
Données générales
Politique intérieure
Situation économique
Politique extérieure
Nom officiel : États-Unis d’Amérique
Nature du régime : République fédérale
Chef de l’État : Barack H. OBAMA
Superficie : 9629047 km² (4e rang mondial, 17 fois la superficie de la France)
Capitale : Washington, DC (0,58 M. d’hab.)
Villes principales : New York (8,3 M. d’hab.), Los Angeles (3,8 M. d’hab.), Chicago (2,8 M. d’hab.), Houston (2,2 M. d’hab.), Philadelphie (1,5 M. d’hab.), Phœnix (1,5 M. d’hab.), San Diego (1,3 M. d’hab.) source : US Census 2007
Langue (s) officielle (s) : Les États-Unis n’ont pas de langue officielle. L’anglais est la langue maternelle de 80% de la population (12,3% pour l’espagnol)
Monnaie : le dollar américain (USD). 1 euro = 1,4991 USD au 23 novembre 2009
Fête nationale : 4 Juillet (célébration de l’indépendance).
Population : 305,9 millions d’habitants (estimation décembre 2008 - le prochain recensement interviendra en 2010)
Croissance démographique : Les États-Unis connaissent une forte croissance démographique : +1% par an (+13,1% entre 1990 et 2000, +3,4% pour l’Union européenne). Les États-Unis ne font pas exception à la tendance générale de la baisse de la fécondité (taux de fécondité de 1,8 parmi la population blanche non hispanique), même si c’est aux États-Unis que l’indice de fécondité est le plus élevé en Occident, avec 2,1 enfants par femme.
La population américaine devrait s’élever en 2060 à 468 millions d’habitants (+56% en 50 ans), l’immigration compensant les effets de la faible natalité. Les projections du Bureau du recensement souligne son rôle moteur dans la croissance de la population américaine à l’horizon 2050, avec une immigration nette annuelle de 1,25 million de personnes (source : rapport ‘100 Million More’ du Center For Immigration Studies) et ses conséquences quant à la composition ethnique des États-Unis. Les Hispaniques constituent désormais la première communauté ethnique des États-Unis (14,8% de la population totale) et devraient représenter en 2050 le quart de la population américaine.
La réforme de l’immigration voulue par le président Bush n’ayant pas abouti, les États fédérés gardent, à ce stade, leurs prérogatives en la matière. Ainsi, 32 États ont renforcé leurs mesures de lutte contre l’immigration clandestine.
Espérance de vie : 74,8 ans (hommes) et 80,1 ans (femmes)
Taux d’alphabétisation : 97%
Religion(s) : protestants (52%), catholiques (26%), juifs (1,4%), musulmans (0,6%). Il n’existe pas de religion d’État et l’on peut pratiquer librement le culte de son choix. 85% des Américains se déclarent croyants. Les protestantismes traditionnels déclinent au profit du courant évangélique. Les experts des questions religieuses soulignent toutefois la progression régulière de l’agnosticisme (15% en 2001 contre 8,4% en 1990).
Indice de développement humain (classement ONU) : 13e en 2009 (France : 8e).
PIB (2008) : 14545 milliards de dollars
PIB par habitant (2008) : 45552 $
Taux de croissance : 1,1% (2008) ; 2, 2% (2007) ; 3,4% (2006)
Taux de chômage : 10,2% (octobre 2009) ; 8,1% (février 2009) ; 6,1% (septembre 2008)
Taux d’inflation (2008) : 1,8% pour l’indice des prix à la consommation (2,4% en 2007)
Déficit budgétaire (année budgétaire 2008/2009) : 1417 milliards de dollars
Balance commerciale (mai 2009) : -26 milliards de dollars, le plus bas niveau depuis juillet 1999
Principaux clients, par ordre décroissant : Canada, Mexique, Chine, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, (France au 10e rang).
Principaux fournisseurs, par ordre décroissant : Chine, Canada, Mexique, Japon, Allemagne, (France au 10e rang)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 2%
industrie : 18%
services : 80%
Barack Obama, sénateur de l’Illinois, a été élu 44e président des États-Unis, le 4 novembre 2008. Son colistier, Joseph Biden, sénateur du Delaware, est le nouveau vice-président. Ils sont entrés en fonctions le 20 janvier 2009, jour de leur prestation de serment. Le candidat démocrate avait recueilli 53% des suffrages, face à son adversaire républicain John McCain.
