Etats-Unis

Présentation des Etats Unis

Présentation

Données générales

- Nom officiel : Etats-Unis d’Amérique
- Nature du régime : République fédérale
- Chef de l’Etat : Barack H. OBAMA

Données géographiques

- Superficie : 9 629 047 km². 4ème rang mondial, 17 fois la superficie de la France - 4 fuseaux horaires (6 si l’on inclut l’Alaska et Hawaii).
- Capitale : Washington, DC (0,6 M.d’h.)
- Villes principales : New York (8,4 M.d’h.), Los Angeles (3,9 M.d’h.), Chicago (2,9 M.d’h.), Houston (2,3 M.d’h.), Philadelphie (1,6 M.d’h.), Phœnix (1,6 M.d’h.), San Diego (1,3 M.d’h.) [Source : US Census, fin 2009]
- Langue (s) officielle (s) : Les États-Unis n’ont pas de langue officielle.
L’anglais est la langue maternelle de 80 % de la population (12,3 % pour l’espagnol)
- Monnaie : le dollar américain (USD). 1 Euro = 1,38 USD au 31 octobre 2011
- Fête nationale : 4 juillet (célébration de l’indépendance).

Données démographiques

- Population : 308,8 millions d’habitants (recensement 2010)
- Densité : 32,06 habitants/km2
- Croissance démographique : Les États-Unis connaissent une forte croissance démographique : environ +1% par an (+13,1% entre 1990 et 2000, et +9,1% de 2000 à 2010). La population américaine devrait s’élever en 2060 à 468 millions d’habitants (+56 % en 50 ans), l’immigration compensant les effets de la faible natalité.

Les projections du Bureau du recensement soulignent son rôle moteur dans la croissance de la population américaine à l’horizon 2050, avec une immigration nette annuelle de 1,25 million de personnes [Source : rapport "100 Million More" du Center For Immigration Studies] et ses conséquences quant à la composition ethnique des Etats-Unis. Les Hispaniques constituent désormais la 1ère minorité des Etats-Unis (16,3% de la population avec 50 millions d’individus, dont 20 millions ont la nationalité américaine).

- Espérance de vie : 75 ans pour les hommes, 81 ans pour les femmes

- Taux d’alphabétisation : 97 %

- Religion (s) : protestants (52 %), catholiques (26 %), juifs (1,4 %), musulmans (0,6 %). Il n’existe pas de religion d’Etat. 85 % des Américains se déclarent croyants. Les protestantismes traditionnels déclinent au profit du courant évangélique. Les experts des questions religieuses soulignent toutefois la progression régulière de l’agnosticisme (15% environ)

- Indice de développement humain : classement ONU : 4ème en 2010, en progrès par rapport à 2009 où les Etats-Unis étaient en 13ème position (France : 14ème en 2010).

Données économiques

- PIB (2010) : 14 800 Mds USD
- PIB par habitant (2010) : 47 131 USD
- Taux de croissance : 3,2% (2010)
- Taux de chômage : 9,1% (juillet 2011)
- Taux d’inflation annuel (2010) : 1,6%

- Déficit budgétaire année budgétaire 2010 : 1 294 Mds USD

- Balance commerciale (moyenne mensuelle 2011) : - 46,9 Mds USD
- Principaux clients : par ordre décroissant : Canada, Mexique, Chine, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, (France au 10ème rang).
- Principaux fournisseurs : par ordre décroissant : Chine, Canada, Mexique, Japon, Allemagne, (France au 10ème rang)
- Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : agriculture : 2 % ;industrie : 18% ; services:80 %

- Exportations de la France vers les Etats-Unis:19,7 Mds euros en 2009 (-17,9%)- Importations françaises depuis les Etats-Unis : 25 Mds euros en 2009 (-4,6%)

Consulats de France : Atlanta, Boston, Chicago, Houston, La Nouvelle Orléans, Los Angeles, Miami, New York, San Francisco, Washington

