Nom officiel : République Populaire du Bangladesh.
Nature du régime : Démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : M. Zillur Rahman
Chef du Gouvernement : Mme Sheikh Hasina Wajed
Superficie : 147 570 km²
Capitale : Dacca (environ 12 M.hab.)
Villes principales : Chittagong (3,6 M.hab.), Khulna (1,3 M.hab).
Langue officielle : le bengali (ou bangla). L’ourdou, le sylhetti et l’hindi sont aussi parlés par une partie de la population.
Autre langue courante : l’anglais
Monnaie : Bangladesh Taka (BDTk), divisé en 100 paisa - 1 EUR = 94,93 BDTk en mars 2010
Fêtes nationales : 26 mars (fête de l’Indépendance), 16 décembre (fête de la Victoire).
Population : 154 M.hab (juillet 2008)
Densité : 983 habitants/km²
Croissance démographique : + 1,9 % par an (2008)
Espérance de vie à la naissance : 66 ans (2008)
Taux d’alphabétisation : 55 % (2008)
Taux de scolarisation (enfants de plus de 5 ans) : 65%
Religion(s) : Islam sunnite d’école hanafite (89,7%), hindouisme (9,2%). Présence faible d’animistes, de chrétiens, de bouddhistes. L’Islam est religion d’Etat.
Indice de développement humain : 146ème position sur 182 pays (2008)
Sources : ONU, Banque mondiale, Ambassade de France au Bangladesh
Pour la compréhension des chiffres suivants, il faut garder à l’esprit que l’année fiscale bangladaise commence en juillet et se termine fin juin.
PIB en parité de pouvoir d’achat (2009) : 72 Mds USD
PIB par habitant (2009) : 1286 EUR / habitant (PPA constant 2005)
Taux de croissance (2009) : 5,7 %
Taux de chômage (2009) : indicateur non pertinent
Taux d’inflation (2009) : 5,4 %
Balance commerciale(2009) : -7% du PIB
Principaux clients : Les Etats-Unis (25%), l’Allemagne (15%), le Royaume Uni (9,7%). La France se place en 4ème position (6,7%), avec des importations annuelles d’un montant de 0,97 Md USD.
Principaux fournisseurs : la Chine (16%), l’Inde (13,2%), l’Union Européenne (8,3%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 19 %
industrie : 29 %
services : 52 %
Sources : DGTPE, Banque Mondiale.
Pour en savoir plus : http://www.dgtpe.fr/se/bangladesh
Consulat de France : Dacca (http://ambafrance-bd.org, rubrique Services Consulaires)
Communauté française au Bangladesh : 181 Français inscrits et environ une trentaine de non-inscrits (évaluation de mars 2010).
Communauté bangladaise en France(2006) : 3 300 personnes (source : INSEE, recensement de la population 2006)
Quatrième pays musulman du monde, le Bangladesh a construit son identité davantage sur la langue et la culture bengalies que sur la religion.
Depuis le renversement du régime militaire du général Ershad en 1990, le Bangladesh vit sous un régime de démocratie parlementaire dans lequel deux partis nationalistes opposés dominent, dans le cadre d’un mode scrutin uninominal à un tour. Le Bangladesh Nationalist Party (BNP) et l’Awami League (AL) ont ainsi accédé tour à tour au pouvoir (gouvernements BNP en 1991-1996, gouvernement AL en 1996-2001, BNP jusqu’à janvier 2007, de nouveau AL depuis janvier 2009).
L’Awami League, aujourd’hui présidée par Sheihk Hasina Wajed est à l’origine du mouvement qui a conduit le pays vers l’indépendance en 1971, sous la houlette de Sheikh Mujib Ur-Rahman, assassiné avec la plus grande partie de sa famille lors du coup d’Etat militaire du 15 août 1975. Son idéologie socialisante et laïque en avait fait le parti des minorités et de la « gauche », alors que le BNP, fondé par le général Zia Ur-Rahman (1976-1981), dont l’actuelle dirigeante, Mme Khaleda Zia est la veuve, est un parti plus conservateur désireux de mettre en valeur l’appartenance du Bangladesh à la civilisation islamique.
