Etats-Unis

Présentation des Etats Unis

Enseignement supérieur

I- Organisation de l’enseignement supérieur

1. Le système d’enseignement supérieur

1.1 Introduction

À la différence du système français, l’enseignement supérieur américain est totalement décentralisé et n’est placé sous aucune autorité de tutelle. Les établissements universitaires jouissent d’une autonomie totale dans l’organisation des programmes, le choix des méthodes d’enseignement, le recrutement des enseignants et le régime des examens - en conséquence, le niveau et le prestige des titres varient suivant les établissements et même suivant les disciplines à l’intérieur d’une même université. Il n’existe pas de mécanisme national d’habilitation et de reconnaissance des diplômes, et seule l’accréditation par des agences de droit privé fait foi du sérieux d’une institution ou d’une formation.

La très grande autonomie des acteurs implique également deux autres différences essentielles :

- au niveau institutionnel : la puissance publique est représentée au sein des Conseils d’administration de certains établissements (représentants des gouvernements des États) tandis que d’autres établissements, privés, sont rattachés à des églises ou à des associations de nature diverse ;

- au niveau financier : si toutes les études universitaires sont payantes, les frais de scolarité s’échelonnent entre 4 000 USD et 30 000 USD par an selon les établissements. A cela s’ajoutent les frais d’hébergement et de nourriture (de 5 000 USD à 8 000 USD) et les frais liés aux dépenses générales (de 3 000 à 5 000 USD).

Cela n’exclut pas une cohérence générale au sein du système, notamment en ce qui concerne l’obtention des diplômes, certains principes pédagogiques fondamentaux et la fameuse « vie de campus américaine ».

L’enseignement supérieur américain se partage en deux cycles principaux : les undergraduate studies sanctionnées par un Bachelor’s degree (Equivalent Bac+4) puis les Graduate studies (de Bac+4 à Bac+7). Beaucoup d’étudiants interrompent leurs études au profit d’une première expérience professionnelle (expérience fortement valorisée aux États-Unis) avant d’intégrer un programme de graduate studies.

Au niveau graduate, l’enseignement peut être de deux sortes :
- des études professionnelles, qui concernent les domaines suivants : chiropractie, études dentaires, droit, médecine, optométrie, ostéopathie, pharmacie, pédiatrie, théologie, médecine vétérinaire ;
- des études générales, d’abord au niveau Master puis au niveau doctoral.

1.2 Institutions publiques/ institutions privées

L’État fédéral peut accorder une charte à une institution soit comme institution publique, soit comme institution privée.

Les institutions publiques peuvent être des state-controlled institutions (contrôlées par l’État) ou des state-related ou state-supported institutions. De telles institutions présentent en général les caractéristiques suivantes : les membres de leur conseil sont nommés par l’organe législatif ou exécutif de l’État dans lequel elles sont situées, elles reçoivent tous les ans une aide financière de cet État. Par ailleurs, elles peuvent faire partie d’un multi-campus system : cette organisation d’une université d’État en plusieurs pôles plus ou moins autonomes est fréquente, et explique pourquoi l’on parle par exemple de l’Université de Californie à Berkeley pour distinguer le campus de Berkeley des 7 autres sites de l’Université de Californie (Los Angeles, Irvine, San Diego, etc.).

Les institutions privées peuvent être free-standing (des établissements indépendants) ou faire partie d’un multi-campus system. Les free-standing ne sont ni contrôlées ni aidées par le gouvernement. Leur seule obligation envers celui-ci est de respecter la loi et les engagements pris (contrats de recherche, aide financière aux étudiants, etc.). Les institutions privées présentent en général les caractéristiques suivantes : les membres du conseil choisissent eux-mêmes leurs successeurs, elles ne reçoivent aucune aide du gouvernement, sauf par le biais de contrats ciblant certains projets éducatifs ou de recherche, ou dans le cadre de programmes de bourses pour étudiants. Les institutions privées peuvent être soit des associations à but non lucratif (les not-for-profit institutions), soit des associations à but lucratif - dans ce cas elles sont appelées proprietary institutions et tirent des bénéfices des prestations qu’elles proposent.

1.3 Les différents types d’établissements

Le système d’enseignement supérieur américain comprend essentiellement quatre types d’établissements :

- Les Community et Junior Colleges (Bac+2) sont des établissements généralement publics qui proposent un enseignement de courte durée, à faible coût et de proximité. La formation, dispensée en deux ans, peut être technique ou générale. Beaucoup d’étudiants ne les fréquentent pas à plein temps. Ces colleges offrent en général de nombreux cours du soir qui attirent principalement des actifs. Ancrés dans la communauté locale, ils sont rarement pourvus de résidences universitaires, car les étudiants habitent dans le voisinage. Ces études en deux années débouchent sur des associate degrees : certains junior colleges et community colleges ne décernent que des Associates of Arts (A.A.) sans mentionner de matière principale. D’autres délivrent des A.A. aux étudiants de lettres et sciences humaines, des A.S. (Associates in Science) aux étudiants spécialisés en sciences et des A.A.S. (Associate in Applied Science) à ceux qui ont choisi une orientation technologique, par exemple le dessin industriel. Après avoir obtenu leur diplôme, nombre d’étudiants de ces établissements s’inscrivent dans un college ou dans une université pour y préparer un Bachelor’s Degree. On les appelle transferred students. Puisque ces étudiants ont déjà effectué deux ans d’études, ils bénéficient d’une admission directe en troisième année de Bachelor, bien que certaines universités réputées ne les admettent qu’en deuxième année. Si les Community Colleges n’opèrent pas de forte sélection à l’entrée, cela ne signifie pas qu’ils dispensent une éducation de seconde classe. Ils permettent à des élèves de condition modeste ou à des personnes venant du milieu du travail de poursuivre une formation post-secondaire.

- Les Colleges sont des établissements autonomes qui assurent un enseignement au niveau undergraduate. Au bout de 4 ans, les étudiants obtiennent un diplôme de Bachelor of arts (B.A.) ou Bachelor of science (B.S.). Quelques colleges dispensent parfois un enseignement graduate, mais limité aux programmes de Master. Très rares sont ceux qui offrent des formations doctorales. Les colleges sont souvent choisis par les étudiants pour leur aspect très communautaire et leurs classes à effectifs réduits, car ils accueillent moins d’élèves que les universités. En revanche ils constituent rarement de grands pôles de recherche, du fait de l’absence de doctorants.