Politique intérieure


- Aux élections générales organisées le 4 novembre 2008, en même temps que l’élection du Président Obama, le parti démocrate avait consolidé sa majorité au Congrès. Les élections de mi-mandat du 2 novembre 2010 ont vu les républicains reprendre la majorité à la Chambre des Représentants (239 sièges contre 186). Malgré leur lourde défaite à la Chambre, les démocrates continuent cependant à détenir une courte majorité au Sénat, grâce à quelques victoires importantes comme celle d’Harry Reid, leader du Sénat, dans le Nevada. Les gains des républicains ne se sont pas limités aux Etats du Sud, traditionnellement conservateurs. Même l’ancienne circonscription du Président Obama, dans l’Illinois, a été emportée par le républicain Mark Kirk. Le rapport des forces est désormais de 53 démocrates pour 46 républicains (6 nouveaux sièges) et un indépendant au Sénat. Les démocrates perdent dix sièges de gouverneurs (16), tandis que les gouverneurs républicains passent de 23 à 29. Le mouvement des Tea Parties, apparu pendant les primaires sur la droite du parti républicain, a connu quelques défaites (Christine O’Donnell dans le Delaware, Sharron Angle dans le Nevada) mais parvient à entrer en force à la Chambre et au Sénat (Marco Rubio en Floride, Rand Paul dans le Kentucky). Le changement de leadership au sein du Congrès crée donc une « double cohabitation », entre l’Exécutif et le Législatif et entre la Chambre des Représentants et le Sénat. John Boehner, leader de l’ex-minorité républicaine réélu dans l’Ohio, est devenu le nouveau « speaker » de la Chambre, remplaçant ainsi Nancy Pelosi. Il s’est engagé à abroger la réforme du système de santé voulue par le Président. La pression des élus du Tea Party a suscité un débat très dur à propos du relèvement du plafond de la dette. La menace du défaut de paiement semble écartée jusqu’en 2013 grâce à l’accord conclu à quelques heures de l’échéance du 2 août, mais la question de la dette va continuer à peser sur les débats avant l’élection présidentielle de 2012, dont l’issue reste incertaine en raison du contexte économique.

- Du côté de l’Exécutif, le gouvernement formé par Barack Obama est le plus multiethnique de l’histoire des Etats-Unis, puisque sur 22 ministres ou membres du Cabinet, 10 sont issus des minorités africaine-américaine, hispanique ou asiatique. La nomination du premier juge d’origine hispanique à la Cour Suprême, Sonia Sotomayor, a représenté un succès à forte portée symbolique pour le Président. Il y a actuellement pour la première fois trois femmes à la Cour Suprême. A mi-parcours du mandat présidentiel, les équipes de la Maison Blanche ont été fortement renouvelées.

- A mi-mandat, le bilan du président Obama se caractérise par une forte activité réformatrice. L’adoption en février 2009 par le Congrès du plan présidentiel de relance de l’économie pour un montant de 787 Mds USD avait constitué le premier grand succès politique pour la nouvelle administration. En 2010, le Président a imposé face à l’opposition résolue des républicains sa réforme du système de santé et celle de la finance. La signature du « Fair Pay Act », destiné à limiter les discriminations salariales induites par l’âge, le sexe ou la race, ainsi que l’entrée en vigueur d’une législation qui renforce la couverture santé des enfants de milieu modeste sont également des avancées à son actif. Malgré la défaite des mid-terms, la « lame duck session » a également vu l’abrogation de la loi « Don’t Ask, Don’t Tell » (qui interdisait l’accès des homosexuels aux forces armées) et une réforme importante de la sécurité alimentaire.
- Le Président a annoncé début avril sa candidature à un second mandat. Les enjeux économiques et budgétaires devraient dominer la campagne, alors que le Congrès et l’administration sont difficilement parvenus à un accord sur le budget 2011 et que le débat sur le relèvement du plafond de la dette s’est soldé par un accord ne satisfaisant vraiment ni les démocrates ni les républicains de la tendance Tea.
- L’attitude du Tea Party pèse lourdement sur le débat comme sur l’échéance de 2012. L’émergence de cette mouvance traduit une radicalisation ou une « sudisation » du parti républicain. Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, et Rick Perry, gouverneur du Texas qui représente un courant ultraconservateur, populiste et évangéliste, sont les favoris de la primaire, devançant Michele Bachmann, proche des Tea Parties. Newt Gingrich et l’ancien gouverneur républicain de l’Utah John Huntsman, qui a quitté son poste d’Ambassadeur à Pékin, sont également candidats. Herman Cain, l’ancien patron de la chaîne de restauration Godfather’s Pizza, monte dans les sondages au point de pouvoir créer la surprise, en dépit d’attaques contre lui sur sa vie privée.Il pourrait dépasser Romney, Perry(en troisième position) et loin derrière eux Gingrich, Paul, Bachmann et Huntsman. Si sa popularité est en hausse, ls contributions financières à la campagne de Romney sont néanmoins largement supérieures. Or, cela constituera un facteur déterminant en 2012, et c’est une force du Président Obama qui est excellent en levée de fonds.

