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Dialogue Europe - Asie (ASEM)
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Dialogue Europe - Asie (ASEM)séparation

Les chefs d’État et de gouvernement, représentant l’Union européenne et l’Asie, se sont réunis à Pékin dans le cadre du 7ème sommet de l’ASEM (24 et 25 octobre 2008).

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Fiche signalétique

Lancé à Bangkok en 1996, à la suite d’une initiative franco-singapourienne, l’ASEM répond au besoin de renforcer le dialogue entre l’Asie et l’Europe et regroupe aujourd’hui 45 partenaires (dont 3 des 5 membres permanents du Conseil de sécuritéet6 membres du G8. Les 43 Etats membres représentent ensemble 50 % du PIB mondial ; 40 % de la population mondiale ; 60 % du commerce international. S’y ajoutent la Commission européenne et le secrétariat de l’ASEAN.

Les priorités, réaffirmées lors du Sommet d’Helsinki (10-11 septembre 2006) sont :

- Renforcement du multilatéralisme et questions de sécurité
- Changement climatique - sécurité énergétique
- Dialogue entre les cultures et les civilisations (y compris le dialogue inter-religieux).

I/ Un double objectif politique et une structure originale

La création de l’ASEM en 1996 répondait à un double objectif :

- Renforcer l’axe faible du triangle Asie-Europe-Amérique, dans un contexte de développement très dynamique des relations transpacifiques (lancement de l’APEC en 1989) en créant un nouveau partenariat entre l’Europe et l’Asie, qui ne se réduise pas à l’enjeu économique.
- Contribuer à créer un espace de concertation entre les Etats membres de l’ASEAN et de l’Asie du Nord-Est, espace qui, à l’époque, n’existait pas (la création de l’ASEAN + 3 date de 1997).

Pour y répondre, les pays fondateurs ont souhaité une structure originale et non contraignante. L’ASEM n’est donc pas une organisation internationale ni une agence de développement, et ne dispose pas d’un secrétariat : c’est donc un cadre informel de dialogue qui permet d’aborder tous les sujets, sans exclusion a priori . Ce dialogue s’articule depuis l’origine autour de trois « piliers » :

- Pilier politique (les ministres des Affaires étrangères ont une compétence générale),
- Pilier économique et financier.
- Pilier « autres copérations » (éducation, environnement, science et technologies, culture, contacts entre sociétés civiles - Ce volet est également développé grâce à l’action de la Fondation Europe-Asie - ASEF)[1].

Un nouveau domaine, les questions sociales, est apparu en 2007 avec la première réunion des ministres du Travail de l’ASEM (3-5 septembre à Berlin) et a été rattaché au second pilier.

Tous les deux ans, un Sommet réunissant les chefs d’Etat et de Gouvernement est organisé, afin de fixer les nouvelles orientations du dialogue. Le sommet d’Helsinki (ASEM VI), les 10 et 11 septembre 2006, a marqué en outre les dix ans de l’ASEM. Une réunion des ministres des Affaires étrangères se tient l’année précédent le sommet.

Ces sommets sont préparés par des réunions de hauts fonctionnaires (SOM - Senior official meeting[2]) qui assurent la coordination de l’ensemble des activités de l’ASEM. Par ailleurs, quatre coordonnateurs sont désignés : Présidence et Commission pour l’U.E., un pays d’Asie du Sud-Est et un pays d’Asie du Nord-Est pour la partie asiatique (jusqu’à l’ASEM VI : Indonésie et Corée du Sud).

II/ ASEM et APEC : convergences et originalité

Les dialogues économiques au sein de l’APEC et de l’ASEM sont marqués par la convergence de plusieurs thématiques : facilitation des échanges, promotion des investissements, coopération scientifique et technique. Quelques partenaires asiatiques font valoir que l’APEC leur est la plus utile des deux enceintes. Outre une pression tactique exercée sur l’UE, ceci peut s’expliquer par : une plus grande visibilité de l’APEC liée à l’annualité des sommets chefs d’Etat et de gouvernement, une meilleure organisation qui passe par l’existence d’un secrétariat permanent, et inversement un absentéisme important des Européens dans les réunions ministérielles de l’ASEM. 

Cette comparaison atteint vite ses limites : les objectifs de l’APEC[3]sont principalement économiques et commerciaux (même si les questions politiques y ont été introduites), alors que l’ASEM est le champ d’un dialogue Europe-Asie qui, dès le départ, s’est voulu plus large : questions politiques multilatérales et de sécurité, environnement, dialogue des cultures et des civilisations.

