Nom officiel : Etats-Unis d’Amérique
Nature du régime : République fédérale
Chef de l’Etat : Barack H. OBAMA
- Superficie : 9 629 047 km². 4ème rang mondial, 17 fois la superficie de la France - 4 fuseaux horaires (6 si l’on inclut l’Alaska et Hawaii).
- Capitale : Washington, DC (0,6 M.d’h.)
- Villes principales : New York (8,4 M.d’h.), Los Angeles (3,9 M.d’h.), Chicago (2,9 M.d’h.), Houston (2,3 M.d’h.), Philadelphie (1,6 M.d’h.), Phœnix (1,6 M.d’h.), San Diego (1,3 M.d’h.) [Source : US Census, fin 2010]
- Langue (s) officielle (s) : Les Etats-Unis n’ont pas de langue officielle.
L’anglais est la langue maternelle de 80 % de la population (12,3 % pour l’espagnol)
- Monnaie : le dollar américain (USD). 1 Euro = 1,32 USD au 27 janvier 2012
- Fête nationale : 4 juillet (célébration de l’indépendance).
- Population : 308,8 millions d’habitants (recensement 2010)
Densité : 32,06 habitants/km2
Croissance démographique : Les Etats-Unis connaissent une forte croissance démographique : environ +1% par an (+13,1% entre 1990 et 2000, et +9,1% de 2000 à 2010). La population américaine devrait s’élever en 2060 à 468 millions d’habitants (+56 % en 50 ans), l’immigration compensant les effets de la faible natalité.
Les projections du Bureau du recensement soulignent son rôle moteur dans la croissance de la population américaine à l’horizon 2050, avec une immigration nette annuelle de 1,25 million de personnes [Source : rapport "100 Million More" du Center For Immigration Studies] et ses conséquences quant à la composition ethnique des Etats-Unis. Les hispaniques constituent désormais la 1ère minorité des Etats-Unis (16,3% de la population avec 50 millions d’individus, dont 20 millions ont la nationalité américaine).
- Espérance de vie : 76 ans pour les hommes, 81 ans pour les femmes
- Taux d’alphabétisation : 97 %
- Religion (s) : protestants (52 %), catholiques (26 %), juifs (1,4 %), musulmans (0,6 %). Il n’existe pas de religion d’Etat. 85 % des Américains se déclarent croyants. Les protestantismes traditionnels déclinent au profit du courant évangélique. Les experts des questions religieuses soulignent toutefois la progression régulière de l’agnosticisme (15% environ)
- Indice de développement humain : classement ONU : 4ème en 2010, en progrès par rapport à 2009 où les Etats-Unis étaient en 13ème position (France : 14ème en 2010).
- PIB (2010) : 14 800 Mds USD
- PIB par habitant (2010) : 47 131 USD
- Taux de croissance : 2,8% (T4 2011)
- Taux de chômage : 8,5% (décembre 2011 et janvier 2012)
- Taux d’inflation annuel (décembre 2011) : 2,9%
- Déficit budgétaire année 2011 : 1 480 Mds USD
- Balance commerciale (moyenne mensuelle 2011) : - 46,9 Mds USD
Principaux clients : par ordre décroissant : Canada, Mexique, Chine, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, (France au 13ème rang).
- Principaux fournisseurs : par ordre décroissant : Chine, Canada, Mexique, Japon, Allemagne, (France au 11ème rang)
- Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : agriculture : 2 % ;industrie : 18% ; services:80 %
- Exportations de la France vers les Etats-Unis:22,043 Mds euros en 2010 - Importations françaises depuis les Etats-Unis : 26,570 Mds euros en 2010
Consulats de France : Atlanta, Boston, Chicago, Houston, La Nouvelle Orléans, Los Angeles, Miami, New York, San Francisco, Washington
L’élection du Président Obama le mardi 4 novembre 2008, a consolidé également le Parti Démocrate. Aux élections de mi-mandat du 2 novembre 2010, les Républicains reprennent la majorité à la Chambre des Représentants (239 sièges contre 186). Malgré leur lourde défaite à la Chambre, les démocrates continuent cependant à détenir une courte majorité au Sénat, grâce à quelques victoires importantes comme celle d’Harry Reid, leader du Sénat, dans le Nevada. Les gains des républicains ne se sont pas limités aux Etats du Sud, traditionnellement conservateurs. Le rapport des forces est désormais de 53 démocrates pour 46 républicains (6 nouveaux sièges) et un indépendant au Sénat. Les démocrates perdent dix sièges de gouverneurs (16), tandis que les gouverneurs républicains passent de 23 à 29.
