Présentation de Cuba

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Cuba

Nature du régime : régime socialiste à parti unique

Chef de l’Etat : Raúl Castro, Président du Conseil d’Etat et du Conseil des Ministres

Données géographiques

Superficie : 110 922 km²

Capitale : La Havane

Villes principales : Santiago de Cuba, Camagüey

Langue officielle : espagnol

Monnaies : Peso cubain et peso convertible (parité fixe par rapport au dollar. Taux de change officiel en comptabilité nationale : 24 CUP (Peso non-convertible) = 1CUC (Peso convertible) = 1,00 US$ = 0,69 € (mai 2011).

Fête nationale : 1er janvier (anniversaire de la révolution de 1959)

Données démographiques

Population : 11,2 millions d’habitants

Densité : 101 h/km²

Croissance démographique : désormais négative, à -0,1 ‰, ce qui va aggraver le problème de vieillissement de la population auquel est confronté le pays.

Espérance de vie : 77,9 ans

Taux d’alphabétisation : 99,8 %

Religion (s) : catholique, santéria

Indice de développement humain(classement PNUD) : 48ème rang sur 179.

Données économiques

PIB (2009) : 65,8 Mds US$

PIB par habitant : 5 854 US$

Taux de croissance : +2% (2010, préliminaire) ; +1,4 %(2009) ; 4,1 % (2008)

Taux de chômage (au sens du BIT) (2009) : 1,7 %

Taux d’inflation (2009) : -0,1% (prix au consommateur en monnaie locale non convertible)

Solde budgétaire : - 3,8% (2010), en amélioration par rapport au -4,95 % (2009)

Balance commerciale : + 3,7 Mds US$ (2010) ;- 6,5 Mds US$ (2009)(Importations : 9 622 M US$, Exportations : 3 109 M US$),

Principaux clients : Canada, Chine, Venezuela, Pays-Bas, Espagne

Principaux fournisseurs : Venezuela, Chine, Espagne, Etats-Unis, Canada, Italie, Brésil, Allemagne

Exportations de la France vers Cuba (2010) : 121 M€ (+ 58%)

Importations françaises depuis Cuba (2010) : 22 M€ (- 15%)

- Le site de la Mission économique à La Havane

Consulat de France : section consulaire de l’Ambassade de France à La Havane

Communauté française à Cuba : 521 immatriculés au 1er janvier 2010

Communauté cubaine en France : 4 000 personnes environ.

Politique intérieure

Fidel Castro, victime de problèmes de santé, a délégué ses pouvoirs à son frère Raul Castro en juillet 2006. Le 24 février 2008, Raul Castro lui a officiellement succédé à la tête de l’Etat. Mais Fidel continue de s’exprimer sur les grandes questions du monde contemporain à travers des « réflexions » publiées par la presse et réapparaît en public depuis août 2010. Raul Castro est devenu également le 19 avril 2011, à l’issue du VIème congrés du PC, le Premier Secrétaire.

Dès sa prise de fonction en 2008, Raul Castro avait annoncé des réformes économiques « structurelles et conceptuelles » destinées à rendre plus efficace et productif le modèle socialiste. On estimait alors à 148000 travailleurs le nombre d’auto-entrepreneurs dans les trois professions (chambres d’hôte, chauffeurs de taxis, salons de beauté et de coiffure) soumises à licence. Le 1er août 2010,Raul Castro annonce le processus de reconversion des « travailleurs excédentaires » du secteur public, qui représenteraient environ 20% de la main d’œuvre, soit plus d’un million de personnes. L’émission de licences pour de nouveaux auto-entrepreneurs (220000 accordées en 6 mois), la création d’un salariat privé et d’un système fiscal adapté à un véritable secteur privé (impôt sur le revenu, impôt sur les ventes, couverture sociale) entrent dans la phase de mise en œuvre. Par ailleurs, pour le secteur de l’économie qui travaille en devises, le Groupe d’Administration Entrepreneuriale, GAESA, administré par des militaires, sert de référence dans la recherche de l’efficacité économique. A diverses reprises, les autorités ont dénoncé les effets pervers de la libreta, le carnet de rationnement, et du double taux de change, appelés à disparaître.

Suite au décès d’un prisonnier politique en grève de la faim le 23 février 2010 et aux répercussions de cette affaire au niveau international, un dialogue est noué en mai entre le Président Raul Castro et le Cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane. Avec l’appui du Vatican et de l’Espagne, un accord pour la libération de 52 prisonniers de conscience, sur les 75 arrêtés lors du « printemps noir » de mars 2003 et condamnés à de lourdes peines, est atteint le 7 juillet. Dans les mois qui suivent, 115 prisonniers politiques sont libérés, dont la plupart choisit l’exil, avec leur famille, en Espagne ; seuls 12 préféreront rester à Cuba. Enfin, des condamnés à mort voient leur peine commuée en prison à perpétuité, tels les Salvadoriens condamnés pour les attentats terroristes dans les hôtels en 1996-97.