- L’évolution de la situation économique sera déterminante pour les chances de réélection du Président Obama. Sa côte de popularité, qui a connu un pic après l’élimination d’Oussama Ben Laden (57% d’approbation, selon un sondage New York Times/CBS News), a chuté, autour de 40% d’opinions favorables après la dégradation de la note de la dette américaine, selon Gallup. Le Congrès républicain ne sort pas non plus indemne de la crise de la dette puisque sa cote de popularité est tombée à 18%, selon Gallup. 2012 sera également une élection importante au Congrès : quel que soit le résultat de la présidentielle, les républicains espèrent obtenir la majorité au Sénat qui leur a échappé en 2010. Des Etats comme le Colorado, qui avait voté massivement pour Obama en 2008, sont redevenus des Swing States, sans résultat acquis.

Situation économique

La crise économique américaine déclenchée en décembre 2007 a été la pire que les Etats-Unis aient connue depuis les années trente, partant du marché de l’immobilier puis s’étendant à l’ensemble de l’économie. La hausse des défauts de paiements des ménages surendettés a alimenté la baisse continue de la valeur des actifs et l’augmentation des saisies des biens hypothéqués. L’insolvabilité d’établissements financiers a conduit la Fed à intervenir massivement, notamment pour faire face à l’assèchement des liquidités sur le marché interbancaire et tenter de restaurer la confiance.

Les interventions de la Fed, notamment le programme d’achat de bons du Trésor pour un montant de 600 Mds USD, et le second plan de relance adopté par le Congrès américain d’un montant de 787 Mds USD, ainsi qu’une politique monétaire souple (« quantitative easing ») ont été la réponse à cette crise. L’administration souhaite continuer à soutenir la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et veut en priorité lutter contre le chômage. L’OCDE et le FMI prévoient respectivement une croissance de 2,2% et 2,3% en 2011 mais la croissance du PIB au deuxième trimestre 2011 s’établit seulement à 1,3% (en rythme annualisé) selon le BEA, un chiffre inférieur aux attentes des marchés alors que la croissance du premier trimestre a été révisée à la baisse (0,4 %). Le problème majeur reste que les Etats-Unis sont confrontés à un chômage structurel de longue durée. D’après le Département au Travail américain, le taux de chômage resterait élevé, à 9,2%. L’économie américaine se caractérise également par un niveau élevé d’endettement vis-à-vis de l’étranger. Le déficit budgétaire (1294 Mds USD en 2010), malgré les efforts de l’administration, provoque un besoin de financement extérieur auquel ont jusqu’à maintenant répondu principalement les banques centrales de pays asiatiques (Chine, Japon) en acquérant des titres américains (la Chine en détient plus de 1152 Mds USD, le Japon, 906 Mds USD) grâce aux excédents dégagés du commerce avec les Etats-Unis. Le déficit est au cœur des débats. Le Président Obama souhaite qu’au-delà de 2012, le déficit continue à se réduire, revenant à 3,2% du PIB en 2015, grâce à une gestion serrée des dépenses et à l’estimation d’un retour de la croissance. L’accord obtenu début août après de longs affrontements au Congrès permet un relèvement du plafond de la dette d’au moins 2100 milliards de dollars, mais cette mesure s’accompagne de réductions budgétaires allant jusqu’à 2500 milliards de dollars en deux étapes. Une commission spéciale bipartite du Congrès devra tenter de trouver un accord (avant Thanksgiving, fin novembre) sur des baisses de dépenses supplémentaires, après une première tranche de 1000 milliards de dollars. En dépit de cet accord, vendredi 5 août 2011, l’agence de notation Standard & Poor’s a retiré aux États-Unis la prestigieuse note "AAA", abaissée d’un cran à "AA+". Le Président Obama pousse son plan pour l’emploi, de 447 milliards de dollars de dépenses et de réductions d’impôts, plan qui prévoit entre autres d’investir massivement dans les infrastructures. Il a aussi lancé des projets pour relancer la consommation en aidant les propriétaires de biens immobiliers ainsi que les étudiants dans leur remboursement d’emprunts liés à leurs études.

