Dans le cadre de l’Année de la France au Brésil, la ville de São João de Rey accueille une série de cours et d’ateliers sur la préservation et la restauration du patrimoine culturel

Restauration des oeuvres de Poussin
au Musée d’Art de Sao Paulo ©DR
Comment les méthodes scientifiques les plus modernes et les derniers moyens technologiques peuvent-ils préserver et reconstituer l’histoire ? Que dit la préservation d’objets et de matériaux de notre passé et de notre présent ? Quel est le futur de notre patrimoine culturel matériel ? Ce sont quelques questions auxquelles tentera de répondre l’École Thématique Interdisciplinaire « Caractérisation et Datation des matériaux du Patrimoine Culturel » (CAPADAC), qui a été ouverte le 25 octobre à São João de Rey, Minas Gerais, et qui aura lieu jusqu’au 31 octobre 2009.
L’événement fait partie de la programmation officielle de l’Année de la France au Brésil et a pour objectif de resserrer les relations entre les deux pays dans le domaine de la recherche et de la technologie, qui rassemble des disciplines comme la Physique, la Chimie, l’Archéologie et la Conservation et Restauration.
Organisé par le Centre Brésilien de Recherches Physiques (CBPF) et le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF), le CADAPAC propose des cours théoriques, des présentations d’études et des ateliers réalisés avec l’aide de divers équipements mobiles modernes d’analyse. Les matériaux en question ont un intérêt historique potentiel, comme, par exemple, les tissus, rochers, céramiques, métaux et toiles. Le choix de la ville de São João de Rey comme siège de l’École, avec ses détails et son architecture baroque typiques de la période coloniale brésilienne, permet aussi aux 120 participants environ originaires de plusieurs pays et de différentes régions brésiliennes - parmi lesquels les 23 intervenants de l’École - de connaître et de profiter d’un des plus importants représentants du patrimoine culturel du pays.
L’importance de la coopération française pour les recherches brésiliennes a été relevée par le directeur du CBPF, Ricardo Ozório Galvão. D’après lui, la célébration de l’Année de la France au Brésil est un « juste hommage à une nation qui a eu un rôle fondamental dans la formation de l’élite culturelle et scientifique du Brésil ». Concernant le programme d’étude, il a affirmé que le CAPADAC est bien plus qu’un simple congrès : « Cet événement a été pensé en dans un but de formation de chercheurs dans le domaine interdisciplinaire des sciences du patrimoine qui, au Brésil, est un domaine qui manque de spécialistes ».

Restauration des oeuvres de Poussin
au Musée d’Art de Sao Paulo ©DR
La cérémonie d’ouverture du CADAPAC s’est déroulée à l’Amphithéâtre de la Bibliothèque Otto Lara Resende de l’Université Fédérale de São João de Rey (UFSJ). Les participants ont d’abord été accueillis par le Vice-recteur de l’UFSJ, Marcos Vieira Silva : « La ville de São João de Rey est un patrimoine culturel vivant. Nous avons une trajectoire significative dans la production culturelle de la région, et l’université fait partie de ce processus en essayant de préserver la tradition et, en même temps, de la renouveler quotidiennement avec la production de nouveaux savoirs ».
Directrice du C2RMF, Christiane Naffah a fait une présentation de l’institution française, une des pionnières au monde dans le domaine de la restauration du patrimoine. Elle a brièvement expliqué quelques-unes des méthodologies les plus utilisées dans les recherches françaises et a pris l’exemple du tableau « La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte Anne », de Leonard de Vinci, dont des études ont révélé la découverte de dessins et de croquis inédits. Cette étude intègre la base de données « Eros », développée par le C2RMF, qui compte plus de 300 milles images en haute définition et plusieurs outils d’analyse.
La responsable française de l’organisation de l’événement, membre du C2RMF, Maria Filomena Guerra, s’est chargée de passer un message du consul général de France à Rio de Janeiro, Hughes Goisbault. Goisbault a remercié les efforts des organisateurs de l’École et a tenu a souligner le lien entre la France et le Brésil : « Les deux pays ont depuis longtemps une vision commune ». D’après lui, les institutions de recherche brésiliennes contribuent à la « conviction française que le Brésil est un des grands pays du XXIe siècle ».
Le Recteur de l’UFSJ, Helvécio Luiz Reis, s’est à son tour montré très fier d’accueillir l’événement, « qui nous donne l’opportunité de rendre visible des travaux menés au Brésil et, plus particulièrement, à l’UFSJ même, qui est maintenant dans une période d’expansion, de joie et de beaucoup de travail ». Et il conclut : « São João de Rey montre la réalité d’une coexistence pacifique entre le moderne et l’historique. J’espère que vous puissiez tous, pendant cette semaine d’études, aller voir et connaître les beautés de notre patrimoine culturel ».
La liste d’inscrits à l’École inclut des doctorants, des enseignants et des enseignants-chercheurs et des professionnels des divers secteurs liés au patrimoine culturel. Au moins un d’entre eux, le doctorant de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ) dans le domaine de la radiographie numérique, Davi Ferreira de Oliveira, est motivé par le début du cours : « C’est une opportunité de connaître de nouvelles techniques et équipements pour enrichir la recherche et les différents secteurs professionnels ».
Selon le professeur de Physique du Département de Sciences Naturelles de l’UFSJ et membre du comité local d’organisation de l’École, Marco Túlio Raposo, « il s’agit surtout d’une opportunité de sceller des partenariats et de commencer de nouveaux projets ». Il considère que le domaine d’études de matériaux a un avenir prometteur.
Le membre du comité scientifique d’organisation et conférencier du CADAPAC, le professeur Carlos Roberto Appoloni, du Département de Physique de l’Université de Londrina (UEL), a souligné la nécessité d’un tel événement au Brésil et a reconnu l’importance de la France pour les études des matériaux : « Si en France ces études prenaient déjà forme dans les années 1950, au Brésil, ce fut seulement à partir des années 1990 qu’ont commencé à apparaître les premiers efforts significatifs ».
Les partenaires de l’École sont : Ministère Brésilien de la Science et de la Technologie, Gouvernement Fédéral du Brésil, CBPF, C2RMF, Université Fédérale de São João de Rey, Comité National d’Énergie Nucléaire (CNEN), Centre Latino Américain de Physique (CLAF), Fondation de Soutien à la Recherche de l’État de São Paulo (Fapesp), Fondation de Soutien à la Recherche de l’État de Minas Gerais (Fapemig) et Fondation Carlos Chagas Filho de Soutien à la Recherche de l’État de Rio de Janeiro (Faperj).