Aux élections générales, également organisées le 4 novembre 2008, le Parti démocrate a consolidé sa majorité au Congrès : il détient désormais 258 sièges à la Chambre des représentants (177 pour les Républicains). Au Sénat, sur 100 sièges, il en dispose de 60 (y compris deux Indépendants apparentés), les Républicains en comptent 40 ;une personnalité démocrate a été nommée jusqu’à l’élection partielle qui aura lieu au début 2010, en remplacement du sénateur Edward Kennedy, décédé en août dernier.
Le Congrès a ouvert la 111e législature le 6 janvier 2009 : la démocrate Nancy Pelosi a été réélue à la Présidence de la Chambre des représentants. En vertu de la Constitution, le vice-président, Joseph Biden, est devenu le nouveau président du Sénat.
Les ministres désignés par le président sont soumis à une procédure de confirmation par le Sénat : Hillary Clinton, nouvelle secrétaire d’État, est officiellement entrée en fonctions après le vote de la chambre haute du Congrès, qui a eu lieu le 21 janvier 2009. Le gouvernement formé par Barack Obama est le plus multi-ethnique de l’histoire des États-Unis, puisque sur 22 ministres ou membres du Cabinet qui ont un rang ministériel, dix sont issus des minorités africaine américaine, hispanique ou asiatique. La nomination du premier juge d’origine hispanique à la Cour suprême, Sonia Sotomayor, confirmée par le Sénat, a représenté un succès à forte portée symbolique pour le président américain.
L’une des premières mesures prises par le président Obama a été la signature d’un décret sur la fermeture dans un délai d’une année du centre de détention de Guantanamo Bay, (à deux mois de l’échéance fixée, le président a toutefois admis que le délai ne serait pas tenu).
L’adoption le 13 février par le Congrès du plan présidentiel de relance de l’économie pour un montant de 787 milliards de dollars a constitué le premier grand succès politique pour la nouvelle administration.
Les premières décisions ont également illustré l’évolution de la politique sociale aux États-Unis, comme la signature par le président du Fair Pay Act , destiné à limiter les discriminations salariales induites par l’âge, le sexe ou la race, ainsi que l’entrée en vigueur d’une législation qui renforce la couverture santé des enfants de milieu modeste.
Dans son premier discours prononcé devant les deux Chambres réunies le 25 février, Barack Obama a fixé le plan de travail du Congrès pour la législature : relance et régulation du système financier, promotion des énergies vertes, renforcement du système éducatif et réforme du système de l’assurance santé.
La réforme de la couverture santé, qui représente la mesure emblématique du programme électoral de Barack Obama, suscite de nombreux débats depuis son introduction au Congrès en juin. L’administration, qui s’est pleinement engagée dans le processus législatif, a remporté deux succès :
l’adoption le 7 novembre par la Chambre des représentants (par 220 voix pour et 215 voix contre) d’un texte de loi qui étend la couverture santé à 96% des Américains ;
l’accord obtenu du Sénat de se saisir de ce projet de réforme : l’accord de la Chambre haute a été obtenu le 21 novembre par un vote à la majorité qualifiée de 60 voix (les 58 démocrates et les deux indépendants apparentés), qui était nécessaire pour contrer la minorité de blocage des Républicains ("filibuster").
Avec le traitement de la « partie dure » des réformes, une nouvelle phase du mandat a débuté pour le nouveau président, et la période d’état de grâce a pris fin dans l’opinion : depuis le mois de juin, la proportion des Américains qui approuvent son action a chuté dans les sondages en moyenne de dix points (et s’établit désormais autour de 50%). De plus, le Parti républicain a remporté le 4 novembre deux élections partielles organisées pour les postes de gouverneurs du New Jersey et de Virginie, dont les titulaires sortants étaient Démocrates.
La situation économique américaine est la pire que les États-Unis aient connue depuis les années trente. À l’été 2007, une crise financière a affecté le marché de l’immobilier et provoqué son retournement. La hausse des défauts de paiements des ménages surendettés a alimenté la baisse continue de la valeur des actifs et l’augmentation des saisies des biens hypothéqués. L’insolvabilité d’établissements financiers (Fanny Mae, Freddie Mac, JPMorgan Chase Co , etc.) a conduit la FED (Réserve fédérale) à intervenir massivement, notamment pour faire face à l’assèchement des liquidités sur le marché interbancaire et tenter de restaurer la confiance.
La crise n’est toutefois pas restée circonscrite à la sphère financière et immobilière, mais elle a également contaminé les autres secteurs de l’économie réelle. L’emploi industriel, hors technologies de l’information, a fortement régressé (moins de 8% des emplois contre 11% en 1996). L’industrie automobile a été tout particulièrement frappée par cette crise et ses effets ne cessent de se répandre à travers le tissu économique et social, notamment dans l’état industriel du Michigan.