Les partis islamistes ont eu un poids politique national de second plan depuis 1971, en raison de leur soutien à l’armée pakistanaise pendant la guerre d’indépendance. Les années 90 ont été celles de leur réaffirmation. Une récente décision de la Cour Suprême vient cependant amoindrir leur visibilité, en interdisant toute mention à la religion dans les noms de partis.
Le Parlement monocaméral appelé le « Jatya Sangsad » compte 300 sièges dont 45 sont réservés aux femmes. On compte environ 80 millions d’électeurs et la participation aux élections est régulièrement élevée, notamment chez les femmes (plus forte participation en Asie du Sud). La législature dure cinq ans (scrutin uninominal à un tour).
La mésentente de longue date entre les dirigeantes des deux principaux partis explique en grande partie le climat de confrontation de la vie politique bangladaise qui a conduit au report des élections prévues en janvier 2007 et la proclamation de l’état d’urgence. Les élections ont finalement eu lieu en décembre 2008, l’Awami League reportant avec un score sans appel 229 sièges sur les 300 qui étaient à pourvoir (majorité qualifiée pour effectuer des révisions constitutionnels). Si un certain nombre de réformes promises ont d’ores et déjà été mises en place, le pays reste néanmoins confronté à de sérieuses difficultés, notamment en terme de tensions sociales et de réponse aux besoins énergétiques. La corruption reste sensible.
Après la tenue des élections générales de décembre 2008, cinq priorités ont été définies par le nouveau gouvernement : stabilité macroéconomique et lutte contre la hausse des prix des produits de base ; lutte contre la corruption ; programme d’investissement public quinquennal ambitieux dans l’énergie et les infrastructures ; lutte contre la pauvreté et les inégalités et amélioration de la gouvernance.
En 2008-2009, l’économie bangladaise est restée soutenue (croissance de 5,7 %). La filière textile-habillement, prédominante dans les exportations (79 % du total) et représentant 13,8 % du PIB, est particulièrement dynamique avec des exportations en hausse de 15,4 % sur l’année. L’économie a été jusqu’à présent peu affectée par la crise internationale en raison de la faible exposition de son capital. Elle présente cependant de fortes vulnérabilités structurelles externes : concentration sectorielle des exportations à 85% vers l’Union européenne et les Etats-Unis et importance des transferts des migrants (10,8% du PIB).
Au titre de l’indice de développement humain (IDH) publié par le PNUD en 2010, le Bangladesh est classé en 129ème (2009:146ème) position sur 182 pays. Le rapport souligne la très forte exposition du pays aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles, qui pourrait se traduire à terme par des déplacements de millions d’habitants.
Le budget 2009-2010 fixe un objectif de déficit stabilisé à 5% et des dépenses en hausse de 7,5% du PIB sur un an. Il définit comme priorité le renforcement des politiques sociales et le développement agricole et rural.
Les principaux bailleurs sont la Banque mondiale (715 MUSD, 41 % de l’aide totale), la Banque asiatique de développement (427 MUSD, 25 % du total), le Royaume-Uni (115 MUSD, 7 %), les organisations des Nations Unies (103 MUSD, 6 %) et la Commission européenne (33 MUSD, 2 %). La stratégie d’assistance 2011-2014 de la Banque mondiale prévoit une enveloppe de 6,1 Mds USD dont les priorités sont l’amélioration de la gouvernance (nationale et locale), les infrastructures (énergie, transports) ; la préservation de l’environnement (gestion de l’eau) et l’anticipation des conséquences liées au changement climatique. Le programme de la Banque asiatique de développement (BAsD) sur la période 2009-2011 prévoit un total de financements de 2,8 Mds USD avec pour priorités l’amélioration du climat des affaires et la lutte contre la pauvreté. La stratégie d’assistance de la Commission européenne pour 2007-2013 se concentre sur la gouvernance et la croissance économique.
Plus d’informations sur le site de la mission économique de l’Ambassade : http://www.dgtpe.fr/se/bangladesh
La politique étrangère du gouvernement bangladais donne la priorité au développement des relations économiques extérieures.
