Birmanie

Présentation de la Birmanie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de l’Union de Birmanie (en 1989, le régime militaire a renommé le pays « Myanmar » en anglais. En français, l’appellation « Birmanie » est toujours employée. Les Britanniques et les Américains ne reconnaissent pas le changement de nom et continuent d’appeler le pays « Burma »)

Nature du régime : Autoritaire, le gouvernement est civil depuis le 30 mars 2011, mais en réalité très largement composé d’anciens militaires issus de la junte, qui avait gouverné le pays depuis 1962.

Chef de l’Etat : Thein Sein, président de la République

Données géographiques

Superficie : 678 528 km2

Capitale : Nay Pyi Daw

Capitale économique : Rangoun (5,8 millions d’habitants)

Villes principales : Mandalay, Moulmein, Sittwe

Langue officielle : birman

Monnaie : Kyat (MMK)

Fête nationale : 4 janvier (fête de l’indépendance)

Données démographiques

Population : 61,1 millions (FMI, 2010)

Densité : 90 hab/km2 (2010)

Croissance démographique : 1,1% en 2010 (BAsD)

Espérance de vie : 65,2 ans (PNUD, 2010)

Taux d’alphabétisation : 90% (PNUD, 2008)

Religions : bouddhisme (90%), islam, christianisme Indice de développement humain : 149e sur 187 (PNUD, 2011)

Données économiques

PIB : 35,6 Mds USD (FMI, 2010)

PIB par habitant (PPA) : 1 246 USD (FMI, 2010)

Taux de croissance : 5,3 % (FMI, 2010)

Taux de chômage (au sens du BIT) : 4%.

Taux d’inflation : 7,9% (FMI, 2010)

Solde budgétaire : -3,4% du PIB (FMI, 2008)

Solde commercial : 2492 M USD (ASEAN stats, 2010)

Principaux clients : Thaïlande (44%), Inde (18%), Chine (officiellement 7%), Singapour (6%)

Principaux fournisseurs : Chine (28%), Thaïlande (21,5%), Singapour (18%), Japon (10%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2009) :
- secteur primaire : 41%
- secteur secondaire : 20%
- secteur tertiaire : 39%

Echanges bilatéraux France-Birmanie : 16 M euros en 2010

Site internet d’Ubifrance : http://www.ubifrance.fr

Consulat de France : Rangoun

Communauté française en Birmanie : 277 personnes immatriculées en 2011

Communauté birmane en France : n. c.

Politique intérieure

Les élections générales du 7 novembre 2010, les premières depuis 20 ans, ont été, sans surprise, largement remportées par le parti de la junte (USDP). La Ligue nationale pour la Démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi (qui avait remporté les élections de 1990 et à qui le régime n’avait pas accepté de céder le pouvoir) avait refusé d’y prendre part, dénonçant un processus électoral sous contrôle.

Les lois électorales (impossibilité pour les partis politiques d’avoir des détenus parmi leurs membres, frais d’enregistrement élevés pour les candidats, interdiction de critiquer le régime et la nouvelle Constitution) n’avaient pas permis de créer un processus ouvert à tous. La nouvelle Constitution, entrée en vigueur en janvier 2011 lors de la 1ère session du Parlement, réserve un quart des sièges des assemblées aux militaires.

Une semaine après les élections, le 13 novembre 2010, la junte a remis en liberté Aung San Suu Kyi, dont l’assignation à résidence arrivait à son terme. Les scènes de liesse témoignent qu’elle incarne toujours un espoir pour la population.

Depuis la fin de l’été 2011, le gouvernement a cependant multiplié les signes d’ouverture :

- le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l’Homme a été autorisé à se rendre en Birmanie au mois d’août et a notamment pu s’entretenir en privé avec des prisonniers politiques ;
- le Président a engagé, en août, un dialogue direct avec Mme Aung San Suu Kyi, qu’elle a qualifié d’« encourageant » ;
- le gouvernement a proposé aux groupes ethniques armés de négocier des accords de paix (les tensions restent toutefois vives entre l’armée et les minorités) ;
- le gouvernement a créé une Commission nationale des droits de l’Homme (dont l’indépendance devra être testée) ;
- il a assoupli la censure des médias (les journaux en birman peuvent publier des interviews de Mme Aung San Suu Kyi, les sites internet d’information des militants en exil sont désormais accessibles en Birmanie) ;
- le Président a suspendu les travaux du projet chinois de barrage de Myitsone, se montrant à l’écoute de la population (conséquences écologiques, fort ressentiment anti-chinois) ;
- il a promulgué, le 11 octobre, une loi autorisant le droit de faire grève et de se syndiquer librement ;

- amnistie, le 12 octobre, pour des raisons « humanitaires », de 6 300 prisonniers dont environ 220 prisonniers politiques (d’autres libérations pourraient suivre) ;

- le Parlement, bien que composé d’un quart de militaires et dominé par le parti issu de l’ancienne junte, débat de questions sensibles, notamment celle des prisonniers politiques ;
- les militants en exil ont été invités à revenir ;
- le rythme des réformes économiques s’est accéléré ;
- l’adoption par le parlement d’amendements à la loi sur l’enregistrement des partis politiques à conduit la LND à s’enregistrer afin de participer aux prochaines élections législatives partielles. Aung San Suu Kyi elle-même devrait être candidate.

