La France et l’Arménie

Présentation

Relations politiques

Nos relations avec l’Arménie plongent leurs racines dans l’histoire et la présence en France de près de 500 000 personnes d’origine arménienne. La reconnaissance du génocide par la loi du 29 janvier 2001 a été accueillie comme un témoignage de solidarité de la France envers le peuple arménien, surtout dans la diaspora. Un Traité d’entente et de coopération a été signé le 12 mars 1993. Notre visibilité politique en Arménie tient, enfin, à notre rôle de médiateur des négociations sur le conflit du Haut-Karabagh au sein du groupe de Minsk de l’OSCE.

Les relations parlementaires sont traditionnellement denses et les visites des groupes d’amitié régulières. Une délégation menée par le Président du Groupe d’amitié Arménie/France de l’Assemblée nationale arménienne s’est rendue en France en septembre 2010. Le président du Parlement arménien s’était rendu en France en décembre 1999, puis en novembre 2004, dans le cadre des rencontres organisées par le Président du Sénat avec ses homologues des trois pays du Sud-Caucase. En décembre 2008, le Président du groupe d’amitié France-Arménie de l’Assemblée nationale, M. François Rochebloine a effectué un déplacement en Arménie pour participer aux cérémonies de commémoration du 20ème anniversaire du séisme de Spitak. Enfin, le Président de l’Assemblée nationale M. Hovik Abrahamian a assisté en juillet 2009 à Paris à la 35ème session annuelle de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (entretiens avec les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale).

Le Président Chirac s’était rendu à Erevan le 30 septembre 2006. Le Président Kotcharian est venu en visite officielle en France à 11 reprises. Elu en mars 2008, le Président Sarkissian a effectué une visite officielle en France les 9 et 10 mars 2010 : à cette occasion, il a été reçu par le Président de la République et les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. Il s’était rendu pour la première fois en France en tant que Président de l’Arménie en novembre 2008. Du 27 au 29 septembre 2011, le Président Sarkissian s’est de nouveau rendu en visite officielle en France. Ce déplacement a été suivi une semaine plus tard de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy à Erevan les 6 et 7 octobre.

Le ministre arménien des Affaires étrangères, M. Edward Nalbandian, ancien Ambassadeur à Paris, effectue des visites régulières dans notre pays. Il a été reçu en septembre 2010 par le Conseiller diplomatique du Président de la République. En 2009, il a effectué 4 déplacements en France, pour des entretiens avec le Ministre, B. Kouchner (mars et juillet) et le Conseiller diplomatique du Président de la République (juillet, octobre, décembre). Le Ministre arménien de la Défense, M. Seyran Ohanyan a effectué une visite en France du 9 au 11 février 2010 (entretiens avec M. Morin, Ministre de la défense, et avec le Chef d’Etat-major des Armées). M. Arthur Baghdassarian, Secrétaire du Conseil de sécurité nationale arménien s’est rendu à Paris les 15 et 16 février 2010, où il a été reçu par le Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes et a eu des entretiens à l’Elysée, Matignon, au Ministère des Affaires étrangères et européennes ainsi qu’au Ministère de la Défense. Du côté français, le Ministre de la coopération, Henri de Raincourt, s’est rendu en Arménie en juin 2011.

A signaler également la visite en France de l’Ombudsman arménien, M.Armen Haroutiounian, début mai 2009, suivie en juillet de la même année par un déplacement en Arménie du médiateur de la République, M.Jean-Pierre Delevoye dans le cadre de la mise en œuvre d’un jumelage européen portant sur l’aide au renforcement de l’institution de l’Ombudsman en Arménie, remporté conjointement par la France et l’Espagne (Médiateur de la République ; El Defensor del Pueblo) et lancé en octobre 2009.

Relations économiques

Après un record en 2008 (90M€), nos échanges économiques bilatéraux avec l’Arménie ont marqué le pas en 2009 (48M€, en baisse de 46,6%). Les exportations françaises ont atteint 43M€ en 2009 (contre 84 M€ en 2008, soit une baisse de 49 %) et les importations 5M€ (contre 6M€ en 2007, soit une baisse de 16%). La baisse des exportations françaises a continué en 2010 (37,7 M€), tandis que les importations ont légèrement augmenté (7,1 M€). L’Arménie, second partenaire commercial de la France dans le Caucase en 2008, occupe à présent la troisième place loin derrière l’Azerbaïdjan et la Géorgie. La baisse des exportations françaises s’explique en particulier par la détérioration de la situation économique et financière de l’Arménie, fortement touchée par la crise financière (baisse du PIB de 14,4% en 2009).