- Les universités se composent généralement de plusieurs collèges, parfois également appelés schools. Elles dispensent des enseignements dans de nombreuses disciplines, sciences humaines et sociales, sciences exactes et dans d’autres domaines tels que le commerce, l’ingénierie, l’agriculture, la pédagogie, le travail social. Les universités possèdent des facultés (graduate schools et professional schools) pour les études médicales, pharmaceutiques, juridiques. La plupart des États subventionnent une, voire plusieurs universités d’État (ainsi le Michigan subventionne University of Michigan et Michigan State University) Il existe par ailleurs de nombreuses universités privées. Au sein d’une université, les undergraduate schools ou colleges proposent des programmes de quatre ans conduisant au Bachelor degree (B.A. ou B.S.). Les graduate schools le plus souvent intégrées à l’université, mais parfois constituées en établissements distincts (ainsi le Teacher’s College ou « College des Enseignants » est rattaché à Columbia University mais reste une entité indépendante) proposent les programmes qui conduisent au master’s degree (M.A ou M.S.). Certaines graduate schools, dont l’orientation est plus professionalisante, ne délivrent que des Masters spécialisés : ainsi les Ecoles de Commerce (Business schools) ne délivrent que des M.B.A, tandis que les Écoles d’administration et de relations internationales (School of International Relations, School of Goverment, School of Public Affairs) sanctionnent des études de deux ans par des Masters de spécialités (M.F.A, M.P.A, etc.). Enfin les doctoral and research universities délivrent des doctorats ; les secondes sont ainsi appelées parce qu’elles forment une plus grande proportion de doctorants. Quant aux professional schools, elles sont spécialisés dans l’enseignement d’une seule discipline (médecine, dentisterie, droit, pharmacie, gestion, etc.). La durée des études varie selon les professions et comporte parfois une période d’internat (comme en médecine). Elles délivrent des diplômes spécialisés (M.D pour la médecine, J.D pour les avocats). Les instituts de technologie sont semblables à des universités mais se consacrent à l’étude des sciences et de la technologie. S’ils portent souvent le nom de l’État dans lequel ils sont situés (Massachussets Institute of Technology, Illinois Institute of Technology, California Institute of Technology, etc.), ils sont pour la plupart privés.

- Les établissements d’enseignement technique (vocational school et technical school) dispensent en général un enseignement non universitaire et proposent une formation professionnelle dans le domaine des arts et métiers. Ces études ne permettent pas d’entrer ensuite dans un college ou une université.

Elles préparent l’étudiant à être opérationnel sur le marché du travail dès la fin des cours, dont la durée se réduit en général à moins de quinze mois. À l’issue de leur formation, les étudiants reçoivent un certificat attestant de leurs aptitudes techniques ou professionnelles dans leur spécialité.

On soulignera enfin que la terminologie est parfois déroutante, voire trompeuse : à titre d’exemple, Vincennes University est un junior college en Indiana, Boston College est une université dans le Massachussets, le Morrison Institute of Technology est une technical school privée dans l’Illinois…

1.4. Quelques chiffres 2007-08 (source : U.S Department of Education, www.ed.gov/index.html)

À l’automne 2008, 18,3 millions d’étudiants étaient inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur, 10 millions d’entre eux de sexe féminin. La majorité des étudiants se consacrent exclusivement à leurs études mais 6.8 millions sont étudiants à temps partiel. Des 18,3 millions d’étudiants, 39,3 % sont inscrits dans des colleges publics, 35,5% dans des community colleges publics ; 23,5% dans des colleges privés.

Les États-Unis comptent plus de 4000 établissements d’enseignement supérieur et plus de 7 500 vocational schools. Le coût moyen des études (qui inclut les frais de scolarité, le logement et le fonctionnement du bureau des élèves) varie pour l’année scolaire 2006-2007 de 11034 USD pour les établissements publics à 28384 USD pour les établissements privés. Les études au sein d’un Community College sont cependant moins onéreuses, soit environ 4 000 USD par an.

2. Le rapport avec les pouvoirs publics

Il n’y a pas d’équivalent aux États-Unis d’un ministère de l’éducation nationale, ou de l’enseignement supérieur tels qu’en France, et d’une manière générale, l’État fédéral régule très peu l’enseignement supérieur. La seule intervention étatique significative se situe au niveau des états fédérés.

Au plan fédéral, les questions relatives à l’éducation sont traitées à la Chambre des Représentants par le House Committee on Education and the Workforce et au Sénat par le Senate Committee on Labor and Human Ressources.On ne trouve pas aux États-Unis de lois nationales spécifiques à l’éducation : la création et la reconnaissance des établissements, des diplômes, le statut des étudiants, ne relèvent pas de l’autorité fédérale. On ne trouve pas non plus, au niveau national, de proclamation du droit à l’éducation. Certains droits et libertés sont cependant assurés, telle la liberté académique pour les universités et les étudiants (elle est protégée par la Constitution qui garantit la liberté de parole et d’association) ou l’accès à l’enseignement supérieur à un coût raisonnable.

Le Department of Education, créé en 1787, a pour mission d’assurer l’égalité dans l’accès à l’enseignement et de promouvoir l’excellence académique. Il fournit également une aide financière et technique aux étudiants (il gère en particulier le programme de bourse sur la base des crédits votés par le Congrès), à leurs familles, aux enseignants et aux établissements. Mais les sommes restent trop limitées pour assurer l’éducation de chaque citoyen. La nouvelle administration, dans le plan de relance adopté en février 2009, a prévu une augmentation sensible de la dotation destinée aux bourses, de telle sorte que, conformément aux promesses électorales du Président Obama, la quasi-totalité des étudiants pourront bénéficier d’une bourse équivalente aux droits perçus par les établissements les moins onéreux (environ 4000 USD par an) en contrepartie de travaux d’intérêt général.

L’État Fédéral ne gère et ne finance que certaines écoles militaires, telles les 5 Académies (Army, Navy, Air Force, Coast Guard, et Merchant Marine) qui forment les officiers, et quelques graduate schools formant des experts dans les domaines de la Défense et de la Sécurité.

