Nom officiel : République de Colombie
Superficie : 1038700 km² (deux fois la surface de la France métropolitaine)
Capitale : Bogota (près de 8 M d’hab.), à 2560 mètres d’altitude
Villes principales : Medellin (2, 22 M), Cali (2, 1 M), Barranquilla (1, 1 M)
Langue officielle : espagnol
Langue (s) courante(s) : environ 85 langues autochtones (guahibo, guambiano, arhuaco, inga, tucano, etc.)
Monnaie : peso colombien
Fête nationale : 20 Juillet, jour de l’Indépendance
Population : 45 millions, urbaine à 77%
Densité : 38 hab/km²
Croissance démographique : 1%
Espérance de vie : 72,5 ans (hommes : 68,7 ans ; femmes : 76,5 ans)
Taux d’alphabétisation : 94%
Religion : catholicisme (95%)
Indice de développement humain : 0,8 (77e rang mondial)
Coefficient de Gini : 0,58
Part de la population vivant avec moins de 2 $ par jour : 17,8%
PIB (2009) : 235 Md $ (secteur agricole 9% ; secteur industriel 38, 1% ; services 52,9%)
PIB par habitant (2009) : 5389 $
Taux de croissance PIB (2010 est.) : 4,5% (2009 : 0,4%)
Taux d’inflation (2010) : 3,8% (2009 : 2% - estimation 2011 : 3,4%)
Taux de chômage (2010) : 12,5 %
Solde budgétaire (2010) : - 4,5%
Balance commerciale (2009) : - 82 Md $
Principaux clients (2010) : Etats-Unis (39,2%), Chine, Union européenne (14,3%), Venezuela (12,3%),
Principaux fournisseurs (2010) : Etats-Unis (25%), Chine (13,4%), Mexique (9,4%)
Compétitivité : 41e pays le plus compétitif au monde et 3e en Amérique latine, après le Chili et le Pérou.
Principaux postes commerciaux (2010) :
Exports : Mines et hydrocarbures (42%), Agroalimentaire (11,7%), Agriculture (6%)
Imports : Matières premières pour l’industrie (35.72%), biens d’équipements pour l’industrie (21.52%), biens de consommation (19.9%)
Stock français d’IDE (2009) : 592 M$ (4ème rang)
Flux d’IDE (2009) : 113 M$
Exportations de la France vers la Colombie (2010) : 586 M EUR (7ème fournisseur)
Importations françaises depuis la Colombie (2010) : 404 M EUR (25ème client)
Consulat de France : section consulaire auprès de l’ambassade seulement
Communauté française en Colombie : 3800 inscrits au registre des Français
Liens utiles :
Constitution : la Colombie, l’une des plus vieilles démocraties du continent, connaît un régime relativement stable (malgré les nombreux épisodes de violence) depuis son indépendance, il y a 173 ans. Il s’agit d’un régime présidentiel (Constitution de 1991), basé sur une forte séparation des pouvoirs et largement inspiré du modèle américain, tout en introduisant des éléments de régime parlementaire.
Pouvoir exécutif : Le président de la République et le vice-président sont élus au suffrage universel pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois depuis la réforme constitutionnelle de 2006. Le président de la République cumule les fonctions de chef de l’État, de chef du gouvernement et d’autorité administrative suprême.
Pouvoir législatif : il est exercé par un Congrès bicaméral comprenant un Sénat de 102 membres et une Chambre des représentants de 166 membres élus pour quatre ans (2006-2010).
Pouvoir judiciaire : il est organisé sur le modèle français avec des spécificités qui lui sont propres et, notamment, l’existence d’un Ministère public autonome, le Fiscal général, nommé par la Cour suprême à partir de trois candidats proposés par le président de la République. Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour suprême de justice, la Cour constitutionnelle et le Conseil d’État. Les juges jouissent d’une grande indépendance.
Élu en 2002, le Président Uribe aura mené au cours de ses deux mandats une ferme politique de lutte contre les groupes armés illégaux (guérillas et paramilitaires). La politique de « sécurité démocratique » a porté ses fruits, changé le pays et redonné l’espoir aux Colombiens en des jours meilleurs. Il est parvenu à une démobilisation massive des groupes paramilitaires (au moins 30.000 combattants), faisant baisser le niveau de violence, et à repousser les Farc vers les zones périphériques du pays. Face aux violations des droits de l’Homme, l’État colombien a toujours été soucieux de répondre aux critiques et a entrepris diverses actions positives : examen périodique universel à la Commission des droits de l’Homme de l’ONU, instauration d’un dialogue formel sur les droits de l’Homme entre l’Union européenne et la Colombie (sous présidence française de l’UE), levée de la réserve au statut de la Cour pénale internationale s’agissant des crimes de guerre (1er novembre 2009), renouvellement du mandat du Haut commissariat aux droits de l’Homme.
