
La signature officielle de l’adhésion du Chili est prévu à Santiago le 11 janvier 2010 en présence du Secrétaire général, M. Angel Gurría, et de la Présidente chilienne, Mme Bachelet. La France a toujours soutenu cette adhésion.
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Relations économiques et commerciales
Coopération culturelle, scientifique et technique
Après un gel des relations politiques pendant la dictature, les contacts sont rétablis à haut niveau dès 1989. Ils sont aujourd’hui très soutenus. À la suite du séisme du 27 février, une mission française d’assistance scientifique, technique et humanitaire a été envoyée au Chili le 3 mars.
Le président Chirac a effectué une visite d’État à Santiago, en mai 2006. Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État au Commerce extérieur a effectué une visite à Santiago du 8 au 10 juillet 2009. Hervé Morin, ministre de la Défense, s’est rendu au Chili le 29 octobre. Christine Lagarde, Ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, a représenté la France lors de l’investiture du président Piñera le 11 mars. Le président de la République a reçu Sebastián Piñera, alors candidat à la Présidence chilienne, le 29 juin 2009. Les deux chefs d’État se sont entretenus en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire à Washington (12-13 avril 2010) et en marge du Sommet Union européenne-Amérique latine et Caraïbes de Madrid (17-18 mai). Anne-Marie Idrac conduit une nouvelle mission d’entreprises au Chili du 20 au 22 juillet 2010.
Le président Lagos a été reçu à Paris par le président Chirac en avril 2001 et en janvier 2004. La présidente Michelle Bachelet a effectué une visite officielle en France en mai 2009. Fernando Schmidt, secrétaire d’État aux Relations extérieures du Chili a été reçu le 6 mai dernier par le Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères et européennes. À l’occasion d’une matinée d’information, le 29 avril dernier, sur la reconstruction du Chili organisée à Paris par l’Ambassade de France au Chili et Ubifrance, Mme Loreto Silva, secrétaire d’État chargée des Travaux publics, mais aussi Pablo Zalaquett, maire de Santiago, se sont rendus en France. En présence d’Anne-Marie Idrac, ils ont pu présenter les grandes lignes du plan de reconstruction du Chili. Par ailleurs, à l’occasion d’une réunion ministérielle de l’OCDE, le ministre chilien des Finances, Felipe Larrain a effectué une visite à Paris le 27 mai dernier, au cours de laquelle il s’est entretenu avec Christine Lagarde et est intervenu au Medef. Le ministre des Relations extérieures, Alfredo Moreno, a rencontré Bernard Kouchner le 28 mai. En marge d’un déplacement au salon Eurosatory, le ministre chilien de la Défense, Jaime Ravinet, a effectué une visite à Paris du 10 au 14 juin, au cours de laquelle il s’est entretenu le 11 juin avec Claude Guéant, Secrétaire général de la Présidence de la République, et le 14 juin avec Hervé Morin.
La visite du président du Sénat chilien, M. Zaldivar, à Paris en juin 2008, la mission à Santiago du groupe d’amitié France-Chili de l’Assemblée nationale, du 12 au 18 juin 2009 et la mission au Chili de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale (13 au 16 septembre 2009) attestent également de la qualité des relations nouées par les parlementaires français et chiliens.
La présence du Chili au Conseil de sécurité des Nations unies en 2003-2004 a donné lieu à une coopération fructueuse sur les grandes questions internationales : Irak, Haïti où le Chili s’est engagé sur le terrain. En outre, le Chili s’est rallié d’emblée à la proposition, soutenue par la France, d’une contribution sur les billets d’avion au titre des sources innovantes de financement du développement (déjà mise en œuvre au Chili), ainsi qu’à l’initiative corollaire concernant la Facilité internationale d’achat de médicaments (FIAM/UNITAID), dont il est l’un des cinq co-parrains. Il a pris le relais de la France à la Présidence du Groupe pilote sur les financements innovants du développement en 2010.
