
Données générales
Politique intérieure
Situation économique
Politique étrangère
Source des données chiffrées : Ambassade de France au Chili, ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, PNUD, revue The Economist, FMI, Banque mondiale.
Nom officiel : République du Chili
Superficie : 756626 km²
Population : 16,4 millions
Capitale : Santiago du Chili
Villes principales : Santiago, Valparaíso, Concepción, Antofagasta
Langue officielle : espagnol
Monnaie : peso (1000 pesos=1,31€ au 10 juillet 2009)
Fête nationale : 18 septembre (Indépendance, le 18 septembre 1810)
Taux de croissance démographique (2006) : 0,8%
Espérance de vie : 78,2 ans
Taux d’alphabétisation : 95,7%
Religion (s) : catholicisme romain 88%, églises protestantes 11%
Indice de développement humain (Classement PNUD, 2006 - chiffres publiés en 2008) : 40ème / 177 (0,874)
PIB (2008) : 150 Mds $
PIB par habitant (2008) : 9800 $
Taux de croissance (2008) : 3,2%
Taux de chômage (2008) : 7,7%
Taux d’inflation (2008) : 8,7% sur l’ensemble de l’année
Situation des finances publiques (2008) : + 5,2%
Balance commerciale (2008) : + 10,2 Mds $
Principaux clients (2008) : Chine (14,2%), États-Unis (11,2%), Japon (10,4%)
Principaux fournisseurs (2008) : États-Unis (19,4%), Chine (12,0%), Brésil (9,3%)
Union européenne :
1er partenaire commercial du Chili (18,8% des échanges bilatéraux), suivi des États-Unis (15,1%) et de la Chine (13,5%).
1er client du Chili (24,6% des exportations chiliennes), suivi de la Chine et des États-Unis.
3ème fournisseur du Chili (12% des importations chiliennes), devancé par les États-Unis et la Chine.
Exportations de la France vers le Chili (2008) : 621 M€ (14ème fournisseur)
Importations françaises du Chili (2008) : 1754 M€ (9ème client)
Consulat (s) de France : section consulaire de l’Ambassade
Communauté française en 2008 : 9400 inscrits
Communauté chilienne en France : estimée à 12000 personnes
Régime présidentiel
- Pouvoir exécutif : le président de la République est élu au suffrage universel direct (deux tours), pour un mandat de quatre ans (depuis septembre 2005). Il ne peut pas constitutionnellement prétendre à un deuxième mandat consécutif. Il nomme les membres du Gouvernement. Le président de la République ne peut pas dissoudre le Congrès national. Le Gouvernement n’est pas responsable devant le Congrès national.
- Le pouvoir législatif est bicaméral. Le Parlement, appelé Congrès national, est constitué du Sénat (la chambre haute) dont les 38 membres sont élus au suffrage universel pour huit ans et de la Chambre des députés (la chambre basse), dont les 120 députés sont élus pour quatre ans au suffrage universel. La révision constitutionnelle d’août 2005 a supprimé deux catégories de sénateurs : les neuf membres nommés (deux anciens membres de la Cour suprême, un ancien contrôleur général de la République, un ancien chef d’État-Major de chacune des trois armes, un ancien recteur d’Université et un ancien ministre) et les anciens présidents de la République (qui étaient sénateurs à vie s’ils avaient été en poste pendant six années). À l’issue de élections de mars 2009, les présidences du Sénat et de la Chambre des députés sont passées à l’opposition. Jovino Novoa, président fondateur de l’Union démocrate indépendante (UDI) et ancien membre d’un gouvernement Pinochet, a été élu président du Sénat, tandis que Rodrigo Alvarez Zenteno (UDI) a été élu à la tête de la Chambre des députés.
Les élections au Congrès chilien sont régies par un système binominal unique, qui garantit à l’opposition pratiquement le même nombre de parlementaires qu’à la majorité présidentielle et provoque l’exclusion du Parlement des petites formations politiques en dehors des deux grandes coalitions.