III / Un bilan positif, mais la nécessité d’un second souffle

L’ASEM s’est développé malgré le contraste entre l’hétérogénéité de l’espace économique asiatique et la relative homogénéité du marché européen. Il demeure la seule enceinte offrant à l’Europe et l’Asie un espace de dialogue hors de la présence des Etats-Unis. L’ASEM s’est développé sur un fond de structuration régionale de l’Asie, extrêmement dynamique depuis quelques années et dont témoigne le dernier sommet de l’ASEAN.[4] Cette évolution a conduit l’Union européenne à repenser son dialogue avec l’Asie autour de de quatre grands axes.[5]

1) Le dialogue politique : il s’est développé autour des grands enjeux mondiaux et régionaux. Les progrès de ce dialogue sont incontestables depuis dix ans. Sur les droits de l’Homme en particulier (initiative franco-suédoise : sept séminaires, associant des représentants des administrations et de la société civile se sont tenus depuis 1997 en format Europe-Asie[6]) ; mais aussi, dans la lutte contre la prolifération, la lutte contre le terrorisme, les questions régionales (Corée du Nord, Birmanie, construction européenne), les questions économiques et financières multilatérales, l’environnement, les migrations, la diversité culturelle. Depuis le sommet de Hanoï (octobre 2004), un dialogue a été lancé sur de nouveaux sujets : en particulier le dialogue inter-religieux, mais également bientôt les questions sociales (première réunion des ministres du Travail du 3 au 5 septembre 2006).

2) Le dialogue économique et financier a notamment permis de montrer la solidarité de l’Europe avec l’Asie à l’occasion de la crise financière de 1997[7] et de mettre en place des groupes de travail sur plusieurs questions importantes (OMC, investissements, propriété intellectuelle...), en dépit du bilan décevant des activités impliquant les communautés d’affaires. Le principal apport du sommet de Hanoï a été d’offrir un cadre renouvelé et actualisé dans ce domaine. La dernière réunion des ministres des Finances (Vienne, 8-9 avril 2006) a fait l’objet d’un débat nourri : recommandation de suppression des subventions pétrolières et référence à un fonctionnement conforme aux mécanismes du marché ; lutte contre le blanchiment d’argent (visant la Birmanie) ; réforme des quote-parts au FMI. Enfin, les termes de référence du mécanisme ASEM de dialogue dans les situations de crise financière ont été adoptés.

3) Le développement durable et l’environnement. Dans ce domaine, l’ASEM peut faire plus et mieux : depuis le Sommet de Johannesburg (septembre 2002), les ministres de l’Environnement de l’ASEM se sont réunis deux fois seulement. La troisième réunion, envisagée pour 2005, a été reportée à une date indéterminée. Cependant, le « Forum Asie-Europe pour l’Environnement », lancé en 2003, animé par l’ASEF en coopération avec le PNUE et quelques grandes ONG[8], a ouvert un débat utile : que peuvent faire ensemble l’Asie et l’Europe pour le développement durable ? Ce forum a produit plusieurs séries de recommandations à l’attention des gouvernements.

4) Le Dialogue des cultures et des civbvilisations : il a connu un réel élan grâce aux premières réunions des ministres de la Culture (Pékin en 2003 et Paris en juin 2005). Après celle de Kuala Lumpur en avril 2008, la prochaine réunion aura lieu en Pologne en 2009. Un « Plan d’action » a été adopté à Paris, qu’il faut maintenant mettre en oeuvre. La Fondation Europe-Asie contribue à l’intensification de ce dialogue entre les deux régions en impliquant des acteurs de la société civile.

Le nombre croissant d’initiatives prises dans la cadre ASEM - plus d’une centaine depuis l’origine (séminaires ateliers, etc.)[9] - démontre une intensification du dialogue Europe-Asie. Des projets originaux ont été développés. Toutefois, ce bilan est aussi marqué par des duplications et des initiatives lancées sans une coordination ni un suivi suffisants. L’élargissement à 45 membres en 2007 avec l’entrée de l’Inde, du Pakistan et de la Mongolie, ne peut qu’aggraver le problème d’une dilution de la substance dans la quantité, mais aussi de la visibilité de l’ASEM. Victime de son succès, l’ASEM, qui doit trouver aujourd’hui un second souffle, réfléchit à de nouveaux modes de fonctionnement.

