Argentine

Présentation de l’Argentine

Présentation

Données générales

Site internet de l’Ambassade de France en Argentine : www.embafrancia-argentina.org

Nom officiel : République argentine

Chef de l’Etat : Président de la Nation argentine, Mme Cristina FERNANDEZ de KIRCHNER

Données géographiques

Superficie : 2,7 millions km²

Capitale : Buenos Aires (3 millions d’habitants, 13 millions dans la grande banlieue)

Villes principales : Córdoba, La Matanza, Rosario, Mendoza, La Plata

Langue (s) officielle (s) : espagnol

Monnaie : peso argentin (1 euro= 4,8 pesos, au mois de déc. 2010)

Fête nationale : 25 mai (proclamation de l’indépendance le 25 mai lors de la « Révolution de Mai », définitivement acquise le 9 juillet 1816).

Données démographiques

Population : 40 millions

Espérance de vie : 75,2 ans

Taux d’alphabétisation : 97,4%

Indices de pauvreté et d’indigence officiels : 17 % et 5 %

Religion (s) : catholique romaine 88%, protestante 7%, juive 2%, autres 3%

Indice de développement humain (PNUD 2009) : 46ème / 177 (0,860)

Coefficient GINI : 52, 8

Données économiques

PIB (2009) : 307 Mds USD

PIB par habitant (2009) : 7 666 USD

Taux de croissance PIB (estimation 2010) : 8,4% (2009 : 0,9%)

Taux de chômage (2009) : 8,7 %

Taux d’inflation officiel (2009) : 7,7%

Solde budgétaire(2010) : - 0,4 % PIB

Dette publique (2010) : 160,8 MUSD soit 45% du PIB

Balance commerciale (2010) : + 12,057 Mds USD

Stock français d’IDE (2009) : 1467 M/EUR

Flux d’IDE (2009) : 146 M/EUR

Solde commercialFrance-Argentine (2010)  : + 423 M/EUR

Exportations françaises vers l’Argentine (2010) : 1 Mds/EUR(23ème fournisseur)

Importations françaises argentine(2010) : 577 M/EUR (8ème client)

Site internet de l’Ambassade du Service Economique de Buenos Aires :www.dgtpe.fr/se/argentine

Dispositif diplomatique et consulaire français en Argentine :

Ambassade de France et consulat général à Buenos Aires

Communauté française en 2010 : 15 225 inscrits au registre des Français établis hors de France (dont 10 750 franco-argentins). Environ 100000 touristes par an.

Politique intérieure

Institutions

- Constitution : L’Argentine est une République fédérale. Son régime politique est un régime présidentiel. La Constitution date de 1853 et a été révisée en 1860, 1866, 1898, 1957 et 1994.

- Pouvoir exécutif : le Président est élu pour quatre ans au suffrage universel direct. Son mandat est renouvelable une fois. Le candidat qui obtient au premier tour plus de 40% des voix, avec une marge de plus de 10% sur son principal rival, est déclaré élu selon l’article 98 de la Constitution.

- Pouvoir législatif : le Congrès bicaméral est composé d’une Chambre des députés de 257 membres, renouvelée par moitié tous les deux ans, et d’un Sénat, renouvelé par tiers tous les 2 ans, de 72 membres élus dans chaque province (3 sièges dont un réservé au parti arrivé second à l’élection).

- Système fédéral : les 23 provinces et la capitale fédérale de Buenos Aires sont dirigées par un exécutif élu pour quatre ans au suffrage universel direct (le Gouverneur et le vice Gouverneur) et des assemblées régionales. La Constitution réserve au pouvoir central (la Nation) les compétences régaliennes (affaires extérieures, défense, monnaie, crédit). L’essentiel des impôts est recouvré par le pouvoir central et redistribué aux provinces et aux municipalités qui pourvoient aux biens et services publics.

- La Cour suprême coiffe l’ensemble du système judiciaire. Ses membres, nommés par le chef de l’Etat, sont confirmés par un vote du Sénat aux deux tiers.

Principaux groupements et partis politiques

- Mouvement National Justicialiste, ou Péroniste. Principal mouvement de masse argentin, créé autour de Juan Perón en 1946. Il regroupe plusieurs mouvements de gauche et de droite. Il détient aujourd’hui la majorité des sièges au Parlement (97 sièges sur 257 à la Chambre des Députés ; 36 sièges sur 72 au Sénat).

