À la suite des graves incidents qui se sont produits au Sichuan lundi, la France exprime sa profonde préoccupation face aux récents événements dans les régions tibétaines de Chine.
Sommaire
La reconnaissance de la Chine populaire le 27 janvier 1964 a constitué le point de départ des relations officielles entre la République populaire de Chine et la République Française. La France a ainsi été le premier grand pays occidental à nommer à Pékin un ambassadeur de plein exercice. La relation franco-chinoise est qualifiée de « partenariat global » depuis la déclaration conjointe du 16 mai 1997. Cette décision stratégique prise par la France en 1997, confirmée à chaque rencontre bilatérale de haut niveau, repose sur la conviction qu’un dialogue confiant avec la Chine est de nature à favoriser l’évolution du pays vers davantage de stabilité, de croissance et de liberté. La Chine est désormais un acteur incontournable qui pèse sur tous les équilibres mondiaux, qu’ils soient écologiques, économiques ou financiers. Il est donc important pour la France de travailler avec la Chine sur un pied d’égalité et en véritable partenaire.
Le partenariat global stratégique franco-chinois est nourri par un flux dense de visites bilatérales de haut niveau. Les Chefs d’Etat ont effectué des visites d’Etat croisées en 2010 : le Président de la République s’est rendu en Chine en avril 2010, pour l’ouverture de l’Exposition universelle de Shanghai, et M. Hu Jintao s’est rendu en France en novembre 2010.
L’année 2011 a poursuivi cet élan donné au dialogue politique, stimulé par la présidence française du G20 qui a tenu à associer spécifiquement la Chine, partenaire essentiel, à ses principales priorités. Le Président de la République a ainsi inauguré en mars 2011 le séminaire de Nankin sur la réforme du système monétaire international destiné à promouvoir les convergences de vues sur cette priorité de la présidence française. La visite en France du Président chinois pour le sommet de Cannes a conclu cette séquence bilatérale et multilatérale exceptionnelle. Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, a également effectué une visite en Chine en septembre 2011, à l’invitation de son homologue chinois, M. Yang Jiechi.
Ce dialogue politique intense a permis un développement sans précédent de la relation franco-chinoise depuis 2010. Les chefs d’Etat ont tracé, avec la déclaration conjointe du 4 novembre 2010, les grandes orientations de la relation bilatérale. La coordination sur les grands sujets internationaux et globaux (changement climatique, gouvernance économique et monétaire mondiale, crises régionales) est au cœur des échanges politiques franco-chinois. Cette coordination permet de mettre à profit nos convergences dans les grandes enceintes internationales et d’approfondir nos discussions sur nos points de divergence.
Les partenariats industriels structurants ont connu d’importantes avancées, notamment dans les secteurs de l’aéronautique et du nucléaire civil. Ces partenariats, situés au cœur de la relation bilatérale et suivis au plus haut niveau, montrent que les deux parties dépassent désormais la simple relation de « client-fournisseur ». Ces coopérations sont conduites sur la base des principes de réciprocité et de bénéfices mutuels. La relation franco-chinoise se développe également dans de nouveaux domaines prometteurs, comme l’environnement et le développement durable, l’agro-alimentaire et les services financiers. Les chefs d’Etat ont également pris la décision d’approfondir les échanges humains entre la France et la Chine, en décidant l’organisation en 2011 d’une année de promotion du français en Chine et du chinois en France.
Notre relation économique et commerciale avec la Chine est marquée par un fort déséquilibre. Même si nos exportations ont été très dynamiques en 2010 (augmentation de 37,5% par rapport à 2009, à 11 milliards d’euros), elles n’ont pas suffi pas à contenir la hausse des importations. En conséquence, le déficit commercial a atteint un nouveau record en 2010 à 25,9 milliards d’euros, et devrait s’établir au même niveau en 2011. Les échanges incluant Hong Kong améliorent sensiblement les résultats du commerce bilatéral (déficit ramené à 22,1 milliards d’euros), sans en altérer le constat final : la Chine est, devant l’Allemagne, notre premier déficit commercial bilatéral. Par ailleurs, notre part de marché en Chine (données chinoises) a reculé légèrement en 2009-2010 aux alentours de 1,3% (1,38%, en 2008) contre environ 4,85% pour l’Allemagne, 0,85% pour le Royaume-Uni et 1,03% pour l’Italie. La Chine est notre 5e fournisseur (devant les Etats-Unis et le Royaume-Uni) et détient une part de marché en France de 6,5% (chiffre de 2008), avec des pointes sur les marchés de l’habillement et du cuir, où elle se place au premier rang avec une part de 29,3%, et de l’électronique (21,9%).
Cette évolution contrastée de notre commerce bilatéral ne doit pas faire oublier les nombreux succès enregistrés par les entreprises françaises en Chine et les perspectives encourageantes données par les nouveaux secteurs de coopération économique (environnement et développement durable, secteur financier, agro-alimentaire…). Notre présence économique et commerciale dans le pays s’appuie sur près de 1400 entreprises françaises.
Les "grands contrats" continuent d’occuper une place importante dans nos relations économiques bilatérales, à l’image des succès remportés par Airbus, Eurocopter ou, dans le domaine du nucléaire civil, par Areva. La coopération franco-chinoise dans le domaine nucléaire est l’illustration d’un partenariat industriel de long terme que la France et la Chine ont su bâtir. Ce partenariat a été à nouveau renforcé en 2010 par la décision des chefs d’Etat d’établir un partenariat global couvrant l’ensemble des étapes du cycle du combustible nucléaire. Depuis plus de vingt ans, l’industrie française (AREVA, Alstom, EDF) a pris une part prépondérante dans la réalisation d’un parc de centrales nucléaires civiles chinoises (centrales de Daya Bay, Ling Ao). La construction de deux centrales EPR à Taishan a permis de renforcer ce partenariat dans la durée. Notre coopération historique avec la Chine dans ce domaine s’appuie sur l’excellence de l’offre française, tant en terme de performances que de sécurité des installations. La sûreté est l’un des piliers de cette coopération.