Ancien ministre de la Défense du président Uribe, présenté comme son héritier, élu en juin 2010 avec près de 69% des voix (contre 27,5% pour son rival, l’ancien maire de Bogota, Antanas Mockus), Juan Manuel Santos a imprimé, dès son investiture le 7 août 2010, un nouveau cours à la politique colombienne. Il exprime la volonté de s’attaquer aux maux endémiques du pays (violence, inégalités) en imposant le concept de « prospérité démocratique », là où Alvaro Uribe parlait de « sécurité démocratique ». Il s’est ainsi démarqué de son prédécesseur en mettant l’accent sur les droits de l’Homme et en reconnaissant le conflit armé interne, que le Président Uribe refusait de qualifier ainsi. Symbole de cette nouvelle orientation, la loi sur la réparation des victimes du conflit et la restitution des terres (entre 3 et 4 millions de personnes sont concernées), approuvée par le Congrès en juin, a pour objectif de rendre les terres spoliées aux paysans au cours du conflit, du fait de la guérilla ou des paramilitaires. Le Président Santos entend également mettre l’accent sur l’emploi et les questions sociales. Il a promis de faire reculer le chômage, lutter contre l’emploi informel, investir dans la construction de logements sociaux (notamment pour les populations déplacées), entamer une réforme du système de santé et présenter une loi sur le premier emploi. Le Président Santos compte sur les ressources naturelles et une réforme des royalties issues de leur exploitation pour financer ces réformes.
Parallèlement, il reste partisan d’une ligne dure contre les Farc et il a obtenu un succès majeur en septembre 2010 avec l’élimination au cours du bombardement de son campement du chef militaire de la guérilla, « Mono Jojoy ». Toutefois, même affaiblies, les Farc gardent des capacités opérationnelles et sont loin d’être vaincues. Juan Manuel Santos leur réclame des « faits de paix » (libération de la totalité des otages, respect du droit international humanitaire, fin des actes terroristes) pour entamer un dialogue.
La Colombie a été confrontée à la fin de l’année 2010 et au début de l’année 2011 à des phénomènes météorologiques inhabituels (puissance exceptionnelle de La Niña) qui ont provoqué une situation dramatique dans plusieurs départements, peu relayée au niveau international : inondations dans les départements côtiers, essentiellement dans la région Caraïbe, éboulements et effondrements dans les zones de sierras. 28 des 32 départements colombiens ont été touchés et déclarés en état de catastrophe naturelle. Plus de 2,2 millions de personnes en ont été victimes, dont plus de 300 tués, et plus de 300 000 logements ont été détruits ou endommagés. Les dégâts sont estimés par le gouvernement à plus de 5 Mds USD.
La Colombie est le premier pays producteur de cocaïne au monde (estimation de l’ordre de 350 tonnes en 2010, soit une baisse de -19% de la production). En 2010, les données fournies par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) font apparaître une baisse de 15% des cultures de coca sur le territoire colombien, avec une surface totale de 62 000 hectares, son niveau historiquement le plus bas depuis les années 1990. L’ONUDC attribue cette baisse à l’action des pouvoirs publics. Ce sont dans les départements les plus concernés par la présence de groupes armés illégaux (Caqueta, Guaviare et Cordoba) que la production parvient à se maintenir, voire à augmenter. Les Etats-Unis et l’Europe continuent d’être les principales destinations des exportations de cocaïne, toutefois, on note un accroissement de la consommation dans les pays d’Amérique latine.
Grâce à la taille de son marché, 45 millions d’habitants, l’ampleur de ses ressources naturelles (émeraudes, café, pétrole, charbon notamment) et une réputation historique de débiteur exemplaire (le seul pays du continent à n’avoir jamais demandé de renégociation de dettes), la Colombie connaît depuis de longues années une croissance forte (moyenne de 3% durant les trente dernières années) et s’est dotée de solides fondamentaux macroéconomiques. Elle a ainsi traversé la crise de 2008-2009 sans dommages majeurs et le taux de croissance a été de 4,5% en 2010. Le Président Santos a opté pour la poursuite de la politique « orthodoxe » suivie par son prédécesseur mais il est déterminé à accélérer les réformes structurelles afin de préparer l’adhésion du pays à l’OCDE et favoriser les investissements étrangers. Bénéficiant d’une très forte popularité, le gouvernement a l’ambition de restaurer, à moyen terme (en 2014), la « soutenabilité » des finances publiques (encadrement du solde budgétaire) et de modifier l’utilisation des royalties issues de l’extraction des matières premières afin de mettre à disposition de l’Etat une partie substantielle de ces ressources, aujourd’hui gérées par les collectivités locales productrices. Reconnaissant les lacunes du pays en termes d’infrastructures dans un contexte de fort dynamisme du marché domestique, le Président Santos a annoncé la création d’un « plan d’infrastructures pour la prospérité » sur les dix prochaines années.