- Parti Radical, ou Union Civique Radicale. Parti de centre gauche fondé en 1891, il regroupe des libéraux centristes et des sociaux-démocrates. Il a donné plusieurs Présidents à la République argentine, dont Raúl Alfonsín (1983-1991). Second parti représenté au parlement (80 sièges sur 257 à la Chambre des Députés).

- Propuesta Republicana (PRO) est une coalition de partis argentins de droite dissidents du péronisme, fondée en mai 2005, qui rassemble "Compromiso para el Cambio" (dirigé par [Mauricio Macri), "Recrear para el Crecimiento" et le "Parti fédéral". Ses autres figures marquantes sont M. Francisco Sola et. Francisco de Narváez.

- Coalition Civique. Coalition politique centriste, fondée en avril 2007 pour lancer la candidature à la présidentielle d’[Elisa Carrió, qui obtint 23% des suffrages. Classée au centre-gauche, un débat persistant oppose ceux qui la classent à droite et ceux qui la placent à gauche de l’échiquier politique.

Politique intérieure

Dix ans après, l’Argentine reste encore marquée par la profonde crise économique, sociale et politique de 2001-2002, qui avaient entrainé des protestations populaires historiques - marquées par le slogan « que se vayan todos ! » (« qu’ils s’en aillent tous ! ») qui avaient précipité le pays au bord du chaos. Elu président de la république en avril 2003, Nestor Kirchner a réussi à remettre le pays sur pied, à la faveur d’une croissance économique rapide et stable. Il a été également l’artisan de l’abrogation en 2005 des lois d’amnistie, ouvrant la voie à un travail de mémoire inédit, pour juger les auteurs des exactions commises sous la dictature militaire (1976-1983 : 30 000 disparus selon les associations).

Cristina Fernandez de Kirchner a succédé à son époux en remportant le 28 octobre 2007 l’élection présidentielle, dès le premier tour (45,25% des voix), devant Elisa Carrio (22,9%) et Roberto Lavagna (16,9%). La présidente Cristina Fernandez s’est heurtée dès mars 2008 au monde agricole, hostile au projet d’augmentation des taxes sur les exportations de céréales (« retenciones »), qui a été en définitive rejeté grâce à la voix décisive de Julio Cobos, vice-président de la Nation argentine et président du Sénat. Cristina Kirchner est sortie affaiblie de cette crise tant au plan de son autorité que de sa popularité. Le parti justicialiste a perdu les élections législatives de juin 2009, tout en demeurant néanmoins la principale force politique du pays (à la Chambre des Députés : 97 sièges sur 257, -18 sièges perdus- et au Sénat : 36 sièges sur 72, -4 sièges perdus-). Deux ans après sa victoire aux élections législatives et plus d’un an après l’installation de la nouvelle chambre en mars 2010, l’opposition majoritaire n’a pas réussi à surmonter ses divisions et s’est avérée incapable de contrarier l’action du gouvernement. Elle s’est avérée incapable de faire émerger un leader unique ou suffisamment incontestable.

La politique sociale a constitué l’axe majeur de Nestor puis Cristina Kirchner, qui ont introduit en Argentine un modèle économique à vocation d’intégration sociale, communément désigné comme le « modèle K ». Ce modèle a permis l’adoption de plusieurs réformes sociales importantes comme le plan « Argentina trabaja »(destiné à générer 300 000 emplois), le plan « familias » (qui regroupe différents plans destinés à venir en aide à 700000 familles) ou la création d’une allocation universelle par enfant. Le budget du ministère du développement social, chargé de mettre en œuvre ces mesures, a cru de 360 millions à 2,8 milliards d’euros, entre 2003 et 2010. L’opposition critique régulièrement la politique sociale du gouvernement, estimant qu’elle s’apparentait à de l’assistanat et qu’elle bénéficiait principalement aux municipalités favorables au pouvoir. Les droits de l’Homme constituent un autre axe essentiel de la politique mise en œuvre depuis 2003. L’implication du couple présidentiel a été décisive pour permettre l’ouverture des procès des tortionnaires de la dictature, au mois de novembre 2009. Parmi les autres réalisations impulsées par Mme Kirchner, on citera la loi de novembre 2009 sur le système politique et électoral (organisation de primaires obligatoire pour les candidats au scrutin présidentiel), celle de novembre 2009 sur le secteur audiovisuel (forte réduction des pouvoirs des puissants groupes de media), ou encore celle d’octobre 2010 sur le mariage homosexuel.