À la suite d’une modification constitutionnelle en janvier 2009, le système d’inscription automatique et de vote volontaire a remplacé le système d’inscription volontaire et de vote obligatoire, évolution importante dans une démocratie victime de la désaffection à l’égard de la vie publique, surtout de la part des jeunes. Ces nouvelles règles n’entreront cependant pas en vigueur pour les élections de 2009 (la loi organique n’ayant pas encore été votée par le Parlement chilien).
Pouvoir judiciaire : Cour suprême (un président et 20 juges).
- Prochaines élections : élections présidentielles et législatives (à la fois pour le Sénat et la Chambre des députés) en décembre 2009.
La Concertación de Partidos por la Democracia (Concertation démocratique), alliance de partis de gauche et de centre gauche : Parti démocrate-chrétien (PDC), Parti pour la démocratie (PPD), Parti socialiste (PS), Parti radical social démocrate (PRSD)
Alianza por Chile (Alliance pour le Chili), alliance de partis de droite : Renovación nacional (Renouveau national) (RN) et Union démocrate indépendante (UDI).
Juntos Podemos Más (« Ensemble nous pouvons plus »), acronyme de POder DEMOcrático Social, qui signifie « pouvoir démocratique social ») : nom d’une coalition politique de gauche formée en décembre 2003 par une cinquantaine de petits partis dont le Parti communiste (PC), le Parti humaniste (PH) et le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR).
Depuis le retour de la démocratie en 1989, la Concertación s’est maintenue au pouvoir sans interruption.
1990-1994 : après plus de seize années de dictature militaire (1973-1989), la transition a été assurée par le président Patricio Aylwin (DC) élu à la suite du référendum d’octobre 1988, qui a obligé le régime militaire du Général Pinochet à organiser des élections.
1994-2000 : Eduardo Frei (DC) a consolidé la transition démocratique, sans parvenir à supprimer les « enclaves autoritaires » héritées de l’ère Pinochet, en raison de l’opposition persistante du Sénat.
2000-2006 : Le mandat de Ricardo Lagos (PS), qui a bénéficié d’une cote de popularité très élevée jusqu’à la fin de sa présidence (supérieure à 70%), a été marqué par de grandes réussites : santé florissante de l’économie et des finances, baisse sensible du chômage, avancées notables en matière sociale, réforme constitutionnelle de 2005 présentée comme l’étape finale de la transition démocratique, même si certaines questions, telle la réforme du mode de scrutin et la reconnaissance constitutionnelle des peuples indigènes, notamment les Mapuche, restent encore pendantes.
Michelle Bachelet, investie en mars 2006, est la première femme élue présidente de la République au suffrage universel direct en Amérique du Sud. Héritant d’une situation économique particulièrement prospère et d’une majorité inédite de sa coalition dans les deux chambres, elle a cependant très vite rencontré des difficultés pour mettre en place son ambitieux programme de gouvernement, axé sur des réformes sociales prioritaires (retraites, éducation, agenda anti-délinquance). Sa volonté de faire de la politique autrement (parité, nouvelles personnalités politiques) s’est heurtée aux règles du jeu politicien au sein de son propre camp. Minée par des luttes intestines, la Concertación s’est délitée et a perdu à l’automne 2007 la majorité au Parlement, ce qui a enrayé la machine législative. La seule grande réforme à l’actif de Madame Bachelet est ainsi celle des retraites. Paradoxalement, c’est au cœur même de la crise économique mondiale que la présidente Bachelet va donner toute sa mesure. Les marges budgétaires considérables dont le pays dispose, du fait de la gestion traditionnellement avisée des réserves tirées des cours du cuivre, lui permettent de mettre en place des mesures contra cycliques efficaces, tout en préservant le cap de sa politique sociale. Dans son Message à la Nation chilienne, prononcé le 21 mai devant le Congrès, la présidente du Chili a ainsi annoncé des mesures destinées à faire face à la crise et à renforcer la protection sociale (aides aux populations les plus défavorisées, à l’enfance, aux retraités les plus démunis et au logement, développement des programmes de bourses d’études à l’étranger « Becas Chile »...). Dans ces conditions, bénéficiant déjà d’une image de probité et de désintéressement (face aux nombreux scandales qui ont éclaboussé sa majorité), Michelle Bachelet bénéficie d’une forte popularité (67%) à quelques mois de la fin de sa Présidence alors que constitutionnellement elle ne peut prétendre à un deuxième mandat consécutif.
