Cambodge

Présentation du Cambodge

Présentation

Données générales

Données générales et géographiques

Nom officiel : Royaume du Cambodge

Superficie : 181 035 km²

Population : 15,06 millions hab (2010)

Capitale : Phnom Penh

Langue officielle : khmer

Monnaie : Riel (KHR) et dollar (économie fortement dollarisée)

Fête nationale : 9 novembre

Données démographiques

Croissance démographique : + 1,7%

Espérance de vie : 62 ans

Taux d’alphabétisation : 78%

Religion (s) : Bouddhisme du petit véhicule, Islam (moins de 5%)

Indice de développement humain : 124ème place

Données économiques

PIB (2010) : 12,37 Md$

PIB par habitant (2010) : 625 $

Taux de croissance (2010) : 4,7%

Taux de croissance (prévision 2011) : 5,10%

Taux de croissance (prévision 2012) : 6,3%

Taux de chômage (2007) : 2,5%

Taux d’inflation (2010) : 3,9 %

Balance commerciale(2010) : -1,8 Md $

Principaux clients : Etats-Unis, Chine, Union européenne, Canada, Singapour, Japon

Principaux fournisseurs : Chine, Vietnam, Thaïlande, Taiwan, Corée du Sud

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
- agriculture : 31,2%
- industrie : 21,7%
- services : 40,0%

Exportations de la France vers le Cambodge : 46 M€ (2010)

Importations françaises depuis le Cambodge : 112 M€ (2010)

Données consulaires

Communauté française au Cambodge : 3436

Communauté cambodgienne en France : 80000

Consulat de France : Phnom Penh

Politique intérieure

La scène politique cambodgienne est dominée par le Parti du Peuple cambodgien (PPC), dirigé par le Premier ministre Hun Sen. Les deux dernières élections (élections municipales en avril 2007, élections législatives en juillet 2008) ont confirmé cette prééminence tout en faisant évoluer le rapport de forces entre les autres formations. Avec 58% des suffrages et les trois-quarts des sièges (90 sur 123), le PPC a été le grand vainqueur des dernières élections législatives. Celles-ci ont aussi été marquées par le net recul des partis royalistes, aussi bien le FUNCINPEC (5% des voix et 2 sièges) que le Parti de Norodom Ranariddh (6% et 2 sièges). Le Parti de Sam Rainsy s’affirme comme la principale force d’opposition (22% des voix et 26 sièges), alors que le Parti des Droits de l’Homme peine encore à trouver sa place (6% des suffrages ; 3 sièges). Les prochaines élections auront lieu en 2012 pour les assemblées provinciales et 2013 pour les législatives.

Cependant, le chef du principal parti de l’opposition, M. Sam Rainsy, a été déchu de son immunité parlementaire et condamné à 14 années cumulées de prison. La France a fait part de sa préoccupation face à la récurrence des poursuites dont font l’objet les membres de l’opposition et quant à la situation de M. Sam Rainsy. Le Cambodge doit démontrer qu’il est sincèrement attaché au respect du pluralisme politique, des droits de l’opposition et à la liberté d’expression.

Elément essentiel de la stabilité du pays depuis les Accords de Paris, l’institution monarchique perdure en la personne de Norodom Sihamoni qui a accédé au trône en 2004, après l’abdication de son père, Norodom Sihanouk, alors âgé de 82 ans. L’action du souverain s’inscrit fidèlement dans le cadre posé par la Constitution (« le Roi règne et ne gouverne pas »).

Le Cambodge a été le premier Etat asiatique à abolir la peine de mort et le premier en Asie du Sud-Est à avoir ratifié le statut de Rome créant la Cour pénale internationale.

Le Cambodge figure au 128ème rang (sur 178 pays) dans le classement 2010 de la liberté de la presse publié par Reporters sans Frontières et au 154ème rang (sur 178 pays) du « Corruption perception index » établi en 2010 par Transparency International.

