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Présentation de l’Union des Comores

Présentation

Données générales

Nom officiel : Union des Comores
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’État et du gouvernement : Ikililou Dhoinine, élu le 26 décembre 2010, en fonction depuis le 26 mai 2011

Données géographiques

Superficie : 1862 km2
Capitale : Moroni
Villes principales : Moroni, Moutsamoudou, Fomboni
Langues officielles : comorien, français, arabe
Langues courantes : comorien, français
Monnaie : franc comorien (492 FC = 1€, taux fixe, zone franc)
Fête nationale : 6 juillet (indépendance en 1975)

Données démographiques

Population : 735 000 (Banque mondiale, 2014)
Densité : 390 habitants/km2
Croissance démographique : 2,49 % (PNUD, 2011)
Espérance de vie à la naissance : 61,1 ans (PNUD, 2011)
Taux d’alphabétisation (en % de la population de plus de 15 ans) : 74,9 % (PNUD, 2011)
Religions : islam sunnite (98%), catholicisme (2%), récent renouveau du chiisme
Indice de développement humain : 162e sur 187 pays (PNUD 2014) – 31e sur 52 pays africains à l’Indice de gouvernance Mo Ibrahim 2011

Données économiques

PIB (2013) : 657,3 M$ (Banque mondiale)
PIB par habitant : 894 $ en 2013

Taux de croissance (2013) : 3,5 % (prévision : +4% entre 2014 et 2017)
Taux de chômage (au sens du BIT) : 7%
Taux d’inflation : 3,5% (FMI)
Solde budgétaire (2013) : déficit budgétaire de 1,2 % du PIB (FMI)
Balance commerciale (2012) : déficit de 180M$ (EIU)

Principaux clients : la France est l’un des principaux acheteurs, aux côtés de la Turquie et de Singapour (EIU, 2011)
Principaux fournisseurs : la France est le partenaire commercial le plus important des Comores, aux côtés du Pakistan et des Émirats arabes unis (EIU, 2011)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 30 %
  • industrie : 14 %
  • services : 47 %

Exportations de la France vers les Comores : 28 M€ (chiffres douanes françaises 2014)
Importations françaises depuis les Comores : 5 M€ (chiffres douanes françaises 2014)
Section consulaire à Moroni (Grande Comore) ; antenne consulaire à Moutsamoudou (Anjouan)
Communauté française aux Comores : 5513 inscrits sur les listes consulaires, dont 3531 possèdent également la nationalité comorienne.
Communauté comorienne en France : entre 150.000 et 300.000 selon les estimations, dont entre 50.000 et 100.000 à Mayotte.

Politique intérieure

Avec le soutien de la communauté internationale, les Comores ont pu échapper à une nouvelle crise séparatiste en 2009, à la suite de la révision de la constitution par le président Sambi. Cette révision, qui prévoyait un allongement du mandat présidentiel de quatre à cinq ans, a été perçue par les habitants des îles de Grande Comore et de Mohéli comme un moyen, pour le président Sambi, originaire de l’île d’Anjouan, de se maintenir au pouvoir.

Les élections de fin 2010 (7 novembre et 26 décembre) se sont tenus dans le calme. Les équipes d’observateurs internationaux ont déploré des irrégularités mais ont reconnu la victoire d’Ikililou Dhoinine, candidat de la « Mouvance présidentielle », parti politique du président sortant.

Les élections des gouverneurs des îles, organisées en même temps que les présidentielles, ont débouché sur la victoire de l’opposition à Mohéli (gouverneur Mohamed Ali Said) et de la Mouvance présidentielle à Grande Comore et Anjouan (respectivement gouverneurs Mouigni Baraka et Anissi Chamsidine).

Ikililou Dhoinine a accepté de ne prendre ses fonctions qu’à partir du 26 mai 2011 (soit six mois après son élection), validant ainsi, dans les faits, la prolongation de mandat à laquelle le président sortant aspirait. Un nouveau gouvernement entièrement renouvelé a été nommé le 30 mai et le président a annoncé ses priorités pour le pays : développement économique, lutte contre la corruption, dialogue avec les Mahorais.

Une tentative de déstabilisation a été déjouée le 20 avril 2013. Ses responsables présumés ont été arrêtés et incarcérés.

À un an du terme de son mandat (les prochaines élections sont prévues en 2016), le président Ikililou Dhoinine a définitivement pris ses distances avec son prédécesseur, comme l’ont confirmé les remaniements ministériels du 13 juillet 2013 puis du 27 avril 2015.

• Par ailleurs, le développement d’un islam radical, via notamment des réseaux wahhabites et salafistes, ne laisse pas d’inquièter les autorités. Le président comorien a réagi en promulguant début 2013 une loi encadrant la pratique religieuse. Le sunnisme et le chafiisme ont été érigés en doctrine et rite officiels. On observe depuis quelque temps de fréquents séjours aux Comores de prédicateurs originaires du Pakistan, du Yémen et d’Arabie saoudite, tandis que de nombreuses mosquées et écoles coraniques voient le jour avec le soutien du Qatar, de l’Arabie saoudite ou de l’Iran.

• Les élections harmonisées des députés, conseillers des îles et conseillers municipaux, ont eu lieu les 25 janvier et 13 février 2015. Malgré de nombreux incidents, les observateurs internationaux (OIF, UA et Ligue arabe) et nationaux ont jugé le bilan général satisfaisant.