Dans les faits, la population reste soumise à un contrôle étroit. Les libertés d’opinion, d’expression, de réunion, d’association et de déplacement continuent d’être sévèrement restreintes, ainsi que l’accès à Internet.

Situation économique

Dans le domaine économique, Cuba est passé au cours des dernières années d’une phase de forte croissance à une situation difficile marquée notamment par le manque de devises. En 2005 et 2006, le PIB s’était accru de 12% et de 7,5% encore en 2007. Cet essor a été soutenu par l’appui vénézuélien, la flambée des prix du nickel, le tourisme, les envois de fonds des Cubains de l’extérieur (estimé à 2 Mds US$ annuels). Mais l’année 2008 aura marqué le début de la période la plus difficile traversée par le pays depuis les années 1990. Entre septembre et novembre, l’île a été frappée de plein fouet par trois ouragans dévastateurs (Gustav, Ike, Paloma) qui ont provoqué des pertes estimées à 10 Mds de US$. Les effets de la crise financière internationale se sont fait sentir ensuite avec la chute des cours du nickel et la baisse des recettes du secteur touristique. Très dépendante à l’égard de ses importations, notamment dans les domaines énergétique et alimentaire, Cuba a dû faire face à de graves difficultés de solvabilité et de liquidités. Courant 2009, La Havane n’a plus été en mesure d’honorer une grande partie de ses engagements extérieurs et a procédé au blocage des transferts des avoirs en devises détenus par des entreprises étrangères, qui ont repris en 2010. Le PIB retrouve en 2010 une petite amélioration, 2%, après le creux de la vague enregistré en 2009, avec seulement 1,4% de taux de croissance.

Les principaux investisseurs étrangers à Cuba, généralement sous forme d’investissements conjoints avec des entreprises d’Etat cubaines, sont : l’Espagne, le Canada, le Venezuela, l’Italie et la France. Dans le cas du Venezuela, il s’agit d’investissements stratégiques dans le domaine de l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures (avec l’entreprise Vencupet, possédée à 60% par la vénézuelienne PDVSA et la raffinerie de Cienfuegos) et minier (avec l’entreprise conjointe Ferroniquel SA, qui exploite le minerai et construit deux raffineries, l’une à Holguin, l’autre au Venezuela pour traiter le minerai cubain). La Chine, avec un projet d’industrie pétrochimique de 6,5 Mds US$ et une aide financière substantielle, devient un partenaire très important.

Politique extérieure

L’Amérique latine et Cuba

Cuba bénéficie de sympathies dans diverses régions du monde et notamment en Amérique latine, où l’île peut compter sur le fort appui du Venezuela et la solidarité politique des autres membres de l’Alba. Les relations avec la Colombie sont dépourvues de contentieux. Après une période difficile sous la Présidence Fox, les relations avec le Mexique se normalisent.

Les visites de Chefs d’Etat latino-américains se succèdent ces dernières années : Equateur, Argentine, Brésil, Panama, Chili, Guatemala, Venezuela, République dominicaine, Honduras, Nicaragua, Bolivie, Paraguay, El Salvador, la plupart des chefs de gouvernement de la CARICOM… les Etats-Unis sont désormais le seul pays américain à ne pas entretenir de relations diplomatiques avec l’île.

Le 3 juin 2009, l’Organisation des Etats américains (OEA) réunie au Honduras, avait approuvé le principe de la réintégration de l’île exclue depuis 1962. La résolution adoptée précisait que la participation de Cuba « sera le fruit d’un processus de dialogue entamé à la demande du gouvernement de Cuba » ; or le gouvernement cubain a fait part de son refus de rejoindre cette Organisation, privilégiant l’intégration au Groupe de Rio, effective fin-2008, ou la nouvelle CELAC.

En dehors de l’Amérique Latine, Cuba entretient des liens économiques et de coopération avec de très nombreux pays, mais principalement la Chine, son deuxième partenaire commercial après le Venezuela, le Canada et le Vietnam. Après une période d’éloignement, elle se rapproche de la Russie.

Les États-Unis et Cuba

La politique américaine à l’égard de Cuba s’inscrit toujours dans le cadre de l’embargo mis en place en 1962 par le Président Kennedy, renforcé en 1992 par la loi Torricelli puis en 1996 par la loi Helms-Burton. Cependant, grâce aux exceptions à cet embargo (Trade Sanctions Reforms and Export Enhancement Act) adoptées en 2000 sous l’Administration Clinton, les Etats-Unis sont devenus un des premiers partenaires commerciaux de l’île notamment en matière de produits agroalimentaires. Durant le mandat de George Bush, l’embargo a été durci par la limitation des voyages des Américains d’origine cubaine sur l’île et la diminution du montant des envois d’argent aux familles restées sur place, que l’administration Obama a progressivement levées.