Les élections municipales du 26 octobre 2008 n’ont pas permis de tirer de leçons claires pour l’échéance électorale de 2009. L’opposition de droite a remporté la plupart des grandes villes, traditionnellement aux mains de la Concertación. Mais cette dernière, bien qu’en baisse, reste la première force politique, en gagnant l’élection des conseillers et en conservant un plus grand nombre de mairies que l’Alianza.
En tout état de cause, les élections présidentielles et législatives du 11 décembre 2009 seront très disputées, d’autant plus qu’après vingt ans d’hégémonie du centre gauche, l’hypothèse d’une alternance n’est pas à écarter. Traditionnellement bipolaire, la campagne aurait dû opposer le candidat de la Concertación, le Démocrate chrétien et ex président, Eduardo Frei, au candidat de la droite, qui avait échoué au second tour face à Michelle Bachelet en 2006, Sebastian Piñera. Ce dernier s’emploie à élargir l’alliance des droites qu’il représente aux dissidences de la Démocratie chrétienne. Toutefois un troisième candidat, issu des rangs de la gauche, Marcos Enriquez Ominami, âgé de 36 ans seulement, vient jouer les trublions dans ce duel, en proposant de rénover le jeu politique. Il pourrait personnifier le changement auquel de nombreux Chiliens aspirent, notamment au sein des jeunes générations.
Le Chili, fort de la diversification de ses échanges (champion des accords de libre-échange) et d’une gestion macroéconomique prudente, est un des pays latino-américains les mieux armés pour faire face à la crise financière et économique. Ses conséquences actuelles ne sont pas négligeables (hausse du chômage, forte contraction de la croissance, dépendance traditionnelle vis-à-vis des cours du cuivre, vulnérabilité quant à la sécurité énergétique). Mais le pays, qui va entrer à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et qui affiche l’un des plus hauts PIB par tête du sous-continent (9800 USD), fait toujours figure de « bon élève » de la classe sud-américaine.
Le Chili constitue la référence de réussite d’une politique économique libérale, tempérée par des filets sociaux de sécurité et par la mise en place de fonds de stabilisation liée au cuivre. La croissance du Chili, qui était en moyenne de 5% sur la période 2000-2007, a atteint 3,2% en 2008. Le niveau de la dette publique est très faible (11% du PIB). L’année 2008 a été marquée par un net rebond de l’inflation (8,7% en moyenne). La décision de la présidente Bachelet et de son ministre des Finances, Andres Velasco, de mettre en place mi-janvier 2009 un plan de relance de l’économie de 4 MdsUSD, le cinquième en terme de PIB au niveau mondial, a conduit à une révision de la situation des finances publiques, qui passerait d’un excédent de près de 5,2% en 2008 à un déficit d’au moins 3% en 2009.
En moins de dix ans, le Chili a signé des accords de libre-échange avec une quarantaine de pays : l’Union européenne (Accord d’association signé en novembre 2002), les États-Unis (juin 2003), la Nouvelle Zélande et Singapour (juin 2005), la Chine (novembre 2005), devenue en 2007 le premier client du Chili, le Japon (2007), l’Australie (entré en vigueur en mars 2009). Des négociations commerciales sont en cours avec la Turquie, la Malaisie et l’Équateur. Au total, le Chili se classe au cinquième rang mondial des pays les plus ouverts aux importations et aux investissements étrangers. Les investisseurs étrangers sont attirés par la sécurité juridique, par le cadre des affaires souple et efficace et par le potentiel de croissance, qui ont permis au flux d’IDE (investissements directs à l’étranger) d’atteindre 37,5 Mds USD entre 2002 et 2008 (de l’ordre de 6% du PIB par an). Le Chili est à ce titre le troisième pays d’attraction des IDE en Amérique latine.