Le mouvement des Tea Parties, apparu sur la droite du parti républicain, a connu quelques défaites (Christine O’Donnell dans le Delaware, Sharron Angle dans le Nevada) mais parvient à entrer en force à la Chambre et au Sénat (Marco Rubio en Floride, Rand Paul dans le Kentucky). Le Tea Party est un mouvement politique populiste hétéroclite qui s’oppose à l’État fédéral et aux impôts. Il est apparu au début de la présidence Obama, réclamant une restauration de l’esprit fondateur du pays, et utilisant la symbolique de la Guerre d’Indépendance (son nom fait référence à la Tea Party de Boston). Depuis, il semble affaibli.
Un autre mouvement a fait la une des médias, celui des contestataires d’« Occupy Wall Street », « indignés à l’américaine ». Le changement de leadership au sein du Congrès a créé une « double cohabitation », entre l’Exécutif et le Législatif et entre la Chambre des Représentants et le Sénat. John Boehner, leader de l’ex-minorité républicaine réélu dans l’Ohio, est devenu le nouveau président de la Chambre (« Speaker »), remplaçant NancyPelosi. Il s’est engagé à abroger la réforme du système de santé voulue par le Président. La pression des élus du Tea Party a suscité un débat très dur à propos du relèvement du plafond de la dette. Les risques d’un défaut de paiement semblent écartés jusqu’en 2013 grâce à l’accord conclu à quelques heures de l’échéance du 2 août 2011, mais la question de la dette continue à peser sur les débats avant l’élection présidentielle de novembre 2012, dont l’issue reste incertaine en raison du contexte économique.
Du côté de l’Exécutif, le gouvernement formé par Barack Obama est le plus multiethnique de l’histoire des Etats-Unis, puisque sur 22 ministres ou membres du Cabinet, 10 sont issus des minorités africaine-américaine, hispanique ou asiatique. La nomination du premier juge d’origine hispanique à la Cour Suprême, Sonia Sotomayor, a représenté un succès à forte portée symbolique pour le Président. Il y a actuellement pour la première fois trois femmes à la Cour Suprême. A mi-parcours du mandat présidentiel, les équipes de la Maison Blanche ont été fortement renouvelées.
Le Président Obama a fait passer plusieurs réformes importantes. L’adoption en février 2009 par le Congrès du plan présidentiel de relance de l’économie pour un montant de 787 Mds USD avait constitué le premier grand succès politique pour la nouvelle administration. En 2010, le Président a imposé face à l’opposition résolue des républicains sa réforme du système de santé et celle de la finance. La signature du « Fair Pay Act », destiné à limiter les discriminations salariales induites par l’âge, le sexe ou la race, ainsi que l’entrée en vigueur d’une législation qui renforce la couverture santé des enfants de milieu modeste sont également des avancées à son actif. Malgré la défaite des mid-terms, la « lame duck session » a également vu l’abrogation de la loi « Don’t Ask, Don’t Tell » (qui interdisait l’accès des homosexuels aux forces armées) et une réforme importante de la sécurité alimentaire.
Le Président a annoncé début avril 2011 sa candidature à un second mandat. Les enjeux économiques et budgétaires devraient dominer la campagne, alors que le Congrès et l’administration sont difficilement parvenus à un accord sur le budget 2011 et que le débat sur le relèvement du plafond de la dette s’est soldé par un accord ne satisfaisant vraiment ni les démocrates ni les républicains de la tendance Tea Party. Le Discours sur l’Etat de l’Union prononcé par le Président Obama le 24 janvier 2012, donne les orientations de sa campagne : réforme fiscale (avec la « règle Buffett » sur l’imposition plus élevée des plus grandes fortunes), encouragement à « produire américain » (fin des avantages fiscaux pour les entreprises qui délocalisent), relance de la croissance et de l’innovation (avec les énergies vertes par exemple) et fermeté face à l’Iran ou à la Chine (création de la Trade Enforcement Unit) .
