Edouard Courtial, Secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, effectuera un déplacement en Afrique du 1er au 6 février 2012 qui le conduira au Cameroun, au Gabon et au Congo.
Sommaire
Les relations franco-gabonaises sont traditionnellement denses et ont toujours été ponctuées par de nombreuses visites bilatérales dans les deux sens.
C’est à Paris que le Président Ali Bongo Ondimba a effectué sa première visite bilatérale hors de la sous région, le 20 novembre 2009. Le 16 décembre 2009, sur le chemin du Sommet de Copenhague, le Président Bongo a de nouveau été reçu à l’Elysée aux côtés de ses homologues d’Afrique centrale, à l’occasion d’une réunion de concertation sur l’avenir des forêts du bassin du Congo. La dernière visite bilatérale de haut niveau a eu lieu en juillet dernier lors du déplacement àLibreville du Premier Ministre français, M. Fillon.
Le Président de la République française a, de son côté, effectué une visite officielle au Gabon le 24 février 2010 au cours de laquelle ont été signés plusieurs visant à rénover nos relations bilatérales :
1. le plan d’action pour la mise en œuvre d’un partenariat stratégique (2010-2014),
2. le traité de partenariat de défense qui a été ratifié en France le 7 avril 2011, en remplacement de l’accord de défense datant de l’indépendance,
3. l’accord relatif à l’échange de jeunes professionnels (découlant de l’accord sur la gestion concertée des flux migratoires signé en 2007)
4. plusieurs conventions de prêt avec l’AFD.
La France apporte son assistance à la politique « d’émergence » que souhaite mettre en œuvre le Président Bongo et le plan d’action devrait permettre d’y concourir.
Désormais premier point d’ancrage de nos forces pré-positionnées sur la façade atlantique du continent (les Forces Françaises au Gabon et le siège d’un commandement interarmées), le Gabon demeure l’un des premiers partenaires politiques de la France en Afrique.
Le Gabon est notre 74ème partenaire commercial dans le monde. La structure des échanges franco-gabonais se caractérise par des exportations françaises dans tous les domaines, dominées toutefois par les biens d’équipements professionnels. Malgré une baisse globale en 2009, nos importations demeurent concentrées sur les produits énergétiques, le bois et les produits agricoles.
En matière d’investissements et d’implantations françaises, le Gabon se place au 9ème rang en Afrique subsaharienne derrière l’Afrique du Sud, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Mali, Maurice et le Cameroun.
La France reste le principal partenaire économique et commercial du Gabon. Le solde des échanges commerciaux franco-gabonais en 2010 s’établit à 265 M€. Les importations françaises en provenance du Gabon se sont élevées à 234 M€ en 2010 contre 345 M€ en 2008 (largement dominées par les produits pétroliers, 57% du total). Le reste des achats français est constitué de bois (57 M€), et de produits agricoles, sylvicoles et piscicoles (41M€). Les exportations françaises, qui affichent une baisse limitée à -11%, passant de 559 M€ en 2008 à 499 M€ en 2010, concernent essentiellement les biens d’équipements professionnels (197 M€) et les produits industriels (177 M€).
La France reste ainsi le principal fournisseur du Gabon avec une part de marché qui s’érode mais se situe encore à un niveau rarement atteint ailleurs (35%) mais aussi un important bailleur de fonds avec 50 M€ d’engagement par an en moyenne, essentiellement sous forme de conversion/annulation de dette et de prêts. Mais le montant réel de l’aide publique au développement (APD) est beaucoup plus faible (25 M€) car les remboursements de prêts antérieurs interviennent en déduction.
La présence française, globalement ancienne, représente 120 entreprises françaises établies au Gabon pour un investissement estimé à 800 M€, dont l’activité couvre l’ensemble des secteurs économiques.
