Sommaire
La Birmanie a une superficie de 678 528 km² (France : environ 550 000 km²) pour une population de 51,5 millions d’habitants. Le pays s’allonge sur 1 900 km du Nord au Sud et sur 900 km d’Est en Ouest. Il est traversé par le fleuve Irrawaddy, navigable sur 1 500 km et dont le vaste delta, aux terres fertiles, est situé à l’Ouest de Rangoun.
La plaine centrale de la Birmanie, relativement sèche, est bordée au Nord et à l’Est par des hauts reliefs forestiers, où vivent les minorités ethniques (135 groupes ethniques sont officiellement recensés). Le plus haut sommet est le mont Hkakabo Razi, à l’extrême nord du pays (5 881 m). Le Sud du pays est bordé par la mer d’Andaman, et l’Ouest par le Golfe du Bengale.
En période de mousson, de juillet à décembre, les pluies sont particulièrement abondantes dans l’Ouest du pays. La saison sèche débute en janvier et prend fin en juin. La température moyenne oscille entre 25° et 30° C en basse altitude.
IXe siècle : fondation par les Birmans d’un royaume dont la capitale est Pagan, sous le règne du roi Anoratha. Après une période de division, les Birmans fondent une nouvelle capitale à Ava au XIVe siècle. La capitale se déplace encore au XVIe siècle pour s’établir à Taungu. La dernière dynastie birmane est celle des Konbaung, fondée au XVIIIe siècle.
1824 - 1942 : époque de la colonisation. Les tentatives birmanes d’expansion vers le Bengale et l’Assam provoquent un conflit avec les Britanniques, qui occupent Rangoun en 1824 et amputent une partie du territoire birman. Le Royaume-Uni annexe la basse Birmanie en 1853, avant d’incorporer tout le pays à l’Empire des Indes en 1886 et d’abolir la monarchie. Face à un renouveau du sentiment national, la Birmanie est séparée administrativement de l’Empire des Indes en 1937.
4 janvier 1948 : l’indépendance. Les troupes japonaises entrent en Birmanie en 1942 et installent Ba Maw (militant de la cause nationaliste dans les années 1930) à la tête de la Première République de Birmanie. Ils contribuent à la formation de l’armée birmane dirigée par le Général Aung San, qui se retourne finalement contre eux. Après la fin du conflit, le Général Aung San négocie avec les Britanniques l’indépendance du pays.
Début du régime militaire : le Premier ministre U Nu, successeur d’Aung San, assassiné en 1947, est rapidement dépassé par la guerre civile qui oppose le nouvel Etat birman aux communistes et aux rebellions ethniques. Il confie le pouvoir au Général Ne Win en octobre 1958. U Nu revient au pouvoir de 1960 à 1962 à la faveur d’une victoire électorale, mais il est renversé par le coup d’Etat du Général Ne Win le 2 mars 1962, mené sous prétexte d’une recrudescence des insurrections. Depuis, la Birmanie est gouvernée par une junte militaire.
Le régime, avant tout préoccupé par le maintien de l’unité du pays, définit une « voie birmane vers le socialisme », hostile notamment aux communistes soutenus par la Chine, et qui privilégie l’autarcie et les nationalisations dans tous les domaines de l’économie.
1988 : les étudiants réclament des élections libres et la fin du parti unique. La répression fait plusieurs centaines de morts. Le Général Ne Win démissionne, les militaires instituent le SLORC (State Law and Order Restoration Committee / Comité d’Etat pour le rétablissement de l’ordre public). La junte promet des élections.
27 mai 1990 : les élections. Malgré un climat de peur, ces élections ont lieu et voient une écrasante victoire de la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), parti dirigé par Mme Aung San Suu Kyi (fille du héros de l’indépendance, Aung San). La junte refuse cependant de reconnaître le résultat des élections. Mme Aung San Suu Kyi est placée en résidence surveillée.
1997 : la Birmanie intègre l’ASEAN et le SLORC se transforme en SPDC (State Peace and Development Council / Conseil d’Etat pour la Paix et le Développement), dirigé par le Général Than Shwe.
2005 : la junte déplace la capitale du pays dans une ville nouvelle, créée de toutes pièces, Nay Pyi Daw, à 300 km au nord de Rangoon.
Août-septembre 2007 : la hausse brutale du coût des carburants provoque un mouvement de protestation populaire auquel les moines bouddhistes participent. La répression de ce mouvement suscite l’indignation de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, le 11 octobre, une déclaration présidentielle, appelant à la libération de tous les prisonniers politiques et à l’engagement d’un processus politique entre les autorités, les partis d’opposition et les mouvements des minorités ethniques.
3 mai 2008 : le cyclone Nargis s’abat sur le delta de l’Irrawaddy, faisant plus de 130 000 morts. Quelques jours après le passage du cyclone, un projet de Constitution, très critiqué par l’opposition, est soumis à référendum et adopté à plus de 92%.
11 août 2009 : Aung San Suu Kyi est condamnée à une assignation à résidence d’un an et demi supplémentaire. L’Union européenne renforce ses sanctions (positions communes de l’UE de 1996 et de 2006) ciblées contre la junte.
Mars 2010 : publication des lois électorales. Aucun parti politique ne pourra compter dans ses rangs des détenus.
7 mai 2010 : la LND, qui a décidé, conformément au vœu d’Aung San Suu Kyi, de ne pas participer aux élections prévues par les autorités le 7 novembre 2010, est dissoute.
7 novembre 2010 : élections législatives (Parlement et assemblées provinciales) prévues par les autorités birmanes. Le parti de la junte (Union Solidarity and Development Party, USDP) remporte 75% des sièges en jeu (25% des sièges de chaque assemblée étant par ailleurs réservés à des militaires). L’opposition démocratique nationale ne remporte qu’une poignée de sièges.
1er avril 2011 : entrée en fonctions du nouveau gouvernement
12 avril 2011 : renouvellement des sanctions européennes ciblées sur le régime birman. Deux amendements ont été introduits, pour 12 mois, afin d’améliorer le dialogue et la gouvernance :
suspension de l’interdiction des visites européennes de haut niveau en Birmanie ;
suspension de l’interdiction de territoire européen pour les ministres birmans sans passé militaire ainsi que pour le Ministre des Affaires étrangères du fait de ses fonctions.
Août 2011 : début de dialogue entre le Président Thein Sein et Mme Aung San Suu Kyi, que la Dame qualifie « d’encourageant ».
Octobre 2011 : le Président Thein Sein suspend (pour la durée de son mandat) les travaux de construction du projet de barrage chinois très controversé de Myitsone sur le fleuve Irrawaddy. Il décrète une amnistie qui concerne notamment plus de 220 prisonniers politiques et de conscience (dont le comédien Zarganar), et il signe une loi, votée par le Parlement, reconnaissant le droit de faire grève et de se syndiquer librement.
17 novembre 2011 : L’ASEAN annonce que la Birmanie présidera l’organisation en 2014.
18 novembre 2011 : Des amendements à la loi sur l’enregistrement des partis politiques conduisent la LND en vue de participer aux prochaines élections législatives partielles. Aung San Suu Kyi elle-même devrait être candidate.
Mise à jour : 11.2011
