Présentation de Cuba

Enseignement supérieur

I- Organisation de l’enseignement supérieur

L’éducation constitue un des choix prioritaires du gouvernement cubain. Il n’est donc pas surprenant d’assister au développement rapide et de grande ampleur de l’enseignement supérieur. Les mêmes principes régissant l’enseignement primaire et secondaire s’appliquent à l’enseignement supérieur : la gratuité et le plein accès pour tous.

L’effondrement du bloc socialiste et la crise économique qui l’a suivi ont durement touché le secteur de l’enseignement supérieur, non seulement en termes de ressources pour les équipements, et les salaires des professeurs, mais aussi parce que Cuba a perdu, avec la disparition du bloc de l’Est, tous ses partenaires de formations doctorales ou post-doctorales (plusieurs dizaines de milliers de Cubains ont obtenu leurs diplômes en URSS ou dans les pays de l’Est, le plus souvent après avoir appris la langue du pays tandis que la coopération avec les pays « occidentaux » était réduite à sa plus simple expression), la plupart de ses gisements d’information et de documentation scientifique, tout son réseau scientifique de congrès, colloques, symposium et autres réunions internationales.

Depuis le début des années 2000, Cuba a donc activement cherché à relancer des coopérations universitaires et scientifiques, tant avec ses voisins (Venezuela, Mexique…) qu’avec les pays de l’Union Européenne (Espagne, Royaume-Uni, France, Italie notamment).

L’enseignement supérieur est organisé autour de plusieurs ministères :

- le MES (Ministère de l’Education Supérieure) est en charge de l’enseignement supérieur, soit des 14 Universités pluridisciplinaires, des centres d’éducation supérieure au niveau municipal et de la plupart des Instituts/Universités Techniques ;
- le MINED (Ministère de l’Education) est en charge des 16 Universités de Sciences Pédagogiques (formation des maîtres et des professeurs de l’enseignement primaire et secondaire) ;
- le MINSAP (Ministère de la Santé Publique), dont dépendent les 21 facultés de Médecine ;
- l’Institut National des Sports pour les Centres de formation de professeurs d’éducation physique et sportive ;
- le MINCULT (Ministère de la Culture) pour les écoles d’Art ;
- le CITMA (Ministère des Sciences, Technologies et Environnement) est en charge de centres de recherches scientifiques auxquels sont rattachés certains doctorants.

Il existe une université pluridisciplinaire dans chaque capitale de province, soit quatorze universités.

Pour l’année 2010-2011, l’île comptait473309 étudiants inscrits en cycle supérieur, dont226 429 en formation initiale (le reste sont des travailleurs inscrits en formation continue), encadrés par 98 588professeurs, dont 65489 à temps plein (Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur, www.mes.edu.cu). Les besoins estimés du pays baissant, le nombre d’étudiants ne cesse de diminuer depuis 2007 ; en 2007-2008, l’île comptait 743979 étudiants, soit plus 270000 étudiants en plus par rapport à 2010-2011.

II- Organisation des études et enseignements dispensés

A partir de l’âge de douze ans, les jeunes Cubains suivent trois années d’enseignement dit "básico", qui correspondent à nos collèges, puis trois années d’enseignement dit "pre-universitario", qui correspondent à nos lycées. Il existe un examen d’entrée à l’Université, basé pour moitié sur les notes obtenues au cours de la scolarité et pour moitié sur les notes obtenues à l’examen d’entrée proprement dit. Il y a pour chaque faculté un nombre déterminé de places par filière, en fonction des besoins estimés du pays ou de la province. Les élèves qui ne réussissent pas le concours sont orientés vers des formations techniques ou technologiques courtes, 2 à 3 ans, sans véritable possibilité de choix de carrière. Certains de ces instituts techniques supérieurs dispensent des formations particulièrement appréciées : informatique, commerce extérieur, design, hôtellerie, comptabilité, mécanique, électricité, etc.

Trois filières d’enseignement supérieur sont proposées :
- une filière technique courte, qui dure deux à trois ans dans des instituts techniques analogues à nos IUT ;
- une filière technique longue, qui dure cinq ans dans des universités polytechniques analogues à nos écoles d’ingénieurs ;
- une filière universitaire longue, qui dure cinq ans dans des Universités de type traditionnel et qui est sanctionnée par une "licenciatura" donnant lieu à la soutenance d’un mémoire dit "tésis de diploma". Les études de médecine durent 6 ans.

Modalités d’apprentissage :
- Cursus rigide : on ne choisit pas ses UV
- 25 à 30 heures de cours par semaine
- présence obligatoire
- spécialisation uniquement pour les deux dernières années
- stages pratiques en entreprise tous les ans

A l’issue de leur licence (5 ans), les étudiants universitaires (ce n’est pas le cas des instituts techniques) se voient offrir une place et une fonction correspondant au niveau et au contenu de leurs études. Ils sont tenus de l’accepter pour la durée de 2 ans pour les hommes et 3 ans pour les femmes, c’est le « service social » par lequel ils sont censés rembourser en partie le coût de leurs études ; ils perçoivent alors un salaire équivalent au salaire moyen (200 pesos cubains par mois soit environ 15 €). Après avoir accompli leur « service social » (etapa de adriestramiento), ils peuvent reprendre leurs études pour une « Maestria », une spécialisation qui dure 2 ans, et/ou un doctorat (3 à 4 ans).