La présence française au Chili apparaît relativement modeste au regard des opportunités offertes par ce pays. Les échanges commerciaux bilatéraux qui avaient tendance à plafonner ces dernières années ont connu une forte baisse de 35,2% en 2009, conséquence de la crise internationale et de la contraction forte des échanges au niveau mondial. Avec 442,4 M € exportés vers le Chili et 1069,9 M € importés depuis le Chili, nos ventes sont en baisse de 28,8% et nos achats en chute de 37,6% en 2009.
Selon la Banque centrale chilienne, la France est le 16e pays fournisseur du Chili (avec une part de marché qui s’améliore légèrement passant de 1,5% en 2008 à 1,6% en 2009) et le 5e fournisseur européen (derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie). Selon les Douanes françaises, le Chili représente 0,13% des exportations françaises en 2009 (0,15% en 2008).
Le nombre d’entreprises françaises exportatrices vers le Chili est constant depuis ces dernières années, avec 2079 entreprises répertoriées, dont 51% de PME. Se rajoutent localement les 120 filiales françaises implantées au Chili qui contribuent aux évolutions et à la dynamique de nos échanges commerciaux.
Le déficit commercial, qui perdure depuis 2002 avec le Chili s’est par contre atténué :
627,5M€ l’an dernier, contre un déficit de 1,1 Md € en 2008.
La France est le 9e investisseur étranger au Chili (investissements totaux évalués à 1,4 Md $, soit 2,1% du stock des IDE dans ce pays) et 5e européen derrière l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Italie et les Pays-Bas.
Cependant, ces chiffres sous-évaluent la présence française car les investissements sont enregistrés en fonction du pays d’origine de la transaction, cette dernière pouvant être le fait d’une filiale située hors de France. Les investissements très importants de GDF-Suez au Chili aussi bien dans l’énergie que dans l’environnement sont ainsi apparentés respectivement à des opérations belges (Tractebel) et espagnoles (Aguas de Barcelona, détenu à 75% par Suez Environnement). Il s’agit pourtant d’un des tous premiers investisseurs étrangers au Chili, présent depuis 1996 et employant 2500 personnes, qui représente aujourd’hui environ 50% de la capacité électrique installée dans le réseau électrique du nord (SING) mais aussi très actif dans l’approvisionnement et le traitement des eaux de Santiago (via Aguas de Barcelona et Degremont).
Les 120 filiales françaises sont représentées dans tous les secteurs, à l’exception du domaine minier stricto sensu (mais GDF SUEZ et Air Liquide en sont des fournisseurs clés pour l’énergie et les gaz industriels, Sodexo pour la gestion des bases-vie) : l’agriculture (vignes), l’industrie, la construction, les services... La France occupe une place très importante en particulier dans les secteurs stratégiques de l’eau, de l’électricité et des transports, mais aussi de la restauration collective. Ainsi, des sociétés comme Alstom, GDF-Suez ou Sodexo (troisième employeur privé du pays avec plus de 16000 salariés) sont très présentes au Chili et font état de bons résultats. Enfin, le Chili est un client régulier en matière d’équipements de défense (deux sous-marins Scorpène livrés au Chili, achat d’hélicoptères, etc.).
Il convient de souligner également la dynamique constante de l’investissement individuel de ressortissants français au Chili, attirés par le contexte favorable à l’entrepreneuriat et les opportunités que présente le marché chilien, véritable plate-forme commerciale. En effet le Chili, grâce à ses 22 accords bilatéraux de libre échange avec 56 pays, conforte ses positions commerciales et son rôle de plate-forme d’exportation dans la région et au-delà. Être présent sur le marché chilien ouvre ainsi des opportunités d’affaires vers plusieurs centaines de millions de consommateurs à travers le monde et pas seulement les 17 millions de Chiliens.
Enfin, la visite de la présidente Bachelet en France en mai 2009 a été marquée par une volonté partagée d’intensifier le partenariat économique et technologique entre nos deux pays. Le président de la République a proposé à ce titre à Michelle Bachelet un partenariat pluridimensionnel en mettant l’accent sur trois priorités : la formation du capital humain, l’objectif d’accroître nos échanges économiques et commerciaux et le souhait de maintenir la dynamique de notre coopération en matière d’armement. Enfin, la France et le Chili entendent approfondir leur coopération dans le domaine de l’énergie. Une lettre d’intention qui fixe le cadre de cette coopération énergétique ainsi qu’un accord spécifique dans le domaine des énergies renouvelables (entre l’ADEME et le Centre des énergies renouvelables du Chili) ont ainsi été signés.
