscription d’assurances contre les désastres naturels : la Caribbean Catastrophe Risk Insurance Facility, CCRIF, a été créée sous les auspices de la Banque Mondiale à cet effet.

S’agissant des activités offshores, la Grenade figurait sur la liste « grise » des paradis fiscaux établie par l’OCDE le 2 avril 2009, à la veille de la réunion du G-20 à Londres ; un accord bilatéral avec la France a été signé depuis, le 31 mars 2010 ; avec 13 accords signés au 20 mai 2010, la Grenade a finalement été transférée sur la liste blanche de l’OCDE.

Le budget de Grenade a été soumis en 2006 à un exercice PEFA (« Public Expenditures Framework Assessment »), condition nécessaire pour que le pays puisse bénéficier d’aide budgétaire de la part des bailleurs de fonds, qu’il s’agisse du FMI avec son prêt PRGF ou de l’Union européenne, à travers les fonds du FED, mais aussi ceux du Special Framework Assistance ou SFA, c’est à dire le versement compensatoire de 5,5 M € sur 10 ans, destiné à compenser la renonciation au régime préférentiel d’accès au marché européen de la banane des pays ACP, dont bénéficiaient les exportations de Grenade, et dont l’OMC a demandé la suppression.

A noter que la crise financière internationale a eu un impact direct à Grenade, puisque le groupe trinidadien CLICO, déclaré en faillite le 31 janvier 2009, a deux filiales locales dans le secteur des assurances. La Capital Bank, de son côté, a dû être reprise par l’Etat en novembre 2008, pour protéger les dépôts.

Le Country Poverty Assessment actualisé en 2009 indique un taux de population en état de pauvreté de 37,7%, dont seulement 2,4% en état de pauvreté extrême. Selon les estimations du FMI, les revenus de l’Etat devraient se réduire à l’équivalent de 45,1 M € et les dépenses à 51,6 M€, ce qui laisse un déficit public de 6,5 M€ que l’appui budgétaire de l’Union européenne principalement, sur fonds Stabex comme sur ceux du FED, devrait permettre de combler. La Caribbean Development Bank doit pour sa part formaliser des prêts pour 6 M US$ (dont 5 M US$ pour l’amélioration de l’infrastructure scolaire de l’île), la Banque Mondiale pour 8 M US$ (elle en a déjà conclu un en décembre 2008 de 1,9 M US$ dans le secteur de l’éducation, au moyen d’une ligne de crédits ouverte en faveur des Etats de l’OECS) et le FMI devait enfin décaisser une tranche de 6 M US$ du PRGF.

La remise en ordre de la fiscalité est au centre de la politique gouvernementale, que ce soit au titre des engagements envers le FMI comme au titre de l’aide de l’Union européenne. Ainsi, une TVA a été approuvée par le Parlement en juin 2009 et est entrée en vigueur en 2010, et une Unité de gestion de la dette externe a été créée au sein du Ministère des finances. Une réforme des impôts indirects est à l’étude et une taxe sur la propriété foncière devrait voir le jour d’ici à janvier 2011.

Le FMI a approuvé, le 2 avril 2010, un nouveau prêt au titre de l’ Extended Credit Facility (ECF), d’un montant de 13,3 M US$ sur 3 ans. Ce prêt prend la suite du PRGF, concédé en 2006 et rallongé en montant et en temps pour atteindre 24,9 M US$. Il s’agit d’aider l’économie à s’adapter à la crise, avec une chute de l’arrivée des touristes, de –13% en 2009 par rapport à 2008, et une chute de l’Investissement Direct Etranger (IDE), en particulier dans le secteur de la construction, de –52%. Certains membres du Conseil du Fonds ont toutefois exprimé des réserves au vu de l’endettement croissant de ces fragiles petites économies et du risque lié à un énorme investissement proposé par l’Eximbank chinoise.