Dans ce contexte de stabilité économique, les investissements directs à l’étranger (IDE) ont enregistré une progression importante, également favorisés par l’existence d’un cadre juridique très attractif (de 2 Md $ en 2002 à 7 Md $ en 2009). Depuis plusieurs années, le gouvernement cherche à réduire la vulnérabilité externe du pays, grâce à une politique de consolidation de la dette publique et d’accumulation de réserves internationales (24,8 Md $ en 2009). Les projets de développement des secteurs-clés des hydrocarbures (soutenu par des découvertes récentes permettant actuellement une production de 900 000 barils/j) et des mines sont les cibles les plus prisées des étrangers.
Le commerce extérieur représente environ 20% du PIB. La Colombie souhaite accélérer son insertion dans le commerce mondial (intégration régionale au sein de la Communauté andine des nations ; accord avec le Chili ; négociation d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et la Colombie, dont le texte a été approuvé au Sommet de Madrid le 18 mai dernier, et qui doit désormais être approuvé par le Parlement Européen, puis, ratifié par chacun des 27 Parlements nationaux). Le pays a pu compenser, au moins partiellement, les pertes liées à la réduction drastique des quotas d’importations de produits colombiens que le Venezuela avait décidée à la suite des tensions politiques entre Bogota et Caracas (en 2009, la chute des ventes a été de 70% par rapport à 2008). La récente « normalisation » des relations diplomatiques devrait améliorer la situation.
Le niveau de pauvreté reste élevé (45%) ainsi que celui d’indigence (17,5%), notamment en raison de l’existence de plus de 3 millions de personnes déplacées du fait de la violence. En outre, le taux de chômage est structurellement élevé en Colombie (12%) et l’emploi informel concerne plus de 40% de la population active. Le coefficient de Gini (0,58 en 2008), parmi les plus hauts d’Amérique latine, est resté stable malgré la croissance soutenue des dernières années. Le président Santos s’est engagé à s’attaquer à cette situation mais une telle politique ne pourra être mise en œuvre qu’au prix d’une augmentation des dépenses de l’Etat, alors que le Président a annoncé pendant la campagne qu’il n’augmenterait pas les impôts : il compte en grande partie sur les ressources minières et en hydrocarbures de la Colombie et une réforme des royalties issues de leur exploitation.
Le Président Santos entend désormais donner davantage de poids à l’action diplomatique, après des années durant lesquelles les préoccupations sécuritaires cantonnaient le pays à une relation quasi-exclusive avec les Etats-Unis. La Colombie souhaite s’affirmer sur la scène internationale, élargir ses horizons sur les grands thèmes globaux (mondialisation, climat, environnement, aide au développement) et donner une image plus positive. L’ambition de la Colombie d’adhérer à l’OCDE va dans ce sens. Son élection à un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2011-2012 permettra également de donner à son action diplomatique une nouvelle dimension. En outre, la Colombie se montre particulièrement active sur les questions de changement climatique : elle a organisé à Carthagène en mars dernier une conférence réunissant les pays favorables (« like-minded ») à l’accord de Copenhague et a participé à Paris à la réunion ministérielle sur les grands bassins forestiers. Vu de Bogota, le rapprochement avec l’Europe est souhaité, non seulement comme partenaire économique, mais aussi sur le plan politique. L’accord de libre échange UE/Colombie a été signé en mai 2010 au Sommet de Madrid.
Les Etats-Unis demeurent malgré tout un allié privilégié et le principal soutien de la Colombie. Le TLC est actuellement examiné par le Congrès américain et les Etats-Unis continuent d’apporter une aide substantielle à la Colombie via le « Plan Colombie ».
Le nouveau Président s’est engagé à plus s’investir dans les politiques d’intégration régionale, en particulier au sein de l’UNASUR et de l’OEA, et a multiplié les appels à l’apaisement et au dialogue. La normalisation des relations avec l’Equateur est intervenue à la fin du mois de décembre 2010. S’agissant du Venezuela, avec qui les relations sont historiquement mouvementées, l’arrivée du Président Santos au pouvoir a marqué un changement de cap et les relations diplomatiques, économiques et commerciales ont été rétablies entre les deux pays. La Colombie cherche par ailleurs à développer ses relations avec l’Asie Pacifique (l’Alliance du Pacifique lancée en avril 2011 à Lima par la Colombie, le Pérou, le Chili et le Mexique) et pourrait rechercher une adhésion à l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique).