Présentation de la Bulgarie

Présentation

Données géographiques :

Nom officiel : République de Bulgarie
Superficie : 110.911 km²
Population : 7 350 000 (31 décembre 2010)
Capitale : Sofia
Villes principales : Plovdiv, Varna, Bourgas, Rousse, Stara Zagora
Langue officielle : bulgare
Monnaie : lev
Fête nationale : 3 mars

Données démographiques :

Croissance démographique : - 2,8 %
Espérance de vie : 73 ans
Taux d’alphabétisation : 98 %
Religions : orthodoxes (80 %), musulmans (15 %)
Indice de développement humain(Classement ONU 2007) : 0,840 - 61ème

Données économiques :

PIB (2010) : 34,1 milliards d’euros
PIB (SPA) par habitant (2010) : 10 700_
Taux de croissance (2010) : -1,1%
Taux de chômage (2010) : 10,2 %
Taux d’inflation (2010) : 3 %
Solde budgétaire (2010) : -3,2%

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

- primaire (2011) : 5,3 %
- secondaire (2011) : 31,3%
- tertiaire (2011) : 63,5 %

Exportations de la France vers la Bulgarie (2010) : 4,4 % (7ème)
Importations françaises de Bulgarie (2010) : 4 % (8ème)
Consulat de France : Sofia (Consulat honoraire à Varna)
Communauté française en Bulgarie : 1 000 enregistrés (+ environ 200 non-enregistrés)

La Bulgarie et l’UE :

Contribution au budget de l’UE 2010 : 310, 2 millions d’euros
Fonds européens perçus en 2010 : 1 222 millions d’euros
Bénéficiaire net en 2010 : 895, 5 millions d’euros, soit 2,55 % du RNB (5ème bénéficiaire net en % du RNB), dont :

- 397,1 millions d’euros au titre de la politique de cohésion
- 574 millions d’euros au titre de la PAC

Nombre de députés au Parlement européen : 17/736
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) : 2,9 %
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 1, 55% (-1, 3%).
Commissaire européen : Kristalina Georgieva (Aide humanitaire eet réponse aux crises).

Politique intérieure

Institutions et gouvernement

La Constitution adoptée lors de la « transition démocratique », en juillet1991, a institué en Bulgarie une république de type parlementaire. Bien qu’élu au suffrage universel direct, le Président de la République, élu pour cinq ans, renouvelables une fois, a des prérogatives limitées par rapport à celles du Premier ministre. Le gouvernement est responsable devant le Parlement, qui nomme le Premier ministre, sur proposition du Président de la République, et les ministres, sur proposition du Premier ministre. Le président promulgue les lois et dispose d’un droit de veto partiel (si les députés approuvent une seconde fois le texte à la majorité absolue, il doit être promulgué). Il est assisté dans ses fonctions par un vice-président élu sur le même « ticket » que lui. Le premier ministre préside le Conseil des ministres et dirige le gouvernement.

Le Parlement est monocaméral. L’Assemblée nationale compte 240 membres élus pour quatre ans au suffrage universel, direct, égal et secret. Le scrutin est régional et se fait selon la règle de la représentation proportionnelle avec un quorum de 4% des voix. L’Assemblée nationale adopte les lois, ratifie les traités internationaux, approuve le budget, déclare la guerre et contrôle le gouvernement.

Politique intérieure

La législature précédente (2005-2009) a vu l’essor politique du maire de Sofia, M. Boïko Borissov : personnalité atypique parmi la classe politique bulgare, M. Borissov, ancien pompier, ancien entraîneur de l’équipe nationale de karaté, et propriétaire d’une des plus grandes sociétés de sécurité privée du pays, a démarré sa carrière politique en 2001 lorsqu’il a été nommé Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur dans le gouvernement de Siméon de Saxe-Cobourg (2001-2005). Il a ensuite été élu maire de Sofia en 2005 et fondé en 2006 le parti GERB (« Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie », centre-droit, affilié au PPE). M. Borissov est devenu rapidement la personnalité politique la plus populaire de Bulgarie.