Sur la scène internationale, le Bangladesh continue à jouer un rôle de premier plan en défendant les intérêts des PMA, notamment au sein de l’ONU et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Il s’attache également depuis quelques années à faire entendre la voix des pays les plus menacés par le réchauffement climatique. Il se veut également un ardent défenseur de la coopération régionale dans le sous-continent indien, avec la Chine et avec l’Asie du Sud-est.
Les relations entre l’Inde et le Bangladesh sont marquées par plusieurs différends assez anciens (délimitation des frontières, déficit commercial croissant en faveur de l’Inde, transit terrestre et ferroviaire) mais l’arrivée au pouvoir de l’Awami League s’est traduite par un réchauffement des relations entre les deux pays et un accroissement des visites bilatérales. Le Premier Ministre a effectué une visite d’Etat en Inde en janvier 2010. Elle a signé au cours de cette visite trois accords majeurs de coopération en matière de sécurité et de contre-terrorisme avec son homologue indien, tandis que plusieurs autres textes sont en cours de finalisation. En août 2010, le ministre indien des Finances, M. Pranab Mukherjee s’est rendu à Dacca pour assister à la signature de l’accord de prêt historique d’un milliard de dollars concédé par l’Inde au Bangladesh. Le port intérieur de Banglabandah, situé sur la frontière, a été inauguré en 2004. Situé à la croisée des routes commerciales menant au Bhoutan, au Népal, à l’Inde et au Bengladesh, il est prévu que ce port joue un rôle important dans le commerce régional.
La république populaire du Bangladesh a été reconnue par le Pakistan en février 1974. Les relations entre les deux pays se sont tendues dernièrement avec la demande de Dacca que des excuses officielles soient formulées par Islamabad pour les massacres commis par l’armée pakistanaise pendant la guerre d’indépendance. Islamabad estime que cette question a été réglée par l’adoption en 1974 de l’accord tripartite passé entre l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh. Par ailleurs, le sort des 300 000 Biharis est toujours suspendu à un accord entre les deux pays. Les Biharis sont une minorité musulmane ourdouphone originaire de l’Etat indien du Bihar et installée au Pakistan oriental en 1947. Au moment de l’indépendance du Bangladesh, ils n’ont pas été reconnus comme des citoyens bangladais. Pour des raisons de politique intérieure, le Pakistan a jusqu’à présent refusé de les accueillir.
Le Bangladesh et la Birmanie partagent une petite frontière terrestre de 300kilomètres. Les deux pays tendent à renforcer leurs liens bilatéraux mais les relations entre les deux pays demeurent complexes. La ministre des Affaires étrangères du Bangladesh s’est rendue en mai 2009 en Birmanie pour évoquer les deux problématiques majeures entre les deux pays : la question de la sécurité des frontières et les réfugiés Rohingyas. Les autorités bangladaises souhaitent un retour vers la Birmanie des 28 000 réfugiés officiellement recensés et le règlement dans un cadre multilatéral de la question des autres rohingyas en situation irrégulière sur son sol.
La coopération avec la Chine ne cesse de se renforcer. Dans le cadre de l’Initiative de Kunming (1999), la Chine cherche à développer sa coopération économique avec le Bangladesh, l’Inde et la Birmanie. Réaffirmant la qualité des relations bilatérales entre les deux pays, des visites bilatérales ont conduit à la signature d’un important programme de coopération (investissements, échanges commerciaux, coopération militaire et policière). Plus récemment, la Chine a fait part de sa disposition à aider le Bangladesh à construire une centrale nucléaire et à participer au développement des infrastructures routières. La Chine prévoit en effet de relier la province du Yunnan au Bangladesh par des routes qui traverseraient le territoire birman. Dacca envisage également de renforcer sa coopération militaire avec Pékin. Mme Sheikh Hasina s’est rendue en Chine fin mars 2010.
Le Japon, donateur majeur, consacre une aide annuelle de 255 M.USD au Bangladesh. La visite de Mme Khaleda Zia à Tokyo en juin 2005 a confirmé l’intérêt du Japon pour le Bangladesh. La visite à Dacca en février 2009 de Mme Hashimoto, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, a permis de signer un nouveau prêt de 439millions de dollars afin de permettre la construction d’une centrale électrique.