Le Tribunal Khmers rouges, dit TKR ou, plus précisément, les « Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens », mis en place et soutenu par les Nations unies, est chargé de juger les dirigeants supérieurs du Kampuchéa Démocratique ainsi que les principaux responsables des crimes commis entre le 17 avril 1975 et le 6janvier 1979, période durant laquelle les Khmers rouges ont dirigé le Cambodge. Il s’agit d’une juridiction intégrée à l’ordre juridique cambodgien associant pour moitié des magistrats cambodgiens et pour l’autre internationaux. Le premier procès, celui de Duch (directeur du centre pénitentiaire S21 à Phnom Penh), a pris fin en juillet 2010, par la condamnation de l’accusé à 35 années de prison. Le parquet, qui requerrait la perpétuité, a fait appel. Le procès des quatre plus hauts dignitaires du régime de Pol Pot, Khieu Samphan, ancien chef d’Etat, Ieng Sary, ancien ministre des Affaires étrangères, son épouse Ieng Thirith, ancien ministre des Affaires sociales ainsi que Nuoun Chea, ex n°2 du régime, débutera dans la seconde moitié de l’année 2011.

Situation économique

Le Cambodge a connu jusqu’en 2007 une décennie de croissance, avec près de 8% en moyenne assortie de pics supérieurs à 10%, notamment ces dernières années, qui ont fait de ce pays l’économie la plus dynamique de la région. Cependant, le pays connaît actuellement, suite à la crise mondiale, un ralentissement économique sensible mais temporaire puisque la croissance a atteint 4,7% en 2010 selon le FMI. Toutefois, même s’il a su retrouver son niveau d’avant-crise, le Cambodge demeure très exposé aux chocs extérieurs, les secteurs traditionnels de l’économie commencent à s’essouffler et les nouveaux secteurs de croissance n’ont pas encore pris le relai.

L’économie du pays repose principalement sur l’agriculture, le textile, le tourisme et la construction. Avec le ralentissement de la croissance mondiale, les moteurs de l’économie cambodgienne apparaissent insuffisamment diversifiés et trop fragiles : baisse du tourisme d’environ 10% entre 2007 et 2008, diminution de la demande américaine et européenne de textile, essoufflement du secteur du bâtiment, dont l’essor reposait pour partie sur des mouvements spéculatifs.

L’agriculture, essentiellement centrée sur le riz, l’hévéa, le manioc, constitue la base de l’activité économique. Elle emploie 80% de la population active et est à l’origine d’un tiers de la production nationale. A l’avenir, celle-ci pourrait se diversifier vers le sucre et les biocarburants.

La confection représente à elle seule, selon les sources, entre 75% et 95% des ventes à l’étranger. Mais le textile est la première victime de la baisse de la consommation mondiale et du déplacement de certaines productions vers d’autres pays.

De nouvelles sources de croissance pourraient venir du secteur minier et surtout des hydrocarbures, la découverte de gisements en mer ouvrant de nouvelles perspectives à l’économie cambodgienne. Toutefois, la mise en exploitation sera conditionnée au règlement du litige frontalier avec la Thaïlande.

Les fondamentaux de l’économie cambodgienne qui étaient sains jusqu’en 2007 ont commencé à se dégrader début 2008. Contenue à moins de 5% les années passées, l’inflation a beaucoup fluctué pour atteindre un pic en mai 2008 à 25% en glissement annuel, avant de ralentir depuis pour se situer autour de 3,9% en 2010. Le déficit public s’est creusé à hauteur de 7,5%, inquiétant les économistes du FMI.

En dépit de la forte croissance économique enregistrée ces dernières années jusqu’en 2008, le Cambodge demeure un PMA avec un revenu quotidien par habitant inférieur à 2$. Si plusieurs indicateurs liés aux Objectifs du Millénaire pour le Développement évoluent favorablement (47% des ménages ont désormais accès à l’eau potable contre 21% en 1998), le niveau de pauvreté s’est aggravé en 2009 pour la première fois depuis dix ans, en raison de la détérioration récente de la situation économique.

Dans ce contexte, le soutien des bailleurs de fonds internationaux demeure essentiel. Le Cambodge est aidé par vingt et un donateurs bilatéraux, six multilatéraux et douze agences de l’ONU qui ont déboursé près d’un milliard de dollars en 2009 (10% du PIB).

Chez les multilatéraux, la Banque asiatique de Développement est en tête (103,8 millions de dollars de déboursements en 2007), devant la Banque mondiale (79,2), les agences de l’ONU (53,1) et la Commission Européenne (26,2).

Parmi les donateurs bilatéraux, la Chine se situe au premier rang (25% de l’aide), suivi du Japon (12%) et des Etats-Unis (6%). La France se situe au 9ème rang avec 25 millions €, devant le Danemark, l’Espagne et le Canada.