Après avoir devancé le Parti socialiste bulgare aux élections européennes de mai 2007 et de juin 2009, le GERB a remporté une nette victoire aux élections législatives du 5 juillet 2009, avec 117 députés sur 240 contre 76 à peine pour ses opposants du Parti Socialiste Bulgare (centre-gauche, 40 sièges) et du Mouvement des Droits et Libertés (parti de la minorité turque, 36 députés), le reste des sièges étant répartis entre la « Coalition bleue » (droite traditionnelle, 14 sièges), le nouveau parti « Ordre, droit et justice » (droite populiste, 7 sièges) et Ataka (extrême-droite nationaliste, 17 sièges).

M. Borissov a choisi de former un gouvernement minoritaire, exclusivement constitué de personnalités issues ou proches de son parti, dont une large part de novices en politique. Lors de la séance d’investiture, il a néanmoins obtenu le soutien unanime de l’ensemble des partis de droite.

Boïko Borissov a remporté les élections grâce à son image d’« homme nouveau » et à un discours très ferme fait de dénonciation de l’héritage du communiste et de volonté affichée de lutter contre la corruption et le crime organisé. Il a donc annoncé que la première priorité de son gouvernement serait la mise en œuvre des réformes exigées par l’Union européenne en matière de justice et d’affaires intérieures. Le dernier rapport du mécanisme de coopération et de vérification (cf infra), qui contrôle les progrès de la Bulgarie dans les domaines de la réforme de l’administration et du système judiciaire (juillet 2011) a relevé des progrès, mais pointé également des insuffisances importantes dans le domaine de la lutte contre la corruption, pourtant priorité gouvernementale.

Dans cette optique, M. Borissov avait notamment nommé au poste de Ministre de la Justice la magistrate Margarita Popova, dont les enquêtes sur des fraudes impliquant les fonds alloués par l’UE ont été saluées à Bruxelles comme à Sofia. Le Ministre de l’Intérieur, vice-Premier Ministre, M. Tsvétan Tsvétanov, est quant à lui le bras droit de M. Borissov depuis la création du GERB. Après des débuts marqués par des taux de popularité inédits (75,4%), le gouvernement Borissov a su conserver sa popularité en dépit de scandales et de révélations ayant entraîné les démissions successives de plusieurs ministres (Mme Roumania Jéléva, ancienne ministre des Affaires étrangères, mise en cause pour des liens avec des réseaux occultes, le 20 janvier 2010, et M. Bojidar Nanev, ministre de la santé, inculpé pour dilapidation de fonds publics, le 30 mars 2010).

Une autre « affaire » a éclaté fin 2010, la commission examinant la documentation sur la période communiste ayant révélé que 35 diplomates bulgares avaient collaboré avec l’ancienne Sécurité d’Etat. Ceux-ci ont été rappelés à partir de mai 2011 à Sofia où des taches provisoires leur ont été confiées, avant qu’une décision définitive soit prise en vue d’un éventuel limogeage, le président Parvanov n’ayant toujours pas signé de décret dans ce sens.

-élection présidentielle des 23 et 30 octobre 2011

Rossen Plevnéliev, candidat du parti au pouvoir GERB (PPE), et ancien ministre de développement régional et des travaux publics du gouvernement Borissov, a remporté le second tour de l’élection présidentielle contre le socialiste Ivaïlo Kalfine (proche du président sortant Parvanov). Le Premier ministre Boïko Borissov, qui présente ce résultat comme une victoire avant tout du gouvernement et de lui-même, reste au centre du jeu politique. M. Plevnéliev entrera en fonctions en janvier 2012.

