Le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, s’est rendu en Corée du Sud où il a conduit la délégation française au 4e Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide de Busan, les 30 novembre et 1er décembre 2011.
Le Forum de Busan a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement, une centaine de ministres et secrétaires d’État, des représentants d’organisations internationales dont les Secrétaires généraux des Nations unies et de l’OCDE, ainsi que des représentants d’Organisations non gouvernementales et de la société civile, afin d’aborder l’efficacité de l’aide au développement.
Le 4 juin 1886, la France et la Corée ont signé un traité d’amitié et de commerce, marquant ainsi le début de relations diplomatiques qui ne cessent de se densifier. En 2006, les deux pays ont fêté le 120ème anniversaire de leurs relations diplomatiques. A cette occasion, le Premier ministre coréen d’alors s’est rendu en France.
Lors de la guerre de Corée, la France, au sein du Commandement des Nations-Unies, a été solidaire avec la Corée du Sud. Elle a fournit un contingent de plus de 3400 hommes, intégrés aux forces onusiennes, dont près de 300 ont péri au combat.
Le dialogue politique entre les deux pays est soutenu et de qualité. Il se concrétise notamment (1) par des rencontres au plus haut niveau, entre les deux présidents (en marge du Sommet du G20 à Séoul en novembre 2010), (2) par des entretiens entre ministres des Affaires étrangères(visite du ministre à Séoul en 2010), (3) par des consultations politiques régulières au niveau des Secrétaires généraux et des Directeurs politiques des deux Ministères des Affaires étrangères.
Les questions de sécurité se situent au cœur de ce dialogue politique. La France entretient une concertation étroite avec la Corée du Sud au sujet de la non-prolifération nucléaire. L’objectif demeure en particulier la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord, ainsi que l’exigent les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité de l’ONU. La Corée du Sud a été désignée pour accueillir le deuxième sommet sur la sécurité nucléaire, en 2012.
Lors du déplacement du Président de la République à Séoul, le 12 novembre 2010, une solution a été trouvée à la question des manuscrits royaux coréens conservés par la Bibliothèque nationale de France. Ces 297 manuscrits avaient été ramenés en France lors de l’expédition maritime conduite, en 1866, par l’amiral Roze, en représaille à l’exécution de neuf missionnaires français et de plusieurs milliers de chrétiens. La Corée en demandait la retour depuis 1991. Les deux présidents ont publié une déclaration conjointe, aux termes de laquelle la France s’engage à prêter à la Corée les manuscrits pour une durée de cinq ans renouvelable, en échange du retour périodique en France d’une partie de ces manuscrits, lors d’évènements culturels portant sur la Corée, notamment à l’occasion des années culturelles croisées entre les deux pays, en 2015-2016. L’accord intergouvernemental de mise en œuvre de cette déclaration a été signé le 7 février 2011, à Paris. L’ensemble des manuscrits a rejoint le Musée national de Corée en juin 2011.
En mai 2011, le Président LEE Myung-bak s’est rendu en visite officielle à Paris. S’inscrivant dans une dynamique très positive des relations bilatérales entre la France et la Corée, cette visite a notamment vu la publication, le 13 mai, d’une déclaration commune des Présidents français et coréen, affirmant leur volonté de coopérer étroitement pour permettre au G20 d’honorer ses engagements, dans la continuité des avancées permises par le Sommet de Séoul de novembre 2010.
Visiter le site Internet de l’Ambassade de France en Corée : http://www.ambafrance-kr.org/
La Corée du Sud est notre quatrième partenaire commercial en Asie (après la Chine, le Japon et Singapour). La France est le deuxième fournisseur européen de la Corée. Les échanges commerciaux (près de 6 Mds de dollars en 2009) se maintiennent en dépit de la crise économique mondiale. Le potentiel de développement de nos échanges reste encore important, nos parts de marché respectives étant proches de 1%.