C’est par conséquent au niveau des États que la politique de l’éducation est prise en charge. Mais les budgets votés par les législatures d’état ne sont pas suffisants pour soutenir financièrement tout le système : ce financement est d’ailleurs très sensible à la conjoncture économique, ce qui à la fois rend la gestion des établissements difficile en temps de crise, et oblige les universités à rechercher d’autres sources de financement.

Enfin, en raison du caractère décentralisé du système éducatif américain, les associations nationales jouent un rôle très important en ce qu’elles représentent la société civile et peuvent prétendre à un pouvoir de contrôle substantiel. Afin d’acquérir la capacité de traiter de questions importantes, nombre de ces associations sont d’ailleurs reconnues par le gouvernement américain pour leur mission de représentation et en tant que pôles d’information et de services. Elles peuvent parfois bénéficier d’une délégation de pouvoir leur permettant d’agir au nom du gouvernement. Elles s’unissent aussi pour former des lobbies ou umbrella organizations comme le Washington Higher Education Secretariat (W.H.E.S.), composé de la plupart des associations représentant les instituts et le personnel de l’enseignement supérieur, le American Council on Higher Education (ACE), représentant 1 800 établissements d’enseignement supérieur, la Association of American Universities (AAU), représentant les 62 universités de recherche d’élite du pays, l’American Association of Community Colleges, etc.

3. Gestion des établissements

Les établissements, tant publics que privés ont la personnalité morale : ils sont indépendants et gèrent eux-mêmes leurs propres affaires académiques, administratives, de recherche de fonds et de relations publiques. La plupart des établissements sont des not-for-profit organizations car ils ne cherchent pas à faire des bénéfices mais seulement à équilibrer recettes et dépenses. Ces établissements sont dirigés par des conseils d’administration (board of trustees) qui agissent en leur nom et choisissent un directeur administratif et les principaux dirigeants (president, chancellor, principal ou provost).

Dans les Conseils d’Administration des Universités, siègent : des anciens élèves élus, qui sont en contact permanent avec les administrateurs principaux de l’Université, le président, le provost (viceprésident d’une université), les doyens, etc. Le président supervise en premier lieu les campagnes d’appel de fonds (fundraising campaign) et les stratégies de relations publiques ; il détermine aussi les grandes lignes de la politique de recherche et de recrutement de professeurs. Il est souvent issu du corps professoral, mais ce n’est pas une obligation, et certaines personnalités du monde des affaires ou de la politique peuvent être sollicitées (Eisenhower fut président de Columbia University avant de briguer la présidence des États-Unis. Un ancien président de Harvard, Lawrence Summer, est un brillant économiste et fut Secrétaire au Trésor dans l’administration Clinton).

Le corps professoral est également constamment consulté sur la gestion de l’Université, à travers des comités très nombreux qui traitent de tous les aspects académiques, financiers, économiques et sociaux de l’Université.

4. Le financement

Les établissements bénéficient de quatre sources principales de financement :

- les droits d’inscriptions et de scolarité (tuition fees) payés par les étudiants. Ils sont généralement très élevés et peuvent atteindre, dans les universités les plus prestigieuses, plus de 45 000 USD si l’on tient compte de l’inscription à la résidence et au restaurant universitaires. Dans les Universités d’État (publiques), ils constituent cependant une faible part des ressources (17% des recettes à Ohio State University par exemple) ;

- les fonds fédéraux : la principale intervention financière de l’État fédéral est constituée par l’octroi de bourses (plus de 80 Milliards de dollars en 2008), ce qui constitue de fait un financement indirect des universités puisque c’est avec ces bourses que les étudiants sont en mesure de payer les tuition fees. Très peu de subventions fédérales sont versées aux universités, en soutien à des projets spécifiques ;

- les contributions financières des États : c’est une ressource importante, surtout pour les établissements modestes qui ont plus de mal à attirer des dons privés (cf ci-dessous), mais la contribution des États est en baisse constante depuis 5 ans ;

- les fonds locaux : il s’agit des subventions municipales et des donations privées de plus en plus nombreuses (individus, entreprises, fondations). La ville de New York subventionne ainsi la City University of New York (CUNY), la Ford Foundation finance des projets très spécifiques, qu’elle sélectionne après un examen rigoureux des dossiers. La compétition est rude, mais les gagnants sont généreusement dotés : il est courant de voir une fondation, une entreprise ou même un particulier (ancien étudiant qui a réussi notamment) faire un don de plusieurs centaines de milliers de dollars, voire de quelques millions de dollars. Les sommes ainsi recueillies vont à un fonds placé (endowment) dont les produits financiers servent à financer les activités de l’Université. Les fonds dont disposent certaines universités sont considérables, même si en période de retournement conjoncturel la valeur d’un fonds et son rendement peuvent être durement affectés. À titre d’exemple, le fonds de l’Université d’Harvard, le plus riche, avait atteint en 2007-2008 la somme de 35 milliards de dollars ; il est retombé à environ 26 milliards en 2009, du fait de la crise financière.

II- Organisation des études aux États-Unis

1. Enseignements dispensés

1.1 Conditions d’accès

Études Undergraduate

L’accès aux établissements proposant ce type d’études est ouvert à tout étudiant possédant un diplôme de high school (l’équivalent du baccalauréat), à l’exception de quelques programmes techniques et professionnels des Community and Junior Colleges qui réclament des qualifications particulières supplémentaires. Ainsi les programmes d’études de design ou de mode sélectionnent leurs élèves après entretien et examen du portfolio rassemblant les travaux de candidats dans ses disciplines. Cependant les politiques d’admission (tout comme celles qui concernent les équivalences) sont souvent régulées par une des associations d’accréditation. Elles varient donc entre les établissements, mais elles sont généralement sélectives. Contrairement aux universités françaises qui acceptent les étudiants sur le seul critère de la réussite au baccalauréat, les universités américaines examinent tout ce que l’élève a fait pendant ses quatre dernières années dans le secondaire, tant sur le plan académique (notes obtenues, lettres de recommandation, résultats à des tests tels que SAT et AP- Advanced Placement) que sur le plan des activités extra-curriculaires, où l’élève prouve qu’il a montré certaines qualités personnelles : participation à des activités charitables, esprit d’équipe (importance des sports), esprit d’initiative, esprit d’indépendance notamment par rapport aux parents, pour être sûr que le candidat saura survivre dans un campus où les étudiants, venant d’un peu partout aux États-Unis et dans le monde, se trouveront mêlés les uns aux autres.