L’attitude du Tea Party a pesé sur le débat comme sur l’échéance de 2012. L’émergence de cette mouvance traduit une radicalisation ou une « sudisation » du parti républicain. Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, ancien homme d’affaires Mormon, qui est le candidat le plus « modéré », est en position de force aux primaires républicaines ; il a remporté le New Hampshire le 10 janvier 2012 et la Floride le 31 janvier 2012. Après le retrait de plusieurs candidats (Perry, Cain, Bachmann, Huntsman), Newt Gingrich, qui a remporté la Caroline du Sud le 21 janvier 2012, est aujourd’hui en tête des concurrents de Romney, suivi de Rick Santorum (catholique, qui a remporté l’Iowa le 3 janvier), et du libertarien atypique Ron Paul. Mitt Romney semble à ce stade, selon les sondages, le plus en mesure de menacer Barack Obama.
L’évolution de la situation économique sera déterminante pour les chances de réélection du Président Obama. Sa cote de popularité, qui a connu un pic après l’élimination d’Oussama Ben Laden (57% d’approbation, selon un sondage New York Times/CBS News), a chuté, autour de 40% d’opinions favorables après la dégradation de la note de la dette américaine, selon Gallup. Le Congrès républicain ne sort pas non plus indemne de la crise de la dette puisque sa cote de popularité est tombée à 18%, selon Gallup. 2012 sera également une élection importante au Congrès : quel que soit le résultat de la présidentielle, les républicains espèrent obtenir la majorité au Sénat qui leur a échappé en 2010.
La crise économique américaine déclenchée en décembre 2007 a été la pire que les Etats-Unis aient connue depuis les années trente, partant du marché de l’immobilier puis s’étendant à l’ensemble de l’économie. La hausse des défauts de paiements des ménages surendettés a alimenté la baisse continue de la valeur des actifs et l’augmentation des saisies des biens hypothéqués. L’insolvabilité d’établissements financiers a conduit la Fed à intervenir massivement, notamment pour faire face à l’assèchement des liquidités sur le marché interbancaire et tenter de restaurer la confiance.
Les interventions de la Fed, notamment le programme d’achat de bons du Trésor pour un montant de 600 Mds USD, et le second plan de relance adopté par le Congrès américain d’un montant de 787 Mds USD, ainsi qu’une politique monétaire souple (« quantitative easing ») ont été la réponse à cette crise. Le comité de politique monétaire de la Fed qui s’est réuni la semaine du 27 janvier 2012 s’est engagé à maintenir les fed funds à leur niveau actuel (entre 0 et 0,25%) jusqu’à 2014.
L’administration souhaite continuer à soutenir la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et veut en priorité lutter contre le chômage. La croissance de l’économie américaine a atteint fin 2011 son plus haut niveau depuis un an et demi et le produit intérieur brut des Etats-Unis a progressé de 2,8% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2011 selon la première estimation du Département du Commerce publiée vendredi 27 janvier 2012, après +1,8% sur la période juillet-septembre 2011. Le problème majeur reste que les Etats-Unis sont confrontés à un chômage structurel de longue durée. D’après le Département au Travail américain, le taux de chômage resterait élevé, à 8,5% en décembre 2011 et janvier 2012, en dépit d’une légère baisse.
