La France a été l’un des premiers pays occidentaux à reconnaître, après 1991 et la dislocation de l’URSS, l’indépendance des cinq Etats qui composent l’Asie centrale et à établir avec eux des relations diplomatiques. Pour la France, comme pour l’Union Européenne, l’attention portée à l’Asie centrale est allée croissant avec la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement énergétique (hydrocarbures du bassin caspien) et la situation née de l’après 11 septembre 2001. La France dispose d’une ambassade dans chacun des pays : au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Tadjikistan, au Turkménistan, depuis mai 2010, au Kirghizstan.
Notre engagement en Afghanistan et les facilités logistiques sur lesquelles nous avons pu compter en Asie centrale (stationnement de forces de 2002 à 2009 au Kirghizstan, présence d’un détachement aérien au Tadjikistan, droits de survols) nous ont amené à accroître notre dialogue politique et notre coopération de défense et de sécurité intérieure avec les pays de la région.
Les contacts au plus haut niveau se multiplient :
visite du Président de la République au Kazakhstan en octobre 2009,
visite à Paris du Président du Tadjikistan (décembre 2002),
visite du Président du Kazakhstan (juin 2003, juin 2008 et octobre 2010),
visite du Président du Turkménistan (février 2010),
visite du Ministre des Affaires étrangères et européennes B. Kouchner au Turkménistan et au Tadjikistan en avril 2008,
visite du Ministre des Affaires étrangères et européennes B. Kouchner au Kirghizstan en juillet 2010,
visite du Secrétaire d’Etat aux affaires européennes J-P. Jouyet en Ouzbékistan en juillet 2008,
visite du Premier Ministre F. Fillon au Kazakhstan en février 2008 et décembre 2010,
visites en Asie centrale du Représentant spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan en juin et octobre 2009.
Nous restons vigilants à l’égard de la situation des droits de l’Homme qui reste une source de préoccupation. Les pays de la région se sont engagés dans des réformes mais des progrès sont encore attendus par la France et l’Union européenne notamment en matière de liberté d’expression, de pluralisme politique et de renforcement de l’Etat de droit. Nous attirons régulièrement l’attention des autorités sur des cas individuels de violation des droits de l’homme. L’engagement de la France en faveur de Mme Moutabar Tadjibaeva, défenseuse des droits de l’Homme en Ouzbékistan, a été décisive pour sa libération en juin 2008. Les dialogues sur les droits de l’Homme qui se tiennent annuellement, dans le cadre de la coopération avec l’Union européenne, sont des enceintes privilégiées d’échanges sur ces sujets.
Le développement de nos relations économiques est soutenu par des visites régulières et la tenue de commissions mixtes de coopération économique franco-kazakhstanaise, franco-turkmène et franco-ouzbèke. Nos échanges commerciaux se développent notamment avec le Kazakhstan qui est notre premier partenaire commercial (hydrocarbures, uranium, aéronautique, ferroviaire), suivi du Turkménistan (construction, parapétrolier) et de l’Ouzbékistan (seul pays éligible à la « Réserve Pays Emergents » (RPE), destinée à soutenir des projets de développement).
La stabilité des pays d’Asie centrale, qui sont particulièrement exposés aux nouvelles menaces (criminalité organisée, trafic de drogues en provenance d’Afghanistan, terrorisme) constitue pour nous un enjeu capital. La France a organisé en septembre 2008, durant sa Présidence de l’UE, un Forum UE-Asie centrale sur les enjeux de sécurité qui a réuni pour la première fois les cinq ministres des affaires étrangères centrasiatiques et leurs homologues européens.
La France dispose d’un attaché de sécurité intérieure à compétence régionale basé à Almaty (Kazakhstan) et nous relayons notre coopération au niveau de l’Union Européenne et de l’OSCE selon trois axes :
le renforcement de la sécurité aux frontières (programme européen BOMCA - Border Management in Central Asia),
la lutte contre le trafic de drogues (programme européen CADAP - Central Asia Drug Action Programme)
la formation des forces de police.
Dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants, la France soutient notamment le CARICC (Central Asian Regional Information And Coordination Centre) où elle a le statut d’observateur.
Relation entre l’Union européenne et l’Asie centrale
En juin 2007, l’UE a adopté une nouvelle stratégie pour l’Asie centrale, sous l’impulsion de la Présidence allemande qui en avait fait l’une de ses priorités. Cette stratégie identifie de nombreux domaines de coopération, notamment dans ceux des droits de l’homme, de l’énergie (accès aux ressources du bassin caspien) et de la lutte contre la criminalité organisée (transit de la drogue en provenance d’Afghanistan vers l’Europe).
Depuis son lancement, la Stratégie a permis d’instaurer un dialogue politique régulier aux niveaux des Ministres des affaires étrangères dans un format régional (dernière réunion ministérielle à Bruxelles le 28 avril 2010) et bilatéral, d’identifier des priorités nationales revues annuellement en accord avec les pays concernés, d’établir avec les cinq pays d’Asie centrale un dialogue régulier en matière de Droits de l’Homme (dont trois lancés sous PFUE) et de lancer trois initiatives thématiques régionales (Etat de Droit, Eau et environnement, Education). En sa qualité de coordinateur aux côtés de l’Allemagne, la France a lancé l’initiative de l’UE pour le renforcement de l’Etat de droiten Asie centrale à l’occasion d’une conférence ministérielle à Bruxelles en novembre 2008.
Pour la période 2011-2013, une subvention de l’UE d’un montant total d’environ 321M€ est prévue en faveur de l’Asie centrale dans le cadre de l’Instrument de Coopération et de Développement (ICD), représentant un budget annuel moyen de 107M€ (+/- 21% comparé à la période 2007-2010), dont 33% (105 M€) pour la promotion de la coopération régionale et des relations de bon voisinage et 66% (216 M€) pour des programmes nationaux d’assistance. Au sein de l’enveloppe régionale, les pays d’Asie centrale sont éligibles à des programmes thématiques de l’UE en matière d’énergie (INOGATE), de transport (TRACECA), de développement des PME (Central Asia Invest), d’environnement (Central Asia Environment), de gestion des frontières et de lutte contre la drogue (BOMCA, CADAP), d’éducation et de recherche (TEMPUS, Erasmus Mundus, CAREN). L’UE a aussi renforcé sa coopération avec les institutions financières et organisations internationales ainsi que les synergies avec la BERD et la BEI dans la région
Le Représentant spécial de l’UE pour l’Asie centrale, diplomate français, M. Pierre Morel, nommé en 2006, joue un rôle actif dans la mise en œuvre de la Stratégie grâce à un accès régulier aux plus hautes autorités des cinq pays et contribue à y renforcer l’influence européenne.
Mise à jour : 29 novembre 2010.