L’Union européenne et le Bangladesh, liés depuis 1976 par un accord de coopération, ont signé un nouvel accord, dit de "troisième génération" en mai 2000 (entré en vigueur le 1er mars 2001), incluant une clause relative aux droits de l’Homme. Le document de stratégie pour la période 2007-2013 indique comme priorité le développement social, la bonne gouvernance et les droits de l’Homme, le développement du commerce, l’environnement et la prévention des catastrophes et enfin la sécurité alimentaire et la nutrition. Le Bangladesh est, de loin, le principal bénéficiaire du Système de Préférence Généralisé (SPG) communautaire et son statut de PMA lui permet dans ce cadre de bénéficier depuis 2001 de l’initiative « tout sauf les armes » (accès immédiat en franchise de droits de tous les produits originaires des PMA au marché communautaire, à l’exception des armes et des munitions). C’est le Royaume-Uni, qui a, de par son passé colonial, les relations les plus fortes avec le Bangladesh, et qui accueille la plus importante communauté bangladaise sur le sol européen (environ 300 000 personnes, essentiellement originaires de la région de Sylhet).
Les Etats-Unis et le Bangladesh entretiennent également de bonnes relations politiques et son liés par des relations économiques fortes : principaux clients du Bangladesh, les Etats-Unis importent chaque année 25% du montant total des exportations de ce pays. Le marché américain est donc vital pour les produits bangladais, notamment textiles. Washington considère en outre le Bangladesh comme un allié « sûr » de la coalition internationale contre le terrorisme. Le Bangladesh avait été l’un des rares pays musulmans à fournir des troupes à l’opération « Tempête du désert », et les récentes décisions de Dacca relatives à l’inscription de la laïcité dans la Constitution sont considérées positivement.
Le Bangladesh s’efforce d’approfondir son influence au sein des organisations internationales et régionales. Au sein de l’ONU le Bangladesh joue un rôle actif. Il est le deuxième pourvoyeur de troupes pour les opérations de maintien de la paix avec environ 15 000 hommes déployés dans 26 pays (participation notamment à la force des Nations Unies en République Démocratique du Congo-MONUC). Le Bangladesh qui a été élu au Conseil économique et social (ECOSOC) en 2005 a également joué un rôle moteur pour la proclamation, par l’ONU, de l’année internationale du micro-crédit (2005). En 2006, il a été également élu membre de deux nouveaux organes des Nations Unies : le Conseil des droits de l’Homme et la Commission de Consolidation de la Paix.
Le Bangladesh a été à l’origine de la création en 1985 de l’Association des pays d’Asie du Sud pour la coopération régionale (SAARC). Il a accueilli son 13ème sommet les 12-13 novembre 2005. Parmi les décisions marquantes, il convient de relever l’admission de l’Afghanistan dans l’organisation, la signature d’un accord de libre échange en Asie en sud (SAFTA) qui est entré en vigueur le 1er janvier 2006 ainsi qu’une coopération renforcée contre le terrorisme. En 1997, a été lancée une organisation régionale regroupant le Bangladesh, l’Inde, la Birmanie, Sri Lanka et la Thaïlande (BIMST-EC), autre organisation d’échanges et de coopération. Le Bangladesh est membre depuis janvier 2000 de l’Association des pays riverains de l’Océan Indien pour la coopération régionale (IOR/ARC). Dacca recherche activement une adhésion à l’Association des Etats d’Asie du Sud-est (A.S.E.A.N.) et privilégie le développement de ses relations avec l’Asie orientale. Depuis 2005, Dacca est membre du Forum Régional de l’A.S.E.A.N.
Quatrième pays musulman du monde, le Bangladesh est en outre un membre éminent de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Les entreprises émiriennes et saoudiennes sont très présentes au Bangladesh, alors que la main d’œuvre bangladaise occupe de nombreux emplois dans les pays du golfe Arabo-persique. Deux millions de bangladais travaillent en Arabie Saoudite.
Mise à jour : 03.03.11