La France occupe aujourd’hui le septième rang parmi les investisseurs étrangers en Corée, et probablement le quatrième, s’il on prend en compte les flux qui transitent par des pays tiers (Royaume-Uni, Pays-Bas), avec plus de 2,5 Mds de dollars d’investissements en 2009. En 2010, plus de 200 entreprises françaises sont présentes en Corée. Le train à grande vitesse franco-coréen, le Korean Train Express (KTX), inauguré en avril 2004, constitue une réalisation majeure de notre coopération, de même que le partenariat formé par Eurocopter et la Korean Arespace Industries (KAI) en 2006, pour le programme d’hélicoptères portant notamment sur des hélicoptères de transports, que les deux partenaires souhaitent commercialiser à l’export. En 2010, les quatre plus grands investisseurs français en Corée sont BNP Paribas, Lafarge, Total et Renault.
L’attraction d’investissements coréens en France reste un objectif de long terme. Ils représentent 322 M d’euros en 2009. Parmi les investissements les plus importants, on peut citer l’implantation à Chartres et à Paris du producteur de cosmétiques Amore Pacific, détenteur notamment des parfums Lolita Lempicka, l’implantation, en 2005, en région parisienne (Villepinte) du centre européen de recherche et développement de LG Electronics, et l’acquisition, en 2008, des Chantiers navals de l’Atlantique par la société STX, quatrième constructeur naval mondial (avec une minorité de blocage de 33% détenue par l’Etat français).
Le 6 octobre 2010, l’Union européenne et la Corée ont signé un accord de libre-échange. L’UE est le troisième fournisseur de la Corée, avec près de 30 Mds d’euros d’exportations en 2009. Premier accord de libre-échange conclu par l’UE depuis 8 ans, cet accord, qui doit entrer en vigueur en juillet 2011, vise à supprimer près de 98% des droits à l’importation, ainsi que d’autres barrières commerciales pour les produits manufacturés, les produits agricoles et les services au cours des cinq prochaines années. Il devrait créer de nouveaux débouchés commerciaux pour les biens et les services, évalués à près de 20 Mds d’euros pour l’UE. L’accord couvre également les activités liées au commerce, telles que les marchés publics, les droits de propriété intellectuelle, la réglementation du travail et les questions environnementales.
Visiter le site de la Mission économique en Corée : http://www.dgtpe.fr/se/coree/
Nos relations culturelles, universitaires et scientifiques se développent significativement. Des années culturelles croisées entre la France et la Corée auront lieu en 2015-2016.
Coopération scientifique et technique
La quatrième session de la Commission mixte scientifique et technologique (juin 2009) a mis en évidence la place essentielle de notre coopération scientifique et de recherche. Elle a défini les sciences de la vie et les biotechnologies comme thématiques prioritaires de la coopération entre les deux pays. Parmi les réalisations de projets de coopération les plus emblématiques, on peut citer l’inauguration, en 2004, de l’Institut Pasteur de Corée, créé autour du concept « Du génome au médicament », et la constitution de centres conjoints de recherche en nanophotonique (2006), en physique des particules (2007), en spintronique et dans le domaine de l’imagerie quantique dynamique (2010). Ces réalisations s’inscrivent notamment dans le cadre du Partenariat Hubert Curien (PHC) - STAR, programme franco-coréen lancé en 2003, qui vise à développer les projets de recherche d’excellence en finançant les échanges scientifiques entre des équipes coréennes et françaises. Une trentaine de projets sont soutenus chaque année.
En 2009, un Groupement de recherche international (GDRI) en sciences des matériaux a été créé entre le CNRS et l’université Pierre et Marie Curie-Paris VII, d’une part, et les universités coréennes de Yonsei, Hanyang et Ewha, d’autre part.
En 2010, la France a été l’invitée d’honneur du Festival coréen de la Science (3-8 août), dont le thème est « Science for Dream - Science 4D : Diversity, Dialogue, Dream for another Decade ». Le succès de l’opération devrait déboucher sur la formalisation des partenariats entre la Korea Foundation for the Advancment of Science and Creativity (KOFAC), organisatrice du Festival, et les partenaires français Universcience et « la main à la pâte ».
La France participera à l’Exposition internationale de Yeosu, en 2012, dont le thème est : « Pour des côtes et des océans vivants : diversité des ressources et activités durables ».