Politique extérieure

La première partie du mandat électif de Barack Obama a été une séquence forte en matière de politique étrangère avant les élections de mi-mandat (« mid-terms ») de l’automne 2010. Mettant en œuvre dès son investiture une stratégie de rupture, le Président américain s’est attaché à impliquer de façon plus marquée les Etats-Unis sur la scène internationale, par une meilleure utilisation d’un outil diplomatique qu’il a renforcé et investi dans une action combinant respect des principes et approche pragmatique : « nos valeurs et notre sécurité sont compatibles ». C’est dans cet esprit que la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a présenté en décembre 2010 la nouvelle « Quadriennal Diplomacy and Development Review » (QDDR) qui réoriente la diplomatie américaine pour la replacer au centre de l’action extérieure de l’Etat fédéral (priorité aux enjeux globaux et modernisation de la gestion des crises et des conflits).

Trois axes prioritaires structurent la politique étrangère des Etats-Unis :

1) La restauration de l’image des Etats-Unis dans le monde.

Cet objectif a été recherché dans trois directions : le rétablissement de l’état de droit au regard des conventions de Genève (démantèlement de Guantanamo, fermeture des prisons secrètes à l’étranger, interdiction de l’usage de la torture), la volonté d’engager un dialogue reconstruit avec la Russie (politique du « reset »), Cuba, l’Iran, la Syrie et le monde musulman auquel est proposé un « nouveau départ » avec l’Amérique (discours de Barack Obama à l’université du Caire le 4 juin 2009), l’Afrique (discours du Président Obama à Accra le 11 juillet 2009 sur des relations de responsabilité avec le continent africain « Yes, you can »), l’Amérique latine (Sommet des Amériques de Trinité et Tobago) et l’adoption d’un ton nouveau dans un esprit pragmatique débarrassé de toute raideur idéologique.

L’image des Etats-Unis a fortement bénéficié de l’attribution à Barack Obama en octobre 2009 du prix Nobel de la Paix « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ». Le Président a saisi l’occasion de la remise de ce prix à Oslo pour évoquer la nécessité de repenser « les notions de guerre juste ainsi que les impératifs d’une juste paix », qui ne doit pas seulement « comprendre les droits civils et politiques, mais englober la sécurité économique et les opportunités d’entreprendre ».

2) Le réengagement de l’Amérique sur la scène internationale.