Aujourd’hui, les prévisions de la croissance sont négatives. Le Congressional Budget Office (CBO) a publié début janvier 2009 sa dernière étude prospective sur l’activité économique, qui estime que « la production économique au cours des deux prochaines années sera en moyenne de 6,8% en dessous de son potentiel, ce qui se traduit par une baisse de production de 2100 milliards de dollars ». Le rapport du CBO prévoit également un déficit de 1200 milliards en 2009. Le chômage est à son plus haut niveau depuis 23 ans. Selon le Département du travail, l’économie américaine a détruit 190000 emplois en octobre 2009, faisant monter le taux de chômage à 10,2%, soit son plus haut niveau depuis avril 1983. Depuis le début de la crise en 2007, les États-Unis ont perdu 7,3 millions de postes de travail, fait sans précédent depuis 1945.
L’économie américaine se caractérise également par un niveau élevé d’endettement vis-à-vis de l’étranger. Le déficit budgétaire (1752 milliards de dollars en 2009) provoque un besoin de financement extérieur auquel ont jusqu’à maintenant répondu principalement les banques centrales des pays asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud) en acquérant des titres américains (le Japon en détient plus de 800 milliards, la Chine 540 milliards) grâce aux excédents dégagés du commerce avec les États-Unis.
Pour relancer son économie, l’administration Bush a fait adopter le 3 octobre 2008 un plan de sauvetage « Paulson II » (Troubled Asset Relief Program - TARP) comportant notamment la possibilité du rachat d’actifs « toxiques » (actifs financiers basés sur les subprimes) aux opérateurs financiers à hauteur de 700 milliards de dollars. Dans le cadre d’un soutien à la filière automobile, General Motors et Chrysler ont reçu respectivement 9,4 milliards et 4 milliards de dollars entre décembre 2008 et janvier 2009. Avec le soutien du gouvernement américain, Chrysler et GM se sont placés sous la protection du chapitre 11 du code des faillites, respectivement en avril et en juin 2009 : les nouvelles entités s’appuient pour Chrysler sur un partenariat stratégique avec Fiat, pour General Motors sur une nationalisation partielle (injection de 30 milliards de dollars supplémentaires par le budget fédéral).
L’administration Obama a élaboré et fait adopter un second plan de relance par le Congrès américain (American Recovery and Reinvestment Act) d’un montant de 787 milliards de dollars en février 2009. Ce « stimulus plan », qui devrait mobiliser 75% de ses ressources sous 18 mois, comporte trois axes prioritaires : réduction d’impôts pour les ménages (38%), dépenses sociales (38%) et dépenses d’investissement (24%). L’Administration démocrate ambitionne avec ce dispositif de créer ou sauver 3,5 millions d’emplois, d’apporter un soutien aux programmes sociaux pour aider les plus pauvres, d’injecter des ressources dans l’économie et d’investir dans l’économie du futur.
Dans ce contexte économique international dégradé, qui fait naître des craintes d’un recours aux pratiques protectionnistes, les projets d’Accord de libre échange (ALE) signés avec la Colombie et la Bolivie, toujours en butte à de nombreuses oppositions, sont restés en souffrance. Seul l’ALE signé en 2006 avec le Pérou est finalement entré en vigueur début 2009.
En réservant sa première visite, au lendemain de sa cérémonie d’investiture, au Département d’État, Barack Obama a clairement souhaité afficher une volonté de rupture, marquée par une implication plus forte des États-Unis sur la scène internationale et une meilleure utilisation de l’outil diplomatique. Le 44e président des États-Unis promet un rapport renouvelé avec les Alliés et entend s’affranchir de toute raideur idéologique pour combiner respect des principes et approche pragmatique : « nos valeurs et notre sécurité sont compatibles ».
La secrétaire d’État Hillary Clinton préfigure pour sa part une diplomatie américaine vigoureuse, un exercice subtil de la puissance (« smart power »), mobilisant activement les instruments diplomatiques, économiques et militaires des États-Unis.
Trois grands axes caractérisent la vision de l’Administration démocrate en matière de politique étrangère :
Cet objectif a été recherché dans trois directions : rétablissement de l’état de droit au regard des conventions de Genève (fermeture de Guantanamo dans un délai d’un an et des prisons secrètes à l’étranger, interdiction de l’usage de la torture), volonté d’engager le dialogue avec la Russie (les États-Unis chercheront à diminuer les facteurs de tension dans ses relations avec ce pays), Cuba, l’Iran, la Syrie et le monde musulman, auquel est proposé un « nouveau départ » avec l’Amérique (discours de Barack Obama à l’université du Caire, 4 juin 2009), l’Afrique (discours du président Obama à Accra le 11 juillet 2009 sur des relations de responsabilité avec le continent africain « Yes, you can ») et l’adoption d’un ton nouveau dans un esprit pragmatique débarrassé de toute raideur idéologique. La tournée africaine exceptionnellement longue en août 2009 de la secrétaire d’État Hillary Clinton (onze jours, sept pays) confirme l’intérêt renouvelé que porte Washington au continent africain.