IV - Action de la France dans l’ASEM

L’ASEM, instance informelle, peut être mieux utilisée pour tester nos idées, promouvoir nos positions et tenter de construire des coalitions utiles, en amont des négociations multilatérales à l’ONU, au sein des agences et institutions spécialisées du système des Nations Unies, à l’OMC et dans le cadre des Accords multilatéraux de l’Environnement (AME). A titre d’exemple, la seconde réunion des ministres de la Culture de l’ASEM (7-8 juin 2005 à Paris) aura contribué à un consensus Europe-Asie en vue de l’adoption, à l’UNESCO, quelques mois plus tard, de la Convention sur la Protection et la Promotion de la diversité des expressions culturelles (octobre 2005). Aujourd’hui, plusieurs grandes lignes d’action se dessinent :

§ Promouvoir, à 45, la mise en oeuvre des décisions sur la réforme des Nations Unies, adoptée à l’Assemblée générale en septembre 2005[10].

§ Sur le changement climatique, nous pouvons rechercher au sein de l’ASEM à préparer la phase post-2012, qui sera à l’ordre du jour des prochaines réunions des Parties au Protocole de Kyoto et de la convention Climat. Nous pouvons y plaider le projet d’ONUE, mais aussi l’initiative pour les financements innovants du développement ; en particulier pour l’accès aux médicaments (initiative UNITAID).

- Mieux mettre en valeur auprès des partenaires asiatiques de l’UE le corpus d’expérience acquise en matière de dialogue de sécurité au sein de l’OSCE. L’UE pourrait aussi, sans chercher à apparaître comme « donneur de leçons », mettre en exergue les progrès réalisés dans le cadre de la PESD (succès de l’A.M.M. en Indonésie).

- Poursuivre l’initiative sur le dialogue entre les cultures et civilisations  : mettre en œuvre le Plan d’action adopté à Paris le 8 juin 2005 par les ministres de la Culture en veillant à ce que nos partenaires européens s’investissent davantage dans ce volet du dialogue Europe-Asie.

- Encourager le dialogue inter-religieux, lancé en 2005. Envisager, en fonction des résultats des prochaines sessions (Amsterdam, 4 et 5 juin 2008), d’y être plus étroitement associé.

Soutenir l’émergence d’un dialogue sur les questions sociales, lancé par l’Allemagne, qui a organisé la première réunion des ministres du Travail de l’ASEM (3-5 septembre 2006).


[1] : Cf. www.asef.org

[2] : les SOMTI (Senior Official Meeting for Trade and Investment) pour les questions économiques et les réunions des Directeurs du Trésor (Finance Deputies’ Meeting) pour les questions financières.

[3] : Asia Pacific Economic Council : composé « d’économies-membres ».

[4] : ASEAN (Association des Nations du Sud-Est asiatique), ARF (Forum régional de l’ASEAN traitant des questions de sécurité), ASEAN + 3 (ASEAN, Chine, Corée, Japon), Sous-région du Grand Mékong (Birmanie, Cambodge, Laos, Thaïlande, Vietnam).

[5] :L’UE entretient des relations bilatérales avec la Chine, le Japon, la République de Corée et l’Inde ainsi qu’avec l’ASEAN ; elle est également associée à l’ARF.

[6] : le 7ème séminaire s’est tenu à Siem Reap (Cambodge) en octobre 2007. Le prochain se déroulera à Strasbourg début 2009 et sera consacré à la justice pénale.

[7] : Création d’un Trust Fund ASEM destiné à aider les pays frappés par la crise, géré par le FMI.

[8] : Cf. www.env@asef.org

[9] : Selon une étude d’évaluation effectuée par la République de Corée début 2006.

[10] : En particulier : Commission de consolidation de la paix ; Conseil des droits de l’Homme ; questions humanitaires. Sites utiles

- ASEM 6
- ASEM InfoBoard - ASEM secrétariat virtuel
- Fondation Europe Asie (ASEF)
- Echanges éducatifs
- Dialogue entre les civilisations
- Environnement / développement durable
- Coopération entre musées
- Echanges audiovisuels : http://sea-images.asef.org et tvdoc.asef.org
- Asia Europe Journal
- Etudes européennes en Asie
- Partenariats académiques Asie-Europe
- Commerce électronique

Mise à jour : 13.05.08