Dès son investiture, Barack Obama a envoyé des signaux de réengagement des Etats-Unis sur quelques dossiers clés :

- Irak : dans un discours à la Nation prononcé le 31 août 2010 du Bureau ovale, Barack Obama a annoncé la fin de l’opération « Liberté pour l’Irak », et souligné que les Irakiens étaient désormais « responsables de la sécurité de leur pays ». Les effectifs de l’armée américaine passent sous la barre des 50 000 soldats qui sont chargés, depuis le 1er septembre, « de conseiller et d’aider » l’armée irakienne (Opération New Dawn). Selon le calendrier de la Maison Blanche, une majorité de soldats américains devraient quitter l’Irak fin 2011. D’après le ministre de la Défense, Leon Panetta, entre 3000 et 4000 soldats resteront stationnés en Irak afin de continuer à former les forces de l’ordre. Le discours, dont les commentateurs soulignent la portée hautement symbolique, a soudainement ramené l’Irak sur le devant de la scène américaine alors que 72% des Américains estiment que la guerre ne valait pas la peine d’être menée. Ils sont en revanche 52% à être satisfaits de l’action de Barack Obama sur ce dossier.

- Afghanistan-Pakistan : le Président américain avait ordonné en novembre 2009 l’envoi en Afghanistan de renforts significatifs (30 000 hommes). Le sommet de Lisbonne en novembre 2010 ainsi que la « revue de la stratégie américaine en Afghanistan et au Pakistan » avaient repoussé l’horizon du retrait américain d’Afghanistan en 2014. D’ici à cette échéance, Washington a mis la priorité sur la « transition » vers les Afghans, à la fois des responsabilités civiles et de la conduite des missions de sécurité. Devant une opinion publique majoritairement réticente au maintien des soldats américains et suite à l’élimination, après 10 ans de traque, d’Oussama Ben Laden au Pakistan le 2 mai 2011, les Etats-Unis accélèrent la planification du retrait de leurs troupes d’Afghanistan. Barack Obama a annoncé le 23 juin « le début de la fin de la guerre » et indiqué que 33 000 soldats auront quitté le théâtre d’opérations d’ici à l’été 2012 (dont 10 000 avant la fin 2011). Au terme de ce retrait accéléré, 65 000 soldats américains resteront toutefois encore positionnés en Afghanistan.

- Dossier israélo-palestinien, révolutions arabes : malgré les efforts de l’administration Obama (reprise le 2 septembre 2010 à Washington des négociations directes suspendues suite à l’offensive israélienne contre la bande de Gaza), le processus de paix est au point mort. La secrétaire d’Etat a renoncé dès novembre à exiger d’Israël un gel de la colonisation. Le Premier ministre israélien se rendra à Washington le 22 mai 2011. Washington a montré une grande prudence face aux révolutions dans le monde arabe. Si les Etats-Unis ont su accompagner la chute du régime Ben Ali et la transition vers l’après-Moubarak, enjeu autrement plus stratégique pour Washington, ils ont montré les limites de leur influence en Arabie Saoudite et au Bahreïn. La participation à l’intervention en Libye après le vote de la résolution 1973 est restée limitée dans le temps. Alors que le Congrès se montre de plus en plus réticent à l’intervention armée, l’exécutif américain exprime des doutes sur l’éventualité d’une solution politique négociée avec le régime de Mouammar Kadhafi. En Syrie, Washington dénonce la répression opérée par le régime du président Assad. Une étape a été franchie avec les attaques contre l’ambassade américaine et la déclaration de Mme Clinton estimant que le régime a perdu toute légitimité.

- Iran : après l’échec de la proposition américaine de normalisation de ses relations avec l’Iran, la relation bilatérale reste très dégradée, centrée sur le dossier du programme de développement iranien d’énergie nucléaire et des suspicions de détournement la capacité nucléaire civile à des fins militaires. Washington prône une politique de sanctions internationales contre l’Iran, ainsi que des mesures de renforcement de l’embargo et de gels des avoirs iraniens, si l’Iran ne soumet pas l’intégralité de ses installations aux contrôles des observateurs internationaux de l’AIEA.

- Asie : cette région est pour les Etats-Unis un partenaire indispensable « de sécurité et de prospérité ». Plusieurs visites d’Obama ont permis à Washington de réaffirmer ses alliances traditionnelles dans la région (Japon, Corée du Sud, Inde, Indonésie…) et de marquer la montée en puissance et l’élargissement des relations bilatérales sino-américaines, englobant dorénavant les thématiques politiques et commerciales ainsi que les questions globales dans un nouveau dialogue stratégique et économique. Cependant la relation sino-américaine reste marquée par des divergences profondes en matière de change, de ventes d’armes, de commerce. La question des droits humains et du respect des libertés fondamentales constitue toujours un terrain de frictions entre les deux puissances planétaires.