Le bilan chilien comporte quelques fragilités, en particulier sa dépendance énergétique vis-à-vis de voisins réticents (Bolivie) ou désinvoltes (l’Argentine suspend ses livraisons de gaz lorsque cela lui convient). Dans ce contexte, les autorités chiliennes ont pris la décision en 2008 de deux investissements très importants dans deux usines de regazification et d’installations portuaires adéquates pour l’importation du gaz naturel liquéfié, dans le Nord du Chili. Si la pauvreté a reculé, de profondes inégalités subsistent encore. Selon les chiffres officiels, la pauvreté et l’extrême pauvreté ont été ramenées de respectivement de 38,6% et 13% en 1990 à 13,7% et 3,2% en 2006. De plus, la concentration de la richesse a très légèrement diminué, en 2006 les 20% les plus riches bénéficiant de 54,6% des revenus (au lieu de 57,4% en 1990) et les 20% les plus pauvres de 9% (au lieu de 8% en 1990).
Sur la scène internationale, le Chili pèse plus que sa taille et sa géographie, grâce à son engagement en faveur du renforcement du mutilatéralisme, du libre-échange allant de pair avec une nécessaire régulation de la mondialisation, de la diversité culturelle et des droits de l’Homme (membre du CDH depuis 2008). Le Chili a ratifié le Statut de Rome de la Cour pénale internationale le 6 juillet 2009, comme s’y était engagée Michelle Bachelet. Sous la présidence de Ricardo Lagos, le Chili a dit non à l’intervention américaine en Irak et a été le premier pays latino-américain à participer à la force intérimaire envoyée en Haïti après le départ du président Aristide (en 2009, participation d’une force de 499 militaires et de treize policiers pour des actions de formation, mandat renouvelé jusqu’en 2010).
Depuis le rétablissement de la démocratie, le Chili s’est employé à normaliser ses relations avec ses voisins, malgré la persistance de certaines tensions : querelle séculaire avec la Bolivie autour du problème de l’accès de ce pays à la mer ; différends avec Buenos Aires à propos des livraisons de gaz dans un contexte de crise énergétique argentine ; problème de la délimitation de la zone économique maritime avec le Pérou (qui a porté le différend devant la CIJ le 19 mars 2009). La présidente Bachelet entend resserrer les liens régionaux, en privilégiant des relations désormais « stratégiques » avec l’Argentine et le Brésil, et en décrispant celles avec le Pérou et la Bolivie. Le Chili entretient en outre d’excellentes relations avec la Colombie et l’Équateur. En assumant la première Présidence pro tempore de l’UNASUR (l’Union des Nations sud-américaines), Michelle Bachelet a joué un rôle positif dans l’apaisement des tensions en Bolivie, lors de la crise d’août-septembre 2008 (convocation d’une réunion d’urgence des neuf pays membres et déclaration de la Moneda du 16 septembre). Membre associé du Mercosur depuis 1996 et de la CAN depuis le 8 juin 2007, le Chili garde de la sorte un équilibre dans son ancrage régional, tout en gardant -comme à l’accoutumée- sa liberté de manœuvre.
Les relations sont étroites avec les États-Unis (premier investisseur) et la zone Asie-Pacifique (premier client), qui fait désormais figure de « nouvelle frontière ». Depuis 1994, le Chili est membre de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation, Coopération économique pour l’Asie-Pacifique).
Autres organisations dont le pays est membre : Groupe de Rio (1990), Communauté Sud-américaine des Nations (décembre 2004) devenue l’UNASUR (avril 2007). Le Chili est en position d’être admis prochainement à l’OCDE. José Miguel INSULZA, ancien ministre de l’Intérieur, a été élu le 2 mai 2005 secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA).
Mise à jour : 17.07.09.