L’IDE avait atteint son apogée en 2007, avec 152 M US$, avant de se réduire légèrement à 144 M US$ en 2008, puis de s’effondrer en 2009 à seulement 79 M US$. Plus des ¾ de l’IDE va au secteur tourisme, et provient, depuis plusieurs années de pays non-situés en Amérique du nord ou en Europe.

Politique extérieure

Le pays est membre des Nations Unies, du système inter-américain (OEA), de l’Organisation des Etats de la Caraïbe de l’Est (OECS), de l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC), de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et du Commonwealth. Grenade est devenu, le 26 novembre 2008, le 27ème Etat membre du Système Economique Latino-Américain (SELA) et a été élu à son bureau, aux côtés de Cuba, le Nicaragua et l’Uruguay à l’occasion de la 34° réunion du Conseil latino-américain de cette organisation. Auprès de l’initiative venuezuelienne ALBA, la Grenade arbore le statut d’observateur. Elle a ratifié l’adhésion au statut de la Cour Pénale Internationale le 19 mai 2010.

Restée très proche des Etats-Unis depuis l’intervention de 1983, la Grenade bénéficie de la Caribbean Basin Security Initiative (CBSI) : un montant de 1,7 M US$ lui était affecté pour la première année du programme, doté de 45 M US$, et les crédits devaient être portés à 79 M US$ en deuxième année ; mais la Grenade bénéficiait déjà en 2010-2011 de 3,7 M US$ pour son budget de sécurité à travers le Regional Security System (RSS) mis en place par les Américains au profit de la CARICOM et de la République dominicaine, et enfin d’une dotation régionale pour les pays de l’OECS, Trinidad & Tobago et le Suriname de 7,4 M US$. L’essentiel de cet appui en matière de sécurité est destiné à financer l’équipement des forces de sécurité ainsi que leur formation.

Les relations diplomatiques avec Cuba ont été rétablies en 1994 et avec la Libye en 2000. Par ailleurs, à l’issue d’un voyage à Pékin en décembre 2004, le Premier Ministre Keith Mitchell a pris la décision de se tourner vers la Chine et de mettre fin à 16 années de relations diplomatiques avec Taiwan. L’aide chinoise a permis la reconstruction du stade de cricket en 2006 grâce à un don de 40 M US$. Toutefois, la perspective d’un nouveau prêt concessionnel, de l’ordre de 50 à 80 M US$, de la part de l’Eximbank de Chine, qui serait destiné à la construction d’un complexe hôtelier de grand luxe en partenariat public-privé, n’est pas sans inquiéter les autres bailleurs de fonds, qui estiment que ce seul prêt pourrait faire remonter le ratio d’endettement du pays de 5 points de PIB à lui tout seul sur les prochaines années.

La Grenade bénéficie des crédits du Fonds Européen de Développement sous forme d’aide budgétaire. Des aides additionnelles au titre des Fonds Flex (enveloppe B) ont été débloquées : 1,7 M€ au 19 janvier 2009, et encore 0,66 M€ au 14 octobre 2009. Ainsi, l’aide budgétaire au titre du 9ème FED aura représenté en fin de compte 16,96 M€, bien plus que ce qui avait été initialement prévu. Au titre du 10ème FED, 9,2M€ ont été budgétés pour le pays, complétés par des dotations additionnelles de 5 M€ du Fonds Flex Vulnérabilité et 0,29 M€ du Fonds Flex « normaux ».

La Grenade préside actuellement l’Alliance of Small Islands States (AOSIS), constituée de 39 Etats, et qui s’est réunie le 21 septembre 2009 à New York. Le Premier Ministre Tillman Thomas a remercié la France de son appui, tout en regrettant de n’avoir pu donner suite à la proposition en vue d’un partenariat France-AOSIS. Enfin, Grenade a exercé la présidence tournante de la CARICOM durant le premier semestre 2011, période durant laquelle il n’y avait qu’une secrétaire générale intérimaire.

Mise à jour : 20.12.11

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