L’économie américaine se caractérise également par un niveau élevé d’endettement vis-à-vis de l’étranger. Le déficit budgétaire (1294 Mds USD en 2010), malgré les efforts de l’administration, provoque un besoin de financement extérieur auquel ont jusqu’à maintenant répondu principalement les banques centrales de pays asiatiques (Chine, Japon) en acquérant des titres américains (la Chine en détient plus de 1152 Mds USD, le Japon, 906 Mds USD) grâce aux excédents dégagés du commerce avec les Etats-Unis. Le déficit est au cœur des débats. Le Président Obama souhaite qu’au-delà de 2012, le déficit continue à se réduire, revenant à 3,2% du PIB en 2015, grâce à une gestion serrée des dépenses et à l’estimation d’un retour de la croissance. L’accord obtenu début août après de longs affrontements au Congrès permet un relèvement du plafond de la dette d’au moins 2100 milliards de dollars, mais cette mesure s’accompagne de réductions budgétaires allant jusqu’à 2500 milliards de dollars en deux étapes. Une commission spéciale bipartite du Congrès a tenté de trouver un accord sur des baisses de dépenses supplémentaires, après une première tranche de 1000 milliards de dollars. En dépit de ces efforts, l’agence de notation Standard Poor’s a retiré aux États-Unis la note "AAA", abaissée d’un cran à "AA+".
Le Président Obama promeut son plan pour l’emploi, de 447 milliards de dollars de dépenses et de réductions d’impôts, plan qui prévoit notamment d’investir massivement dans les infrastructures. Il a aussi lancé des projets pour relancer la consommation en aidant les propriétaires de biens immobiliers ainsi que les étudiants dans leur remboursement d’emprunts pour financer leurs études.
Le volontarisme américain semble porter ses fruits et l’on voit quelques signes de reprise en décembre 2011 et janvier 2012.
Une légère hausse des revenus personnels (+0,3% en décembre 2011), et une progression de la confiance des ménages au mois de janvier 2012 apparaissent, en lien avec un début d’amélioration sur le marché du travail (le nombre de créations nettes d’emplois non agricoles devrait atteindre 150000 au mois de janvier).
Les positions du président Obama ont marqué une nette volonté de rupture par rapport aux mandats du président G. W. Bush, sur trois points principaux :
La restauration de l’image des Etats-Unis dans le monde.
Le Président Obama entendait reconquérir les cœurs, en réconciliant le respect des principes avec une approche pragmatique (« nos valeurs et notre sécurité sont compatibles ») et en adoptant un ton nouveau, moins alarmiste. La nouvelle administration a souhaité réaffirmer la primauté des Etats-Unis sur la scène internationale, mais sous la forme d’un leadership qui se voulait plus coopératif. Le retour au cadre des conventions de Genève illustre cette volonté de restaurer l’image du pays. Cependant si les prisons de la CIA à l’étranger ont été closes, la fermeture de Guantanamo ne s’est pas encore concrétisée, en raison d’obstacles juridiques. Le Président Obama a adressé un message d’ouverture au monde musulman (discours du Caire du 4 juin 2009).
Le « réengagement » de l’Amérique sur la scène internationale.
Dès son investiture, Barack Obama a envoyé des signaux de « réengagement » des Etats-Unis sur plusieurs dossiers clés(« reset » avec la Russie, Moyen-Orient), et développé de façon significative les relations avec l’Asie. Tout en poursuivant la lutte contre le terrorisme, l’administration Obama s’est donnée pour objectif de procéder au retrait d’Irak et de réévaluer la stratégie en Afghanistan.
- Irak : dans un discours à la Nation d’août 2010,Barack Obama avait annoncéla fin de l’opération"Liberté pour l’Irak"et souligné que les Iraquiens étaient désormais "responsables de la sécurité de leur pays". Les effectifs de l’armée américaine étaient alors passés sous la barre des 50 000 soldatschargés de"conseiller et d’aider l’armée iraquienne (opération New Dawn). Fin 2011, le retrait des 39000 soldats encore stationnés en Irak est devenu effectif. Le président américain s’en est félicité dans son discours sur l’état de l’Union du 25 janvier 2012. Pour la première fois en neuf ans, il n’y avait « plus d’Américains qui combattaient en Irak ». Comme le montrait l’élimination d’Oussama Ben Laden, le retrait des troupes américaines avait permis à l’armée et aux services de renseignement de recentrer leurs priorités et d’infliger des coups décisifs à Al Qaîda.