La disparition brutale de Nestor Kirchner le 28 octobre 2010 a incontestablement constitué un tournant majeur dans la vie politique argentine : alors qu’elle était au plus bas dans les sondages à l’été 2010, la présidente a amorcé un redressement spectaculaire dans l’opinion, au point que les sondages la placent aujourd’hui largement en tête des intentions de vote. Elle a annoncé le 22 juin 2011 sa candidature pour l’élection présidentielle du 23 octobre 2011. Des primaires seront organisées par les différents partis politiques le 14 août 2011, pour déterminer, dans chaque formation politique, les candidats à la Présidence. Elles ne concerneront ni M. Mauricio Macri (maire de Buenos Aires, candidat favori pour se succèder à lui-même, le 31 juillet), ni M. Julio Cobos (vice-Président de la République, parti radical), qui ont retiré leur candidature. Les principaux candidats aux primaires devraient être M. Eduardo Duhalde (dissidence péroniste, tendance conservatrice), Mme Elisa Carrió (Coalition Civique, centre-gauche), M. Hermes Binner (parti socialiste) et, surtout, M. Ricardo Alfonsin (parti radical)

Situation économique

Après la crise dévastatrice de 2002 (chute du PIB de 10,9% en 2002), l’Argentine a su rétablir une structure macroéconomique satisfaisante. Elle a connu une croissance rapide et stable (8,5% en moyenne de 2003 à 2008 ; 9% attendus en 2010) grâce à l’augmentation considérable des prix des matières première agricoles, qui représentent 55% des exportations argentines, et grâce à une politique d’accroissement des dépenses publiques pour soutenir la demande interne.

Le solde de sa balance commercial (16,9 Mds/USD en 2009 soit 5,5 % du PIB) et de la balance des paiements (3,7% du PIB) est positif. Hors année 2009, l’excédent budgétaire a représenté 1,5% du PIB en moyenne sur la période 2004-2009. Le ratio dette-PIB a continué à baisser grâce à la croissance du PIB (48% en 2009 ) et à une quasi-stabilisation de la dette en valeur absolue. Enfin, la Banque Centrale a connu une augmentation importante de ses réserves, passées de 20 Mds USD en 2004 à 48 Mds USD en 2009. Un seul point noir : l’inflation, estimée officiellement à 8 % mais qui atteindrait 25% selon certains experts indépendants.

L’économie argentine a été affectée par la crise financière internationale de l’automne 2008, sans commune mesure toutefois avec le précédent de 2001. Elle a connu une contraction du PIB en 2009, sous le double effet d’une baisse importante de la demande interne et d’une réduction sensible de la demande externe, qui s’est accompagnée d’une réduction de l’excédent de balance des paiements courants (autour de l’équilibre) et des finances publiques (déficit de l’ordre de 2% par rapport au PIB). En 2010, le rebond est cependant notable avec une estimation de croissance de 8,4%. En matière de politique monétaire, la Banque Centrale intervient régulièrement pour maintenir la valeur du change du peso.

L’Argentine s’est placée en marge de la communauté financière internationale depuis la crise de 2002, mais la situation a évolué au cours de l’année 2010. Les autorités ont réussi à négocier un plan de restructuration de la dette privée (« hold outs »), sous la forme d’un rachat de dette assorti d’une décote de 65 %, qui a été accepté en septembre 2010 par 92% des créanciers. Des négociations ont commencé en décembre 2010 pour le remboursement de la dette publique, dans le cadre du Club de Paris.

Politique extérieure

La crise de 2001-2002 a induit une reformulation de la politique étrangère argentine, qui s’est fortement recentrée sur l’intégration régionale. L’Argentine accorde ainsi une attention particulière au Mercosur, dont elle est un des membres fondateurs avec le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. L’Argentine s’est donnée pour priorité d’établir des liens de confiance avec ses principaux voisins : force militaire intégrée avec le Chili (« Cruz del Sur », dans le cadre des missions de paix sous mandat de l’ONU) à l’image de la brigade franco-allemande ; avec le Brésil, une coopération privilégiée s’est substituée à la rivalité traditionnelle, notamment dans le nucléaire civil (agence de contrôle et de comptabilisation des matériels nucléaires « ABACC », crée en 1991). Le conflit avec l’Uruguay, sur des usines de papeteries jugées polluantes installées sur la rive uruguayenne du fleuve frontalier a pris fin avec un jugement de la Cour internationale de Justice en avril 2010, qui permet à l’Uruguay de continuer à exploiter ses usines et qui a entrainé la levée du blocage du pont frontalier entre Gualeguaychu (Argentine) et Bay Frentos (Uruguay).