Le second tour de l’élection présidentielle bulgare, le 30 octobre 2011, a été remporté par le "ticket" Rossen Plevnéliev - Margarita Popova par 52,58 % des voix (résultats définitifs). Leurs adversaires, le député européen Ivaïlo Kalfine (PSB -parti socialiste-, ancien ministre des affaires étrangères 2005-09, très proche du Président sortant Guéorgui Parvanov) et l’acteur Stéfan Danaïlov ont aussitôt reconnu leur défaite (47,42%). Le taux de participation, plutôt satisfaisant, s’élève à 48% au second tour, contre 41% lors du scrutin de 2006.

Au premier tour, M. Plevnéliev avait devancé M. Kalfine de 11 points (40,11 % contre 28,96 %). L’écart entre les deux candidats s’est donc nettement réduit entre les deux tours et le candidat socialiste obtient au final un assez bon résultat.

Au niveau local, 14 des 27 métropoles régionales (dont Varna et Plovdiv) ont désormais un maire GERB contre 10 en 2007, 6 reviennent au PSB. Le vote des conseillers municipaux au scrutin proportionnel (à la différence de l’élection pour les maires qui est au scrutin majoritaire) démontre une large domination du GERB qui obtient, au niveau national, 38% des voix, contre 24% pour le PSB et 7% pour le MDL.

La victoire de M. Plevnéliev résulte de plusieurs facteurs complémentaires :
- un soutien stable de l’opinion au gouvernement GERB du charismatique Premier ministre Borissov, apprécié pour ses réalisations (autoroutes) et son incarnation de « l’ordre » (même si les arrestations et inculpations peinent à ce stade à se traduire par des condamnations), bien que sa politique d’austérité assumée et le chômage élevé entretiennent les frustrations ;
- une méfiance persistante envers les trois partis de la coalition au pouvoir entre 2005 et 2009 (PSB, MDL, MNSE de Siméon de Saxe-Cobourg), dont la gestion des fonds européens avait été sanctionnée en 2008 par la Commission européenne et en 2009 par les électeurs. Le PSB peine à convaincre qu’il est à nouveau une alternative crédible ;
- la bonne réputation de M. Plevnéliev, en qui beaucoup voient une sorte de Bulgare exemplaire ce qui lui a permis de séduire un électorat libéral ;
- les avantages structurels du parti au pouvoir, en termes de communication, de fonctionnement du Parlement (suspension des travaux du Parlement deux semaines avant le premier tour « pour éviter que les séances de questions au gouvernement ne donnent lieu à de la propagande électorale »), de suivi des électeurs dans certaines communes (le parti majoritaire tirant naturellement le plus de bénéfice de pratiques répandues de vote contrôlé).

Cette victoire, sans conséquence sur la politique étrangère bulgare, renforce la légitimité du premier ministre Borissov :

Cette élection conforte la prééminence du Premier ministre Boïko Borissov :
- sa légitimité en tant que chef du parti GERB au pouvoir est confirmée. Alors qu’en Bulgarie le parti gouvernemental subit habituellement une défaite aux élections de mi-mandat, le GERB résiste pour l’heure à l’usure du pouvoir ;
- il sera désormais en mesure de faire nommer, par l’intermédiaire d’un homme de confiance, les personnes de son choix à de hauts postes de l’Etat, et d’accélérer le travail législatif, n’ayant en principe plus à craindre un veto présidentiel.

Situation économique

Après plusieurs années de forte croissance (supérieure à 6% depuis 2004), la Bulgarie a été durement touchée par la crise : la récession en 2009 s’élevait à -5,5 % du PIB au moins, tandis que le taux de chômage a fortement augmenté, passant de 5,6 % en 2008 à 10,2 % en 2010. En 2010, la croissance a été pratiquement nulle. 2011 est une année de reprise, avec une croissance qui devrait se situer autour de 3%. Cependant, le contexte économique demeure très dégradé.