• Les résultats traduisent une nette progression de l’opposition sambiste (parti Juwa), qui toutefois n’obtient pas une majorité suffisante à l’Assemblée pour modifier la constitution. L’enjeu essentiel de la vie politique comorienne demeure l’élection présidentielle prévue en 2016. Fort de ses récents succès électoraux et disposant de moyens financiers, l’ancien président Sambi affiche clairement ses ambitions pour 2016, alors même qu’un principe de rotation entre les îles est dans l’esprit de la Consitution. Il constituerait un adversaire de poids face à un candidat du parti du gouvernement actuel, confronté à une grave montée des tensions sociales.

Situation économique

La situation économique des Comores reste très précaire. Le pays fait partie de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), 45% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les Comores figurent au 160e rang sur 188 en termes d’indice de développement humain. Le pays est structurellement dépendant des financements extérieurs, essentiellement assurés par les transferts (20% du PIB) de la diaspora comorienne résidant majoritairement en France, et par l’aide des bailleurs. Le pays dispose de peu de ressources naturelles et son développement économique se heurte à l’étroitesse de son marché.

Compte tenu de la faiblesse de ses ressources propres, l’État comorien doit faire appel aux appuis budgétaires de la communauté internationale. Le Qatar a par exemple accordé à Moroni une aide budgétaire de 20M$ (14M€) en mai 2010. Les Comores ont également signé un accord de coopération économique et technique avec la Chine en décembre 2012 pour un montant de 10M€. La France a accordé fin 2012 une aide budgétaire globale de 3M€ destinée au financement partiel du programme économique et financier et affectée à des dépenses additionnelles de lutte contre la pauvreté (santé, emploi).

Les Conseils d’administration du FMI et de la Banque mondiale ont approuvé, respectivement les 17 et 20 décembre 2012, l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Cette décision a ouvert la voie à des annulations de dette significatives (176 M$ au titre de l’initiatives PPTE et allégement de la dette multilatérale). Malgré les progrès récemment réalisés en matière de gestion macroéconomique et de réduction de la pauvreté, les deux conseils d’administration ont souligné l’importance de poursuivre les réformes structurelles et de maintenir une politique d’endettement très prudente afin d’assurer la viabilité financière et une croissance inclusive.

Mais la signature fin 2013 d’un prêt de 31 M$ faiblement concessionnel avec la Chine, sans information préalable des bailleurs traditionnels, doublant un prêt déjà accordé en septembre 2013 par la Banque mondiale, aggrave les effets du prêt indien de 41 M$ déjà signé dans des conditions similaires fin 2012, juste après l’obtention de l’IPPTE. La rapidité du réendettement du pays inquiéte les institutions financières internationales alors même que des arriérés de paiements sur le service de la dette extérieure ont été enregistrés en 2013.

En juillet 2014, la France a signé une convention de don soutien financier exceptionnel de 489 358 € qui permet l’apurement définitif de la dette postale des Comores, qui s’élevait à 4,9 M€. Cette opération s’inscrit dans le cadre du processus de traitement de la dette au sein du Club de Paris qui a abouti à l’annulation de la dette des Comores pour un montant de plus de 4 milliards FC.

Lors de sa visite à Moroni en août 2014, le président de la République, a rappelé les annulations de dette des Comores consenties depuis 2012 afin de contribuer à l’assainissement de la situation budgétaire du pays.

Politique extérieure

L’Union des Comores appartient à l’Organisation de la Conférence islamique et à la Ligue arabe. Elle fait partie du COMESA et de la Commission de l’océan Indien (COI), dont elle a exercé la présidence de janvier 2013 à avril 2014. Moroni a accueilli le Conseil des ministres de la COI en avril 2014 et le IVe sommet des chefs d’État et de gouvernement de la COI en août 2014. Le prochain Conseil des Ministres de la COI est prévu le 20 mai 2015 à Tananarive.

Entre 2006 et 2011, le président Sambi a développé des relations avec les pays arabes (Arabie saoudite, Émirats, Koweït, Libye) et l’Iran, concrétisées par une visite du président Ahmadinejad à Moroni en 2009, la signature de plusieurs accords de coopération et l’amorce d’une coopération militaire. Nouveau partenaire des Comores, le Qatar a organisé en mars 2010 une conférence pour leur développement au cours de laquelle plus de 450M€ de dons ont été promis par les bailleurs du Golfe.

Les relations avec la Chine se sont développées depuis l’indépendance : construction du Palais du Peuple, appui dans le secteur de la santé, actions de formation professionnelle, aide à l’apurement du déficit budgétaire dans le cadre des négociations avec le FMI et prêt de 22 millions d’euros accordé le 14 décembre 2009 par China Exim Bank.

En juin 2002, après les accords de Fomboni, la France a soutenu la reprise de la coopération de l’Union européenne. L’enveloppe prévisionnelle du 11e FED pour les Comores pour la période 2014-2020 s’élève à 68M€, avec 3 secteurs de concentration : la gouvernance (élections, justice, finances publiques), transport (projet portuaire pour 2016), formation technique et professionnelle.

L’Union européenne, qui avait fermé sa représentation à Moroni en 2002, y a ouvert un nouveau bureau fin 2011.

L’Union des Comores bénéficie d’une aide extérieure importante. La France arrive en tête des bailleurs. Elle est suivie par l’Union européenne. Toutefois, des évolutions sensibles sont en cours : accroissement des concours multilatéraux, inversion de tendance parmi les soutiens bilatéraux avec la montée en puissance de nouveaux pays. La restauration de liens de confiance avec le FMI sera un facteur essentiel à moyen terme.

Mise à jour : 18.05.15

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