Les deux ministres sont convenus que, pour encourager ce mouvement, l’Union européenne doit engager une révision graduelle du régime de sanctions européennes. La France et le Royaume-Uni souhaitent saisir l’occasion du Conseil Affaires étrangères de l’UE du 23 janvier prochain pour proposer des premières mesures à très court terme.
Sommaire
La France a toujours considéré que la Birmanie était un pays important en Asie du sud-est. Depuis les élections de 1990, nous n’avons eu de cesse, avec nos partenaires de l’Union européenne, d’appeler à la reprise d’un processus politique permettant, par le dialogue, de parvenir à la réconciliation nationale et à l’établissement de la démocratie. Dans cette perspective, nous avons très largement fait nôtre le combat de Mme Aung San Suu Kyi.
La France a regretté que les élections du 7 novembre 2010 n’aient été ni libres ni pluralistes. Des centaines de prisonniers politiques et de conscience, parmi lesquels Mme Aung San Suu Kyi, étaient alors maintenues en détention. Les droits de l’opposition n’ont pas été respectés.
Le président de la République et le ministre des Affaires étrangères se sont réjouis, le 13 novembre, de la remise en liberté d’Aung San Suu Kyi. La France défend une approche équilibrée à travers le renforcement de l’aide humanitaire et à la société civile, et des mesures d’accompagnement en cas d’évolution positive de la situation en Birmanie. En mars 2010, l’ambassadeur chargé des droits de l’Homme, M. Zimeray, s’est rendu en Birmanie. Il a transmis un message ferme aux autorités dans la perspective des élections. Il a demandé aux autorités birmanes de faire le choix du dialogue et du respect de la démocratie. M. Zimeray s’est également entretenu avec des membres du Comité exécutif central de la Ligue nationale pour la Démocratie, parti de Mme Aung San Suu Kyi, et des représentants de la société civile birmane.
La France souhaite accompagner le début de dynamique positive qui se dessine entre l’opposition démocratique et le gouvernement, et encourage le gouvernement à faire d’autres gestes dans l’intérêt de la réconciliation nationale, de la démocratisation du pays et du respect des droits de l’Homme. Nous continuons notamment à appeler à la libération inconditionnelle et sans délai des derniers prisonniers politiques.
La France veille avec ses partenaires à ce que les Nations unies restent saisies de la situation des droits de l’Homme en Birmanie. Nous soutenons tous les ans les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil des droits de l’Homme concernant ce pays, portées par l’Union européenne. La France soutient pleinement les travaux du Rapporteur spécial mandaté par le Conseil des droits de l’Homme, M. Tomas Ojea Quintana. Elle n’a cessé d’appeler les autorités birmanes à le recevoir. Après que plusieurs refus ont été opposés à celui-ci par les autorités depuis sa dernière visite en février 2010, il a pu se rendre en Birmanie du 21 au 25 août 2011. A cette occasion, le Rapporteur a pu rencontrer un grand nombre d’interlocuteurs, au sein du gouvernement comme de la société civile, parmi lesquels Mme Aung San Su Kyi ainsi que des prisonniers politiques.
La Birmanie étant membre de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et entretenant de bonnes relations avec la Chine et l’Inde, nous comptons également sur l’influence positive des partenaires asiatiques de la Birmanie, sans qui les effets de nos actions seraient limités
Site internet de l’Ambassade de France en Birmanie : www.ambafrance-mm.org
Compte tenu des sanctions commerciales renforcées suite à la décision du Conseil Européen d’août 2009, les échanges commerciaux entre la France et la Birmanie sont très limités et en constante régression : ils s’élevaient à 16 M d’euros en 2010 (96 M d’euros en 2000).
La France n’est pas un investisseur majeur en Birmanie. Le principal projet français approuvé par la commission des investissements est celui de TOTAL, représentant un investissement de 480 M USD. TOTAL, qui est l’opérateur du champ gazier de Yadana, détient 31% des parts. L’entreprise américaine Chevron, également présente dans le consortium, en détient 28%, la société thaïlandaise PTTEP 25%, et l’entreprise birmane MOGE 15%. L’essentiel du gaz produit est destiné au marché thaïlandais.
Site internet d’Ubifrance : http://www.ubifrance.fr
En 2010, notre enveloppe globale de coopération s’élève à 370 000 euros. Une grande partie de ces crédits est consacré à la coopération culturelle et linguistique via l’Institut Français de Birmanie (http://afrangoun.org) (400 étudiants), et le Centre de français de Mandalay (150 étudiants). Les initiatives de l’Institut français, lieu privilégié d’échange et de dialogue, s’inscrivent également dans la perspective d’une évolution politique que soutient un contact étroit avec la société civile.
Depuis 2008, la France apporte en outre un soutien à la société civile birmane à travers un programme spécifique de soutien à des microprojets (70 000 euros annuellement). Enfin, la France est engagée depuis de longues années dans des coopérations médicales, notamment pour former des médecins (spécialisation VIH/Sida) et associer structures hospitalières françaises et birmanes (partenariats hospitaliers).A l’avenir, des partenariats de recherche (Institut Pasteur, Fondation Mérieux, IRD) pourraient être développés.
A la suite du passage du cyclone Nargis en mai 2008, la France s’est fortement mobilisée pour venir en aide aux victimes. Une aide d’urgence de deux millions d’euros a été mise en place en vue de financer l’action des ONG présentes sur le terrain, en complément des initiatives de l’UE. La France a également soutenu plusieurs ONG pour des projets liés à la sécurité alimentaire dans les zones du delta de l’Irrawaddy touchées par le cyclone Nargis, à hauteur de 400 000 euros en 2008 et de 486 000 euros en 2009. En 2010, une aide alimentaire bilatérale de 400 000 euros a été octroyée à la Birmanie auxquels s’est ajoutée une contribution de 100 000 euros afin de répondre aux effets du cyclone Giri, qui a frappé la Birmanie le 22 octobre 2010.
Pour l’année 2011, le soutien financier de la France aux projets d’aide alimentaire d’ONG françaises s’élève à 800 000 €.
Mise à jour : 11.2011