Dans le secteur pétrolier, Total Gabon, premier producteur du pays, investit en moyenne 150 à 160M$ par an. Le Gabon accueille toutefois de plus en plus d’investisseurs d’autres nationalités, comme la Chine, l’Espagne et le Maroc. Le premier client du Gabon reste les Etats-Unis (plus de 50% des achats de pétrole) même si l’on constate que la Chine progresse (8,1%) et le principal fournisseur l’Union européenne avec environ 60% des achats.
Dans le domaine minier, la Comilog (filiale d’Eramet qui exploite le manganèse) continue d’investir pour revenir en 2011 à une capacité de production de 4 Mt après une année 2009 difficile. Le 20 octobre 2010, Eramet et l’Etat Gabonais ont signé un accord en vue du renforcement de la participation du Gabon au capital de la Comilog, détenue à 67,25% par le groupe français et à 25,4% par le Gabon, le solde du capital étant réparti entre différents investisseurs privés. Cet accord prévoit la cession par Eramet, en plusieurs étapes sur la période 2010-2015, d’une participation complémentaire pouvant aller jusqu’à 10% du capital ce qui porterait à 35,4% la participation du Gabon.
Dans le domaine de l’exploitation forestière et de la transformation du bois, la présence française (Rougier, CBG (groupe Fénart), et Thébault Transbois) reste forte malgré une présence chinoise de plus en plus marquée. Un contrat LIGNAFRICA (joint-venture Rougier FRM) d’un montant de 23 M€ a été signé avec le Ministère des Eaux et Forêts lors de la visite du Premier Ministre français au Gabon en juillet 2011 pour l’exploitation du périmètre de reboisement de la Mvoum et la création d’une usine et d’un laboratoire de clonage.
Dans le secteur du BTP, les sociétés Vinci (SOGEA SATOM) et Bouygues (COLAS et Dragages) sont présentes. Un contrat ETDE (groupe Bouygues) de 48 M€ a été signé en juillet dernier avec le Ministère de l’Energie et des Ressources hydrauliques, pour l’installation de lignes électriques haute tension (réseau interconnecté du Nord) entre Oyem et Bitam.
Lors du forum franco-gabonais des affaires du 17 juillet 2011, trois conventions de coopération ont été signées :
un accord de partenariat technique entre le MEDEF et la CPG (Confédération Patronale Gabonaise), signé par Patrick LUCAS, Président du Comité Afrique pour le MEDEF etHenri-Claude OYIMA, Président de la CPG ;
une convention de subvention entre l’AFD et le Ministère de l’Economie et des Finances pour la création d’un bureau d’industrie du bois, signée par Dov ZERAH, Directeur Général de l’AFD, Pierre LELLOUCHE, et Magloire NGAMBIA ;
un protocole d’accord entre HEC et la Chambre de commerce gabonaise pour la mise en place de formations à destination des cadres du secteur privé, signé par Jean-Luc RICCI, Directeur Afrique d’HEC, et Jean-Baptiste BIKALOU, Président de la Chambre de commerce.
Le plan d’action stratégique
Le Gabon a les moyens de financer l’essentiel de son développement. Cela se traduit notamment par un accroissement du volume des prêts consentis par l’AFD à l’Etat gabonais qui s’engage à prendre à sa charge une part accrue du financement des projets. Notre coopération bilatérale doit désormais être fondée sur le cofinancement. Un nouveau DCP devrait être signé prochainement.
Le dossier forestier
L’investissement exemplaire du Gabon dans l’aménagement forestier durable
Le « Gabonvert » est un des volets du programme pour l’émergence proposé par Ali Bongo. Le Gabon et la France ont signé en 2008 un accord de conversion de dette portant sur 51 M€ (60,4 M€ avec les intérêts) intégralement affectés au développement durable des écosystèmes forestiers. Grâce à une politique forestière cohérente, le Gabon est devenu une référence mondiale en matière d’aménagement forestier durable (treize parcs nationaux couvrant 2,9 des 13 M d’hectares assurent la préservation de la biodiversité et complètent cette politique forestière responsable).