Ces assouplissements ont constitué un geste de Washington à l’égard de La Havane, qui a de son côté accepté la proposition d’un dialogue politique « sur un pied d’égalité, mais non sur la souveraineté ni sur notre système politique et social (…) ni sur nos sujets internes ». Par ailleurs, des échanges ont été renoués le 14 juillet 2009 à New York autour des questions migratoires, six ans après leur suspension décrétée par l’administration Bush ; trois autres sessions se sont tenues depuis lors, ainsi que sur la question des envois postaux directs. La perspective d’ouvrir Cuba aux touristes américains se précise, depuis la tenue à Cancun en mars 2010 d’une réunion technique entre professionnels américains et représentants du ministère cubain du tourisme ; plusieurs aéroports américains peuvent désormais accueillir des vols charters directs avec Cuba et les restrictions sur plusieurs catégories de visas ont été levées. Les rencontres à haut niveau entre les Etats-Unis et Cuba ne sont plus exceptionnelles, même s’il s’agit en général de discussions limitées à un point particulier, comme une éventuelle action commune en Haïti -qui n’a finalement pas eu lieu- ou le cas Allan Gross.

En dépit de certains signes de rapprochement, le maintien de l’embargo américain vis-à-vis de Cuba, et de ce dernier sur la liste du Département d’Etat des Etats soutenant le terrorisme, reste une source de vives tensions entre les deux pays. La vieille garde des cubains anticastristes de Miami, qui a réussi à l’occasion des mid-term elections de novembre 2010 à envoyer pour la première fois un représentant et un sénateur au Congrès fédéral, maintient la pression sur la Maison-Blanche. Le Président Obama a encore récemment souligné, lors d’un déplacement à Santiago du Chili ou dans un entretien à la chaîne hispanique Univision, les insuffisances de l’ouverture à Cuba.

L’Europe et Cuba

Les relations entre l’Union européenne et Cuba se définissent en référence à la « Position commune » adoptée en 1996 et évaluée chaque année.

Lors de la vague de répression de 2003, l’Union européenne avait pris des mesuresrestrictives (limitation des visites gouvernementales, invitation des dissidents aux fêtes nationales) suspendues en 2005, sans être abrogées. En réaction, les autorités cubaines avaient gelé la coopération avec les gouvernements des Etats membres et avec la Commission. Les Européens n’avaient donc plus, faute de canal politique, les moyens de promouvoir leurs valeurs et leurs intérêts à Cuba.

Le 23 juin 2008, l’Union européenne a décidé d’abroger définitivement ces mesures et d’ouvrir un dialogue politique avec Cuba, sans préalables, portant sur tous les sujets d’intérêt commun, notamment les droits de l’Homme. Le dialogue politique, entretenu lors de réunions ministérielles au format troïka, a été initié le 16 octobre 2008 sous Présidence française de l’Union européenne, et s’est poursuivi : la Haute Représentante de l’UE, Mme Ashton, a reçu à Bruxelles le ministre cubain des affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, le 23 février 2011.

Les autorités cubaines réclament la suppression de la Position commune, qu’elles considèrent comme un obstacle à la normalisation des relations avec l’UE. La modification de la Position commune ne fait pas aujourd’hui l’objet d’un consensus entre les vingt-sept pays de l’Union européenne. Mme Ashton a obtenu du Conseil le mandat d’étudier les modalités d’un accord simplifié entre l’UE et Cuba, qui serait suivi de l’abandon de la Position commune.

S’agissant de la coopération européenne, les crédits mobilisés en 2009 et 2010 ont atteint respectivement 41,5 et 37 M€. Pour la période 2011-2013, le Programme indicatif national élaboré par la Commission prévoit d’affecter 20 M€ d’aide supplémentaire, dans les secteurs de la sécurité alimentaire (10 M€), l’environnement et l’adaptation au changement climatique (7 M€) et au renforcement institutionnel (3 M€).

L’Union européenne est le premier partenaire commercial de La Havane (22 % des échanges commerciaux cubains, 1er rang pour les importations cubaines, 2ème rang pour les exportations), et en son sein, l’Espagne occupe une place prépondérante.

L’Union européenne vote chaque année à l’AGNU en faveur du projet de résolution cubain contre l’embargo américain dont elle rejette la portée extra-territoriale. Cette résolution a rassemblé 187 votes favorables sur 192 votants en 2010.

Mise à jour : 25.05.11

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