Ces évolutions sont sans précédent. Ce mouvement découle notamment d’une prise de conscience du retard de la Birmanie par rapport aux pays de la région, notamment dans le domaine économique, et d’une volonté d’une plus grande reconnaissance par la communauté internationale. Des espoirs déçus dans le passé nous incitent cependant à la prudence. Le processus demeure fragile, et les tensions vives, avec certains groupes ethniques armés, notamment dans l’Etat Kachin.

Situation économique

Pays prospère dans les années 1960, la Birmanie est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde. Le revenu moyen par habitant est de l’ordre de 490 USD. Le taux de croissance, qui s’élève à 5,3% en 2010, reste insuffisant pour réduire le niveau de pauvreté du pays et reste très en deçà de ses possibilités.

Le pays dispose en effet d’atouts : des matières premières abondantes (mines, bois, gaz et pétrole), un marché de plus de 50 millions de consommateurs, une main d’œuvre bon marché et une intégration régionale forte, du fait de son appartenance à l’ASEAN depuis 1997 et de ses liens étroits avec la Chine et avec l’Inde.

Les secteurs industriel et tertiaire sont faiblement développés. L’agriculture est au cœur de la vie économique birmane (entre 70 et 80% de la population réside dans les zones rurales). La santé de l’économie birmane dépend donc en grande partie des performances de son agriculture, mais son développement est pénalisé par l’incohérence ou l’absence de réformes économiques et le faible investissement dans les infrastructures.

La privatisation de l’économie birmane s’est accélérée au début de l’année 2010. De nouveaux projets gaziers avec les pays asiatiques, notamment la Chine, devraient permettre à la Birmanie d’augmenter sa production de manière considérable à partir de 2013.

Site internet d’Ubifrance

Politique extérieure

Le régime birman, en réprimant les manifestations de 1988 et en refusant de reconnaître le résultat des élections de 1990, a fait le choix de tourner le dos à la démocratie. Cette politique l’a coupé de ses partenaires occidentaux (Union européenne, Etats-Unis, Australie, Canada) et rapproché de la Chine. Pékin est aujourd’hui le principal allié de la Birmanie et un partenaire stratégique.

La Birmanie est membre de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN, dont l’approche a toujours été celle de « l’engagement constructif »). L’ASEAN a officiellement attribué, le 17 novembre 2011, la présidence de l’organisation à la Birmanie en 2014.

La Birmanie entretient par ailleurs des relations étroites avec l’Inde, comme en témoigne la visite en Inde, en octobre 2011, du Président Thein Sein.

L’Union européenne renouvelle régulièrement depuis 1996 une position commune (http://www.budget.gouv.fr/direction…) prohibant les ventes d’armes et toute coopération de défense, interdisant l’entrée et gelant les avoirs sur le territoire de l’UE des membres du régime et de leurs proches, enfin fixant une liste d’entreprises birmanes liées au régime dans lesquelles tout investissement est défendu. Ces mesures sont ciblées sur les dirigeants du régime, proportionnées et réversibles en cas de progrès significatif.

Les sanctions européennes ont été renforcées après la répression des manifestations, en 2007, par l’adoption d’un embargo sur les importations de pierres précieuses, de bois, de métaux et de minerais en provenance de Birmanie, ainsi qu’une interdiction des investissements dans ces secteurs. En août 2009, l’Union européenne a condamné le verdict du procès intenté à Mme Aung San Suu Kyi et a réagi en adoptant de nouvelles mesures de sanction.

En avril 2011, prenant acte des changements institutionnels et voulant témoigner de sa volonté de dialogue, l’Union européenne a assoupli les restrictions portant sur certains nouveaux ministres n’ayant jamais eu de passé militaire et suspendu pour un an l’interdiction de visites européennes de haut niveau en Birmanie. Ainsi, M. Piero Fassino, alors envoyé spécial de l’UE pour la Birmanie, et M. Robert Cooper, envoyé spécial de Mme Ashton, se sont rendus en Birmanie en juin 2011. Cette mission a utilement permis de rappeler nos attentes au gouvernement birman, d’exprimer notre soutien au mouvement démocratique et d’être à l’écoute de la société civile.

La France souhaite qu’une réflexion soit engagée au sein de la communauté internationale, et notamment par l’Union européenne, afin d’envisager, dans un esprit constructif, les réponses que nous pourrions apporter aux évolutions en cours en Birmanie.

La coopération en matière humanitaire reste autorisée. L’Union européenne est le deuxième bailleur de fonds de la Birmanie (derrière le Royaume-Uni). Le montant de l’aide européenne à la Birmanie et aux camps de réfugiés birmans en Thaïlande s’élève en 2011 à 22 M €.

Les Etats-Unis ont quant à eux intensifié leur dialogue avec la Birmanie depuis l’automne 2010 (visites du Secrétaire d’Etat Adjoint pour l’Asie de l’Est et le Pacifique, M. Kurt Campbell, nomination en avril 2011 d’un représentant spécial, Derek Mitchell), mais continuent à appliquer des sanctions à l’encontre de la Birmanie.

Mise à jour : 11.2011

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