Agissant dans un cadre contraint (régime de parité fixe avec le Deutsche Mark depuis le 1er juillet 1997, puis avec l’euro), le souci principal du gouvernement est de respecter les critères de convergence en vue d’une adhésion dès que possible au MCE II (mécanisme transitoire vers la monnaie unique) puis à l’euro (échéance initialement espérée pour 2014). Du fait de la crise, la Bulgarie a renoncé à entrer dans le MCE-II à court terme et reportera vraisemblablement l’adoption de l’euro à une date pour le moment inconnue. Les critères les plus difficiles à satisfaire sont le taux d’inflation moyen (4,8% pour l’année 2011) ainsi que les taux d’intérêts à long terme. Le déficit public s’élève à -2,7% du PIB 2011. L’objectif de non dépassement du déficit public de -3% est inscrit dans la constitution. En revanche, le niveau de la dette publique reste faible, autour de 20% du PIB.

-Situation énergétique bulgare :

Le mix énergétique bulgare de consommation se répartit de la façon suivante : 38 % pour le pétrole (presque exclusivement russe, cf. infra), 27 % pour l’électricité, 11% pour le gaz (également russe), 11% pour les énergies renouvelables et 9% pour l’énergie thermique. La production est marquée par la domination du charbon (34%) suivi par le pétrole (24%), l’énergie nucléaire (21%), le gaz (12%) et les énergies renouvelables (6%).

Le secteur de l’énergie en Bulgarie reste sous la forte influence de la Russie, influence d’autant plus remarquable qu’elle progresse depuis 2000, avec le rachat par Lukoil de l’unique raffinerie du pays, et que les entreprises russes cherchent à diversifier leur présence dans les énergies renouvelables (biomasse) en s’appuyant sur la proximité culturelle russo-bulgare. La Russie représente plus des deux tiers des importations bulgares, pesant pour 97 % du gaz naturel, 94% du pétrole brut, 52% du charbon et 100% du combustible. Dans ce contexte, la présence occidentale est extrêmement circonscrite (distribution d’électricité, énergies renouvelables)

La stratégie énergétique de la Bulgarie à l’horizon 2020, validée en juin 2011 par le Parlement, fixe l’ambition d’une contribution de 16% des énergies nouvelles renouvelables à la consommation finale d’énergie en 2020 de même que les objectifs de diversification des fournisseurs de la Bulgarie en matière de ressources et de réseaux de transport et de sécurité d’approvisionnement.

La Bulgarie est concernée par trois projets régionaux : le projet russe du gazoduc South Stream (capacité de 35 Mds d’euros, avec une variante de 62 Mds de mètres cubes), qui a fait l’objet den juillet 2010 d’une feuille de route conjointement signée par les autorités russe et bulgare pour préciser les modalités de la mise en œuvre sur le sol bulgare où la propriété des infrastructures devrait être répartie à égalité entre Gazprom (Russie) et Bulgartransgaz (Bulgarie). La pré-étude du tracé de gazoduc South Stream en Bulgarie a été lancée en début d’année 2011. Le gazoduc Nabucco, projet européen d’une capacité de 31 Mds de mètres cubes que la Bulgarie juge prioritaire pour son indépendance énergétique et complémentaire du projet South Stream d’un point de vue fonctionnel. Enfin, l’oléoduc Bourgas-Alexandropoulis, projet d’une capacité de 35 MT/an (avec une option de 50 MT/an) qui vise à contourner les détroits du Bosphore par la voie terrestre. Il fait l’objet d’une forte opposition des collectivités locales bulgares et d’une grande prudence des autorités. Sa réalisation est suspendue à l’étude d’impact environnemental en cours. La Grèce affiche encore sa détermination en faveur du projet dans un contexte, toutefois, difficile pour son financement.