- Afghanistan-Pakistan : Après l’envoi en Afghanistan, en novembre 2009, de renforts significatifs (30.000 hommes) le retrait américain a été repoussé à 2014. Washington souhaite transmettre aux Afghans les responsabilités civiles ainsi que la conduite des missions de sécurité. Après l’élimination d’Oussama Ben Laden le 2 mai 2011, les Etats-Unis ont décidé d’accélérer le retrait de leurs troupes d’Afghanistan. 33.000 soldats devraient quitter le théâtre d’opérations d’ici à l’été 2012. 65.000 soldats américains devraient toutefois restés positionnés en Afghanistan jusqu’en 2014.
L’administration américaine s’inquiète du rôle que peut jouer le Pakistan dans le pays et des réseaux qu’y développent les Talibans. Washington soutient néanmoins les négociations qui devraient s’engager avec ces derniers dans quelques semaines. L’émissaire américain chargé du processus de réconciliation en Afghanistan, Marc Grossman, s’en est entretenu récemment à Kaboul.
- Dossier israélo-palestinien : Les Etats-Unis n’ont pu convaincre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu de geler les colonies de peuplement dans les territoires occupés. Washington refuse néanmoins toute initiative palestinienne dans les enceintes multilatérales, seules des négociations directes avec Israël pouvant, à ses yeux, déboucher sur la création d’un Etat palestinien. Les Etats-Unis ont ainsi voté contre l’adhésion palestinienne à l’UNESCO, et annoncé qu’ils feraient de même en cas de vote au Conseil de sécurité des Nations unies. Le Congrès américain a suspendu une partie de l’aide américaine à l’Autorité palestinienne après le dépôt de la demande d’adhésion au CSNU le 23 septembre. L’aide américaine pourrait se terminer si les Palestiniens décident in fine de poursuivre leurs démarches au CSNU ou à l’AGNU.
Printemps arabe : Dans son discours du 24 janvier 2012 sur l’état de l’Union, le Président Obama a déclaré : "Nous ne savons pas exactement comment s’achèvera cette incroyable transformation. Nous soutiendrons les politiques qui favorisent l’émergence de démocraties fortes et stables ainsi que des marchés ouverts, car la tyrannie ne fait pas le poids face à la liberté". Les Etats-Unis ont accompagné la chute du régime Ben Ali et la transition vers l’après-Moubarak, enjeu stratégique pour Washington. En Libye, les Etats-Unis ont adopté une stratégie du « leading from behind » et partageant la responsabilité de l’après-Khadafi avec ses alliés européens et arabes. Les appels au changement adressés au régime syrien se sont révélés sans effet à ce stade.
- Iran : après l’échec de la proposition américaine de normalisation de ses relations avec l’Iran, la relation bilatérale reste très dégradée, centrée sur le dossier du programme de développement iranien d’énergie nucléaire et les suspicions de détournement de la capacité nucléaire civile à des fins militaires. Après la récente promulgation par le Président Obama, d’une loi excluant du système financier américain toute institution collaborant avec la Banque centrale d’Iran, Téhéran a menacé de fermer le détroit d’Ormuz. Pourtant, le président américain, fidèle à sa stratégie du « dual track » (priorité à la voie diplomatique sans exclure le recours à la force militaire) a dit croire, lors de son discours de 2012 sur l’état de l’Union, qu’une résolution de la crise était encore possible. Téhéran était plus isolé que jamais, et les responsables iraniens faisaient face à des « sanctions écrasantes ».
- Russie : l’administration américaine peut revendiquer le succès de sa politique d’engagement avec laRussie (Reset) même si celle-ci fait généralement preuve de pragmatisme sur l’ensemble des dossiers concernés : signatureet ratification du nouveau traité START, densité nouvelle du dialogue sur l’Iran etl’Afghanistan, rapprochement de la Russie avec l’OTAN, ouverture russe au projet de "missile Defense"et commission présidentielle bilatérale (16 groupes de travail). Globalement, le RESET semble avoir eu un impact positif sur les perceptions réciproques des deux pays. Sa deuxième phase, lancée à l’occasion de la visite aux Etats-Unis du Président Medvedev en juin 2010, s’est conclue en décembre 2011 par l’adhésion de la Russie à l’OMC. Washington atteint ainsi un de ses objectifs qui était d’apporter, avec la dimension économique, davantage d’équilibre à une relation traditionnellement construite autour des les enjeux de sécurité.