Le dossier est examiné par les « officiers d’admission ». De septembre à février, ces administrateurs voyagent dans tous les États-Unis afin de prendre contact avec le plus grand nombre d’établissements secondaires possible. À partir de février, ils cessent de se déplacer pour étudier les dossiers d’admission. Les résultats d’admission sont communiqués aux candidats au mois d’avril. Autrefois, ces officiers convoquaient les candidats pour des entretiens personnels, mais leur nombre augmentant sans cesse, ces entretiens individuels sont devenus impossibles. Par exemple, à l’Université de Princeton, où l’on admet 1 100 étudiants par an, on compte environ 15.000 candidats, ce qui rend la sélection extrêmement difficile. Le but est de choisir les élèves, dont les deux dossiers, académique et extracurriculaire, sont du meilleur niveau possible.

On notera cependant que les Universités des États, qui acceptent souvent des dizaines de milliers d’étudiants, ne peuvent agir de cette façon. Par exemple, dans certains États, tous les élèves résidant dans l’État, qui ont obtenu des notes satisfaisantes et qui sont classés parmi les meilleurs étudiants de leur établissement, seront admis automatiquement. Quant aux élèves venant d’autres États, leur admission sera plus difficile et leurs frais d’études plus élevés.

Certains candidats bénéficient d’une admission comprenant des critères de sélection qui prennent en compte d’autres aspects que ceux indiqués ci-dessus : les étudiants des minorités raciales bénéficient des politiques de discrimination positive (affirmative action) instaurées dans les années soixante : l’objectif pour les universités est de recruter 10% de leurs étudiants selon ce principe. De même les enfants des Anciens Élèves font l’objet d’une sélection moins rigoureuse. Un nombre restreint de sportifs de haut niveau peut aussi être sélectionné par les entraîneurs des équipes de l’Université. Enfin les « talents inhabituels » tels que les artistes déjà connus ou certains jeunes qui se sont illustrés par des actions associatives, peuvent être admis bien qu’ils ne satisfassent pas aux critères de sélection propres aux examens.

L’étudiant doit en effet mériter ses études. Si un étudiant a les qualités requises, il trouvera toujours un moyen de financer ses études malgré leur coût apparemment prohibitif.

Graduate studies

First-professional studies. L’étudiant doit avoir obtenu un graduate degree pour étudier certaines matières (voir liste plus loin). La concurrence pour intégrer de tels programmes est forte et, si le système du numerus clausus n’existe pas aux États-Unis, l’admission est souvent réduite aux candidats les mieux qualifiés.

Master’s Degree Programs. L’étudiant doit posséder un Bachelor’s Degree ou un Firstprofessional Degree. Les programmes de Master en droit, par exemple, peuvent s’effectuer seulement après l’obtention d’un J.D. (Juris Doctorate).

Research Doctorate Studies. Selon la matière étudiée, l’admission dans un tel programme nécessite un Bachelor’s Degree, un Master’s Degree ou un First-professional Degree.

1.2 Disciplines, filières

L’organisation des études par disciplines et filières est très différente aux États-Unis de ce que l’on connait en France. Au niveau undergraduate, sauf formations spécialisées à finalité professionnelle, les étudiants poursuivent un cursus généraliste avec un jeu de « majeure » (ou encore « concentration ») et « mineure » (major et minor).

Undergraduate Studies

Enseignement universitaire : Les études de Liberal Arts constituent la principale filière généraliste et sont constituées par une combinaison de trois grands domaines d’enseignement : les sciences humaines (langues, littérature, langues anciennes, philosophie, religion, art etc.) les sciences dures (biologie, astronomie, chimie, science de la terre, mathématiques, physique etc.) les sciences sociales (l’anthropologie, les sciences politiques, l’histoire, la psychologie, l’économie, la sociologie etc.)

Enseignements techniques : ils comprennent tous les enseignements à orientation technologique ou artisanale, des sciences de l’ingénieur aux sons et lumières théâtraux en passant par la mécanique automobile.

Graduate Studies

First-professional studies : chiropractie, dentaire, droit, études vétérinaires, médecine, optométrie, ostéopathie, pédiatrie, pharmacie, théologie

Master’s Degree : toutes les matières enseignées au niveau undergraduate peuvent s’étudier au niveau Master.

Research Doctorate Program : Les disciplines les plus souvent choisies sont, parmi les disciplines académiques, les sciences humaines, les sciences de la vie, les sciences physiques, les mathématiques, les sciences sociales, et parmi les disciplines professionnelles, le management, l’éducation et les sciences de l’ingénieur.

2. Organisation de l’année universitaire et des études

L’année universitaire s’étend généralement de septembre à juin. Elle est divisée en terms (semestres). La plupart des établissements organisent la scolarité en deux terms.

Études Undergraduate

Associate Degree

Les programmes d’Associate Degree peuvent consister en un tronc commun complété par une spécialisation ou en une spécialisation complète dans un seul domaine (il s’agit alors en général de formations relatives aux professions de la santé ou de matières technologiques). Les Associate degrees ont souvent vocation à élargir la culture générale de l’étudiant et non à le former à un métier car la durée des études est trop courte. Ces diplômes correspondent aux general education requirements d’un bachelor’s degree. Un nombre croissant d’étudiants après obtention de leur associate degree, s’inscrivent ensuite dans un College pour préparer un bachelor’s degree.

Bachelor’s Degree

Les études sont généralement divisées en deux phases.

Un cursus obligatoire (general or liberal education requirement, ou encore Core Curriculum) pour lequel deux situations se présentent : la liste des cours au programme est fixée par l’établissement ou bien les étudiants choisissent eux-mêmes leurs cours parmi une liste préétablie. Le but de ce cursus obligatoire est de s’assurer que les étudiants ont des connaissances synthétiques dans chaque discipline dites de culture générale (les arts, les lettres, la philosophie, les sciences sociales et comportementales, les sciences physiques, les mathématiques). Il s’agit également d’inciter l’étudiant à mettre en relation ces différents savoirs avec ses matières de spécialité. Cela reflète enfin l’importance accordée à l’interdisciplinarité aux États-Unis. Ce cursus obligatoire peut comprendre quelques cours ou peut occuper le tiers de la scolarité, tel le Core Curriculum des Universités de Chicago ou de Columbia. Il existe certaines institutions qui ne proposent pas de tels troncs communs.

Une spécialisation : l’ensemble doit donner une vision assez large des méthodes et des contenus pour préparer à l’entrée dans la vie active ou à la poursuite d’étude splus spécialisées. Chaque étudiant doit choisir au moins une majeure. Les minors sont facultatifs et généralement choisis en relation avec la majeure. Les majors et les minors sont composés de cours magistraux, de séminaires de recherche et parfois même d’expériences professionnelles. Certains cours d’introduction à la discipline choisie sont obligatoires ainsi que les séminaires de méthodologie, qui se rapprochent des conférences de méthode du système français. Les études interdisciplinaires ou indépendantes (Independent study or research) sont en vogue aujourd’hui : l’étudiant décide de traiter un sujet particulier, en organisant ses propres lectures sous la direction d’un professeur. Il rend ensuite un mémoire à la fin du semestre. En fonction de l’ambition de la recherche, il sera « credité » de 1 à plusieurs points pour son Bachelor’s degree. Ces travaux sont de plus en plus populaires et encouragés par les universités américaines : les étudiants peuvent changer leur majeure s’ils possèdent les connaissances requises pour étudier dans un autre domaine. Ils peuvent également avoir plusieurs majeures mais cela implique souvent des semestres supplémentaires pour obtenir le diplôme de Bachelor.

Études Graduate

Les Master’s Degree Programs

Research Master’s Degree : les études consistent en des cours magistraux auxquels s’ajoutent la rédaction et la défense d’un mémoire (thesis) et, parfois, la réalisation de projets.

Professional Master’s Degree : les études consistent en des cours magistraux accompagnés de la réalisation de plusieurs projets et de la rédaction de rapports. La durée des études est de un à trois ans selon la spécialité choisie et l’université.

Les Research Doctorate Programs

La durée des études va en général jusqu’à 6 ans et demi à 8 ans et demi. Les études se divisent en trois temps : cours préliminaires, séminaires, études en laboratoires et examens écrits séminaires, choix du sujet de mémoire, du jury de thèse et du directeur de recherche la recherche, qui peut prendre de une à plusieurs années selon le sujet et la matière. On remarque que les étudiants qui ont satisfait aux exigences liées aux cours préliminaires et séminaires, et sont donc en phase de rédaction de leur thèse (les « PhD Candidates »), se voient généralement proposer un emploi sur le campus, et deviennent généralement des enseignants assistants.

3. Diplômes délivrés/ cycles d’études

3.1 Undergraduate Degrees

- A.A./A.S. (Associate in Arts ou Associate in Science)

Il s’agit du diplôme conféré par un community college, un junior college, quelques 4-years colleges et des universités qui offrent des programmes courts pour des niveaux inférieurs au Bachelor’s degree. Il sanctionne deux ans d’enseignement général ou professionnel. Mais comme de nombreux étudiants ne suivent les cours qu’à temps partiel ou choisissent d’effectuer des années sabbatiques pendant leur cursus, il faut en général 4 ans pour obtenir un tel diplôme. Il peut consister en des études générales et une spécialisation ou seulement en une spécialisation. Les étudiants peuvent donc parfois obtenir une équivalence avec un bachelor’s degree sans avoir à passer d’autres examens.

- Bachelor’s degree

Ce diplôme est conféré par un établissement d’enseignement supérieur après un cycle d’étude équivalent à 90 ou 120 crédits, ce qui correspond à une durée de quatre ans (parfois cinq, par exemple en architecture) dans un domaine particulier. La nature de la spécialisation donne son nom au diplôme :
- B.A. ou A.B. (Bachelor of Arts) : il relève en général des lettres.
- B.S. (Bachelor of Science) : il relève des sciences, des mathématiques ou de la technologie.

Certificates and diplomas

- B.B.A. : business administration et B.S.N. : nursing

Les étudiants peuvent les obtenir, dans certaines circonstances, en plus ou à la place des diplômes énumérés ci-dessus : lorsque l’associate degree n’est pas disponible ou lorsque l’étudiant arrête ses études avant l’obtention du diplôme. Dans ce cas un certificat est délivré pour des études d’une durée inférieure à 2 ans et un « diploma » pour des études d’une durée inférieure à 3 ans. Les certificats peuvent être délivrés en même temps qu’un bachelor’s degree pour spécifier que l’étudiant a suivi en plus un programme particulier. Ils peuvent aussi être décernés à des étudiants qui ne sont pas inscrits dans un programme de bachelor’s degree. Les post-baccalaureate certificates sont délivrés à des étudiants ayant déjà un bachelor’s degree mais qui doivent acquérir une spécialisation complémentaire (par exemple pour être habilité à enseigner).

3.2 Graduate Degrees

First-professional Degree

Master’s degree

Ce diplôme est conféré par un établissement d’enseignement supérieur après que l’étudiant a obtenu 45 ou 60 crédits, ce qui correspond à une ou deux années d’étude. Il équivaut, selon le prestige de l’établissement, à une maîtrise ou à un Master1 et/ou 2 européens.

Doctorate (Ph. D) or advanced professional degree

C’est le diplôme universitaire le plus élevé conféré par une université aux étudiants qui ont effectué au moins trois années d’études graduate après le bachelor’s degree ou le master’s degree et qui ont fait la preuve de leur compétence au cours d’examens oraux et écrits, avant de soutenir une thèse. Les Ph.D (Doctorate of Philosophy) ou Ed.D (Doctorate of Education) préparent notamment à la recherche et à l’enseignement supérieur.

Certificate of Advanced Study

Il est décerné aux étudiants suivant en plus des programmes spécialisés.

4. La reconnaissance des diplômes

Aux États-Unis la notion essentielle est celle d’accréditation, dès lors que le concept de « diplôme national » n’existe pas. L’accréditation est la reconnaissance non-gouvernementale accordée à un établissement (institutional accreditation) ou à certains départements de cet établissement (programmatic or specialize accreditation) par les Agences d’accréditation membres du Council on Higher Education Accreditation (C.H.E.A.). Ces agences sont en charge de l’évaluation des établissements d’enseignement supérieur et sont seules habilitées à évaluer la qualité des formations universitaires dans un pays où il n’existe quasiment aucune habilitation par l’État à l’exceptiondes professions de santé.

Il existe trois types d’agences d’accréditation : agences régionales (réparties sur six zones quadrillant le territoire), onze agences nationales et 66 agences spécialisées. Ces agences sont reconnues et accréditées par le Department of Education (DOE) et / ou le Council of Higher Education Accreditation (CHEA), qui regroupe des professionnels de l’enseignement supérieur et dont le rôle est d’assurer une coordination nationale.

Les agences d’accréditation ne définissent pas elles-même les critères d’évaluation. Ces derniers varient selon que les agences sont affiliées au DOE ou au CHEA. Celles qui sont accréditées par le Department of Education se prononcent sur l’adéquation entre réussite scolaire de l’étudiant et la mission fondatrice de l’établissement ainsi que l’insertion professionnelle des sortants ; la qualité du cursus (évaluation, durée) ; la qualité et le professionnalisme du corps enseignant ; les équipements et installations sur le campus ; la gestion fiscale et comptable de l’institution ; le service de soutien et l’accompagnement de l’étudiant ; les pratiques et les méthodes de recrutement ; la liste et la nature des réclamations déposées par les étudiants.

Les agences accréditées par le Council of Higher Education Accreditation fondent leur évaluation sur l’amélioration de la qualité des enseignements proposés ; la justification des choix pédagogiques ; l’encouragement de changements créatifs et l’amélioration du service proposé aux étudiants ; l’utilisation d’une méthode équilibrée entre la prise de décision administrative et les enjeux pédagogiques ; la révision régulière des pratiques.

L’impact de l’accréditation est importantpuisque qu’elle conditionne l’octroi des aides fédérales et des aides d’État et locales.

L’évaluation par les agences d’accréditation reconnues et accréditées par le Department of Education a un impact fondamental pour les établissements puisqu’elle conditionne la distribution annuelle des quelques 80 milliards de dollars versés par l’État fédéral dont l’essentiel sous forme de bourses aux étudiants. Un établissement qui n’est pas accrédité par une telle agence n’est pas éligible à ces financements ; les étudiants qui y sont inscrits ne peuvent pas bénéficier des aides fédérales. La sanction serait alors immédiate : un recul du nombre d’inscriptions, les étudiants ne pouvant sans aide acquitter les droits d’inscription.

Pour ce qui est des aides d’État et locales (ces dernières, en provenance des counties sont importantes dans certains États pour les Community Colleges), les situations varient d’un État, voire d’un county, à un autre. La tendance générale est cependant de prendre en compte les résultats des établissements pour leur accorder un financement. Il convient de rappeler ici que les établissements d’enseignement supérieur publics sont très dépendants de cette aide qui représente en moyenne, selon les chiffres publiés par le Rapport 2007 du Council on Education, 37 % des revenus des universités publiques. Les États ont la faculté d’adopter une législation qui détermine les indicateurs servant à apprécier la performance des universités. Les informations sont rassemblées par les State Higher Education Executive Officers, bureaux chargés de l’enseignement supérieur, qui en matière de financement des universités, ont un pouvoir de recommandation vis-à-vis du Congrès d’État qui vote les crédits aux universités.

III- Principaux atouts du système d’enseignement

1. Conditions d’études

1.1. Aide aux étudiants

Plus des trois quarts des étudiants américains reçoivent une aide pour le financement de leurs études (près de $80 Milliards en 2008). À l’heure actuelle, environ 75% de l’aide aux étudiants est couverte par le budget national. La mise en œuvre du programme de la nouvelle administration et du plan de relance économique va dans le sens du renforcement de l’aide aux étudiants.

Le Student Financial Assistance Program du Ministère de l’Education (S.F.A.P.) est le moyen d’assistance financière le plus important. Les programmes d’aides sur les campus, les moyens d’action sont divers :

1/ Les Bourses : Le Federal Pell Grant accorde chaque année des bourses à 4 millions d’étudiants undergraduates. La somme allouée est comprise entre 2 500 et 3 600 dollars, et va être portée à 4 000 dollars.

Le président Obama s’est engagé à améliorer l’accès à l’enseignement supérieur par la prise en charge par l’État fédéral d’un montant de 4 000 dollars pour tous les étudiants grâce à un mécanisme de crédit d’impôt, l’American Opportunity Tax Credit : les 4 000 premiers dollars de frais de scolarité seront ainsi pris en charge par l’État fédéral, ce qui équivaut à rendre gratuit l’accès à la totalité des community colleges (qui accueillent près de la moitié des étudiants américains), et à prendre en charge les deux-tiers des frais de scolarité exigés par la plupart des collèges publics. En contre-partie, les bénéficiaires de ce financement devront effectuer 100 heures de travail d’intérêt général par an.

2/ Les prêts étudiants : le Low interest Federal Perkins Loan Program, le William D. Ford Direct Loan Program (10 milliards pour environ 2,1 millions d’étudiants) et le Federal Family Education Loan Program opèrent depuis 1965 sur des critères de base identiques : seuls les étudiants ayant des résultats scolaires satisfaisants et issus de milieux modestes sont éligibles. La nationalité américaine n’est pas requise, puisque les résidents légaux et les étudiants étrangers en situation régulière ont la possibilité de poser leur candidature.

Les bénéficiaires sont répartis en deux catégories : les étudiants les plus modestes peuvent bénéficier de prêts à taux zéro (subsidized loans : l’État fédéral se charge de rembourser les intérêts auprès du créancier) tandis que les autres étudiants qui sont autorisés à participer au programme obtiennent des prêts à faible taux (unsubsidized loans).

Le montant maximal d’un prêt varie selon l’année d’étude (la somme allouée augmente au fil des années) et le statut familial du candidat (les autorités fédérales distinguent les étudiants bénéficiant d’une aide parentale - dependent students - et les étudiants qui financent leurs études par leurs propres moyens - independent students). Ainsi un dependent freshman (élève en première année de college) ne peut recevoir plus de 2 625 USD, tandis que son camarade independent a droit à un prêt maximal de 6 625 USD. Selon son statut, un étudiant graduate peut recevoir au maximum soit 8 500 USD, soit 18 500 dollars environ pour 2 années d’études.

Le Federal Supplement Educational Opportunity Grant Program qui accorde une bourse supplémentaire aux étudiants nécessiteux, et le Federal Work-Study Program qui finance la plupart des emplois à mi-temps sur les campus permettent à quelques 700 000 étudiants de gagner environ 1 000 USD par an.

1.2 Des infrastructures exceptionnelles

Les campus des universités sont très souvent résidentiels et disposent d’infrastructures de proximité exceptionnelles : installations sportives très bien équipées, restaurants, commerces, salles de théâtre, musées, librairies. Les étudiants perdent ainsi peu de temps dans les transports. Les salles d’informatique sont disséminées sur l’ensemble du campus et sont souvent ouvertes 24/24 h. Un centre souvent situé au centre du campus est réservé aux activités étudiantes, aux conférences et aux spectacles (Student Union Hall).

Les bibliothèques disposent d’installations de très haute qualité tant en terme de confort que d’archivage ou de système de prêt et elles abritent des collections de centaines de milliers, voire de millions de livres et de publications dans toutes les langues. Plus important encore, elles sont ouvertes de 18 à 20 heures par jour , 360 jours par an (la plupart des jours fériés inclus).

Dans la mesure où le système éducatif américain insiste sur l’épanouissement de l’étudiant au sein d’activités extra-scolaires, telles le sport, les arts ou le bénévolat, les universités veillent à offrir dans ces différents domaines des infrastructures irréprochables. De multiples associations étudiantes représentent les différentes sensibilités politiques, culturelles ou religieuses sur les campus ainsi que les différents groupes ethniques ou les minorités. Toutes peuvent disposer de salles de réunion, voire de bureaux. Elles peuvent même recevoir des fonds de l’établissement en lançant des campagnes d’appel de fonds (fundraising). Les étudiants développent de cette façon, très tôt dans leur vie, des qualités de relations publiques.

2. Recherche de la performance

2.1 Les politiques de l’État fédéral

L’échec scolaire demeure une préoccupation importante des autorités fédérales, tant il demeure élevé dans les premières années d’études des formations les moins prestigieuses, en particulier dans les Community Colleges. Cependant le gouvernement fédéral ne dispose guère de moyens dans ce domaine, et ce sont le plus vraisemblablement des initiatives privées qui pourront contribuer à inverser la tendance. (Ainsi la Fondation Bill et Melinda Gates a annoncé en novembre 2008 qu’elle mettait en place un financement de 500 millions de dollars sur quatre ans pour lutter contre l’échec à l’université qui touche principalement les milieux défavorisés et les étudiants en community colleges).

2.2 Les politiques des universités

Les Universités les plus riches et les plus prestigieuses distinguent les étudiants méritants par divers prix dotés d’une somme d’argent conséquente. Elles n’hésitent pas à accepter des étudiants étrangers, voire à attirer les plus prometteurs d’entre eux par des bourses : dans certains universités, parmi les plus prestigieuses, la majorité des étudiants inscrits dans les programmes doctoraux sont d’origine étrangère. Grâce à des capacités budgétaires importantes, les universités ont su développer une politique souple d’accompagnement de l’étudiant au cours de sa scolarité, sans toutefois tomber dans les excès d’un encadrement quotidien : les étudiants disposent rarement d’un tutorat individualisé et, si c’est le cas, le tuteur ne se substitue jamais à l’élève quand arrive le moment des décisions.

Pour assurer le suivi des étudiants, tous les professeurs sont cependant secondés par un ou plusieurs assistants selon l’effectif de la classe (les T.A, ou Teaching Assistants, rémunérés par le campus, sont souvent des Ph.D candidates, ou doctorants). Ces assistants peuvent faire des présentations en classe sur un sujet spécifique qui correspond à leur domaine de spécialité, animer des séances de discussion (discussion sections), et, comme les professeurs, tenir des heures de permanence pendant lesquels ils accueillent les élèves et répondent à leurs questions. Les T.A sont d’une grande utilité et ont pour mission d’être à l’écoute des élèves : ils n’hésitent pas à donner des rendez-vous en dehors de leurs heures de permanence et aident les étudiants soit à progresser dans leurs travaux en cours, soit à comprendre l’évaluation qui a été faite de leurs travaux achevés. Les meilleurs T.A peuvent recevoir une distinction de l’Université pour les services rendus à la communauté étudiante.

Il faut de même signaler que certains établissements disposent de centres où les étudiants étrangers sont conseillés dans la rédaction de leurs travaux écrits.

Le nombre de docteurs étant en constante augmentation, les universités peuvent imposer des critères de sélection des professeurs extrêmement rigoureux afin de recruter les éléments les plus prometteurs.

2.3 Les carrières des universitaires

Les professeurs sont encouragés à développer des activités de recherche ambitieuses et à se renouveler sans cesse. Chaque Université, qu’elle soit privée ou publique, fixe de manière autonome ses propres règles de recrutement des professeurs. Le marché de l’emploi professoral est donc tout à fait décentralisé et obéit aux lois du marché. Selon le budget alloué par l’Université, les Départements sélectionnent les nouveaux professeurs. Les listes des offres de postes apparaissent régulièrement dans les revues spécialisées et les universités qui recrutent envoient aux écoles doctorales de tous les établissements graduate des fiches d’information spécifiant les exigences en termes de titres universitaires, d’expérience pédagogique et de publications.

Le postulant doit franchir plusieurs étapes successives pour être recruté. Après une première sélection très sévère (essentiellement sur dossier et entretien) par quelques professeurs du département, il peut être invité à venir sur le campus pour la deuxième phase de sélection, au cours de laquelle ils passent des entretiens avec certains de ceux qui pourront devenir leurs futurs collègues et reçoivent en retour une évaluation de leur part. Il fait alors partie d’un groupe restreint de 4 ou 5 candidats retenus. Chaque candidat doit également donner une conférence devant les professeurs et les étudiants. Après cette visite, qui dure en général une journée, le choix définitif est établi par le Département concerné.

Le candidat sélectionné se voit offrir soit un contrat d’un an (renouvelable ou non), soit un contrat de plus longue durée en, particulier s’il peut se prévaloir d’un certain nombre de publications et d’une expérience de l’enseignement. S’il est engagé comme assistant professor, son contrat peut être renouvelé et il peut finalement être promu au rang de professeur associé (associate professor) puis devenir enfin tenured professor, c’est-à-dire professeur titulaire. Il bénéficie alors d’une grande sécurité d’emploi et peut devenir au bout de quelques années full professor, poste le plus élevé dans la hiérarchie de l’enseignement supérieur aux États-Unis. Existe également le titre honorifique de Professeur des Universités qui est décerné chaque année à un nombre très limité de professeurs, quelle que soit leur discipline, par le Président de l’université.