L’image des États-Unis se voit auréolée du prestige rendu à son président par le Comité Nobel qui lui a décerné en octobre 2009 le prix Nobel de la Paix « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples » ;
Dès son investiture, Barack Obama a envoyé des signaux de réengagement des États-Unis sur quelques dossiers clés :
dossier israélo-palestinien : l’énergie déployée par l’administration Obama pour essayer de relancer les discussions entre Israéliens et Palestiniens (visites de la secrétaire d’État en Israel et en Égypte, négociations menées par l’émissaire américain Georges Mitchell) se heurte au refus du gouvernement israélien de geler complètement la colonisation. Huit jours seulement après les entretiens à Washingon entre le président Obama et Benjamin Netanyahu, l’annonce de la construction de 900 logements dans le quartier de Gilo à Jérusalem-Est porte un coup dur aux efforts fournis ces derniers mois par le gouvernement américain. La Maison Blanche s’est dit « consternée » par cette décision qualifiée également de « potentiellement dangereuse » par Barack Obama. Dix mois après l’investiture du président américain, la résolution du conflit semble au point mort ;
Afghanistan-Pakistan : alors que le président Karzaï a prêté serment le 19 novembre en tentant de donner des gages aux États-Unis et à la communauté internationale quant à sa volonté de combattre la corruption, Hillary Clinton, présente à Kaboul, a qualifié le discours d’investiture de « nouveau départ ». Pour sa part, le président américain a annoncé l’envoi de 30000 hommes en renfort en Afghanistan, assortissant cette décision d’un début de retrait des troupes américaines à partir de 2011.
La secrétaire d’État a effectué une visite au Pakistan du 28 au 30 octobre dernier, dans le but d’améliorer l’image des États-Unis dans un pays où les sentiments anti-américains sont profonds. Les États-Unis prévoient de réorganiser leur dispositif d’assistance, afin de démontrer à la population qu’ils ne limitent pas leur action au domaine militaire ou à l’urgence humanitaire.
Asie : pour les États-Unis, cette région redevient un partenaire indispensable « de sécurité et de prospérité », après des années où Washington avait donné une impression d’indifférence. La visite en Asie du président Obama en novembre 2009 (Japon, Chine, Corée) a permis à Washington de réaffirmer ses alliances traditionnelles dans la région ainsi que de marquer la montée en puissance et l’élargissement des relations bilatérales sino-américaines, englobant dorénavant les thématiques politiques, commerciales ainsi que les questions globales.
Nations unies et institutions internationales : un accent nouveau est mis sur ces institutions pour engager, notamment avec la Chine et la Russie, un dialogue positif mais exigeant sur des sujets d’intérêt commun et pour établir des partenariats solides avec les grandes nations émergentes ;
relations transatlantiques : « Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre dans les relations transatlantiques, Washington écoutera sincèrement ses alliés européens et les consultera » (discours de politique étrangère du vice-président américain Joe Biden à la 45e Conférence de Munich sur la sécurité, du 6 au 8 février dernier) ;
défense européenne : soutien américain à la défense européenne et au renforcement des relations OTAN/UE, ainsi que l’a illustré le Sommet de Strasbourg (3-4 avril 2009). Cette nouvelle approche américaine fait écho aux analyses des dirigeants allemands et français selon lesquels il ne saurait y avoir de concurrence entre l’OTAN et les ambitions de sécurité de l’Union européenne ;
lutte contre le réchauffement climatique, le président américain annonce une politique volontariste : réduction annoncée de 17% des gaz à effet de serre d’ici 2020 (voté par la Chambre des représentants en juin 2009, le projet de loi doit être adopté par le Sénat) ; investissement de 150 milliards de dollars d’ici 2020 pour développer les énergies renouvelables et production de 20% de l’électricité américaine d’ici quinze ans par des énergies propres ;
lutte contre la menace terroriste et la prolifération des armes de destruction massive : soutien au contrôle des armements, engagement à ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), entente avec les Russes formalisée lors de la visite à Moscou du président Obama (juillet 2009) en vue d’un accord sur la réduction des arsenaux nucléaires qui prendra la suite du traité START.
Mise à jour : 23.11.09.
Washington (DC)
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