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Depuis 1967, la France entretient avec le Québec des « relations directes et privilégiées », sur la base de liens historiques, culturels et économiques. Une délégation générale du Québec est installée à Paris depuis 1961. Le Consulat général de France à Québec a un rôle politique et de coopération comparable à celui d’une ambassade. Les relations franco-québécoises sont institutionnalisées par la pratique des rencontres alternées des Premiers ministres français et québécois, tous les deux ans. La relation franco-québécoise est aujourd’hui multiforme et touche toutes les sphères de la société civile.
L’année 2008 a été extrêmement riche pour les relations bilatérales, à travers la participation française à la célébration du 400ème anniversaire de la ville de Québec. Le Président de la République et le Premier ministre québécois ont signé, le 17 octobre 2008 à Québec, une entente sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. Celle-ci s’applique aux professions réglementées, et a pour objectif de faciliter l’exercice de ces métiers sur le territoire de l’autre partie. Ce document prévoit une mise en œuvre par étapes : négociations entre les autorités compétentes françaises et québécoises de chaque profession pour signer des arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM), puis modification des normes législatives, réglementaires et administratives. En deux années, des progrès considérables sont intervenus dans la mise en œuvre de cette entente sans précédent. : plus de 60 ARM ont été signés (architectes, avocats, ingénieurs, médecins, bouchers, maçons, etc.), les derniers en date à l’occasion de la visite de Mme Gagnon-Tremblay à Paris en juin 2011.
Site du consulat général de France à Québec
Les exportations françaises vers le Québec ont atteint 1,8 Md € en 2010. La France occupe le 8ème rang des fournisseurs, avec une part de marché de 3,2%. Elle est le 5ème marché extérieur du Québec.
Les échanges franco-québécois sont marqués par la prédominance de la filière aéronautique et spatiale (30% des exportations et 39% des importations françaises du Québec en 2010). La France exporte également de l’agroalimentaire (vins et fromages), des produits pharmaceutiques, de la parfumerie-cosmétique et des produits d’édition. Outre l’aéronautique, les exportations du Québec vers la France sont axées sur les demi-produits (aluminium, pâte à papier, papier journal) et les minerais.
La province accueillait mi-2009 plus des deux-tiers des filiales françaises implantées au Canada, avec 330 filiales et plus de 520 établissements générant plus de 20000 emplois. Les exemples les plus marquants en sont Ubisoft, Sanofi Aventis, l’Oréal, Alstom, Lafarge, Areva, Safran, Thalès, Accor, Air Liquide, Veolia, Dalkia, Danone et Bonduelle. Le potentiel de croissance est très largement lié aux PME : très actives dans les industries innovantes et les services, elles s’intéressent de plus en plus au Québec qu’elles considèrent comme un marché-test en Amérique du Nord.
160 entreprises québécoises ont choisi de s’implanter en France pour approcher le marché européen, dont plusieurs grands groupes : Alcan (aluminium), Bombardier (aéronautique, construction ferroviaire), Cascades (papier), Québecor (imprimerie). Elles assurent 26500 emplois.
Les questions économiques et commerciales sont évoquées lors des réunions annuelles du Groupe franco-québécois de coopération économique (GFQCE). Cette coopération a pour principaux instruments les rencontres industrielles « Ubifrance-Québec » et, depuis 2008, des rencontres entre pôles de compétitivité. Le deuxième symposium des pôles de compétitivité français et des créneaux d’excellence québécois s’est tenu en France en novembre 2010 (thèmes : aéronautique, environnement, textiles techniques et « nutraceutique »).
Pour en savoir plus : http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/canada
Les grandes orientations de la coopération sont fixées par les Premiers ministres lors de leurs rencontres alternées. Le cadre juridique de notre coopération et ses instruments sont distincts de ceux de notre coopération avec l’État fédéral canadien. Cette coopération est structurée par la Commission Permanente de Coopération Franco-Québécoise (CPCFQ), dont la 63ème édition s’est tenue à Québec en mars 2011.
La coopération culturelle, scientifique et technique est fondée sur une série d’ententes, dont :
1965 : Fouchet / Gérin-Lajoie (éducation)
1967 : Peyrefitte / Johnson (universités)
1968 : Missoffe / Morin (création de l’OFQJ)
1974 : Chirac / Bourassa (francophonie, coopération technique et industrielle)
Une trentaine d’accords particuliers complètent ces diverses ententes.
La coopération franco-québécoise s’appuie notamment sur des organismes spécialisés :
l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) ;
le Conseil franco-québécois de coopération universitaire (CFQCU) ;
la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQ-LMC) ;
Plusieurs associations, telles que l’Association France Québec, son vis-à-vis Québec-France, ou encore le Comité d’action politique France-Québec (CAP-FQ).
Le développement durable constitue l’un des thèmes majeurs de la coopération entre la France et le Québec. Le Plan nord devrait permettre de développer les liens entre entreprises et chercheurs français et québécois dans ce domaine (création en 2011 d’une Unité mixte de recherche associant le CNRS à l’Université Laval).
Lors de la dernière rencontre alternée des Premiers ministres, le rôle de la coopération décentralisée a été réaffirmé. Les échanges entre collectivités territoriales françaises et équivalents québécois se sont considérablement développés depuis plusieurs années, dans le cadre des « assises de la coopération décentralisée franco-québécoise », réunies à Lyon en février 2011. Le « Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée » (FFQCD), mis en place en 2005 pour favoriser l’émergence de projets d’initiative locale, a été un outil majeur de cet essor. Les fonds mobilisés en 2011 via cet outil se sont élevés à près de 800000 euros. 31 projets de coopération décentralisée, financés de manière paritaire par les collectivités locales et le FFQCD, seront soutenus par le Consulat Général de France à Québec en 2011-2012. La coopération décentralisée s’ouvre en 2011 à des opérations en pays-tiers avec le lancement d’un appel à projets en Haïti.
La coopération scientifique et universitaire est dense. La plupart des actions cofinancées à parité avec la partie québécoise ont pour vocation de structurer les partenariats : création de cursus intégrés et de laboratoires de recherche conjoints, programmes de thèses en cotutelle (plus de mille thèses soutenues à ce jour), mobilité des enseignants, organisation de colloques et manifestations scientifiques. Depuis 2008, la coopération scientifique et universitaire est structurée autour du Conseil franco-québécois pour la coopération universitaire.
La coopération culturelle franco-québécoise est particulièrement intense dans tous les domaines de la création artistique contemporaine. Elle repose sur une logique de partenariats avec les nombreux opérateurs culturels et artistiques locaux. Le Québec est le premier marché d’exportation des industries culturelles françaises. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la recherche de nouveaux partenariats, et les projets de co-création à haut niveau (trilogie du Sang des promesses, présentée par Wajdi Mouawad au festival d’Avignon en 2009).
Mise à jour : 15.07.11