La Bulgarie a confirmé son choix stratégique du nucléaire au lendemain de Fukushima. Deux des six réacteurs de la centrale nucléaire de Kozloduy fonctionnent encore, les autres tranches ayant été arrêtées en 2002 puis en 2006 en application du traité d’adhésion à l’UE. Le choix bulgare du nucléaire a été réaffirmé, en 2003, par la relance du projet d’une nouvelle centrale à Béléné. La société russe Atomstroyexport (avec Areva NP et Siemens comme sous-traitants) a été retenue en novembre 2006 pour un contrat préliminaire pour un coût total de 3, 96 Mds d’euros. Le retrait de l’investisseur stratégique allemand RWE à l’automne 2009 a de facto gelé le projet. Le contrat n’est pas rompu avec la partie russe, mais la signature, début 2011, du 12ème avenant au contrat n’a pas empêché le durcissement des positions des partenaires et l’engagement par Atomstroyexport, en juillet 2011, d’une procédure d’arbitrage contre la Bulgarie. Les reports successifs du projet, du fait de la crise et de la volonté (au moins affichée) du gouvernement bulgare de se soustraire à la mainmise russe sur le nucléaire bulgare, ouvre aujourd’hui la voie à l’alternative à ce projet qui serait la construction d’un nouveau réacteur sur le site de la centrale existante de Kozloduy.

Politique extérieure et européenne

Relations avec l’Union européenne

L’intégration à l’Union européenne a, depuis le retour à la démocratie en 1989, toujours constitué une priorité de politique étrangère faisant consensus dans la classe politique bulgare, y compris le parti d’extrême droite Ataka affichant un euroscepticisme modéré.

L’adhésion à l’UE, effective depuis le 1er janvier 2007, a toutefois été accompagnée (comme celle de la Roumanie) par la mise en place d’un « mécanisme de coopération et de vérification », outil de contrôle, sous l’égide de la Commission européenne, des progrès en matière de lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et le crime organisé et d’une clause de sauvegarde dans le domaine de l’aviation civile (levée en septembre 2008). Ce mécanisme permet de s’assurer que la Bulgarie poursuit les efforts qui lui sont demandés pour mettre à niveau sa justice et lutter efficacement contre la corruption et le crime organisé. Prévu sans durée limitative, ce mécanisme donne lieu à des rapports réguliers de la Commission européenne.

Les précédents rapports, dont le dernier a été publié au mois de juillet 2011, ainsi que les recommandations faites lors des rapports intérimaires, soulignaient les progrès bulgares mais font état de carences persistantes en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.

La perspective de l’adhésion à la zone euro, espérée à l’origine pour 2014, et l’entrée dans l’espace Schengen demeurent les objectifs principaux de la politique européenne du gouvernement Borissov. L’objectif bulgare d’une entrée en 2011 dans l’espace Schengen semblait, aux yeux de plusieurs pays européenes, difficilement compatible avec les observations formulées dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification. Même s’il n’y a pas de lien juridique entre le MCV et l’adhésion à Schengen, les thèmes qui entrent dans le champ du MCV ont nécessairement des répercussions sur la capacité d’un Etat à assurer la sécurité de l’espace Schengen, en particulier dans la partie sud-est de l’Europe, par laquelle transite actuellement 75 % à 80 % de l’immigration illégale.

Après la parution du rapport MCV de juillet 2011, la France et l’Allemagne ont proposé l’adoption d’un calendrier en deux étapes pour l’entrée de ces pays dans Schengen : à l’automne 2011 pour les frontières aériennes et maritimes, et après la publication du rapport MCV à l’été 2012, si celui-ci s’avère positif, pour les frontières terrestres. Cependant, lors du Conseil (JAI) des 22 et 23 septembre2011, les Pays-Bas et la Finlande ont rejeté la proposition de consensus au motif qu’il existait de trop grandes lacunes dans le domaine de l’état de droit en Roumanie ainsi qu’en Bulgarie. Faute de consensus, la décision d’une entrée partielle ou totale des deux pays a donc été reportée sine die.

La Commissaire bulgare est Mme Kristalina Guéorguiéva, ancienne secrétaire générale de la Banque mondiale. Elle détient depuis le 19 janvier 2010 le portefeuille de la Coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la réaction aux crises.

La Bulgarie soutient enfin fortement le développement de l’Europe de la Défense. Elle contribue en outre à la mission de surveillance en Géorgie EUMM (13 personnes) et à l’opération ATALANTE (2 personnes) près des côtes somaliennes.