III- Principaux atouts du système d’enseignement supérieur

Malgré les difficultés de tous ordres, l’université cubaine réunit des conditions intellectuelles de formation qui restent parmi les meilleures d’Amérique Latine. La qualité de l’enseignement supérieur à Cuba est globalement reconnue (de l’avis des professeurs d’universités françaises qui conduisent des programmes de coopération avec les universités cubaines) ; toutefois les universités manquent de moyens (locaux et matériels vétustes, accès limité à l’information et aux réseaux internationaux). Cette situation justifie pleinement la politique de recherche d’alliances avec des universités européennes ou latino-américaines. On attend ici qu’elles contribuent, peu ou prou, à l’amélioration progressive des conditions matérielles difficiles que connaît l’enseignement supérieur à Cuba.

Comme l’enseignement supérieur, la recherche, notamment dans le secteur des sciences et de la technologie, est une priorité nationale dans la mesure où elle est perçue comme l’élément clé du développement du pays, développement interne et amélioration de ses capacités d’insertion internationale. Il y a à Cuba une liaison forte entre université et recherche, entre recherche fondamentale, application, production et commercialisation.

L’université est au cœur de la vie de la population. L’interaction est forte entre université et société, grâce par exemple aux relations études-travail (les étudiants réalisent un travail pré professionnel dans les conditions réelles de la production et des services), la formation permanente et la formation en alternance.

Les échanges internationaux dans ce secteur pour les formations pré-doctorales sont cependant pratiquement impossibles. Les jeunes ne peuvent se rendre à l’étranger avant leur doctorat. Ils sont en effet tenus d’effectuer leur « service social » après leur « licenciatura », avant de prétendre à un voyage à l’étranger. Les étudiants étrangers qui souhaitent étudier à Cuba doivent être titulaires d’un baccalauréat ou un diplôme équivalent, avoir un visa et l’obligation de suivre des cours d’espagnol.

En 1999, Cuba a ouvert l’Ecole Latino-américaine de Médecine (ELAM) à destination d’étudiants venant principalement d’Amérique latine, des Caraïbes, et d’Afrique, accueillant actuellement près de 10 000 étudiants en médecine de 55 pays.

IV- Coopérations existantes avec les établissements d’enseignement supérieur

a) français

Les coopérations universitaireet de recherche sont étroitement liées entre la France et Cuba : les conventions sont signées entre universités mais concernent le plus souvent les laboratoires de recherche (français) de celles-ci.

Les coopérations universitaires « pures » concernent les sciences humaines (sciences politiques, gestion, architecture), tandis que les coopérations en recherche concernent l’ensemble des sciences exactes et naturelles (mathématiques appliquées, physique et chimie, informatique, biologie, biotechnologies, océanologie, agronomie).

Le poste soutient des échanges entre 24 centres universitaires et de recherche français (DFA inclus) et les universités cubaines.

La coopération universitaire et scientifique entre la France et Cuba financée par l’ambassade concerne quasi exclusivement la formation de doctorants préparant des thèses en cotutelle (un directeur de recherche français et un cubain, soutenance devant un jury mixte et double reconnaissance du diplôme).

Ci-dessous la liste des coopérations connues de cette ambassade :

IV- Coopérations existantes avec les établissements d’enseignement supérieur

b) d’autres pays, notamment européens

Informations non connues.

Voir sites Internet des ambassades des pays européens à Cuba.

V- Orientation à donner à la coopération universitaire franco-cubaine

La coopération universitaire franco-cubaine est un des axes principaux de ce poste. En privilégiant les domaines d’importance stratégique (les sciences exactes et naturelles, les biotechnologies, l’environnement, l’agriculture, l’économie) qui concernent les problématiques partagées avec les autres pays de la région et les DFA, notre coopération contribue au développement de Cuba et à son intégration régionale.

Cependant, la reprise de la coopération bilatérale (accords signés le 30 novembre dernier) et la prochaine mission des universités françaises à la Havane en février 2012 ouvrent une possibilité d’élargissement de la coopération universitaire au domaine des sciences sociales et humaines très apprécié à Cuba. La diversité de la coopération et le développement des partenariats universitaires existants conduisent ce poste à créer, à l’Alliance Française de La Havane, en 2012 un point permanent d’information sur les études supérieures en France.

VI- Contacts utiles

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur - Service des relations internationales

Raul HERNANDEZ, chef de Bureau des coopérations internacionales - raul-dcc@reduniv.edu.cu

María Victoria VILLAVICENCIO, directrice - maruchy@reduniv.edu.cu

Eliana VELIZ, chef de projets- eliana@reduniv.edu.cu

L’Université de La Havane - Service des relations internationales

Lourdes Alicia DIAZ, directrice - lourdesalicia@rect.uh.cu

Laura MONTEAGUDO, spécialiste des accords avec la France - laurae@rect.uh.cu

Mise à jour le 03.10.11

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