Politique extérieure

Après les décennies 1970 et 1980, marquées par le coup d’Etat de Lon Nol et le dramatique régime Khmer rouge, puis par l’occupation vietnamienne, et une quinzaine d’années de reconstruction accompagnée à présent par la communauté internationale, en particulier par la France et le Japon, le Cambodge aspire à une pleine normalité internationale.

Sa diplomatie se déploie d’abord dans son environnement asiatique. Le Cambodge a adhéré à l’ASEAN en 1999 ; il est un membre actif de l’Association dont il a accueilli le sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement en novembre 2002. Le Cambodge a aussi intégré l’ASEM (forum Asie-Europe) en octobre 2004 et a présenté une demande d’adhésion à l’APEC en mai 2007.

Les grands pays asiatiques fournissent une aide annuelle de plusieurs centaines de millions de dollars au Cambodge, en dons mais de plus en plus souvent en prêts affectés, selon des mécanismes simples, à des projets de construction d’infrastructures (routes, ponts et, récemment pour la Chine, barrages hydro-électriques).

Le Vietnam et le Cambodge se sont engagés récemment à renforcer leur coopération bilatérale dans tous les domaines. Ainsi, les deux pays entendent porter à 2 milliards de dollars la valeur du commerce bilatéral en 2011. Cependant, la question de la délimitation de certaines parties de la frontière commune demeure en suspens. Afin d’avancer sur ce point, des réunions de coopération des provinces frontalières Cambodge-Vietnam sont régulièrement tenues et les deux parties visent l’achèvement du processus de délimitation et de bornage de leur frontière terrestre avant la fin de 2012.

La relation avec Pékin est un élément important de la politique étrangère cambodgienne. Le Cambodge est un des pays d’Asie du Sud-Est les plus proches de la Chine. Les deux Etats ont conclu un « partenariat global » lors de la visite à Phnom Penh du Premier ministre chinois Wen Jiabao en avril 2006 et les échanges commerciaux bilatéraux sont en très forte progression. La Chine est, depuis 2004, le premier investisseur au Cambodge et un bailleur de fonds de plus en plus important (premier donateur bilatéral en 2009). Le Premier ministre cambodgien a effectué une visite en Chine du Sud, début octobre 2009. Le Premier ministre cambodgien a par ailleurs reçu le président sud-coréen fin octobre 2009 et s’est rendu au Japon mi-novembre 2009.

Depuis 2008 et dernièrement, des tensions sont réapparues entre le Cambodge et la Thaïlande autour d’une zone frontalière contestée de 4,6 km2, située aux abords du temple de Preah Vihear. Entre février et avril 2011, des tirs d’artillerie ont été échangés faisant une dizaine de morts. Après une intervention du ministre des Affaires étrangères de l’Indonésie (dans le cadre de sa présidence de l’ASEAN), les deux pays sont parvenus à un accord de principe prévoyant l’arrêt des hostilités et le déploiement d’observateurs indonésiens chargés de surveiller le cessez-le-feu.

La France a déploré solennellement le recours à la force, les pertes en vies humaines et les déplacements de populations engendrés par ces hostilités.Elle a exhorté les deux parties à faire preuve de calme et de retenue et à régler leurs différends par des voies pacifiques, conformément au droit international.Ce message a été délivré à plusieurs reprises,publiquement et lors de contacts bilatéraux avec les gouvernements thaïlandais et cambodgien. C’est ce langage que la France a tenu au Conseil de Sécurité des Nations unies.

Le Cambodge cherche à jouer un rôle plus actif sur la scène internationale. Il a ainsi envoyé des soldats participer pour la première fois à une opération de maintien de la paix de l’ONU en 2006 et coopère avec les Nations unies dans le cadre du Tribunal Khmers rouges. Le pays est candidat à un siège de membre du Conseil de Sécurité pour le biennium 2013-2014. De plus, il organisera fin 2011 la Réunion des Etats Parties à la Convention d’Ottawa sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel. Enfin, le Cambodge assurera la présidence tournante de l’ASEAN en 2012.

Le 26 octobre 2009, le Cambodge a été élu pour quatre ans au comité du patrimoine mondial de l’Unesco à Paris, lors de la 17e assemblée générale des Etats parties à la convention. Le Royaume a ainsi intégré cet organe pour la première fois depuis son adhésion à l’Unesco en 1951.

Par ailleurs, le Cambodge est membre de la Francophonie depuis le sommet de Maurice (1993) et a adhéré à l’OMC en septembre 2003.

Mise à jour : 23.08.11

impressionVersion imprimable