Politique extérieure

L’OTAN constitue une autre priorité de la politique extérieure bulgare. La crise du Kosovo, puis le contexte "après 11-Septembre" ont donné l’occasion aux autorités bulgares de démontrer leur engagement aux côtés des Alliés. La Bulgarie est devenue membre à part entière de l’Alliance atlantique en avril 2004.

La Bulgarie se veut un allié loyal des Etats-Unis. Elle a ainsi participé à la coalition conduite par les Etats-Unis en Irak à partir de 2003. Toutefois, ses troupes ont quitté définitivement l’Irak le 15 décembre 2008. Membre de la FIAS depuis 2002, la Bulgarie a régulièrement réitéré son engagement aux côtés de l’Afghanistan et des alliés. Sofia a progressivement augmenté son contingent, qui s’élève aujourd’hui à 767 soldats, déployés à Kaboul et à Kandahar pour y assurer la sécurité des aéroports. La contribution de la Bulgarie dans le domaine civil demeure modeste. Depuis 2010, un officier de police et deux experts civils bulgares participent à la mission de police de l’UE (EUPOL Afghanistan).

Politique régionale

La Bulgarie a des relations normalisées avec l’ensemble de ses voisins et souhaite bénéficier de la stabilisation de la région sous forme de retombées économiques et commerciales, de participation aux projets d’infrastructures régionaux, ainsi que par l’affirmation d’un rôle politique actif et modérateur, notamment dans les enceintes multilatérales régionales. Elle a ainsi développé une politique de bon voisinage avec la Grèce, la Turquie, la Roumanie. La Bulgarie soutient la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux, et particulièrement de l’ancienne République yougoslave de Macédoine à laquelle elle est très attachée par son histoire et sa culture (elle a été le premier Etat à reconnaître l’indépendance de cette république), malgré des tensions ponctuelles liées à la question des double-nationaux bulgaro-macédoniens (cf. infra).

Elle participe également aux travaux des enceintes régionales à vocation politique (processus de coopération de l’Europe du sud-est), militaires (cycle de réunion des ministres de la Défense du sud-est de l’Europe, forces multinationales pour la paix dans le sud-est de l’Europe), économique (TRACECA, programme d’amélioration du réseau de transports dans le Caucase, en Asie centrale et en mer Noire, Coopération économique de la mer Noire, Commission du Danube) et au Pacte de Stabilité pour l’Europe du sud-est, devenu Conseil de coopération régionale (CCR) . La Bulgarie est également très attentive à l’évolution et à la stabilité des Balkans occidentaux et elle a par ailleurs reconnu l’indépendance du Kosovo un mois après sa déclaration d’indépendance.

Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) : Si la Bulgarie a renoncé à toute velléité irrédentiste vis-à-vis de l’ARYM, sa proximité culturelle et linguistique avec sa population tend à lui faire considérer l’identité nationale macédonienne comme une construction artificielle. Sofia accorde de ce fait assez facilement la nationalité bulgare aux ressortissants macédoniens, ce qui a pu irriter Skopje. La relation avec l’ARYM reste ainsi marquée par des tensions ponctuelles.

Turquie : M. Borissov (dont le discours électoral n’était pas exempt de déclarations anti-turques) observe une grande retenue sur l’idée d’une adhésion turque.

Russie et sécurité énergétique : la relation de la Bulgarie avec la Russie est traditionnellement étroiteet perçue de manière positive par la population bulgare : celle-ci est un partenaire économique de poids dont les investisseurs sont très présents dans l’économie bulgare. Le gouvernement sortant, dominé par le parti socialiste ex-communiste, avait développé des relations de grande proximité avec le Kremlin. Le gouvernement Borissov, s’il est moins tourné vers la Russie, s’est néanmoins attaché à préserver ce capital politique.

Mise à jour : 02.12.11

Version imprimableVersion imprimable