Les investissements des entreprises françaises en Chine passent notamment par la réalisation de sociétés conjointes. En avril 2011, Alstom a annoncé la constitution d’une nouvelle co-entreprise avec Shanghai Electric Company dans le secteur de la production d’électricité, complétant ses alliances avec des partenaires chinois dans le secteur des transports terrestres. Bien d’autres entreprises françaises se sont lancées dans de tels partenariats, à l’image de Michelin, Veolia, Citroën ou Lafarge. Les investissements des entreprises françaises en Chine constituent ainsi une composante de plus en plus importante de notre relation économique bilatérale.
La présence des investissements chinois en France est encore modeste mais en forte progression d’année en année. Ils ne représentent aujourd’hui qu’un stock de 375 millions d’euros et emploient près de 9000 personnes. La France souhaite promouvoir et accompagner le développement des investissements chinois mutuellement bénéfiques et créateurs d’emplois.
Coopération scientifique et technologique
La coopération scientifique et technologique, encadrée par l’accord intergouvernemental du 21 octobre 1978, est aujourd’hui centrée sur plusieurs domaines prioritaires que la XIIIème Commission mixte franco-chinoise sur la coopération scientifique et technologique a définis en mai 2011 (développement durable, biodiversité et gestion de l’eau, énergie, sciences de la vie, etc). Elle est également caractérisée par un accord de coopération en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses émergentes signé entre les gouvernements français et chinois en 2004. L’Institut Pasteur de Shanghai, lancé en collaboration avec l’Académie des Sciences de Chine, a été inauguré à cette occasion. Il constitue, avec le Laboratoire franco-chinois d’Informatique, d’Automatique et de Mathématiques Appliquées (LIAMA) situé à Pékin et fruit d’un partenariat entre l’Académie des Sciences de Chine et l’INRIA, des modèles d’excellence pour la recherche.
Coopération culturelle et artistique
Dans le domaine des échanges artistiques et culturels, le festival artistique annuel « Croisements » qui, depuis 2006, pérennise le succès des années culturelles croisées de 2004 et 2005, permet d’approfondir la connaissance de nos cultures et d’offrir d’une image renouvelée de la France, faite non seulement de culture et d’arts mais également de modernité et de technologie. Rassemblant plus de 500000 spectateurs en 2011, la sixième édition, inaugurée le 7 avril par M. Xavier Darcos, Directeur de l’Institut Français, a vu 64 évènements se tenir dans 23 villes chinoises mettant à l’honneur la musique baroque, le nouveau cirque, les arts de la rue ainsi que les arts numériques.
Coopération universitaire et linguistique
Dans le domaine universitaire, un programme conséquent de bourses du gouvernement français, comme le programme « France Excellence », l’ouverture de filières de formation d’excellence en partenariat, tels que l’École centrale de Pékin ou le collège aéronautique sino-européen de Tianjin, et la conclusion de nouveaux partenariats devraient être les moteurs de croissance des échanges éducatifs franco-chinois dans les prochaines années. En l’espace de dix ans, le nombre d’étudiants chinois en France a été multiplié par dix, passant à plus de 27 000 étudiants inscrits dans un établissement du supérieur. Les étudiants chinois constituent ainsi en mobilité le premier contingent d’étudiants étrangers en France.
La coopération linguistique sera marquée en 2011-2012 par l’Année linguistique croisée franco-chinoise, annoncée lors de la visite d’Etat du Président Hu Jintao en France au mois de novembre 2010. Inaugurée en juillet 2011 dans son volet « langue chinoise en France », cette manifestation reflètera le désir partagé par nos deux pays d’apprendre la langue et la culture de l’autre et permettra de renforcer la connaissance mutuelle de nos sociétés. Aujourd’hui, 27850 élèves français étudient le chinois dans le secondaire (hors CNED). Le chinois est la 5ème langue la plus enseignée en France. Réciproquement, on compte en Chine près de 70000 apprenants de français.
Coopération en matière d’environnement et de gouvernance
Notre coopération en Chine vise également à défendre nos positions politiques prises dans les grandes enceintes internationales et dans les négociations avec nos partenaires, ce à quoi contribuent nos actions en matière d’environnement, dont les priorités sont le changement climatique, le développement urbain durable et les questions de l’eau, ainsi que notre coopération en matière de gouvernance.
Coopération décentralisée
La France et la Chine ont fait le choix, depuis les 1ères Rencontres de la coopération décentralisée franco-chinoise à Wuhan en 2005, d’approfondir les liens tissés entre leurs collectivités, notamment en ce qui concerne la mise en place de politiques urbaines propres et durables adaptées à de nouveaux modes de vies.
Aujourd’hui, 68 collectivités territoriales françaises sont engagées en Chine, recouvrant près de 160 projets dans des secteurs clef du développement territorial (culture, université, recherche, économie…).15 grandes collectivités territoriales françaises ont ouvert un bureau de représentation en Chine. La coopération décentralisée avec la Chine monte progressivement en puissance, et contribue au développement économique de nos collectivités territoriales, mais également à la coopération culturelle et universitaire entre la France et la Chine.
Mise à jour :16.12.11