Les Universités recrutent des professeurs de toutes nationalités, qu’ils aient étudié aux États-Unis, ou qu’ils aient des diplômes étrangers. En dehors de toutes conditions de nationalité, l’Université choisira, parmi les professeurs en compétition, celui qui lui paraît le mieux convenir au Département où le poste est à pourvoir.

Les jeunes professeurs sont constamment évalués selon trois paramètres : d’abord la quantité et la qualité de leurs travaux de recherche et de leurs publications ; ensuite leurs qualités d’enseignant (à cette fin ils sont évalués par leurs étudiants à chaque fin de semestre) ; enfin leur implication dans la vie universitaire dont doit témoigner un rapport annuel rédigé par leurs soins (participation à des comités inter-universitaires, charges administratives etc.).

Un professeur assistant qui vise la tenure doit donc prouver ses qualités, humaines et intellectuelles, par une activité constante. Les congés sabbatiques (un an tous les sept ans, voire un semestre tous les deux ans dans les centres de recherche importants) aident les professeurs à se concentrer sur leurs travaux. Cela donne des résultats fructueux, puisqu’à la contrainte imposée par les universités de publier un certain nombre d’articles par an correspond la mise à disposition de moyens pour conduire à bien ces recherches dans de bonnes conditions matérielles.

Les Universités cherchent à attirer les professeurs les plus prestigieux, lauréats de Prix Nobels ou de distinctions équivalentes. A cet effet elles proposent des salaires très élevés, créent des chaires dotées de fonds propres, réservés aux activités de leur bénéficiaire et permettant d’offrir des conditions de travail exceptionnelles (ces chaires portent ordinairement le nom du généreux donateur qui a rendu possible leur création).

3. Relations universités-entreprises

3.1 Les politiques fédérales

Des efforts ont été accomplis dans le sens d’une meilleure appréciation des études professionnelles et de la formation continue. Le School-to-Work Opportunities Act (1994) prévoit une aide financière administrée au plus haut niveau par les ministères de l’Éducation Nationale et du Travail, et destinée aux États ou aux communautés d’intérêt pour qu’ils développent des comprehensive school-to-work systems (études en alternance).

3.2 Les partenariats entre universités et entreprises

Les centres de recherche sont toujours en quête de financement, et trouvent des partenaires au sein des entreprises investissant lourdement dans la recherche et développement. Les universités mettent en place des transferts de technologies vers des entreprises et des groupes industriels, permettant aux partenaires de partager leurs équipes de chercheurs et leurs laboratoires pour mener à terme le projet. Le projet est parfois menée dans le cadre d’un innovation village, véritable structure de collaboration entre l’université et les entreprises.

Les Universités, notamment celles dotées d’une business school ou proposant des études de commerce au niveau undergraduate, réussissent à créer des partenariats nombreux et à long terme avec le secteur privé. Grâce à ces accords privilégiés, les étudiants peuvent effectuer des stages qui seront validés dans le cours de la scolarité et ils peuvent également trouver un emploi d’été ou disposer d’une base de données importante pour chercher un emploi après l’obtention de leur diplôme. Le Career Office, ou Bureau des Carrières, affiche les offres d’emplois et joue un rôle essentiel au sein des universités : les meilleurs étudiants choisissent souvent leur université en fonction des liens solides qu’elle a su établir avec les milieux d’affaires, pas seulement au niveau local mais aussi au niveau national et international.

Le réseau des anciens élèves permet aussi d’établir des connections entre les Universités et le secteur privé. Les alumni (anciens élèves) restent fidèles et reconnaissants envers leur Alma Mater, et cherchent à impliquer leur entreprise dans le développement de projets liés à leur université, que ce soit par le biais de dons ou d’offres de stages. Bill Gates accueillait ainsi quelques stagiaires de Harvard chaque année au siège social de Microsoft.

IV- Coopérations existantes avec les établissements d’enseignement supérieur

a) français

Les coopérations entre établissements français et américains sont nombreuses et variées dans leur contenu. Plus de 7 000 étudiants français effectuent un séjour d’études aux États-Unis, et les échanges de professeurs sont très dynamiques entre nos plus grandes universités et nos grandes écoles d’un côté, et les plus prestigieuses universités américaines. Sans pouvoir prétendre à l’exhaustivité du fait de l’existence de très nombreuses initiatives, on citera en particulier les partenariats établis dans le cadre du programme PUF/FACE (plus de trente établissements concernés dans chacun des deux pays, engagés dans des programmes structurés de formation et de recherche conjointes), le réseau MICEFA qui permet la mobilité étudiante entre les universités participantes, l’implantation du consortium « Alliance » (Sciences Po Paris, Paris 1 et l’école Polytechnique) au sein de l’Université Columbia à New York, le soutien à la présence universitaire française dans quinze centres pluridisciplinaires implantés dans les lus prestigieuses universités américaines, et l’existence de quatre fonds (Berkeley, Stanford, MIT et Université de Chicago) dont l’objet est de financer des projets conjoints franco-américains.

b) d’autres pays, notamment européens

Les universités américaines sont très actives au plan international, mais pas forcément sous la forme de coopérations : les formes d’action les plus significatives et les plus représentatives sont l’implantation d’établissements « filiales » dans les pays étrangers (Georgia Tech à Nancy, NYU à Paris par exemple), et le recrutement d’étudiants étrangers en utilisant des méthodes de type commercial souvent très efficaces.

V- Orientation à donner à la coopération universitaire franco-américaine

Quelques orientations possibles de la coopération universitaire franco-américaine :
- le soutien à des partenariats pérennes, selon des modalités du type de celles du Fonds PUF/FACE ;
- la facilitation de la mobilité étudiante : la France est aujourd’hui la quatrième destination des étudiants américains (environ 17 000 par an), et il convient dans un environnement de plus en plus compétitif de donner aux candidats à un séjour d’études en France tous les moyens de rendre le départ le plus aisé possible et de fournir les informations les plus précises possibles (rôle de l’espace CampusFrance États-Unis) ;
- l’accroissement de la notoriété des établissements français aux États-Unis, grâce à l’action de l’espace CampusFrance, afin de renforcer la proportion d’étudiants américains dans les établissements français.

VI- Contacts utiles

www.frenchculture.org
www.usa.campusfrance.org
www.facecouncil.org/puf

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Mise à jour : 08.06.09

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