L’Argentine souhaite en outre œuvrer en faveur de la stabilité de la région, comme en témoigne son engagement dans la Minustah (600 hommes) ; sa participation active aux efforts de l’Unasur en 2008 pour désamorcer la crise interne en Bolivie ; l’engagement personnel de Cristina Fernandez en faveur du Président du Honduras renversé par la junte militaire en juillet 2009ou la convocation d’un sommet de chefs d’Etat à Bariloche en août 2009 pour apaiser les tensions entre le Venezuela et la Colombie, à la suite de l’installation de bases américaines en Colombie.

Avec les Etats-Unis - dont l’Argentine était une alliée inconditionnelle sous la présidence de Carlos Menem - le mandat du président Nestor Kirchner s’est distingué par des prises de position particulièrement critiques (sommet des Amériques de Mar del Plata en 2005, où le gouvernement argentin a pris une part active à l’échec du projet de Zone de libre-échange des Amériques souhaité par le Président Bush. La présidente Cristina Fernandez a profité de l’élection de Barack Obama (qu’elle a rencontré à Washington en avril 2010) pour normaliser les relations entre les deux pays.

Avec les pays européens, la présidente a montré sa volonté de reprendre des relations bilatérales fortes avec d’autres pays européens que l’Espagne, en particulier l’Italie, l’Allemagne et la France (où elle a accompli, de manière symbolique, son premier voyage sans son époux, alors qu’elle était encore Première dame, en février 2007). L’Argentine continue de réclamer l’ouverture de négociations avec le Royaume-Uni sur la souveraineté des « îles Malouines, Géorgie du sud et Sandwich du sud », désormais inscrites dans le Traité de Lisbonne comme territoires d’outre mer du Royaume-Uni.

Sur le dossier du Proche-Orient, l’Argentine entretient traditionnellement de bonnes relations avec Israël, mais a reconnu l’Etat palestinien en décembre 2010. Elle a condamné le programme nucléaire iranien.

Sur le plan multilatéral, l’Argentine est très attachée au respect du droit international et à la défense des droits de l’homme, comme en témoigne l’adoption en 2007 (et la ratification en décembre 2010) de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, qu’elle a promue avec la France et l’ouverture à partir de novembre 2009 de dizaines de procès mettant en cause les militaires et policiers soupçonnés de crimes pendant la dictature. Entre 2002 et 2010, l’Argentine a fortement contesté la légitimité des institutions financières internationales, en particulier le FMI, et pris des positions de négociations parfois jugées radicales dans certaines enceintes internationales (OMC et FAO). Au G20, l’Argentine souhaite faire entendre sa voix et défendre sa vision particulière des relations économiques internationales (vision sociale de l’économie en s’appuyant davantage sur l’OIT ; lutte contre les paradis fiscaux ; réforme des IFIs). Elle préside le G77 en 2011. Dans le cadre de la réforme des Nations unies, elle soutient le groupe « Unis pour le Consensus » emmené par le Royaume Uni et l’Italie, défavorable à la création de nouveaux membres permanents au CSNU.

Relations avec l’Union européenne

Le dialogue bilatéral UE-Argentine repose sur l’accord cadre de coopération commerciale et économique de 1990. Elle souhaiterait pouvoir bénéficier d’un accord dit « de dernière génération » qui inclurait désormais le dialogue politique et la libéralisation des échanges, mais l’UE le réserve au Mercosur. D’une façon générale, les relations entre l’UE et l’Argentine sont décrites par la Commission comme étant « bonnes, mais en dessous de leur potentiel ».

Les relations commerciales ont souffert du « défaut sélectif » argentin vis-à-vis de ses créanciers et du non respect des décisions du CIRDI. L’Argentine s’est félicitée de la réouverture des négociations sur l’accord d’association UE-Mercosur, décidée au sommet de Madrid.

Au plan de l’assistance financière, la Commission européenne a engagé sur la période 2007-2013 un total de 65 M €, dans les domaines suivants : éducation (32,9%) ; amélioration de la compétitivité économique (35%) ; renforcement des relations UE-Argentine (32,1%). En outre, l’Argentine bénéficie du programme communautaire de coopération avec le Mercosur (48 M € pour la période 2002-2006 et 50 M € pour 2007-2013), dont elle est l’un des quatre membres fondateurs.

Mise à jour : 10.06.11

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