La première conférence panafricaine sur la biodiversité et la lutte contre la pauvreté qui s’est tenue à Libreville du 12 au 17 septembre 2010 témoigne des positions fortes de l’Afrique sur ce thème. Cette conférence, initiée par le Gabon et réunissant une dizaine de ministres africains, a conduit à l’adoption d’une déclaration ministérielle dite « déclaration de Librevillesur la biodiversité et la lutte contre la pauvreté en Afrique » ainsi que d’une feuille de route pour la création d’un comité panafricain en vue d’établir une plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services éco systémiques (IPBES).
La stratégie REDD-Climat
L’enjeu pour le Gabon est de se mettre en capacité de contribuer efficacement au stockage et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, grâce à une politique sectorielle appropriée permettant d’éviter la déforestation et la dégradation forestière (REDD),
Les appuis français, notamment l’accord de conversion de dettes mis en œuvre par l’AFD, visent à protéger la forêt et à contribuer au stockage et à la réduction des gaz à effet de serre. Le financement de 9 M d’euros d’une station satellitaire (SAES Gabon), permettant le suivi de l’évolution du couvert forestier et une évaluation périodique du stockage de carbone, en constitue une première application concrète.
Le nouvel accord de défense
Le nouvel accord de défense vise à instaurer de façon transparente un partenariat en matière de sécurité ouvert tant vers le dispositif africain de sécurité collective que vers le partenariat euro-africain en matière de paix et de sécurité.
Au plan régional, le maintien des forces françaises constitue un atout pour la CEEAC dont le siège est à Libreville. Cette organisation bénéficie en effet de leur soutien et de leur expertise, notamment pour les opérations de maintien de la paix dont elle a la charge en Centrafrique : la MICOPAX.
La coopération culturelle
Le Centre culturel français (CCF) Saint-Exupéry de Libreville œuvre à la valorisation de la culture française et développe des partenariats avec les différents acteurs de la vie artistique locale afin de sensibiliser l’ensemble des publics. Les principaux axes d’intervention sont la diffusion de spectacles français et gabonais lors de manifestations (Fête de la musique, Lire en fête, Festival de théâtre international gabonais, Ciné Plein Air…), le soutien au développement culturel du Gabon grâce au transfert des savoir-faire (création, diffusion, conservation, formation, gestion) et le développement du mécénat pour la mise en place de grands évènements.
La coopération scientifique et de recherche menée avec le Gabon concerne essentiellement le secteur de la recherche médicale avec l’appui apporté au Centre International de Recherche Médicale de Franceville (CIRMF), créé en 1974 à l’initiative du Président de la République gabonaise et du président d’Elf Aquitaine, dont les objectifs s’articulent autour de la recherche , la formation, et la santé publique.
Coopération militaire
Conformément aux orientations du Plan d’action, notre relation militaire avec le Gabon s’inscrit dans la perspective du renforcement des capacités africaines de maintien de la paix :
soutien du pilier « paix et sécurité » de la CEEAC à travers la participation au financement de la MICOPAX en RCA ;
contribution par des formations et du soutien à la certification d’une brigade régionale en attente et l’accompagnement de la montée en puissance de l’Etat-major régional.
La France apporte également son appui à l’Ecole d’Etat-major de Libreville, devenue la seule référence dans ce domaine en Afrique, ainsi qu’à l’école d’application du service de santé militaire de Melen, proposée comme centre d’excellence à l’échelle du continent.
Coopération de gendarmerie
Sur le plan bilatéral, le développement du projet « Gendarmerie » d’Owendo participe de la volonté commune de mettre l’accent sur les actions au profit des forces de sécurité gabonaises (police et gendarmerie).
En matière de sécurité intérieure, nos moyens se concentrent sur la lutte contre les filières d’immigration illégale conformément à l’Accord cadre relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au co-développement signés le 7 juillet 2007 : évaluation du niveau de sécurité des points d’entré maritime gabonais ; formation aux techniques de détection des passagers présentant des risques migratoires et à la lutte contre la fraude documentaire.
Mise à jour : 11.01.12