3) Face aux défis globaux, la rupture avec l’approche unilatérale (discours de West Point , mai 2010).

- Nations unies et institutions internationales : un accent nouveau est mis sur ces institutions pour engager, notamment avec la Chine et la Russie, un dialogue positif mais exigeant sur des sujets d’intérêt commun et pour établir des partenariats solides avec les grandes nations émergentes.

- Russie : l’administration américaine peut revendiquer le succès de sa politique d’engagement avec la Russie (Reset) même si elle reste généralement motivée par un certain pragmatisme sur l’ensemble des dossiers concernés : signature et ratification du nouveau traité START, densité nouvelle du dialogue sur l’Iran et l’Afghanistan, rapprochement de la Russie avec l’OTAN, ouverture russe au projet de « missile Défense » et commission présidentielle bilatérale (16 groupes de travail). Globalement, le Reset semble avoir eu un impact positif sur les perceptions réciproques des deux pays. Sa deuxième phase, lancée à l’occasion de la visite aux Etats-Unis du Président Medvedev en juin 2010, devrait donner la priorité à l’économie. Les Etats-Unis ont d’ores et déjà exprimé un fort soutien à l’adhésion de la Russie à l’OMC, mais l’arrivée au Congrès d’élus républicains plus méfiants vis-à-vis du régime russe rendra sans doute les choses plus difficiles.

- Relations transatlantiques : « Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre dans les relations transatlantiques, Washington écoutera sincèrement ses alliés européens et les consultera » déclarait Joe Biden à la 45ème Conférence de Munich sur la sécurité en février 2009. Toutefois, comme en témoigne la non-participation américaine au Sommet de Madrid en mai 2010, la montée en puissance des institutions de Lisbonne n’a pas, à ce stade, convaincu Washington de la capacité de Bruxelles à devenir un interlocuteur de premier plan. Le Président américain s’est néanmoins rendu au Sommet transatlantique de Lisbonne le 12 novembre 2010 qui a permis une discussion « ouverte et amicale » sur les sujets prévus (dialogue sur la Chine, résultats du G20, etc.)

- Défense européenne : ainsi que l’a illustré le Sommet de Strasbourg (3-4 avril 2009), les Etats-Unis soutiennent la défense européenne et le renforcement des relations OTAN/UE. Cette nouvelle approche américaine fait écho aux analyses des dirigeants allemands et français selon lesquels il ne saurait y avoir de concurrence entre l’OTAN et les ambitions de sécurité de l’Union européenne.
- Lutte contre la menace terroriste et la prolifération des armes de destruction massive :
soutien au contrôle des armements, engagement à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et accord sur la réduction des arsenaux nucléaires (New Start). Le sommet sur la sécurité nucléaire de Washington les 12 et 13 avril 2010 a permis de réaffirmer la responsabilité nationale de chaque État ainsi que d’adopter un plan d’action visant à insuffler une nouvelle dynamique et une plus grande cohérence aux nombreux instruments et mécanismes internationaux existants.

- Lutte contre le réchauffement climatique : Le Président Obama a fait de ce dossier une des grandes priorités de son mandat, mais sa mise en œuvre est pour le moins difficile : les Etats-Unis peinent à engager un mouvement de réduction des émissions de GES même s’ils ont confirmé à Cancun les engagements de réduction pris à Copenhague. L’autre incertitude concerne la capacité de Washington à respecter ses promesses de participation au financement international de la lutte contre le changement climatique. L’arrivée d’élus républicains au Congrès ne facilitera pas le débat. Enfin, s’agissant de la gouvernance internationale de l’environnement, les Etats-Unis sont vivement opposés à la mise en place d’une organisation mondiale de l’environnement.

Mise à jour : 07.11.11

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