Coopération universitaire
Notre coopération universitaire se renforce et s’institutionnalise. Environ 7000 étudiants coréens poursuivent des études en France, faisant de la France le huitième pays d’accueil des étudiants coréens, et le second en Europe, après le Royaume-Uni. Près de 70 000 Coréens apprennent le français en Corée. Un Centre pour les Etudes en France (CEF) a été créé en 2006. Il vise à promouvoir l’enseignement supérieur français, à mener une orientation personnalisée et un suivi individuel de la préparation aux séjours d’études des étudiants coréens. La même année, une chaire d’études coréennes a été créée à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP).
Le 25 mai 2009, 75 écoles d’ingénieurs du réseau « N+i » ont signé un accord-cadre de coopération pour la délivrance de double diplôme de Master en sciences de l’ingénieur, avec six des meilleurs universités coréennes : Seoul National, Hanyang, Sunkyunkwan, Sogang, Inha et Ajou University, réunies au sein du consortium « KECC-KOFRA ». Cet accord permet, dans un premier temps, aux établissements membres de ces consortiums d’accueillir des étudiants pour une durée de trois semestres incluant un stage en laboratoire ou en entreprise. Les deux consortiums envisagent, par ailleurs, de développer les échanges d’enseignants et de chercheurs.
L’accord visa-vacances travail, en vigueur depuis le 1er janvier 2009, permet de dynamiser encore davantage les échanges et la compréhension mutuelle entre les jeunes ressortissants des deux pays.
Relations culturelles
L’ouverture du Centre culturel français à Séoul en 1968 et celle du Centre culturel coréen à Paris en 1980 sont des temps forts dans l’histoire des relations culturelles entre nos deux pays et contribuent à une meilleure connaissance mutuelle.
La France et la Corée sont toutes deux attachées à la défense des identités culturelles. En témoigne l’adoption en 2005 de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, initiative franco-canadienne, avec le soutien de la Corée.
La culture populaire coréenne connaît un succès grandissant à travers le monde. Ce phénomène porte le nom de « Hallyu », ou « vague coréenne ». En France, le cinéma coréen, cinéma dynamique et l’un des rares cinémas à concurrencer sur son propre sol le cinéma américain, connaît un succès sans précédent. Les cinéastes coréens sont à l’honneur dans plusieurs grands festivals de cinéma, notamment Cannes, La Rochelle et Deauville. Parmi les films coréens qui ont eu un retentissement important en France, on peut citer notamment Old Boy et Thirst, du réalisateur Park Chan-wook, qui ont obtenu respectivement le Grand Prix au Festival de Cannes 2004 et le Prix du Jury au Festival de Cannes 2009, Secret Sunshine, du réalisateur Lee Chang-dong, dont l’actrice principale du film, Jeon Do-yeon, a reçu le Prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes 2007, Poetry, du même réalisateur, qui a été récompensé par le Prix du scénario au Festival de Cannes 2010, ou encore Hahaha, de Hong Sang-soo, qui a remporté le Prix Un certain regard du Festival de Cannes 2010.
La mise en valeur de la collection coréenne du musée Guimet (accroissement de la surface d’exposition dans les années 1980, présentation d’environ 1000 pièces), l’inauguration, en 2002, du « Jardin de Séoul » au Jardin d’acclimation du Bois de Boulogne, d’une surface de plus de 4000 m2, l’organisation annuelle, depuis 2006, d’un festival franco-coréen du film, à Paris, l’émergence de nombreux éditeurs lançant des collections coréennes (Actes Sud, Zulma, Seuil, Philippe Picquier, L’Harmattan…) permettent de faire connaître davantage la culture coréenne au public français.
Dans l’autre sens, la littérature française connaît un grand succès en Corée, avec des auteurs maintenant bien établis. La littérature consacrée à la jeunesse rencontre un large écho au sein de la population coréenne. La France, avec 820 titres traduits en Corée figure, en 2008, en quatrième position des titres étrangers, devant l’Allemagne. Elle est l’invitée d’honneur du Salon international du livre de Séoul, en mai 2010. Parmi les auteurs français connus en Corée, on peut citer notamment Bernard Werber, Marc Lévy, Hervé Tullet, Sophie Audouin-Mamikonian, Martin Page, Christine Jordis et J.M.G Le Clézio, dont la quasi-totalité de l’œuvre est traduite en Corée.
Mise à jour : 10.10.11