Une centaine d’entreprises françaises exportent en Arménie, la plupart pour des montants faibles (moins de 500000 €). Les exportations sont principalement composées d’équipements mécaniques et de matériel électrique, de biens intermédiaires (principalement des produits minéraux ou chimiques) et de consommation, notamment des produits pharmaceutiques et agroalimentaires. Les importations françaises, modestes, sont constituées pour un tiers de produits minéraux, de métaux et produits métalliques. Viennent ensuite les produits agricoles, les équipements mécaniques, le matériel électrique, le textile.

La France demeure un investisseur significatif dans le pays, avec au premier semestre 2011 des IDE à hauteur de 37,7MUSD, ce qui la place au premier rang des investisseurs étrangers, devant la Russie (32MUSD).

Le savoir-faire et l’expertise française dans le domaine de l’eau ont permis aux entreprises de ce secteur de remporter d’importants contrats. Ainsi, SAUR a signé en 2004 un contrat (23 MUSD) de gestion rurale de l’eau. VEOLIA a remporté en 2005 un contrat (20 MUSD) pour la gestion de l’eau à Erevan et est par ailleurs impliqué dans le projet de réhabilitation d’infrastructures d’eau et d’assainissement dans la capitale arménienne pour lequel un financement concessionnel français de type RPE (24,9M€) a été accordé en mai 2008. Enfin, à l’automne 2009, les entreprises Farmex et Sade ont remporté des contrats s’élevant respectivement à 36MUSD et 7,5MUSD.

A la faveur de l’arrivée d’Orange en Arménie, les télécommunications sont devenues un secteur de coopération significatif : Orange Armenia, filiale à 100% d’Orange, a remporté en novembre2008 la troisième licence de téléphonie mobile pour une durée de 15 ans (140M€ d’investissements). L’entreprise a lancé avec succès son offre commerciale en novembre 2009 et compte actuellement plus de 200000 clients. A terme, Orange Armenia espère devenir le leader du marché arménien.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Notre action culturelle et de coopération s’inscrit dans le cadre du Traité d’entente de 1993 et de l’accord intergouvernemental de coopération culturelle, scientifique et technique du 4 novembre 1995. La coopération culturelle, scientifique et technique bénéficie d’une enveloppe de 375 051 € (2011).

Le principal support de notre action est l’Université française en Arménie. Près de la moitié de notre enveloppe de coopération bilatérale est consacrée au soutien à cet établissement privé qui peut aujourd’hui se prévaloir d’un réel succès académique : l’UFAR accueille 800 étudiants par an pour des formations de 3 ou 5 ans (Licence et Master) en droit, commerce et gestion, sanctionnées grâce à un partenariat avec l’Université Lyon III, par un double-diplôme français et arménien.

L’action culturelle, scientifique et technique de la France en Arménie s’articule autour des priorités suivantes : la formation des élites (UFAR, attribution de bourses), la promotion de la langue française (écoles maternelle et primaire françaises, établissements bilingues d’Arménie [4], Alliance française, formation des enseignants de français), l’appui à la diversité culturelle (soutien aux manifestations culturelles arméniennes [Festivals du cinéma, de la bande dessinée et du film d’animation], Semaine de la francophonie, Printemps des poètes, Fête de la musique), le soutien à la coopération technique et décentralisée (santé, tourisme).

En 2007, grâce à une très forte mobilisation des acteurs associatifs et institutionnels, l’« Année de l’Arménie » a vu l’organisation de près de 600 manifestations en France, un record pour ce type de saisons.

Autres types de coopération

La coopération décentralisée est très dynamique, grâce notamment à l’engagement très actif de la communauté française d’origine arménienne. Une vingtaine de collectivités territoriales françaises (ville de Vienne, Conseil général des Bouches-du-Rhône, ville de Romans sur Isère…) sont ainsi impliquées dans des jumelages et des projets de coopération avec l’Arménie, dans des domaines extrêmement variés (tourisme, santé…). Les premières Assises franco-arméniennes de la coopération décentralisée se sont tenues à Erevan les 7 et 8 octobre 2010.

La coopération de police a porté jusqu’à présent sur l’échange d’experts, la réorganisation des services et la formation de personnels. Depuis septembre 2002, un poste d’Attaché de sécurité intérieure est ouvert à Tbilissi avec une compétence sur l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

La coopération militaire et de défense est modeste, en raison de l’état de guerre qui prévaut officiellement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et de l’attitude de retenue et d’impartialité qu’impose notre rôle de médiateur dans le conflit du Haut-Karabagh (la France assume, aux cotés de la Russie et des Etats-Unis, la co-Présidence du Groupe de Minsk de l’OSCE). Nous disposons cependant, depuis l’été 2000, d’un Attaché de Défense compétent pour l’ensemble du Caucase, basé à Tbilissi. Un arrangement technique relatif à la coopération dans le domaine de la Défense a été signé à Paris le 10 février dernier en marge de la rencontre entre le Ministre de la Défense, M. Hervé Morin et son homologue arménien, M. Seyran Ohanyan.

Mise à jour : 24.01.12

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