Edouard Courtial, Secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, a effectué un déplacement en Afrique du 1er au 6 février 2012 qui l’a conduit au Cameroun, au Gabon et au Congo.
Le succès du premier Contrat de Désendettement Développement, et la conclusion récente d’un deuxième accord, atteste d’une relation confiante et très variée.
Les visites techniques ont été nombreuses ces dernières années : le Secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel, s’est déplacé au Cameroun (1-3 octobre 2007). Le Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, M. Brice Hortefeux s’est rendu au Cameroun du 18 au 20 mai 2008. Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur, et M. Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie ont effectué une visite au Cameroun du 5 au 7 octobre 2008, à l’occasion d’une réunion des ministres des finances de la zone franc. Le Secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie s’est à nouveau rendu au Cameroun du 8 au 10 mars 2009.
Enfin, le Premier ministre, M. François Fillon, s’est rendu à Yaoundé les 21 et 22 mai 2009. Deux accords ont été signés à l’occasion de cette visite. Le premier, dans le domaine de la défense, remplace les accords de 1974 ; le second permet d’assurer la gestion concertée et transparente des flux migratoires (le Cameroun est le premier point d’origine de la diaspora africaine en France). Dans le cadre des cérémonies du 50ème anniversaire de l’Indépendance, qui a été célébré le 20 mai 2010, la France a été représentée par le Ministre de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable, M. Jean-Louis Borloo. Le Ministre de la Coopération, M. Henri de Raincourt s’est rendu à Yaoundé du 29 juin au 1er juillet 2011 à l’occasion de la signature du second C2D.
Avec environ une centaine de filiales d’entreprises françaises présentes au Cameroun, la France fait partie des tous premiers investisseurs étrangers du pays. Les groupes français sont notamment présents dans les secteurs suivants : les hydrocarbures, l’agroalimentaire, le ciment, le bois, le BTP, les télécommunications, la logistique. En outre, l’implantation d’environ 200 PME-PMI fondées par des Franco-Camerounais témoigne de la vitalité des liens économiques tissés entre nos deux pays. Total s’est désengagé de sa composante exploration et production au profit de Perenco (groupe français spécialisé dans les forages de moindre taille), ne conservant que le réseau de distribution. En outre, GDF-Suez étudie le projet de liquéfaction du gaz sur le site de Kribi, pour un investissement de 6M$. Dans le domaine de la téléphonie mobile, Orange bénéficie d’une position favorable sur le marché camerounais [le groupe se partage le marché camerounais avec MTN] qui devient de plus en plus concurrentiel avec l’arrivée d’autres opérateurs. Dans la filière de la banane, les intérêts français sont aussi représentés. Le groupe Bolloré est présent dans les ports (gestion du terminal à conteneurs de Douala), le chemin de fer (concession de Camrail, ligne Douala-Ngaoundéré), et les opérations de transit. Ce groupe a montré son intérêt pour la gestion des terminaux du futur port en eau profonde de Kribi, futur pôle industriel et minier. Lafarge, par sa filière Cimencam est présent au Cameroun. Cette liste non exhaustive témoigne de l’intérêt porté par les groupes français à ce pays.
Le solde commercial France-Cameroun en 2010 est ressorti excédentaire à hauteur de 333 M€. Les exportations françaises ont progressé (+11%) à 597 M€ et sont constituées en premier lieu de produits pharmaceutiques (81 M€), blé (53 M€), véhicules automobiles et pièces détachés (28 M €) et matériels informatiques (20 M€). Les importations françaises (263M€), constituées de pétrole, bananes, cacao, aluminium et bois, sont en hausse de 30% grâce à la reprise des livraisons de pétrole. La France reste le premier fournisseur du Cameroun devant la Guinée Equatoriale (pétrole) et la Chine. Sur les 6 premiers mois 2011, nos achats à ce pays sont stables (+3,3%) tandis que nos ventes continuent de progresser significativement (+9,2%)
Les échanges commerciaux France-Cameroun ont totalisé 860 M€ dont 597 M€ pour les exportations françaises à destination du Cameroun (+11% en un an) (médicaments, blé, véhicules et pièces détachées, matériels informatiques…) et 263 M€ pour nos importations en provenance de ce pays (+30,4%) (fruit ; cacao, bois, aluminium…) laissant apparaître un solde commercial en notre faveur de 333 M€. En 2008, notre balance commerciale était devenue excédentaire en raison des livraisons de pétrole divisées par deux, la balance commerciale pour l’année 2009 accusait un déficit de 336 M€ pour la France. Le brut représente 30% de nos importations du Cameroun. Ces dernières années, le Cameroun se caractérise toutefois par l’absence de nouveaux investisseurs étrangers.
La France est le troisième bailleur du Cameroun avec une aide bilatérale s’élevant à 65M€, soit 14% de l’APD nette totale reçue par le pays.
Le Document Cadre de Partenariat France-Cameroun (DCP 2006-2010) concentre les efforts français autour de quatre pôles, au titre des objectifs du Millénaire pour le développement : santé et lutte contre le SIDA, infrastructures, éducation de base, agriculture et sécurité alimentaire, ainsi que sur trois priorités transversales : l’enseignement et la recherche, la promotion de la diversité culturelle, la veille et la prospective. D’un montant indicatif de 713 M€, le DCP s’appuie très largement sur les financements du Contrat de désendettement développement (C2D).
Le Cameroun a atteint le Point d’achèvement de l’initiative PPTE le 28 avril 2006. À compter du point d’achèvement, les échéances dues par le Cameroun à la France sont re-financées par des dons. Ces échéances constituent les ressources du C2D le plus important jamais signé en Afrique (537 millions d’euros sur 5 ans, de 2006 à 2010). Les cinq points d’affectation principaux de notre C2D sont en phase avec les objectifs du millénaire. La bonne gestion des fonds est contrôlée par des organes paritaires.
Le deuxième C2D d’un montant estimé à 213,8 milliards de FCFA (soit 326 millions d’euros) a été signé pour une durée de cinq ans (2011-2016).
Le Cameroun est notre premier partenaire dans le monde en matière de coopération militaire. A ce titre, l’accord rénové de partenariat de défense a été conclu le 21 mai 2009 par le Premier Ministre,M. François Fillon. Ce partenariat vise à soutenir les mécanismes africains de sécurité collective au niveau régional et continental.
Notre coopération vise principalement la formation, avec la présence de trois écoles nationales à vocation régionale (ENVR) avec un partenaire qui tient une place particulière au sein de l’architecture de paix et de sécurité en Afrique centrale et dans le Golfe de Guinée.
Mise à jour : 23.11.11
