
Le secrétaire général du ministère brésilien des Relations extérieures, Antonio Patriota, effectuera une visite à Paris les 15 et 16 février prochains. Il sera reçu au Quai d’Orsay par Bernard Kouchner et le secrétaire général, Pierre Sellal.
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Relations économiques
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Autres types de coopération
Ambassadeur de France au Brésil : Yves Saint-Geours (depuis le 25 novembre 2009)
Ambassadeur du Brésil en France : José Mauricio Bustani (depuis le 5 février 2008)
Depuis plusieurs années, la France développe un partenariat stratégique avec le Brésil reposant sur un dialogue politique approfondi, une coopération très riche en matière culturelle, scientifique et technique et la présence des grandes entreprises françaises dans des secteurs-clés de l’économie brésilienne. Quatre visites présidentielles, en 2005, 2006, 2008 et 2009, ont témoigné du renforcement de ces relations.
Les liens étroits d’amitié entre le Brésil et la France reposent traditionnellement sur des valeurs que les deux pays partagent : promotion des principes démocratiques et des droits de l’Homme, renforcement du droit international et du multilatéralisme, promotion du développement et respect de la justice sociale, défense de la paix et de la sécurité, attachement à la non-prolifération des armes de destruction massive et au désarmement, protection de l’environnement et de la diversité culturelle.
Depuis 1995, la volonté d’établir un « nouveau partenariat » politique avec le Brésil s’est traduite par des visites régulières au plus haut niveau. L’Année du Brésil en France, dont la visite du président Lula du 12 au 15 juillet 2005 a constitué le point d’orgue, a permis d’accroître encore les contacts au niveau ministériel. Le partenariat stratégique avec le Brésil a été lancé en mai 2006 lors de la visite d’État au Brésil du président Chirac, puis a connu une impulsion décisive lors de la rencontre des présidents Lula et Sarkozy à Saint-Georges de l’Oyapock (Guyane) le 12 février 2008, sur notre frontière commune. Il s’est traduit par l’adoption d’un plan d’action ambitieux et la signature de nombreux accords lors du sommet bilatéral de Rio le 23 décembre 2008 (organisé avec le sommet UE-Brésil). La visite du président Sarkozy le 7 septembre, premier chef d’État non latino-américain invité d’honneur à la fête nationale brésilienne, a permis de dresser un bilan de la mise en œuvre des projets mis sur les rails et d’ouvrir des pistes nouvelles d’approfondissement d’une relation exceptionnelle. L’Année de la France au Brésil, du 21 avril au 15 novembre 2009, aura permis d’intensifier tous ces échanges et de présenter aux Brésiliens une France moderne, ouverte sur le monde, à la société diverse.
Notre partenariat est à la fois global, fondé sur la réciprocité et équilibré dans ses différents volets. La France entend penser avec le Brésil les réformes de la gouvernance mondiale et des institutions financières internationales et préparer de concert les grandes échéances de l’agenda international. C’est dans cette perspective que les présidents Sarkozy et Lula ont publié une tribune commune dans la presse internationale à la veille du Sommet de l’Aquila, proposant une « Alliance pour le changement ». Lors du sommet de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) le 19 novembre dernier, le Brésil et la France se sont également exprimés d’une même voix en promouvant un texte conjoint en faveur d’une réforme du système de gouvernance de la sécurité alimentaire. Dans le domaine stratégique des questions climatique et environnementale, la création d’un groupe de travail conjoint a permis d’aboutir à une position concertée à la conférence de Copenhague, promue par les deux présidents eux-mêmes lors du Sommet des États amazoniens de Manaus puis au Sommet du Commonwealth à Trinité-et-Tobago, et reprise par le Groupe de haut niveau sur le commerce et l’investissement (créé en septembre 2009). Le Brésil et la France sont ainsi engagés dans une démarche inédite de dépassement des oppositions Nord-Sud traditionnelles. En outre, avec ce partenariat stratégique, la France s’engage à accompagner le Brésil dans son ambition à devenir un acteur global sur la scène internationale, et à en assumer les droits et les responsabilités. Elle entend donc l’aider dans cette perspective à se doter, grâce à d’importants transferts de technologie, des instruments qui fondent un grande puissance mondiale dans les domaines militaire, spatial, énergétique et technologique. Le spectre de notre partenariat, même s’il ne prétend pas à l’universalité, est particulièrement étendu et concerne des domaines aussi variés que la biodiversité et le développement durable amazoniens, les transports durables et la croissance verte, la formation professionnelle, les relations transfrontalières autour des régions Guyane et Amapa, l’aide au développement en pays-tiers, les questions migratoires, des projets de coopération en commun en Afrique...