C’est dans les domaines culturel, scientifique et universitaire que s’expriment la densité et l’excellence de nos relations avec le Chili, avec lequel notre coopération est dynamique et diversifiée. La France est en effet un des premiers partenaires scientifiques du Chili (programme ECOS, antenne régionale du CNRS et création de quatre laboratoires conjoints, Collège doctoral franco-chilien, École franco-chilienne dans le domaine des Sciences humaines et sociales, accord signé le 22 septembre 2008 entre la CONICYT et l’ANR, programmes « Chilfitec » et « Chilfagri »). Nos instituts de recherche souhaitent encore renforcer leur présence (40 chercheurs français au Chili), dans des domaines tels que l’astronomie, les sciences de la terre, les mathématiques ou l’informatique.
Nos universités et grandes écoles ont tissé un réseau de partenariats universitaires d’excellence qui s’enrichit régulièrement (25 accords de doubles diplômes, formations d’ingénieurs, cotutelle de thèses...). Les échanges universitaires se développent (700 étudiants chiliens en France, 191 bourses largement cofinancées par le gouvernement chilien en 2008). Une université technologique franco-chilienne, cofinancée par la chambre de commerce et les entreprises a vu le jour en 2006, partenariat entre l’Université technologique de Compiègne et l’Université de Viña del Mar (cette dernière devrait être remplacée en 2010 par l’Université technologique Santa Maria de Valparaiso). La France est le premier pays destinataire pour les boursiers doctorants (et le deuxième pour les boursiers chiliens en général, 13% des docteurs chiliens sont formés en France).
La visite de la présidente Bachelet a permis la signature d’un accord ambitieux dans le cadre du nouveau programme de bourses chilien du bicentenaire dit « Becas Chile » : il prévoit l’accueil de mille boursiers chiliens dans les cinq ans et créé le Conseil franco-chilien de formation du capital humain. En doctorats et mastères, les premiers boursiers de ce programme partiront en France pour la rentrée universitaire 2010. Il existe aussi un programme « Becas Chile » pour techniciens : 40 places sont prévues pour la rentrée 2010. Mentionnons aussi les bourses de doctorat ou de mastère (huit par an environ) offertes par la Région Île-de-France à des étudiants chiliens souhaitant acquérir une formation dans un établissement d’enseignement supérieur de cette région. Un accord relatif à la modernisation des filières technologiques industrielles (avec introduction du français) dans un établissement pilote chilien et un accord relatif à l’implantation du modèle français de formation secondaire agricole dans un lycée chilien ont également été signés à cette occasion.
En matière culturelle, la France participe au Bicentenaire chilien : grand succès du spectacle de « la petite géante » de Royal de Luxe (janvier 2010), expertise française sur l’aménagement du Parc de Quinta Normal (remise d’un rapport et de propositions en septembre 2009 par l’inspecteur en chef des Monuments historiques, Pierre-André Lablaude, à la suite d’une mission à Santiago), célébration du centenaire du Musée des Beaux-arts, plusieurs spectacles (Chemins du Baroque, Arts Diotima).
La France mène des actions en matière de coopération technique (éducation, santé, environnement, forêt, innovation technologique), de coopération institutionnelle en matière de sécurité intérieure (SCTIP) et d’appui à la coopération décentralisée (Île-de-France, Lyon, Hérault, Finistère et Dordogne) notamment par le biais d’un fonds franco-chilien pour la coopération décentralisée créé en janvier 2007. Lors de la visite en France de Michelle Bachelet, d’origine bourguignonne, la Bourgogne et la région chilienne de Maule ont signé un accord, suivi de plusieurs missions du Conseil régional de Bourgogne dans la région du Maule (juillet et novembre 2009, mai 2010) et de la région Maule en Bourgogne (27 septembre-2 octobre).
Mise à jour : 23.07.10