- Asie : Tout en dialoguant avec Pékin, Washington souhaite favoriser l’émergence d’alliances économiques et militaires permettant d’amener la Chine à respecter les règles du jeu global, au titre d’un partenaire responsable.
La diplomatie américaine est désormais centrée sur l’Asie de l’Est et le Pacifique. Comme l’a déclaré le président américain en recevant les 20 partenaires du Forum Asie-Pacifique de l’Apec à Hawaï (novembre 2011), cette région a vocation à devenir « le nouveau centre de gravité du monde ». C’est également durant ce sommet qu’a été annoncée la création prochaine du Partenariat transpacifique (TPP), une vaste zone de libre échange entre les Etats-Unis et neuf autres pays de l’Apec.
De Hawaï, la tournée présidentielle s’est ensuite poursuivie par l’Australie, où le Président Obama a annoncé le positionnement permanent de 2500 marines dans le nord du pays, puis par l’Indonésie pour le sommet de l’Asie Orientale (EAS). La visite en Birmanie de la Secrétaire d’Etat en décembre 2011 relevait de la même logique, et a revêtu une symbolique particulière chez l’un des plus proches alliés de Pékin.
La relation sino-américaine reste pour sa part marquée par des divergences profondes concernant le commerce, le cours surévalué de la monnaie chinoise ainsi que les ventes d’armes. La question des droits de l’Homme et du respect des libertés fondamentales constitue toujours un terrain de frictions entre les deux puissances planétaires. Dans son discours du 24 janvier 2012 sur l’état de l’Union, le Président Obama a dénoncé le comportement commercial de la Chine (piratage notamment) et s’est dit déterminé à le contrer (création d’une Trade Enforcement Unit).
Relations transatlantiques : Après la non-participation américaine au Sommet de Madrid en mai 2009, puis le sommet de 2010 au Portugal (adossé à celui de l’OTAN), la montée en puissance des institutions de Lisbonne peine à convaincre Washington de la capacité de Bruxelles à devenir un interlocuteur de premier plan. Le dernier sommet transatlantique qui s’est tenu le 28novembre 2011 à Washington, n’aura pas fait figure d’exception, d’autant plus qu’il a été largement dominé par la crise financière européenne. Soucieux de redonner un ballon d’oxygène à l’économie transatlantique, les dirigeants ont convenu d’examiner de nouvelles options pour stimuler leurs échanges commerciaux bilatéraux. Un groupe de travail de haut niveau a été créé à cette occasion. Il devra formuler des recommandations d’ici la fin 2012 sur de nouvelles initiatives qui pourraient stimuler la croissance économique et créer des emplois.
L’administration Obama souhaite enfin réinvestir des régions délaissées par l’administration sortantecomme l’Afrique et l’Amérique latine. L’approche américaine envers Cuba n’a pas jusqu’ici connu de changement de cap notoire sur le fond. Certaines restrictions ont été assouplies ou levées (voyages, transferts d’argent des Cubains exilés). Le prochain Sommet des Amériques se tiendra en Colombie en avril 2012.
Face aux défis globaux, la rupture avec l’approche unilatérale :
Les Etats-Unis jouent leur rôle au sein des instances multilatérales (Nations-unies, G8/G20…) pour faire face aux défis globaux : désarmement nucléaire, lutte contre le réchauffement climatique, régulation financière internationale.
Le Président Obama a fait du réchauffement climatique une des grandes priorités de son mandat, mais samise en œuvre est pour le moins difficile : les Etats-Unis peinent à engager un mouvement de réduction des émissions de GES même s’ils ont confirmé à Cancun les engagements de réduction pris à Copenhague. L’autre incertitude concerne la capacité de Washington à respecter ses promesses de participation au financement international de la lutte contre le changement climatique.Enfin, s’agissant de la gouvernance internationale de l’environnement, les Etats-Unis sont opposés à la mise en place d’une organisation mondiale de l’environnement.
Mise à jour : 01.02.12