La richesse de ces relations n’empêche cependant pas certains irritants d’exister, notamment en matière de politique internationale : sur les sujets liés à l’agriculture au sein de l’OMC, d’une part, mais également dans le domaine de la défense des droits de l’Homme dans les enceintes internationales, où le Brésil fait parfois montre d’une attitude ambiguë à l’égard de certains dirigeants controversés (Soudan, Corée du Nord...). Sa relative ouverture vis-à-vis de l’Iran (visite à venir de Lula à Téhéran après celle d’Ahmadinejad à Brasilia) pourrait aussi s’avérer problématique face aux positions de fermeté défendues par la France et l’Union européenne.
Le Brésil est notre premier partenaire commercial en Amérique latine et notre 3e partenaire hors OCDE et Maghreb, derrière la Chine et la Russie. La France est le 8e fournisseur du Brésil, avec 2,7% de part de marché, contre 6,9% pour l’Allemagne et 14,8% pour les États-Unis. La France achète traditionnellement au Brésil des produits agroalimentaires (huiles brutes et tourteaux de soja) et de plus en plus de biens industriels. Elle exporte vers le Brésil des biens d’équipement, notamment des avions, des équipements pour l’automobile et des automobiles, des préparations pharmaceutiques.
Exportations de la France vers le Brésil en 2008 : 3,52 Md€.
Importations en provenance du Brésil en 2008 : 3,97 Md€.
Solde : -448 M€ (taux de couverture 89%)
Les relations économiques entre la France et le Brésil ont progressé ces dernières années. Les grandes entreprises françaises poursuivent leur développement dans ce pays (35 entreprises du CAC40 y sont implantées). Plus de 400 entreprises françaises emploient plus de 400000 personnes au Brésil. En matière d’investissements directs à l’étranger (IDE), la France est le 4e partenaire du Brésil en termes de stock (environ 10 Md€), avec une part de marché de 7%. Sur l’année 2008, le flux des investissements directs français a pratiquement atteint 3 Md$, soit le double de l’année précédente. Le Brésil est, en termes de stock, la première destination de nos IDE parmi les pays émergents. Nos investissements ont été principalement réalisés dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications, des services financiers et de l’agroalimentaire. La France est présente sur quelques projets phares du développement du pays : construction de la centrale nucléaire « Angra III » avec Areva, tramway et métro de São Paulo et Brasilia, hydroélectricité avec Alstom... Elle cherche actuellement à se positionner sur la construction à venir de la première ligne de TGV du pays, qui devrait ouvrir en 2014 entre Rio et São Paulo.
Le Brésil est le premier partenaire de la France en Amérique latine pour la coopération culturelle, scientifique et technique. Notre coopération scientifique et technique est considérée comme exemplaire et fondée sur le partenariat et le cofinancement. Nos champs d’action prioritaires sont :
le développement durable et la biodiversité en Amazonie ;
la recherche et l’innovation technologique (la France est le deuxième partenaire scientifique du Brésil après les États-Unis) ;
l’accompagnement, en matière de coopération technique, des priorités du gouvernement brésilien (politiques sociales, agriculture familiale durable, réforme de l’État mais aussi aide à l’Afrique) ;
un nouveau partenariat pour le plurilinguisme et la diversité culturelle.
