
Le Secrétaire d’Etat a profité de ce déplacement pour manifester le plein soutien de la France à la future présidence espagnole, appelée à succéder à la présidence suédoise à la tête de l’Union européenne à partir du 1er janvier 2010.
LireL’arrivée au pouvoir de M. José Luis Zapatero en 2004 a accéléré le rapprochement entre les deux pays. Après la visite d’Etat du Roi d’Espagne en France en mars 2006, celles du président Sarkozy, très rapidement après son élection, et de son Premier Ministre, François Fillon, soulignent cette grande proximité. La densification des relations bilatérales est prévisible au cours du mandat à venir.
Des rendez-vous institutionnels réguliers
Institutionnalisées en 1985, lors de la visite des souverains espagnols en France, les rencontres bi-annuelles franco-espagnoles (séminaire ministériel, qui réunit une douzaine de Ministres sous la présidence des Ministres des Affaires étrangères et sommet, présidé par le Chef de l’Etat du côté français et par le Chef du Gouvernement du côté espagnol) ont permis de tisser entre nos deux pays une relation dense .
La réunion à haut niveau de Saragosse a permis la signature d’un accord sur la ligne très haute tension, le suivi des décisions du sommet de Paris et l’approfondissement des relations transfrontalières qui constituaient le thème central de ce rendez-vous bilatéral.
Le XXIème Sommet franco-espagnol qui s’est inscrit dans le cadre de la visite d’Etat du Président de la République, a permis de vérifier la densité de notre relation et l’excellence du dialogue politique. Trois thèmes ont été au centre des entretiens :
La coopération en matière de sécurité(terrorisme et criminalité organisée) sera encore renforcée notamment par la création d’un comité de planification et de coordination stratégique de sécurité intérieure chargé de garantir la mise en convergence, dans la durée, de nos stratégies d’action et de la coordination entre nos services. La France et l’Espagne développeront le partenariat entre leurs unités nationales de coordination antiterroriste ainsi qu’avec celles des autres pays européens, notamment en ce qui concerne l’échange de renseignement.
S’agissant de la préparation de la présidence espagnole de l’Union européenne, l’Espagne et la France ont affirmé leur volonté de renforcer leur collaboration dans trois domaines prioritaires : la lutte contre la crise économique et financière dont la Stratégie de Lisbonne est un des piliers fondamentaux, la construction de l’Union pour la Méditerranée, projet dans lequel l’Espagne et la France sont particulièrement engagées, et le renforcement de la PESD.
Le suivi des impulsions données au sommet franco espagnol de Paris (10 janvier 2008) et à la réunion à Haut niveau de Saragosse (27 juin 2008). En matière de raccordement des infrastructures de transport, les deux pays ont réaffirmé que la facilitation des échanges, qu’ils appellent de leurs vœux, devra nécessairement être conduite dans la perspective d’un développement durable du système de transports, continuant de privilégier le transfert du mode routier vers d’autres modes de transport plus respectueux de l’environnement, tels que les modes ferroviaire et maritime. Les échanges ont principalement porté sur ces deux secteurs et ont permis de mesurer les principales avancées enregistrées depuis le dernier sommet. Un accord sur les Autoroutes de la mer a été signé. S’agissant des interconnexions de transport, les Gouvernements français et espagnol, conscients de la nécessité de poursuivre les efforts engagés, destinés à renforcer la capacité d’interconnexion entre les deux pays, tant dans le domaine gazier qu’électrique, ont constatés les progrès depuis le sommet du 10 janvier 2008, dans l’accompagnement de ces projets d’un intérêt majeur, y compris à l’échelle européenne.
Les principaux enjeux bilatéraux.
Les dossiers majeurs en cours sont les suivants :
La coopération en matière policière (lutte contre le terrorisme de l’ETA, lutte contre l’immigration illégale) et judiciaire (création d’équipes communes d’enquête, casiers judiciaires communs - avec l’Allemagne -, Schengen de la mer - avec l’Italie) est exemplaire. Elle a permis de porter des coups décisifs à l’organisation terroriste ETA, et a abouti à des résultats spectaculaires en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants. Cette coopération s’est aussi exercée dans le cadre de l’opération menée par Frontex aux Canaries contre l’immigration clandestine.
La question des liaisons transpyrénéennes est centrale pour les Espagnols. Elle s’inscrit dans l’objectif de l’UE de favoriser la création d’un réseau trans-européen de transport. L’UE a fixé notamment l’axe ferroviaire à grande vitesse du Sud-Ouest de l’Europe en priorité n°3 et la nouvelle traversée ferroviaire à grande capacité pyrénéenne en priorité n°16. La ligne à grande vitesse sur le corridor Méditerranéen progresse. L’ensemble du projet (contournement de Nîmes et Montpellier), section internationale Perpignan Figueras, liaison Barcelone Figueras devrait être mise en service d’ici 2012 de façon échelonnée. S’agissant du corridor atlantique, l’accord sur une CIG chargée de définir les conditions de construction et d’exploitation de la section internationale de la liaison ferroviaire à grande vitesse euro atlantique a été signée fin janvier 2008. Enfin, la France s’est engagée à lancer les études sur la traversée centrale des Pyrénées par voie ferrée.
L’enseignement du français en Espagne est une priorité, renforcée par la signature le 16 mai 2005 par les 2 ministres de l’Education d’un accord sur les sections bilingues (concrétisant la perspective d’un baccalauréat franco-espagnol). Afin d’endiguer le recul du français notamment dans les communautés frontalières de Catalogne et du Pays basque où il est particulièrement prononcé, l’accord Bachibac, en facilitant les études de jeunes français et espagnols de part et d’autre des Pyrénées, devrait soutenir la promotion de notre langue en Espagne.
La coopération dans le domaine de la recherche et du supérieur s’organise à partir de la déclaration d’intention signée lors du Sommet de 2005. La reconnaissance des diplômes et des grades de l’enseignement supérieur est effective et devrait, comme pour le bachibac, renforcer la coopération dans ce secteur.
La réalisation d’une ligne Très Haute Tension (THT) à l’Est des Pyrénées a été décidé à la Réunion à Haut niveau de Saragosse le 27 juin 2008 et s’est concrétisée en fin d’année 2008 avec la création d’une filiale commune entre les deux gestionnaires de réseau français, Réseau de transport d’électricité (RTE), et espagnol, Red Eléctrica de España (REE). Se fondant sur les conclusions du rapport présenté par le coordonnateur européen, M. Mario MONTI, la ligne très haute tension (THT) respectera les caractéristiques et principes directeurs suivants : la ligne sera totalement souterraine depuis le poste électrique de Baixas jusqu’à celui de Santa Llogaia (près de Figueras), soit sur 65 km (40 km en France, 25 km en Espagne) ; il sera en courant continu, et utilisera autant que possible les infrastructures existantes.
Le Conseil franco-espagnol de défense, réuni pour la seconde fois lors du Sommet franco-espagnol de 2008, marque l’appréciation du rôle que l’Espagne est appelée à jouer en la matière et permettra de renforcer en amont notre coopération, notamment en matière d’armement.
Mise à jour : 01.07.09.
Madrid
Observation le Samedi 21 à 19:00 (heure locale)