L’action en faveur du français et des échanges culturels occupe une place importante de notre coopération. Trois lycées français (São Paulo, Rio, Brasilia) totalisent 2065 élèves dont environ 1500 Français. Les Alliances françaises du Brésil constituent le réseau le plus ancien et le plus dense du monde (39 implantations), accueillant 35000 élèves. Les échanges artistiques -théâtre, arts plastiques, musique, danse- et la formation des professionnels de la culture sont particulièrement intenses et ont bénéficié d’un nouvel élan avec la Saison culturelle du Brésil en France en 2005, puis l’Année de la France au Brésil en 2009. Dans le domaine du livre, les relations entre éditeurs et écrivains des deux pays sont étroites (le Brésil est le premier marché pour le livre français en Amérique du Sud).
La coopération scientifique est structurée autour de formations d’excellence entre universités et de partenariats de haut niveau entre les organismes de recherche des deux pays. Ils portent notamment sur la biodiversité amazonienne, le génome, les mathématiques fondamentales et appliquées, les changements climatiques, les sciences sociales et humaines. Les programmes de technologies innovantes connaissent un important développement. Par ailleurs, 2911 Brésiliens étudient dans les universités françaises et 838 dans les grandes écoles.
La coopération technique est menée avec les institutions de l’État, les collectivités locales et les entreprises des deux pays. La coopération décentralisée, officialisée dans par le protocole signé en Guyane le 12 février 2008, connaît un développement soutenu : outre des Assises bilatérales régulières (les dernières à Lyon en décembre 2009), le « Comité mixte de suivi de la coopération décentralisée franco-brésilienne », créé par le protocole de 2008, s’est réuni pour la première fois en avril 2009 à Rio de Janeiro. La coopération audiovisuelle appuie l’aide à la diffusion du cinéma, la promotion des nouvelles musiques françaises et le soutien à l’exportation des programmes de télévision.
La coopération dans le secteur de la défense a connu des développements importants : cession du porte-avions Foch en 2000, organisation en 2002 du plus grand exercice militaire en Amérique du Sud avec le Brésil, l’Argentine et le Chili, cession de douze avions de combat Mirage en 2005. En janvier 2008, les ministres de la Défense ont signé à Paris l’Accord sur le statut des forces. La France s’engage également dans d’importants transferts de technologie, dans le domaine militaire, comme le démontrent le développement et la construction partagés de quatre sous-marins Scorpène, l’assistance pour la conception et la construction de la partie non nucléaire du futur sous-marin nucléaire d’attaque brésilien, et l’achat et la construction partagée de 50 hélicoptères de transport militaire. Par ailleurs, le président Lula a annoncé en septembre 2009 la décision de la partie brésilienne d’engager des négociations avec le GIE Rafale pour l’acquisition de 36 avions de combat.
La coopération transfrontalière entre la France et le Brésil (État frontalier d’Amapa) connaît un dynamisme accru, notamment grâce à la tenue des 5e consultations transfrontalières le 13 août 2009 à Macapa (État de l’Amapa). Cette coopération permet d’apporter des réponses aux préoccupations de chaque partie, liées aux différents risques transfrontaliers (immigration clandestine, sécurité, mouche de la carambole), d’encourager les échanges humains et commerciaux (éducation, circulation) et de développer l’économie de la région amazonienne dans le respect des populations locales et d’un environnement exceptionnel. Enfin, la construction d’un pont sur le fleuve frontalier Oyapock a été approuvée par nos parlements respectifs, et le chantier a été lancé en juillet 2009. L’ouvrage facilitera la liaison routière Cayenne-Macapa (État d’Amapa) et favorisera l’insertion de la Guyane dans son environnement régional. Il donnera lieu à de nouveaux accords de coopération notamment sur les plans policier, commercial et social.
Mise à jour : 06.01.10.
Brasilia
Observation le Lundi 15 à 03:00 (heure locale)